Présentée en 1997, la Ferrari 355 F1 Spider associe le V8 atmosphérique de la F355 à une boîte mécanique robotisée commandée par des palettes au volant. Cette transmission constitue sa principale particularité. Elle ne transforme pas la voiture en cabriolet automatique au sens classique du terme : elle automatise l’embrayage et le passage des six rapports d’une boîte issue de la transmission manuelle.
Le modèle occupe ainsi une place importante dans l’histoire de Ferrari. Il fait partie des premières voitures de route de la marque à adopter une technologie directement inspirée de la Formule 1, tout en conservant la silhouette découvrable dessinée par Pininfarina. La Ferrari F355 Spider avait été lancée auparavant avec une boîte manuelle traditionnelle. La version F1 apparue ensuite ajoute donc une nouvelle commande de transmission, sans modifier la base générale du Spider.
Pourquoi la Ferrari 355 F1 Spider est apparue en 1997
La gamme F355 a d’abord été développée autour d’une boîte manuelle à six rapports. En 1997, Ferrari lui ajoute une commande électrohydraulique inspirée du dispositif utilisé en compétition. Cette technologie est proposée sur les trois principales carrosseries de la gamme : Berlinetta, GTS et Spider.
La Ferrari 355 F1 Berlinetta adopte la même architecture de transmission dans une carrosserie fermée, tandis que le Spider privilégie la conduite à ciel ouvert. La différence ne tient donc pas au moteur ni au principe de la boîte, mais à la structure de carrosserie et à l’expérience recherchée.
Le système routier s’inscrit dans la continuité d’une innovation introduite par Ferrari en Formule 1 en 1989. La monoplace Ferrari 640 utilisait déjà une commande de boîte électrohydraulique actionnée depuis le volant. La 355 F1 transpose quelques années plus tard ce principe sur une voiture de série, dans une configuration adaptée à la circulation routière.
Une boîte F1 qui reste une transmission mécanique
L’appellation « F1 » peut laisser penser à une boîte automatique moderne. Techniquement, la Ferrari 355 F1 Spider conserve pourtant une boîte mécanique à six rapports et une marche arrière. Des actionneurs hydrauliques prennent en charge le débrayage, l’engagement du rapport et le réembrayage lorsque le conducteur sollicite l’une des palettes situées derrière le volant.
Cette conception doit être distinguée d’une transmission automatique à convertisseur de couple et des boîtes à double embrayage apparues plus tard. La 355 F1 utilise un seul embrayage et reprend la structure fondamentale de la boîte manuelle. Son fonctionnement correspond donc à celui d’une boîte robotisée de première génération.
La commande au volant apporte un changement important dans la relation entre le conducteur et la voiture. Il n’est plus nécessaire d’utiliser une pédale d’embrayage ni de déplacer un levier dans une grille métallique. Le conducteur choisit néanmoins toujours le moment du changement de rapport. L’électronique et l’hydraulique exécutent ensuite l’opération.
La Ferrari 355 F1 GTS propose le même système dans une carrosserie à toit amovible. Le Spider se différencie par sa capote repliable, qui libère entièrement l’habitacle et modifie davantage la perception sonore du V8.
Un V8 atmosphérique de 3,5 litres et 380 ch
La Ferrari 355 F1 Spider reçoit un V8 atmosphérique installé longitudinalement en position centrale arrière. Sa cylindrée exacte atteint 3 495,50 cm³. Le moteur développe 380 ch à 8 250 tr/min et un couple maximal de 363 Nm à 6 000 tr/min.
Son architecture repose sur un angle de 90 degrés entre les deux bancs de cylindres. Elle se distingue surtout par ses cinq soupapes par cylindre, soit trois soupapes d’admission et deux d’échappement. Le moteur utilise également deux arbres à cames en tête par banc, une injection Bosch Motronic ME5.2 et une lubrification par carter sec.
Le régime auquel la puissance maximale est délivrée illustre le caractère de cette mécanique. Le V8 doit monter haut dans les tours pour fournir ses 380 ch. La boîte F1 ne change pas cette personnalité mécanique : elle modifie principalement la manière de sélectionner les rapports et de transmettre la puissance aux roues arrière.
