Le Lancia Voyager est un grand monospace familial à sept places commercialisé en Europe à partir de 2011. Issu du Chrysler Grand Voyager de cinquième génération, il associe une carrosserie américaine particulièrement spacieuse à une présentation haut de gamme adaptée au marché européen. Avec ses portes latérales coulissantes électriques, ses sièges escamotables Stow’n Go et ses motorisations diesel ou essence, il constitue l’un des véhicules les plus imposants proposés par Lancia au début des années 2010.
Long de plus de 5,20 mètres, le Voyager privilégie l’habitabilité, le confort des passagers et la modularité. Il se distingue des monospaces européens traditionnels par son architecture, son équipement généreux et sa capacité à transformer rapidement son habitacle en un vaste espace de chargement. Son lancement illustre également une période particulière de l’histoire de Lancia, marquée par le rapprochement industriel entre Fiat et Chrysler.
Histoire du Lancia Voyager : des origines Chrysler au lancement de 2011
L’histoire du Lancia Voyager commence bien avant son arrivée dans les concessions européennes. En 1983, Chrysler présente aux États-Unis une nouvelle génération de véhicules familiaux qui contribue à populariser le concept du monospace moderne. Commercialisés à partir de l’année-modèle 1984, ces véhicules connaissent plusieurs générations et deviennent une référence sur le marché nord-américain.
Le Lancia Voyager repose sur la cinquième génération de cette famille, introduite par Chrysler en 2007 pour l’année-modèle 2008. Il reprend plus précisément la configuration longue du Grand Voyager, avec une carrosserie à cinq portes, sept places et deux accès latéraux coulissants. Sa base technique appartient à la famille Chrysler RT, développée avant son adoption par Lancia.
Le changement de marque résulte du rapprochement entre Fiat et Chrysler engagé en 2009. Le groupe italien cherche alors à développer des synergies industrielles et commerciales avec le constructeur américain. En Europe continentale, plusieurs modèles Chrysler sont progressivement intégrés au catalogue Lancia, tandis que Chrysler conserve une identité commerciale distincte sur d’autres marchés.
Présenté en 2011, le Voyager fait partie de cette nouvelle stratégie. Il accompagne notamment la Lancia Thema de 2011, une grande berline dérivée de la Chrysler 300, distincte de la Thema historique des années 1980 et 1990. Ces deux modèles permettent à Lancia de proposer des véhicules de grand gabarit sans développer de nouvelles plateformes spécifiques.
La présentation européenne du Voyager intervient au cours de l’année 2011, notamment dans le cadre du Salon de Genève. Sa commercialisation française débute le 22 octobre 2011, avec un prix d’accès annoncé à 41 900 euros. Le véhicule est alors proposé avec un moteur diesel de 163 ch et un V6 essence de 283 ch sur le marché français.
Le Voyager remplace dans la gamme le Lancia Phedra, commercialisé depuis 2002. Ce changement marque une rupture industrielle : la Phedra était issue d’une coopération entre Fiat et PSA, alors que le Voyager provient directement de la gamme Chrysler.
Il s’inscrit néanmoins dans une histoire plus ancienne des grands monospaces Lancia, commencée en 1994 avec la Lancia Zeta. Les trois modèles répondent à une même volonté d’associer le transport familial à une présentation valorisante, mais leurs origines techniques et leurs dimensions diffèrent sensiblement.
La carrière européenne du Voyager reste relativement courte. Sa commercialisation prend progressivement fin au milieu des années 2010, dans un contexte de réduction de la gamme Lancia sur plusieurs marchés. Aucun successeur direct portant le badge Lancia n’est lancé après son retrait.
Design extérieur et habitacle : un monospace américain haut de gamme
Le Lancia Voyager conserve l’essentiel de la silhouette du Chrysler Grand Voyager. Son style privilégie les lignes horizontales, les surfaces vitrées généreuses et une carrosserie presque rectangulaire. Cette conception permet d’exploiter efficacement les dimensions extérieures, notamment pour préserver l’espace disponible aux deuxième et troisième rangées.
La face avant reçoit une grande calandre chromée portant l’emblème Lancia. Les projecteurs anguleux, le capot relativement court et le bouclier enveloppant restent proches de ceux du modèle Chrysler. Les différences esthétiques concernent principalement l’identité de marque, certains détails de finition et les équipements proposés selon les marchés.
De profil, le Voyager se reconnaît à son empattement particulièrement long, à ses deux portes arrière coulissantes et à son pavillon presque horizontal. Les grandes vitres latérales améliorent la luminosité intérieure et facilitent la visibilité des passagers. Les jantes en alliage de 17 pouces et les nombreux éléments chromés contribuent à sa présentation haut de gamme.
