Ferrari 400 GTi

Ferrari 400 GTi

Présentée à la fin de l’année 1979, la Ferrari 400 GTi est la version à injection et à boîte manuelle de la grande GT 2+2 de Maranello. Elle associe un V12 de 4,8 litres, une transmission à cinq rapports et une carrosserie Pininfarina volontairement sobre. Son nom mérite toutefois une précision essentielle : la GTi désigne bien la version manuelle, tandis que le modèle à boîte automatique est officiellement appelé Ferrari 400 Automatic i.

Une Ferrari 2+2 conçue pour les longs trajets

La 400 GTi appartient à une lignée très différente des berlinettes biplaces les plus spectaculaires de la marque. Avec quatre places, un moteur installé longitudinalement à l’avant et un habitacle conçu pour voyager, elle répond à une logique de grand tourisme. Ses performances restent élevées, mais elles s’accompagnent d’un niveau de confort et d’une discrétion stylistique inhabituels dans l’imaginaire Ferrari.

La silhouette à trois volumes est attribuée à Leonardo Fioravanti, alors designer chez Pininfarina. Ses lignes tendues, son capot long, sa vaste surface vitrée et ses projecteurs escamotables composent une voiture élégante sans recourir aux proportions plus démonstratives d’une sportive à moteur central. Ce dessin reprend l’architecture générale inaugurée par la 365 GT4 2+2, puis adaptée à la Ferrari 400 GT lancée au milieu des années 1970.

Le passage des carburateurs à l’injection

La principale évolution introduite en novembre 1979 concerne l’alimentation du moteur. Les carburateurs Weber de la 400 GT sont remplacés par une injection mécanique Bosch K-Jetronic. La lettre « i » ajoutée à la désignation signale précisément ce changement.

Cette transition répond notamment au durcissement des exigences relatives aux émissions et à la nécessité de rendre le fonctionnement du V12 plus régulier dans différentes conditions d’utilisation. L’injection facilite les démarrages et améliore la constance de l’alimentation, mais elle modifie aussi le caractère du moteur. La réponse est généralement décrite comme plus progressive que celle de la version à carburateurs.

Le passage à l’injection ne transforme donc pas la 400 en un nouveau modèle intégr pas la 400 en un nouveau modèle intégralement distinct. Il constitue une évolution technique importante au sein d’une automobile dont la structure, la vocation et le style restent proches de ceux de sa devancière.

Un V12 de 4,8 litres et 310 ch

La Ferrari 400 GTi reçoit un V12 ouvert à 60 degrés, installé longitudinalement à l’avant. Sa cylindrée exacte atteint 4 823,16 cm³. Lors du lancement, Ferrari annonce une puissance de 228 kW, soit 310 ch à 6 500 tr/min.

Cette mécanique doit déplacer une automobile imposante. La 400 GTi mesure 4 810 mm de long, 1 798 mm de large et 1 314 mm de haut, pour un empattement de 2 700 mm. Son poids à sec annoncé atteint 1 830 kg. Le réservoir de 120 litres correspond à sa vocation de routière rapide capable de parcourir de longues distances.

La boîte manuelle à cinq rapports est un élément déterminant de son identité. Elle demande davantage d’implication au conducteur que la transmission automatique proposée parallèlement et participe aujourd’hui à la rareté de cette version.

Des performances élevées pour une grande GT

Ferrari annonce une vitesse maximale de 245 km/h pour la 400 GTi. Le 400 mètres départ arrêté est couvert en 15,8 secondes, tandis que le kilomètre départ arrêté demande 27,9 secondes. Ces chiffres doivent être replacés dans le contexte d’un coupé 2+2 de plus de 4,80 mètres, conçu autant pour la stabilité à haute vitesse que pour l’accélération pure.

