La Ferrari F40 Competizione est la déclinaison de course la plus radicale directement issue de la F40. Apparue en 1989, elle répond à une demande précise formulée par l’importateur français Charles Pozzi, qui souhaitait engager une F40 aux 24 Heures du Mans. Sa préparation fut confiée à Michelotto, spécialiste italien étroitement associé aux programmes de compétition de Ferrari.
Cette voiture ne doit pas être considérée comme une simple F40 routière allégée. Son moteur, son aérodynamique, ses dimensions et ses équipements ont été adaptés à une utilisation intensive sur circuit. Ferrari annonce notamment une puissance de 700 CV, une vitesse maximale de 367 km/h et un poids de 1 040 kg avec les liquides.
Une F40 transformée pour la compétition
La Ferrari F40 de série fut présentée en 1987 comme une supercar dépouillée, légère et directement inspirée par la compétition. Deux ans plus tard, le projet développé avec Michelotto poussa cette philosophie beaucoup plus loin afin de produire une voiture adaptée aux exigences de la piste.
Les modifications ne concernaient pas seulement la puissance. La F40 Competizione reçut une carrosserie retravaillée, une aérodynamique plus élaborée, des voies adaptées, un équipement de course et une mécanique préparée pour fonctionner à des régimes élevés. L’objectif n’était plus de préserver un compromis entre performances et usage routier, mais d’exploiter pleinement le potentiel du châssis et du V8 biturbo.
La structure repose sur un châssis tubulaire en acier complété par des éléments en matériaux composites. Cette architecture dérive de celle de la F40 routière, mais elle est adaptée aux contraintes mécaniques et aux règles propres à la compétition.
F40 LM ou F40 Competizione : quelle différence ?
Les appellations F40 LM et F40 Competizione sont fréquemment employées comme si elles désignaient exactement la même version. L’histoire du modèle demande pourtant davantage de précision.
Selon Ferrari, les deux premiers exemplaires furent appelés F40 LM, en référence au Mans. L’appellation Competizione fut ensuite adoptée, le nom LM étant considéré comme trop restrictif pour des voitures susceptibles de participer à d’autres épreuves. Ferrari indique que dix exemplaires furent construits au total dans cette lignée.
Cette chronologie permet de comprendre pourquoi certaines sources parlent de dix F40 LM, tandis que d’autres distinguent deux F40 LM et huit F40 Competizione. La seconde présentation correspond plus précisément à la terminologie expliquée par Ferrari. Il faut également différencier ces voitures des F40 de série transformées ultérieurement par des ateliers ou des propriétaires privés, dont les configurations mécaniques peuvent varier fortement.
Le terme Competizione n’identifie d’ailleurs pas une gamme homogène dans toute l’histoire de la marque. La Ferrari 348 GT Competizione, par exemple, est une série routière allégée produite dans un autre contexte et ne constitue pas la descendante directe de la F40 de course.
Un V8 biturbo porté à 700 CV
La Ferrari F40 Competizione conserve le principe mécanique de la voiture de série : un V8 à 90 degrés installé longitudinalement en position centrale arrière et alimenté par deux turbocompresseurs. Sa cylindrée exacte est de 2 936,25 cm³.
Ferrari annonce une puissance maximale de 515 kW, soit 700 CV à 8 100 tr/min. La puissance spécifique atteint ainsi 238 CV par litre, une valeur particulièrement élevée pour un moteur conçu à la fin des années 1980.
La transmission est assurée par une boîte manuelle à cinq rapports, complétée par une marche arrière. Cette configuration paraît simple face aux transmissions séquentielles ou robotisées apparues plus tard, mais elle correspond aux solutions utilisées sur les voitures de course dérivées de modèles de série à cette époque.
Ferrari ne publie pas de valeur officielle de couple maximal ni de temps de référence pour le 0 à 100 km/h sur la fiche de la Competizione. Les chiffres d’accélération parfois repris en ligne doivent donc être considérés avec prudence. Il en va de même pour les puissances supérieures à 700 CV, qui peuvent correspondre à des réglages particuliers, à des évolutions de course ou à des transformations réalisées après la construction.
