Présentée en 1989, la Ferrari 348 TB est une berlinette deux places à moteur V8 central arrière. Elle succède à la Ferrari 328 GTB tout en introduisant une architecture profondément remaniée, une carrosserie inspirée de la Testarossa et une nouvelle disposition mécanique. Son V8 atmosphérique de 3,4 litres développe 300 ch, transmis aux roues arrière par une boîte manuelle à cinq rapports.
La 348 TB occupe une place particulière dans l’histoire de Ferrari. Connue en interne sous le code F119, elle est présentée par la marque comme le dernier modèle à moteur V8 central développé sous la direction d’Enzo Ferrari. Elle incarne ainsi le passage entre les berlinettes compactes des années 1970 et 1980 et une génération de sportives plus modernes dans leur conception.
Que signifie l’appellation Ferrari 348 TB ?
La dénomination résume les principales caractéristiques de la voiture. Le nombre 348 associe la cylindrée d’environ 3,4 litres aux huit cylindres du moteur. La lettre T désigne la boîte de vitesses transversale installée derrière un moteur disposé longitudinalement. La lettre B signifie « berlinetta » et indique qu’il s’agit du coupé à toit fixe.
Cette dernière précision permet de différencier la TB de la Ferrari 348 TS. Les deux versions partagent l’essentiel de leur mécanique, mais la TS reçoit un panneau de toit amovible de type targa, alors que la TB conserve une structure fermée et une ligne de pavillon continue.
Une nouvelle architecture pour la berlinette V8
La 348 marque une rupture technique avec la génération précédente. Son moteur V8 est monté longitudinalement, tandis que la boîte de vitesses est disposée transversalement à l’arrière. Cette implantation en T explique une partie de son appellation et permet de regrouper le groupe motopropulseur dans une configuration différente de celle de la 328.
Le châssis évolue lui aussi. Ferrari abandonne le cadre tubulaire complet de la génération précédente au profit d’une structure principale en acier embouti, associée à un cadre tubulaire arrière qui reçoit le moteur et la transmission. Cette conception rend notamment possible la dépose du groupe motopropulseur avec son berceau lors de certaines opérations mécaniques importantes.
Un dessin signé Pininfarina
La carrosserie est dessinée par Pininfarina sous la supervision de Leonardo Fioravanti. Son identité visuelle repose largement sur les longues grilles latérales qui prolongent les prises d’air jusqu’aux ailes arrière. Ce traitement évoque directement la Testarossa, alors au sommet de la gamme Ferrari.
La face avant reste basse et effilée, avec des projecteurs escamotables caractéristiques de son époque. Ferrari rapproche également son dessin de celui de la 375 MM. À l’arrière, les feux sont dissimulés derrière une large grille noire horizontale, un élément qui accentue visuellement la largeur de la voiture.
Sur les premières 348 TB, les bas de caisse, la partie inférieure des boucliers et le capot moteur adoptent une finition noire contrastant avec la teinte de carrosserie. Cette présentation constitue l’un des repères les plus visibles pour distinguer la TB initiale de certaines versions ultérieures.
Le V8 atmosphérique de 3,4 litres
La Ferrari 348 TB reçoit un V8 à 90 degrés d’une cylindrée exacte de 3 404,70 cm³. Installé en position centrale arrière, il utilise quatre soupapes par cylindre, une distribution à double arbre à cames en tête et une lubrification par carter à sec. Son alimentation est confiée à un système électronique Bosch Motronic.
Le moteur développe 300 ch à 7 200 tr/min et un couple maximal de 324 Nm à 4 200 tr/min. Toute la puissance est envoyée aux roues arrière par une boîte manuelle à cinq rapports, complétée par une marche arrière.
La boîte transversale ne doit pas être confondue avec une implantation transversale du moteur. Sur la 348 TB, le V8 est bien aligné dans le sens longitudinal de la voiture. Seule la transmission, située derrière lui, est montée transversalement.
Performances et chiffres clés
| Caractéristique | Ferrari 348 TB |
|---|---|
| Période de lancement | À partir de 1989 |
| Architecture | V8 central arrière longitudinal, propulsion |
| Cylindrée | 3 404,70 cm³ |
| Puissance | 300 ch à 7 200 tr/min |
| Couple | 324 Nm à 4 200 tr/min |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 5 rapports |
| 0 à 100 km/h | 5,6 secondes |
| 1 000 m départ arrêté | 24,7 secondes |
| Vitesse maximale | Plus de 275 km/h |
| Poids à sec | 1 393 kg |
| Production | 2 894 exemplaires |
Ferrari annonçait une accélération de 0 à 100 km/h en 5,6 secondes et un kilomètre départ arrêté en 24,7 secondes. La vitesse maximale dépassait 275 km/h. Ces chiffres plaçaient la 348 TB dans la continuité des berlinettes V8 de la marque, avec une hausse nette des performances par rapport à la génération précédente.
Dimensions et proportions
La 348 TB mesure 4 230 mm de long, 1 894 mm de large et seulement 1 170 mm de haut. Son empattement atteint 2 450 mm. Sa largeur importante, associée à une hauteur réduite, contribue à une silhouette très horizontale.
Le poids à sec communiqué par Ferrari est de 1 393 kg. Cette valeur doit être distinguée du poids en ordre de marche, nécessairement supérieur une fois ajoutés les fluides, le carburant et les équipements liés à l’utilisation du véhicule.
De la 348 TB à la 348 GTB
En 1993, le coupé évolue et prend le nom de Ferrari 348 GTB. Le V8 développe alors 320 ch et plusieurs modifications techniques accompagnent cette hausse de puissance. La présentation extérieure change également, notamment avec des bas de caisse et un capot moteur peints dans la couleur de la carrosserie, ainsi qu’une calandre revue.
Cette évolution impose de la prudence lors de l’identification d’un exemplaire. Une 348 TB dont les éléments inférieurs ont été repeints couleur carrosserie ne devient pas pour autant une GTB. L’année, la puissance, les détails de configuration et le numéro de châssis restent nécessaires pour distinguer correctement les deux versions.
Les autres variantes de la Ferrari 348
La gamme ne se limite pas aux coupés TB et GTB. La TS propose un toit amovible, tandis que la Ferrari 348 Spider adopte une carrosserie entièrement découvrable. Ces variantes répondent à des usages différents, mais conservent la base mécanique et l’identité visuelle générale de la famille 348.
La 348 a également servi de point de départ à une version destinée aux circuits. La Ferrari 348 Challenge accompagne le lancement du championnat monomarque Ferrari Challenge en 1993. Portée à 320 ch, elle reçoit notamment un échappement spécifique, des pneus adaptés à la piste, des freins modifiés et des équipements de sécurité pour la compétition.
Production et identification
Ferrari indique que 2 894 exemplaires de la 348 TB ont été produits. Les numéros de châssis correspondants sont compris entre 81617 et 96679. Cette donnée concerne spécifiquement la berlinette TB et ne doit pas être additionnée ou confondue avec la production des TS, GTB, GTS, Spider ou versions de compétition.
Pour identifier une Ferrari 348 TB, les éléments les plus utiles sont donc son toit fixe, son moteur de 300 ch, sa dénomination d’origine, sa date de production et son numéro de châssis. Les grilles latérales, les éléments inférieurs noirs et le capot moteur sombre constituent des indices visuels pertinents, mais ils ne suffisent pas seuls, car la présentation d’une voiture ancienne peut avoir été modifiée au fil du temps.











