Le Mitsubishi Asx 2 marque une rupture nette dans l’histoire du SUV compact japonais. Dévoilé en septembre 2022 puis lancé dans les concessions européennes à partir de mars 2023, il n’est pas une simple évolution de son prédécesseur. Cette deuxième génération est développée dans le cadre de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et repose sur la plate-forme CMF-B. Elle est produite par Renault à Valladolid, en Espagne, aux côtés du Renault Captur dont elle reprend l’essentiel de la structure, des motorisations et de l’aménagement.
Cette stratégie transforme également le positionnement de l’ASX. Le premier Mitsubishi ASX, commercialisé en Europe à partir de 2010, était un SUV compact développé par Mitsubishi et proposé, selon les versions, avec une transmission intégrale. L’Asx 2 devient un crossover urbain à traction avant long d’environ 4,23 m, conçu avant tout pour le marché européen.
Un nouvel ASX issu de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi
La deuxième génération intervient dans une période de réorganisation de la présence européenne de Mitsubishi. Plutôt que de financer seul le développement d’un nouveau modèle, le constructeur utilise les synergies de l’Alliance. Le choix du Captur permet de disposer rapidement d’un SUV du segment B moderne, produit en Europe et compatible avec plusieurs niveaux d’électrification.
La parenté entre les deux véhicules est donc beaucoup plus profonde qu’un simple partage de plate-forme. Carrosserie, dimensions principales, habitacle, architecture électronique et groupes motopropulseurs proviennent largement du Captur de deuxième génération. Mitsubishi adapte essentiellement l’identité extérieure, la présentation de gamme et certains équipements. La fabrication est assurée dans l’usine Renault de Valladolid en Espagne.
L’Asx 2 prend ainsi place à l’entrée de l’offre SUV de la marque, sous le Mitsubishi Outlander 4, nettement plus grand et davantage orienté vers un usage familial. Il complète également une gamme européenne comprenant alors l’Eclipse Cross et des modèles plus anciens comme la Space Star.
Un design très proche du Renault Captur
La filiation avec le Captur est immédiatement visible. L’Asx 2 conserve ses proportions de crossover urbain, avec des porte-à-faux relativement courts, une ceinture de caisse ascendante, des passages de roues marqués et un pavillon pouvant produire un effet de toit flottant. Avec 4 228 mm de longueur et 2 639 mm d’empattement, il est sensiblement plus compact que la première génération.
Sur la phase lancée en 2023, Mitsubishi ne cherche pas à dissimuler complètement cette origine. La différenciation se concentre notamment sur la calandre, les emblèmes aux trois diamants et différents détails de présentation. La face avant reprend une interprétation de l’identité Dynamic Shield de Mitsubishi, mais les optiques, le vitrage, les ouvrants et la silhouette restent très proches du modèle Renault.
À bord, cette architecture apporte une caractéristique particulièrement intéressante pour un véhicule de ce gabarit : la banquette arrière coulissante. Elle permet de privilégier alternativement l’espace réservé aux passagers ou le volume de chargement. Sur certaines versions thermiques, le coffre atteint 422 litres avec la banquette en position normale et peut gagner 114 litres lorsqu’elle est avancée. L’implantation des batteries réduit toutefois le volume disponible sur les variantes électrifiées.
Essence, micro-hybride, hybride et hybride rechargeable
L’une des particularités majeures de l’Asx 2 au lancement réside dans l’étendue de ses motorisations. L’entrée de gamme utilise un trois cylindres turbo essence de 999 cm3 développant environ 90 ch, associé à une boîte manuelle à six rapports. Simple et relativement léger, ce moteur constitue l’offre d’accès.
Au-dessus se trouve le quatre cylindres 1,3 litre turbo à injection directe équipé d’une micro-hybridation 12 V. Sa puissance varie suivant la boîte et le marché : environ 140 ch avec certaines configurations à boîte manuelle, et jusqu’à 158 ou 160 ch avec la transmission à double embrayage à sept rapports. Ces différences expliquent pourquoi une puissance unique ne peut pas être attribuée à l’ensemble des Asx 2 1.3 MHEV.
L’hybride non rechargeable associe un quatre cylindres atmosphérique de 1 598 cm3 à deux machines électriques et à une batterie d’environ 1,2 kWh. La puissance combinée se situe autour de 143 à 145 ch suivant la définition commerciale retenue. La transmission multimode permet de faire intervenir le moteur thermique et les machines électriques selon les conditions de circulation, avec une utilisation fréquente de la propulsion électrique à faible vitesse.
Le sommet de la gamme initiale est occupé par l’hybride rechargeable. Il reprend un quatre cylindres 1,6 litre associé à deux machines électriques et reçoit une batterie lithium-ion d’environ 10,5 kWh. La puissance système atteint approximativement 160 ch et l’autonomie électrique homologuée se situe autour de 47 km WLTP dans les configurations commercialisées en France. L’Asx 2 rejoint ainsi le Mitsubishi Eclipse Cross PHEV dans l’offre rechargeable de la marque, tout en utilisant une chaîne de traction différente issue de Renault.
Toutes ces versions transmettent leur puissance aux roues avant. Contrairement à certains ASX de première génération, l’Asx 2 européen de lancement n’est donc pas proposé avec quatre roues motrices.