À l’arrière, le hayon presque vertical maximise la hauteur de chargement. Les grands feux disposés de part et d’autre de la lunette et le seuil de coffre relativement accessible répondent davantage à des impératifs pratiques qu’à une recherche de sportivité.
L’habitacle constitue l’un des principaux arguments du modèle. La planche de bord adopte une disposition typiquement américaine, avec une large console centrale et un sélecteur de boîte automatique installé en hauteur. Cette implantation libère de l’espace entre les occupants avant et facilite l’accès aux commandes.
La présentation intérieure varie selon les finitions, avec des selleries en cuir, des inserts décoratifs et plusieurs combinaisons de couleurs. Lancia met particulièrement l’accent sur le confort, en proposant notamment des sièges chauffants, un volant chauffant, une climatisation automatique à trois zones et des équipements multimédias destinés aux passagers arrière.
Par son gabarit, le Voyager occupe une place très différente de celle de la Lancia Musa. Cette dernière privilégie la compacité et la facilité d’utilisation en ville, tandis que le Voyager est conçu pour accueillir sept personnes et leurs bagages sur de longs trajets.
Motorisations diesel et essence : du 2.8 CRD au V6 Pentastar
Au lancement, le Lancia Voyager est proposé avec deux motorisations associées à une boîte automatique à six rapports. Cette offre relativement simple correspond à son positionnement : un grand véhicule familial destiné avant tout aux déplacements routiers et autoroutiers.
Le premier moteur est un quatre-cylindres turbodiesel de 2 776 cm³, développé dans la famille de moteurs VM Motori. Commercialisé initialement avec une puissance de 163 ch sur le marché français, il développe un couple maximal de 360 Nm. Son injection directe Common Rail et son turbocompresseur permettent de déplacer un véhicule dépassant deux tonnes tout en maintenant une consommation homologuée inférieure à celle du moteur essence.
Le diesel évolue ensuite vers une version de 178 ch, également désignée 2.8 MultiJet II. Cette motorisation figure notamment dans le catalogue français applicable à partir de décembre 2012. Malgré l’augmentation de puissance, le couple maximal annoncé reste de 360 Nm. La boîte automatique à six rapports est conservée.
Le second moteur est le V6 essence Pentastar de 3 604 cm³. Atmosphérique, doté de 24 soupapes et d’une distribution à double arbre à cames par rangée de cylindres, il développe 283 ch dans la documentation française de décembre 2012. Certains documents de lancement européens annoncent des puissances légèrement différentes, notamment 286 ou 287 ch, en raison des spécifications et des présentations propres aux marchés.
Le V6 offre des accélérations sensiblement plus rapides que le diesel, avec un passage de 0 à 100 km/h annoncé en 8,52 secondes pour la version française documentée. Son fonctionnement plus souple et sa puissance supérieure conviennent à la vocation routière du Voyager, mais sa consommation est nettement plus élevée.
Le moteur diesel reste particulièrement pertinent pour les longs trajets, grâce à son couple disponible à bas régime et à sa consommation mixte normalisée de 7,9 l/100 km. Le V6 essence affiche pour sa part 10,8 l/100 km dans les mêmes conditions d’homologation. Ces valeurs correspondent à l’ancien cycle européen NEDC et ne doivent pas être assimilées aux consommations réellement observées en circulation.
Quelle que soit la motorisation, le Voyager conserve une architecture à traction avant. Aucune version à transmission intégrale ne figure dans la gamme française documentée. La boîte automatique privilégie la douceur de fonctionnement et le confort plutôt que les changements de rapports sportifs.
