Présentée en 1998, la Ferrari 456M GT est la version modernisée du grand coupé 2+2 à moteur V12 lancé au début des années 1990. La lettre « M » signifie Modificata et désigne une évolution portant sur la carrosserie, l’aérodynamique, le refroidissement, l’habitacle et plusieurs détails techniques. Elle conserve toutefois l’architecture qui définit le modèle : un V12 atmosphérique placé à l’avant, quatre places et une boîte manuelle à six rapports.
La 456M GT ne constitue donc pas une génération entièrement nouvelle. Elle perfectionne la Ferrari 456 GT en corrigeant certains détails et en adaptant sa présentation aux attentes de la fin des années 1990. Son positionnement reste singulier dans la gamme : offrir les performances d’une Ferrari tout en permettant de voyager à quatre dans de meilleures conditions qu’à bord d’une berlinette à moteur central.
Une grande routière Ferrari profondément modernisée
Les évolutions extérieures sont subtiles, mais suffisamment nombreuses pour différencier la 456M GT de la première 456. La partie avant est redessinée, avec une calandre et des prises d’air revues afin d’améliorer l’alimentation en air et le refroidissement. Le capot, les boucliers et plusieurs éléments aérodynamiques sont également modifiés.
L’un des changements les plus visibles concerne l’aileron arrière. Sur la 456 GT, un élément mobile pouvait se déployer sous le bouclier en fonction de la vitesse. Sur la version Modificata, cette solution est abandonnée au profit d’un dispositif fixe directement intégré à la carrosserie. Cette évolution simplifie le système tout en conservant la stabilité recherchée à haute vitesse.
Le dessin reste attribué à Pininfarina. Il repose sur des proportions classiques de grand coupé à moteur avant : long capot, habitacle rejeté vers l’arrière, ligne de toit fluide et poupe courte. La 456M GT évite les appendices spectaculaires et privilégie une silhouette sobre, plus proche d’une grande routière que d’une sportive démonstrative.
Cette approche prolonge une tradition déjà incarnée par la Ferrari 412, précédente grande 2+2 à moteur V12 avant de la marque. La 456 adopte toutefois une silhouette nettement plus aérodynamique, une structure plus moderne et des performances qui la placent dans une autre catégorie.
Un habitacle 2+2 conçu pour les longs trajets
La mise à jour de 1998 concerne aussi l’intérieur. La planche de bord, les commandes et la console centrale sont réorganisées, tandis que la qualité de présentation progresse. Ferrari cherche alors à rapprocher la 456M GT des standards attendus dans une automobile de grand tourisme haut de gamme, sans supprimer son caractère sportif.
La configuration 2+2 offre deux places arrière réelles, même si leur confort dépend naturellement de la taille des occupants installés à l’avant. Le modèle se distingue ainsi des Ferrari strictement biplaces. Il peut accueillir des passagers supplémentaires et des bagages, ce qui correspond à son rôle de voiture destinée aux voyages rapides sur longue distance.
Cette philosophie remonte à plusieurs décennies dans l’histoire de la marque. La Ferrari 365 GT 2+2 associait déjà un V12 avant, quatre places et une recherche de confort, bien avant l’apparition de la 456M GT. Le modèle de 1998 transpose cette formule dans un ensemble beaucoup plus performant et technologiquement plus abouti.
Un V12 atmosphérique de 5,5 litres
La Ferrari 456M GT utilise un V12 atmosphérique à 65 degrés installé longitudinalement à l’avant. Sa cylindrée exacte atteint 5 473,91 cm³. Il développe 325 kW, soit 442 ch à 6 250 tr/min, ainsi qu’un couple maximal de 550 Nm à 4 500 tr/min.
Ce moteur se distingue moins par une puissance spécifique extrême que par sa souplesse et sa capacité à délivrer un effort important sur une large plage de régime. Ce caractère convient à une grande routière lourde, appelée à reprendre rapidement sans nécessiter en permanence les régimes élevés d’un moteur de compétition.
La puissance est transmise aux roues arrière par une boîte manuelle à six rapports. La disposition mécanique participe à l’équilibre général de la voiture : le moteur se trouve à l’avant, tandis que la transmission est conçue pour préserver une répartition des masses adaptée à une conduite rapide.
La boîte mécanique constitue la principale différence entre la GT et la Ferrari 456M GTA. Cette dernière reçoit une transmission automatique à quatre rapports avec convertisseur de couple. La GT privilégie donc l’implication du conducteur, tandis que la GTA accentue le confort d’utilisation.
