Ferrari Superamerica

Parmi les appellations mythiques de Maranello, Superamerica occupe une place particulière. Utilisée par Ferrari depuis les années 50 pour désigner des modèles rares et ultra raffinés, elle est revenue au catalogue en 2005 avec la 575M Superamerica. Cette GT décapotable à moteur V12 ne se contente pas d’ouvrir le toit. Elle pousse l’idée du grand tourisme vers quelque chose de plus sophistiqué, plus exclusif, presque artisanal.

Produite à 559 exemplaires seulement, la Superamerica reprenait la base technique de la 575M Maranello mais la transformait profondément. Elle était pensée pour les clients les plus fidèles, ceux qui souhaitaient une Ferrari capable de voyager loin, dans un confort luxueux, tout en restant incroyablement rapide.

Un toit révolutionnaire qui fait la différence

La grande particularité de ce modèle réside dans son toit baptisé Revocromico. Il s’agit d’un panneau en verre électrochrome qui pivote vers l’arrière. En quelques secondes, la voiture passe d’un élégant coupé fermé à un cabriolet ouvert. Mieux encore, l’intensité lumineuse traversant le verre peut être ajustée électriquement.

Dans la pratique, cela signifie que l’on peut rouler à ciel ouvert ou filtrer la lumière selon l’ambiance recherchée, sans sacrifier l’esthétique. Ce dispositif, développé spécifiquement pour Ferrari, donnait à la Superamerica une identité visuelle forte, immédiatement reconnaissable.

L’intérieur prolonge cette approche technologique et luxueuse. Cuirs épais, ajustements précis, inserts en fibre de carbone, position de conduite basse et enveloppante. Tout est pensé pour rappeler que l’on se trouve dans une GT d’exception. Les clients pouvaient également opter pour le pack Handling GTC, améliorant freinage et comportement, pour un ressenti encore plus sportif.

Un V12 à la sonorité inimitable

Sous le capot repose un V12 atmosphérique de 5,7 litres, dérivé de celui de la 575M. Il a été optimisé pour offrir davantage de puissance et une réponse plus franche. Sa montée en régime est linéaire, généreuse, presque infinie. Et surtout, il délivre une sonorité riche, métallique, capable de transformer chaque accélération en moment marquant.

La voiture pouvait être commandée avec la boîte F1 à palettes, très populaire à l’époque, ou avec une boîte manuelle. Cette dernière est rarissime: seulement 43 exemplaires environ auraient quitté l’usine ainsi. Ce détail contribue aujourd’hui à la valeur particulièrement élevée de ces versions.

Dimensions

  • Empattement: 2 500 mm
  • Longueur: 4 550 mm
  • Largeur: 1 935 mm
  • Hauteur: 1 277 mm

Performances

  • Puissance: environ 540 ch
  • Couple: 588 Nm
  • Vitesse maximale: proche de 320 km/h
  • Boîte: 6 rapports, F1 ou manuelle

Caractéristiques techniques

  • Moteur V12 atmosphérique 5 748 cm³
  • Injection électronique séquentielle
  • Suspensions à double triangulation, amortisseurs adaptatifs
  • Freins à disques ventilés, carbone céramique disponibles avec pack GTC
  • Toit en verre électrochrome pivotant Revocromico

Un prix élevé, une valeur qui grimpe encore

Lors de sa commercialisation, la Ferrari 575M Superamerica s’affichait à environ 250 000 euros. Ce tarif réservait clairement le modèle à une clientèle privilégiée. Aujourd’hui, la rareté, la présence d’un V12 atmosphérique et l’innovation du toit la rendent extrêmement recherchée. Sur le marché des collectionneurs, certains exemplaires dépassent largement les estimations, surtout lorsqu’ils bénéficient d’un faible kilométrage ou d’options rares.

Un héritage digne de son nom

La Superamerica n’était pas seulement une variante ouverte de la 575M. Elle représentait la continuité d’une lignée prestigieuse, héritière des grandes Ferrari des années 50 et 60 destinées aux clients américains fortunés. Tout, dans sa conception, respire la passion et l’exclusivité.

Elle combine voyages, performance, rareté et innovation, ce qui en fait l’une des GT ouvertes les plus iconiques de Ferrari. Une voiture faite pour rouler longtemps, vite, et avec une élégance que peu d’autres automobiles peuvent revendiquer.