Fiche technique du Lancia Voyager
| Caractéristique | 2.8 MultiJet II 178 ch | 3.6 V6 Pentastar 283 ch |
|---|---|---|
| Marque | Lancia | Lancia |
| Modèle | Voyager | Voyager |
| Année de lancement | 2011 (diesel initial de 163 ch) | 2011 |
| Catégorie | Grand monospace | Grand monospace |
| Carrosserie | 5 portes, 7 places | 5 portes, 7 places |
| Architecture | Moteur avant transversal, traction | Moteur avant transversal, traction |
| Structure | Monocoque autoporteuse, plateforme Chrysler RT | Monocoque autoporteuse, plateforme Chrysler RT |
| Moteur | 4 cylindres en ligne turbodiesel | V6 essence atmosphérique à 60° |
| Cylindrée | 2 776 cm³ | 3 604 cm³ |
| Alimentation | Injection directe Common Rail, turbocompresseur | Injection multipoint |
| Distribution | 16 soupapes, double arbre à cames | 24 soupapes, double arbre à cames |
| Alésage × course | 94 × 100 mm | 96 × 83 mm |
| Rapport volumétrique | 16,5:1 | 10,2:1 |
| Puissance maximale | 178 ch à 3 600 tr/min | 283 ch à 6 600 tr/min |
| Couple maximal | 360 Nm de 1 400 à 3 400 tr/min | 344 Nm à 4 400 tr/min |
| Boîte de vitesses | Automatique à 6 rapports | Automatique à 6 rapports |
| Suspension avant | MacPherson, barre stabilisatrice | MacPherson, barre stabilisatrice |
| Suspension arrière | Essieu à barre de torsion, ressorts hélicoïdaux | Essieu à barre de torsion, ressorts hélicoïdaux |
| Direction | À crémaillère assistée | À crémaillère assistée |
| Freins avant | Disques de 330 mm | Disques de 330 mm |
| Freins arrière | Disques de 328 mm | Disques de 328 mm |
| Jantes | Alliage 17 pouces | Alliage 17 pouces |
| Pneumatiques | 225/65 R17 | 225/65 R17 |
| Longueur | 5 218 mm | 5 218 mm |
| Largeur | 1 998 mm | 1 998 mm |
| Hauteur | 1 750 mm | 1 750 mm |
| Empattement | 3 078 mm | 3 078 mm |
| Voie avant | 1 663 mm | 1 663 mm |
| Voie arrière | 1 645 mm | 1 645 mm |
| Diamètre de braquage | 12,07 m | 12,07 m |
| Poids à vide selon équipement | 2 167 à 2 255 kg | 2 016 à 2 140 kg |
| Vitesse maximale | 193 km/h | 208 km/h |
| 0 à 100 km/h | 11,54 s | 8,52 s |
| Consommation urbaine NEDC | 10,5 l/100 km | 15,8 l/100 km |
| Consommation extra-urbaine NEDC | 6,3 l/100 km | 7,9 l/100 km |
| Consommation mixte NEDC | 7,9 l/100 km | 10,8 l/100 km |
| Émissions de CO2 | 207 g/km | 252 g/km |
| Norme antipollution | Euro 5 | Euro 5 |
| Réservoir | 76 litres | 76 litres |
| Volume de coffre, 7 places | 934 litres | 934 litres |
| Volume de coffre, 3e rangée rabattue | 2 394 litres | 2 394 litres |
| Volume maximal de chargement | 4 100 litres | 4 100 litres |
| Capacité de remorquage annoncée | 1 600 kg | 1 600 kg |
| Prix neuf en France, décembre 2012 | 43 800 € en Gold | 43 800 € en Gold |
Modularité, Stow’n Go et équipements de confort
La modularité représente l’un des principaux atouts du Lancia Voyager. Son habitacle accueille sept occupants selon une disposition 2 + 2 + 3 : deux sièges avant, deux sièges individuels au deuxième rang et une banquette arrière pouvant recevoir trois personnes. Cette configuration favorise l’accès à la dernière rangée grâce au passage central entre les deux sièges intermédiaires.
Le système Stow’n Go constitue sa caractéristique la plus distinctive. Contrairement à de nombreux monospaces européens nécessitant de retirer physiquement les sièges pour obtenir un espace de chargement maximal, le Voyager permet de les replier dans des compartiments aménagés sous le plancher. Cette solution, développée par Chrysler avant l’apparition du modèle Lancia, évite de devoir entreposer des sièges volumineux dans un garage.
Lorsque les sièges de deuxième rangée sont utilisés, les compartiments intégrés au plancher peuvent servir d’espaces de rangement supplémentaires. Lorsque les deux rangées arrière sont escamotées, le véhicule offre une surface de chargement particulièrement importante et relativement plane, adaptée au transport d’objets encombrants.
Les portes arrière coulissantes électriques facilitent l’accès à bord dans les parkings étroits. Leur commande motorisée peut être particulièrement appréciable lorsque les passagers transportent des bagages ou doivent installer des enfants dans leurs sièges. Le hayon électrique complète cet ensemble d’équipements destinés à simplifier les manipulations quotidiennes.
Le confort des occupants repose également sur une climatisation automatique à trois zones, permettant d’adapter la température entre l’avant et l’arrière. Les sièges chauffants, les nombreux porte-gobelets, les rangements répartis dans l’habitacle et les stores pare-soleil arrière correspondent à la vocation familiale du véhicule.
Selon la finition et les options, le Voyager peut recevoir un système multimédia Uconnect avec navigation, écran tactile, installation audio amplifiée et lecteurs vidéo pour les passagers arrière. Certaines configurations disposent de deux écrans de neuf pouces installés au pavillon, permettant de divertir les occupants des deuxième et troisième rangées.