Performances et comparaison avec la F40 routière
La vitesse maximale officielle de la F40 Competizione est annoncée à 367 km/h. Elle dépasse ainsi de 43 km/h la F40 routière, donnée pour 324 km/h. L’écart de puissance atteint 222 CV, puisque la version de série développe officiellement 478 CV.
| Caractéristique | Ferrari F40 | Ferrari F40 Competizione |
|---|---|---|
| Année de présentation | 1987 | 1989 |
| Cylindrée | 2 936,25 cm³ | 2 936,25 cm³ |
| Puissance | 478 CV | 700 CV |
| Vitesse maximale | 324 km/h | 367 km/h |
| Poids annoncé | 1 100 kg à sec | 1 040 kg avec les liquides |
| Usage prévu | Route | Compétition |
La comparaison des poids exige une précaution importante. Les 1 100 kg annoncés pour la F40 routière correspondent à un poids à sec, tandis que les 1 040 kg de la Competizione sont donnés avec les liquides. Ces deux valeurs ne reposent donc pas sur le même protocole et ne permettent pas de calculer directement un gain de masse exact.
La vitesse de pointe ne résume pas non plus les différences entre les deux modèles. Sur circuit, la capacité de freinage, la stabilité aérodynamique, l’endurance mécanique et les réglages du châssis comptent davantage qu’une seule mesure réalisée en ligne droite.
Dimensions et aérodynamique spécifiques
La F40 Competizione mesure 4 535 mm de long, 1 980 mm de large et 1 150 mm de haut. Son empattement est de 2 450 mm. Elle est notamment plus longue que la F40 routière, avec une différence de 177 mm selon les dimensions publiées par Ferrari.
Cette augmentation ne traduit pas un agrandissement de l’habitacle. Elle résulte principalement de l’évolution des éléments aérodynamiques et de la carrosserie. Le bouclier avant, les appendices, les prises d’air et la partie arrière répondent aux besoins de refroidissement et de stabilité propres à une voiture de course très rapide.
Le système de freinage repose sur des disques, tandis que la direction utilise une crémaillère. Le réservoir de carburant affiche une capacité de 120 litres, cohérente avec une utilisation en compétition et des relais prolongés.
Une production limitée à dix exemplaires
Ferrari indique une production totale de dix voitures pour la lignée née du programme F40 LM. Ce nombre extrêmement réduit explique la rareté du modèle, mais il ne suffit pas à identifier précisément chaque F40 présentée aujourd’hui comme une Competizione.
Une F40 routière peut en effet recevoir une carrosserie inspirée de la LM, un moteur préparé et un habitacle de course sans appartenir aux dix exemplaires originels. L’authenticité dépend alors du numéro de châssis, de l’historique de construction, de la documentation disponible et de la nature exacte des interventions réalisées par Michelotto ou par d’autres préparateurs.
Cette distinction est essentielle lorsque des voitures sont exposées, vendues ou décrites dans des catalogues. Une puissance annoncée de 760, 900 ou 1 000 CV ne correspond pas automatiquement à la définition officielle de la F40 Competizione de 700 CV. Elle peut signaler une évolution technique particulière ou une modification postérieure.
La place de la F40 Competizione dans l’histoire de Ferrari
La F40 Competizione occupe une position singulière entre les Ferrari routières et les prototypes conçus exclusivement pour la course. Elle part d’une supercar commercialisée, mais ses transformations sont suffisamment profondes pour en faire une véritable machine de circuit.
Cette approche fut reprise sous d’autres formes avec la Ferrari F50 GT, dérivée de la F50 et développée pour la catégorie GT1. Contrairement à la F40 de compétition, la F50 GT ne participa toutefois pas à un programme sportif officiel complet.
Ferrari développa ensuite des voitures de piste sans homologation routière ni engagement dans un championnat traditionnel. La Ferrari FXX illustre cette évolution vers des programmes réservés à des clients sélectionnés, avec un suivi technique directement organisé par le constructeur.
La Ferrari 599XX prolongea cette formule en transformant une grande routière à moteur V12 en laboratoire roulant destiné au circuit. La F40 Competizione reste toutefois différente par son origine : elle fut développée avec une véritable ambition de course, dans le prolongement direct d’une demande liée aux 24 Heures du Mans.
Les chiffres essentiels de la Ferrari F40 Competizione
- Année : 1989
- Production totale de la lignée : 10 exemplaires
- Moteur : V8 biturbo à 90 degrés
- Cylindrée : 2 936,25 cm³
- Puissance : 700 CV à 8 100 tr/min
- Puissance spécifique : 238 CV par litre
- Boîte de vitesses : manuelle à 5 rapports
- Vitesse maximale : 367 km/h
- Poids annoncé : 1 040 kg avec les liquides
- Longueur : 4 535 mm
- Largeur : 1 980 mm
- Hauteur : 1 150 mm
- Empattement : 2 450 mm
- Capacité du réservoir : 120 litres
Ces données décrivent la configuration officielle publiée par Ferrari. Pour toute voiture particulière, l’historique du châssis et sa configuration actuelle restent indispensables, car plusieurs F40 de course ont été modifiées au fil de leur carrière.