CaractéristiqueFerrari 400 GTiFerrari 400 Automatic i
TransmissionBoîte manuelle à 5 rapportsBoîte automatique à 3 rapports
Puissance au lancement310 ch310 ch
Vitesse maximale annoncée245 km/h240 km/h
400 m départ arrêté15,8 s16,4 s
1 000 m départ arrêté27,9 s29,2 s

La comparaison avec la Ferrari 400 Automatic i montre que les deux versions partagent le même moteur et la même puissance initiale, mais que la boîte manuelle permet de meilleures performances officielles. L’écart reste mesuré, car la déclinaison automatique privilégie une conduite plus souple et correspond davantage à la vocation luxueuse du modèle.

GTi, 400i et Automatic i : comprendre les appellations

La nomenclature de cette génération prête régulièrement à confusion. L’expression « Ferrari 400i » est souvent employée comme désignation générale pour les versions à injection. Dans la documentation de la marque, la voiture à boîte manuelle porte néanmoins le nom de 400 GTi, tandis que la version automatique est appelée 400 Automatic i.

Cette distinction est importante pour identifier correctement un exemplaire. Une annonce présentant une « 400 GTi automatique » associe deux appellations qui ne correspondent pas à la dénomination officielle. La boîte de vitesses permet donc de distinguer immédiatement les deux variantes à injection.

La même logique existait avant l’arrivée de la Bosch K-Jetronic : la Ferrari 400 Automatic complétait la version manuelle alimentée par carburateurs. L’introduction de l’injection n’a pas supprimé ce choix entre les deux transmissions, mais elle a ajouté la lettre « i » à chacune des appellations.

Une évolution technique en 1982

La fiche technique d’une 400 GTi dépend en partie de son année de production. En 1982, Ferrari fait évoluer le V12 avec des arbres à cames au profil revu, des collecteurs modifiés et des ajustements apportés au système d’injection. La puissance annoncée passe alors de 310 à 315 ch.

Cette mise à jour s’accompagne de changements de présentation extérieure et intérieure. Elle ne bouleverse pas le concept de la voiture, mais elle permet de différencier les premiers exemplaires des modèles produits durant la seconde partie de la carrière. Lors de l’étude d’une voiture précise, l’année, le numéro de châssis et la conformité des équipements sont donc plus instructifs qu’une fiche technique générique.

Une version manuelle nettement plus rare

Les chiffres de production généralement retenus font état de 422 exemplaires équipés de la boîte manuelle à cinq rapports, contre 883 voitures dotées de la transmission automatique. La GTi représente ainsi moins d’un tiers de la production totale des Ferrari 400 à injection.

Cette différence s’explique par le positionnement du modèle. La clientèle visée recherchait une Ferrari capable d’assurer de longs déplacements avec un confort supérieur à celui des berlinettes de la marque. La boîte automatique s’accordait naturellement avec cet usage, particulièrement sur certains marchés où ce type de transmission était déjà largement adopté.

La rareté de la GTi ne suffit toutefois pas à déterminer à elle seule l’intérêt d’un exemplaire. L’historique d’entretien, l’état de la carrosserie, le fonctionnement de l’injection, la qualité de l’habitacle et la présence des éléments d’origine restent essentiels sur une grande GT complexe produite il y a plusieurs décennies.

La place de la 400 GTi dans l’histoire de Ferrari

La 400 GTi occupe une position singulière dans la gamme Ferrari. Elle conserve le V12 avant, la boîte manuelle et les quatre places d’une grande routière traditionnelle, tout en adoptant l’injection à une période où la marque doit adapter ses moteurs aux nouvelles contraintes techniques et environnementales.

Elle évolue ensuite vers la Ferrari 412, qui reprend le principe du grand coupé 2+2 à moteur V12 avant en modernisant la mécanique et plusieurs éléments de présentation. La 412 clôt cette famille dont les origines remontent à la 365 GT4 2+2.

Ferrari reviendra plus tard à une formule comparable avec la Ferrari 456 GT, elle aussi conçue comme une 2+2 à moteur V12 avant disponible avec une boîte manuelle. La 400 GTi reste ainsi un jalon important entre les grandes Ferrari classiques à carburateurs et les GT modernes de la marque.