Fiche technique de l’Asx 2
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Génération | Deuxième génération européenne |
| Lancement commercial européen | 2023 |
| Carrosserie | SUV urbain 5 portes, 5 places |
| Plate-forme | CMF-B |
| Production | Valladolid, Espagne |
| Implantation moteur | Avant, transversale |
| Transmission | Traction avant |
| Essence 1.0 | 3 cylindres turbo, 999 cm3, environ 90 ch, 160 Nm |
| 1.3 MHEV | 4 cylindres turbo, 1 333 cm3, micro-hybridation 12 V, environ 140 à 160 ch selon version |
| 1.6 HEV | 4 cylindres atmosphérique 1 598 cm3, deux machines électriques, environ 143 à 145 ch combinés |
| Batterie HEV | Environ 1,2 kWh |
| 1.6 PHEV | 4 cylindres atmosphérique 1 598 cm3, deux machines électriques, environ 160 ch combinés |
| Batterie PHEV | Environ 10,5 kWh |
| Boîtes | Manuelle 6 rapports, double embrayage 7 rapports ou transmission hybride multimode selon version |
| Suspension avant | McPherson |
| Suspension arrière | Essieu déformable sur plusieurs versions, architecture spécifique multibras documentée sur PHEV |
| Direction | Assistance électrique |
| Freins avant | Disques ventilés |
| Roues | Jantes 17 ou 18 pouces selon finition |
| Pneumatiques documentés | 215/60 R17 ou 215/55 R18 selon version |
| Longueur | 4 228 mm |
| Largeur | 1 797 mm hors rétroviseurs |
| Hauteur | Environ 1 573 mm |
| Empattement | 2 639 mm |
| Voies | Environ 1 561 mm avant et 1 547 mm arrière |
| Poids | Environ 1 182 à 1 556 kg selon motorisation et définition de mesure |
| Vitesse maximale | Environ 168 à 204 km/h selon motorisation |
| 0 à 100 km/h | Environ 8,5 à 14,0 s selon version |
| Autonomie électrique PHEV | Environ 47 km WLTP selon configuration homologuée |
| Réservoir | Environ 48 l sur versions non rechargeables, 39 l sur PHEV |
| Volume de coffre | Jusqu’à 422 l sur certaines versions, variable selon motorisation et position de la banquette |
| Diamètre de braquage | Environ 11,1 m |
Un comportement et des performances adaptés à chaque motorisation
Les écarts de masse et de puissance donnent des caractères sensiblement différents aux quatre familles mécaniques. Le 1.0 turbo privilégie l’accessibilité plutôt que les performances, avec un 0 à 100 km/h annoncé autour de 14 secondes et une vitesse maximale proche de 168 km/h. Le 1.3 MHEV le plus puissant abaisse nettement le 0 à 100 km/h, jusqu’à environ 8,5 secondes dans la configuration 160 ch à double embrayage.
Le HEV répond davantage à un usage urbain et périurbain, où son système peut exploiter régulièrement les moteurs électriques. Les valeurs d’homologation françaises se situent autour de 5,1 l/100 km pour certaines configurations. Le PHEV peut pour sa part effectuer une partie des déplacements quotidiens sans démarrer son moteur thermique lorsque sa batterie a été rechargée. Son intérêt dépend donc beaucoup de la fréquence de recharge et du type de parcours.
Les différences ne se limitent pas au groupe motopropulseur. La masse augmente avec l’électrification, d’environ 1,18 tonne pour certaines versions 1.0 à plus de 1,5 tonne pour le PHEV. L’implantation de la batterie influe également sur le coffre et certains éléments du train arrière. Il est donc préférable de considérer les variantes thermique, MHEV, HEV et PHEV comme quatre déclinaisons techniques distinctes plutôt que comme un même ASX doté de puissances différentes.
Une deuxième génération qui change la définition de l’ASX
Le changement de génération modifie profondément la place de l’ASX dans l’histoire de Mitsubishi. Son prédécesseur appartenait à une famille technique développée par le constructeur japonais et pouvait combiner moteurs essence ou diesel et transmission intégrale suivant les marchés. L’Asx 2 adopte au contraire une base européenne partagée et se concentre sur la traction avant et l’électrification.
Cette évolution reflète aussi le repositionnement de Mitsubishi en Europe. À côté du Mitsubishi Eclipse Cross, l’Asx 2 permet à la marque de disposer d’un crossover plus compact sans développer une architecture spécifique. Le choix du Captur donne accès à une plate-forme récente, à plusieurs chaînes de traction électrifiées et à une production européenne déjà industrialisée.
La confusion la plus fréquente concerne les dates. Le véhicule a été révélé en septembre 2022 et sa production appartient à cette période, mais son arrivée annoncée dans les concessions européennes intervient en mars 2023. Pour identifier la version commercialisée auprès du public européen, 2023 constitue donc l’année de lancement la plus pertinente.
Le restylage de 2024
La carrière de cette deuxième génération évolue rapidement. Dès avril 2024, Mitsubishi présente un ASX profondément restylé, toujours construit sur la base du Captur. La face avant devient beaucoup plus différenciée, notamment grâce à une nouvelle interprétation du Dynamic Shield et à une signature visuelle plus directement identifiable à Mitsubishi.
Ce restylage ne constitue toutefois pas un Mitsubishi Asx 3. La base CMF-B, la parenté avec le Captur et le principe industriel restent ceux de la deuxième génération. Cette distinction est importante pour identifier correctement un Asx 2 : le modèle de lancement 2023 possède la face avant étroitement dérivée du Captur pré-restylage, tandis que la version apparue en 2024 adopte une identité Mitsubishi plus affirmée tout en poursuivant la même lignée.