La sécurité bénéficie d’un équipement complet pour l’époque, comprenant notamment l’ABS, le contrôle électronique de stabilité ESP, l’antipatinage, plusieurs airbags et des dispositifs d’aide au stationnement. La surveillance des angles morts et la caméra de recul améliorent les manœuvres, particulièrement utiles compte tenu des dimensions du véhicule.
Finitions Gold et Platinum, prix et positionnement commercial
Le Lancia Voyager est commercialisé en France avec une présentation haut de gamme dès son lancement. La finition Gold constitue initialement le cœur de l’offre, avec une dotation comprenant de nombreux équipements habituellement proposés en option sur des véhicules familiaux de catégorie inférieure.
La gamme évolue ensuite avec la présence de la finition Platinum, qui renforce le niveau de confort et de raffinement. Dans le catalogue français applicable en décembre 2012, Gold et Platinum sont disponibles avec les deux motorisations, diesel 178 ch et V6 essence 283 ch.
À cette date, le tarif de la finition Gold débute à 43 800 euros, tandis que la Platinum est affichée à 48 300 euros. Le supplément de 4 500 euros correspond à une dotation supérieure, notamment en matière de sellerie, de présentation intérieure et d’équipements de confort. Le contenu exact dépend du millésime et du marché considéré.
Le Voyager se positionne face aux grands véhicules familiaux privilégiant l’espace intérieur, avec une approche sensiblement différente de celle des monospaces compacts européens. Sa longueur et sa largeur lui permettent d’offrir une habitabilité remarquable, mais elles rendent les déplacements urbains et les stationnements plus contraignants.
Son arrivée intervient alors que Lancia commercialise également des modèles de dimensions nettement inférieures, notamment la Lancia Ypsilon 3, lancée la même année. Le contraste entre cette citadine et le Voyager illustre l’étendue de la gamme proposée par la marque pendant la période de coopération Fiat-Chrysler.
Malgré son équipement et son volume intérieur, le Voyager ne connaît pas une carrière européenne comparable à celle de ses équivalents Chrysler en Amérique du Nord. Son identité américaine, son gabarit imposant et l’évolution du marché des grands monospaces limitent son positionnement commercial. Les chiffres de production propres aux exemplaires portant le badge Lancia ne sont pas établis de manière suffisamment précise pour avancer un total fiable.
Fiabilité, entretien et achat d’un Lancia Voyager d’occasion
Sur le marché de l’occasion, le Lancia Voyager présente un intérêt particulier pour les familles recherchant sept véritables places et une capacité de chargement élevée. Sa modularité constitue un avantage important, mais son âge, son poids et la complexité de certains équipements nécessitent un examen attentif avant l’achat.
Sur les versions diesel 2.8, il convient de vérifier l’historique des vidanges, le bon fonctionnement du système d’injection, du turbocompresseur et des dispositifs de dépollution. Les véhicules principalement utilisés sur de courts trajets peuvent présenter davantage de contraintes liées au filtre à particules. L’état du circuit de refroidissement et l’absence de fuites doivent également être contrôlés.
Le V6 Pentastar offre une architecture essence atmosphérique différente, mais son entretien ne doit pas être négligé. Le fonctionnement régulier du moteur, l’absence de bruits mécaniques anormaux, l’étanchéité du circuit de lubrification et l’historique des interventions constituent des points de vérification importants. Sa consommation élevée doit être intégrée au budget d’utilisation.
La boîte automatique à six rapports mérite une attention particulière sur les deux motorisations. Les passages de rapports doivent rester réguliers, sans patinage excessif, à-coups prononcés ou délai anormal lors de l’engagement des positions de conduite. Les justificatifs d’entretien et les préconisations correspondant à la transmission exacte du véhicule doivent être consultés.
Les portes coulissantes électriques, le hayon motorisé, les sièges escamotables et les équipements multimédias sont également à tester individuellement. Leurs mécanismes comportent des moteurs, capteurs et commandes qui peuvent nécessiter des réparations avec le vieillissement. Il est notamment important de vérifier que les sièges Stow’n Go se replient et se verrouillent correctement.
Le poids du Voyager impose enfin de surveiller l’état des pneumatiques, des freins et des éléments de suspension. Une usure irrégulière des pneus, des vibrations au freinage ou des bruits provenant du train roulant peuvent révéler des interventions à prévoir.
Avant l’achat, la vérification du numéro VIN permet d’identifier précisément l’année-modèle, la motorisation et les caractéristiques d’origine. Elle sert également à contrôler les éventuelles campagnes de rappel applicables à l’exemplaire concerné. Cette démarche est particulièrement utile pour un véhicule issu d’une famille Chrysler commercialisée sous plusieurs marques et sur différents marchés.