Des performances de véritable GT à moteur V12
Ferrari annonçait une vitesse maximale supérieure à 300 km/h pour la 456M GT. Le passage de 0 à 100 km/h était donné pour 5,2 secondes, le 400 mètres départ arrêté pour 13,3 secondes et le kilomètre départ arrêté pour 23,3 secondes.
Ces chiffres replacent le modèle dans son contexte. À la fin des années 1990, dépasser les 300 km/h avec un coupé quatre places doté d’un habitacle confortable constituait une performance remarquable. La 456M GT combinait ainsi des capacités proches de celles d’une supercar de son époque avec une architecture pensée pour les longues distances.
La version automatique est légèrement moins rapide selon les données publiées par Ferrari, avec plus de 298 km/h en vitesse de pointe et un 0 à 100 km/h annoncé en 5,5 secondes. Cette différence s’explique notamment par la transmission à quatre rapports et par une gestion davantage orientée vers la douceur. Avant le restylage Modificata, cette solution était déjà proposée sur la Ferrari 456 GTA.
Dimensions, poids et châssis
La Ferrari 456M GT mesure 4 763 mm de long, 1 920 mm de large et 1 300 mm de haut. Son empattement atteint 2 600 mm. Ces dimensions traduisent son positionnement de grande routière et permettent d’intégrer les deux places arrière sans dénaturer les proportions du coupé.
- Poids à sec annoncé : 1 690 kg
- Capacité du réservoir : 110 litres
- Pneumatiques avant : 255/45 ZR 17
- Pneumatiques arrière : 285/40 ZR 17
- Transmission : propulsion
Le châssis repose sur une structure tubulaire en acier. Les suspensions indépendantes utilisent des triangles superposés, avec un correcteur d’assiette à l’arrière. Cette architecture doit concilier le contrôle des mouvements de caisse à haute vitesse et le confort nécessaire à une automobile de grand tourisme.
Les pneus arrière plus larges que ceux de l’avant participent à la motricité et à la stabilité. La 456M GT reste une propulsion puissante, dépourvue des systèmes de transmission intégrale qui équiperont certaines Ferrari quatre places bien plus tard.
Consommation et autonomie
Les valeurs d’homologation publiées à l’époque indiquent une consommation mixte de 22,0 l/100 km en configuration Euro 2 et de 21,6 l/100 km en Euro 3. Les émissions de CO₂ annoncées atteignent 495 g/km.
Ces données reposent sur les anciens cycles ECE et EUDC. Elles ne sont donc pas directement comparables aux valeurs obtenues aujourd’hui selon le protocole WLTP. Elles permettent néanmoins de mesurer les contraintes d’un V12 atmosphérique de 5,5 litres associé à une voiture de près de 1,7 tonne à sec.
Le réservoir de 110 litres compense partiellement cette consommation élevée et correspond à la vocation routière du modèle. Dans la pratique, l’autonomie dépend fortement du rythme adopté, de l’état mécanique de l’exemplaire et des conditions de circulation.
Une Ferrari produite en nombre limité
La production de la 456M GT à boîte manuelle est généralement établie à 688 exemplaires. Ce chiffre doit être distingué de la production totale de la famille 456, qui comprend les premières GT, les GTA automatiques et les versions Modificata.
Cette relative rareté renforce l’intérêt de la version manuelle auprès des collectionneurs. Elle réunit plusieurs caractéristiques devenues inhabituelles dans la production moderne : un V12 atmosphérique avant, une boîte mécanique, quatre places et une carrosserie Pininfarina aux lignes discrètes.
Les points à distinguer entre 456 GT, 456M GT et 456M GTA
| Version | Période et positionnement | Transmission | Caractéristique principale |
|---|---|---|---|
| 456 GT | Version d’origine | Manuelle à six rapports | Première interprétation moderne du coupé Ferrari 2+2 à V12 avant |
| 456M GT | Évolution lancée en 1998 | Manuelle à six rapports | Carrosserie, aérodynamique, refroidissement et habitacle modernisés |
| 456M GTA | Version Modificata orientée confort | Automatique à quatre rapports | Conduite plus souple, avec des performances légèrement inférieures |
La 456M GT occupe ainsi une place précise dans la gamme. Elle n’est ni la première 456, ni simplement une variante à boîte manuelle de la GTA. Elle représente l’aboutissement de la formule d’origine, avec les améliorations introduites en 1998 et la transmission mécanique qui préserve le lien direct entre le V12 et le conducteur.
Son intérêt repose moins sur une rupture technologique que sur cet équilibre particulier. La Ferrari 456M GT associe une vitesse de pointe supérieure à 300 km/h, quatre places, une ligne Pininfarina mesurée et l’une des dernières combinaisons Ferrari réunissant un V12 avant et une boîte manuelle dans un grand coupé de série.