Performances et dimensions
Les performances officielles placent la 355 F1 Spider parmi les voitures de sport les plus rapides de son époque. Ferrari annonçait une vitesse maximale de 295 km/h et un passage de 0 à 100 km/h en 4,7 secondes. Le constructeur indiquait également 12,9 secondes sur 400 mètres et 23,7 secondes sur 1 000 mètres.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Moteur | V8 atmosphérique à 90 degrés |
| Cylindrée | 3 495,50 cm³ |
| Puissance maximale | 380 ch à 8 250 tr/min |
| Couple maximal | 363 Nm à 6 000 tr/min |
| Transmission | Boîte mécanique robotisée à 6 rapports |
| Vitesse maximale | 295 km/h |
| 0 à 100 km/h | 4,7 secondes |
| Poids à sec | 1 350 kg |
La voiture mesure 4 250 mm de long, 1 900 mm de large et 1 170 mm de haut. Son empattement atteint 2 450 mm. Ferrari annonçait un poids à sec de 1 350 kg, une donnée qui ne correspond pas au poids d’une voiture en ordre de marche avec ses fluides, son carburant et ses équipements d’usage.
Un Spider conçu sans abandonner l’aérodynamique
La carrosserie a été dessinée par Pininfarina. Le développement du Spider aurait nécessité 1 800 heures de travail en soufflerie afin de préserver les qualités aérodynamiques de la Berlinetta malgré la disparition du toit fixe. Cet effort concernait notamment la circulation de l’air autour de l’habitacle et la stabilité à haute vitesse.
La F355 Spider marque aussi une étape dans l’histoire des découvrables Ferrari grâce à sa capote semi-automatique commandée électroniquement. Après un déverrouillage manuel, son ouverture s’effectuait en environ 30 secondes. Lors de son apparition en 1995 sur la F355 Spider, ce dispositif constituait une première pour la marque.
Dans la lignée des Ferrari découvrables à moteur central, la F355 succède à la Ferrari 348 Spider. Elle conserve une architecture comparable, mais introduit un moteur plus puissant, une aérodynamique plus travaillée et, à partir de 1997, la possibilité de choisir la commande de boîte F1.
Ferrari F355 Spider ou 355 F1 Spider : quelle différence ?
Les deux appellations ne désignent pas deux générations distinctes. La Ferrari F355 Spider correspond au modèle découvrable dans son ensemble. La Ferrari 355 F1 Spider désigne plus précisément la variante dotée de la transmission électrohydraulique à palettes.
La différence essentielle se situe donc au niveau de la commande de boîte :
- la F355 Spider manuelle possède trois pédales et un levier de vitesses à grille ;
- la 355 F1 Spider possède deux pédales et des palettes derrière le volant ;
- les deux versions utilisent un V8 atmosphérique de 3,5 litres développant 380 ch ;
- la boîte F1 reste fondée sur une transmission mécanique à six rapports.
Cette distinction est importante lorsqu’un exemplaire est présenté à la vente ou décrit dans une fiche historique. Le terme « F1 » ne doit pas être utilisé comme un simple synonyme de F355. Il identifie un équipement précis, apparu tardivement dans la carrière du modèle.
Une production limitée à la fin de la carrière de la F355
La 355 F1 Spider n’a été proposée que sur la dernière partie de la production de la F355, entre 1997 et 1999. Une source spécialisée dans le marché des automobiles de collection avance une production de 1 053 exemplaires équipés de la transmission F1. Ce nombre doit toutefois être présenté avec prudence, car il ne provient pas d’un total détaillé publié dans la fiche historique officielle de Ferrari.
Cette période de commercialisation réduite explique en partie pourquoi la version F1 est moins courante que l’ensemble des F355 Spider. Sa rareté ne suffit toutefois pas à déterminer à elle seule l’intérêt ou la valeur d’un exemplaire. L’état général, l’historique documenté, l’entretien de la transmission électrohydraulique et la conformité de la voiture restent des éléments déterminants lors de l’examen d’un véhicule.
La place de la 355 F1 Spider dans l’histoire de Ferrari
La Ferrari 355 F1 Spider représente une étape de transition. Elle conserve les caractéristiques mécaniques d’une sportive analogique des années 1990, notamment un V8 atmosphérique à haut régime, une direction sans les filtres des générations récentes et une boîte mécanique à embrayage unique. Dans le même temps, elle introduit une commande de transmission qui annonce l’évolution future des Ferrari de route.
La génération suivante prolonge cette orientation avec la Ferrari 360 Spider, elle aussi proposée avec une boîte commandée par palettes. La 355 reste néanmoins le modèle qui a installé cette technologie dans la gamme routière de série, à une époque où les boîtes robotisées étaient encore inhabituelles sur les voitures de sport.
Son intérêt historique vient précisément de cette combinaison : une carrosserie ouverte dessinée par Pininfarina, un V8 atmosphérique à cinq soupapes par cylindre et l’une des premières applications routières de la commande de boîte F1 de Ferrari.











