Infiniti Q50

Infiniti Q50

L’Infiniti Q50 est une berline premium à quatre portes présentée en janvier 2013 au Salon de Detroit. Commercialisée à partir de la même année, elle succède à l’Infiniti G37 et inaugure la nouvelle nomenclature du constructeur japonais, filiale haut de gamme de Nissan. Conçue pour rivaliser avec les BMW Série 3, Mercedes-Benz Classe C, Audi A4 et Lexus IS, elle associe une architecture à propulsion, des motorisations essence, diesel et hybrides, ainsi que des technologies de conduite particulièrement ambitieuses pour son époque.

Connue sous le code de génération V37, la Q50 se distingue notamment par son système de direction électronique Direct Adaptive Steering, présenté comme une première mondiale sur une voiture de série. Produite au Japon, elle poursuit sa carrière jusqu’au millésime 2024 sur le marché nord-américain, alors que sa commercialisation en Europe occidentale prend fin en 2020. Cette longue carrière explique la diversité de ses moteurs, de ses équipements et de ses performances.

Origines et développement de l’Infiniti Q50

L’histoire de la Q50 s’inscrit dans la volonté de Nissan de développer Infiniti comme une véritable marque premium internationale. Depuis les années 2000, le constructeur cherche à imposer ses berlines sportives face aux références allemandes, en privilégiant des moteurs longitudinaux, la propulsion et un comportement routier dynamique.

Cette orientation s’affirme avec l’Infiniti G35, lancée en 2002 pour le millésime américain 2003. Son architecture à propulsion et son V6 atmosphérique contribuent à définir l’identité sportive de la marque. La génération suivante poursuit cette évolution avec une mécanique plus puissante et un châssis modernisé.

Dévoilée en janvier 2013, la Q50 remplace directement l’Infiniti G37 dans sa version berline. Elle conserve les fondamentaux techniques de sa devancière, notamment le moteur avant longitudinal et la possibilité d’une transmission intégrale, mais introduit une carrosserie entièrement redessinée, un habitacle plus technologique et de nouveaux dispositifs d’assistance à la conduite.

La Q50 accompagne également une réorganisation complète des appellations Infiniti. Les voitures particulières adoptent désormais la lettre Q, tandis que les SUV et crossovers reçoivent la désignation QX. Le nombre 50 ne correspond donc pas à la cylindrée du moteur, contrairement à certaines anciennes habitudes de dénomination de la marque.

La berline est commercialisée en Amérique du Nord durant l’été 2013 pour le millésime 2014, puis déployée sur plusieurs marchés internationaux. Sa fabrication principale est assurée par l’usine Nissan de Tochigi, au Japon. Une version à empattement allongé, appelée Q50L, est également développée pour le marché chinois et produite localement à Xiangyang.

Au Japon, la même famille technique est commercialisée sous le nom Nissan Skyline V37. Cette parenté explique les nombreuses similitudes entre les deux véhicules, même si leurs équipements, leurs motorisations et certains détails de présentation varient selon les marchés.

Design extérieur et habitacle

Le dessin de l’Infiniti Q50 reprend le langage stylistique développé par Infiniti au début des années 2010, sous la direction artistique de Shiro Nakamura au sein de Nissan. La carrosserie privilégie des lignes fluides et sculptées, avec une calandre à double arche, des projecteurs effilés et un capot marqué par plusieurs nervures.

De profil, la berline présente un long capot, un habitacle relativement reculé et une ligne de toit plongeante. Le montant arrière adopte une découpe caractéristique, tandis que la poupe associe des feux horizontaux à un coffre nettement séparé de l’habitacle. Ces proportions traduisent son architecture mécanique à moteur longitudinal.

Avec un empattement de 2,85 mètres et une longueur d’environ 4,79 mètres sur les premières versions, la Q50 offre un gabarit comparable à celui des principales berlines premium de son époque. Elle dispose de cinq places, mais son tunnel de transmission central pénalise l’espace réservé au passager arrière du milieu.

À l’intérieur, l’élément le plus distinctif est le système multimédia Infiniti InTouch. Celui-ci utilise deux écrans superposés au centre de la planche de bord, destinés à gérer la navigation, les fonctions multimédias et différents paramètres du véhicule. Cette organisation constitue une rupture avec l’habitacle de la G37, même si la coexistence des deux interfaces peut rendre certaines commandes moins intuitives.

Les finitions supérieures proposent des sièges électriques, des selleries en cuir, des inserts décoratifs et divers équipements de confort. Les versions sportives se distinguent notamment par des sièges offrant un meilleur maintien latéral, des jantes spécifiques et une présentation intérieure plus dynamique.

Un restylage est présenté en 2017. Il apporte de nouveaux boucliers, des signatures lumineuses modifiées et une différenciation plus marquée entre les finitions classiques et sportives. La structure générale de la carrosserie reste cependant inchangée, tandis que les améliorations de l’habitacle portent principalement sur les matériaux, les équipements et certains détails de finition.

Motorisations et évolutions de la gamme

L’une des particularités de l’Infiniti Q50 réside dans la diversité de ses motorisations. Contrairement à plusieurs concurrentes européennes, elle conserve une offre de V6 puissants tout en proposant des quatre cylindres plus économiques. La composition de la gamme varie toutefois fortement entre l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie.

En France, le moteur 2.2d joue un rôle important lors du lancement. Ce quatre cylindres turbodiesel de 2 143 cm³, issu de la famille Mercedes-Benz OM651, développe 170 ch et 400 Nm. Il peut être associé à une boîte manuelle à six rapports ou à une transmission automatique à sept rapports. Son couple disponible à bas régime et sa consommation homologuée réduite en font la version particulièrement adaptée aux longs trajets.

La Q50 reçoit également un quatre cylindres essence 2.0t de 1 991 cm³, dérivé du moteur Mercedes-Benz M274. Développant 211 ch dans sa configuration européenne, il constitue une alternative aux versions diesel et aux V6. Il est associé à une boîte automatique à sept rapports.

Sur le marché nord-américain, la gamme initiale repose principalement sur un V6 atmosphérique VQ37VHR de 3,7 litres développant 328 hp SAE. Hérité de la famille mécanique de la G37, ce moteur utilise notamment le système VVEL de variation de levée des soupapes. Il se distingue par sa réponse progressive et son fonctionnement sans turbocompresseur.

La Q50 Hybrid occupe une place particulière dans la gamme. Elle combine un V6 atmosphérique de 3,5 litres avec un moteur électrique de 50 kW et une batterie lithium-ion. La puissance cumulée atteint 364 ch dans la documentation européenne. Son système Direct Response Hybrid utilise deux embrayages permettant notamment de désaccoupler le moteur thermique lors de certaines phases de fonctionnement électrique. Il s’agit d’une hybride non rechargeable, proposée en propulsion ou en transmission intégrale selon les marchés.

En 2016, Infiniti introduit une nouvelle famille de V6 biturbo de 3,0 litres, identifiée par le code VR30DDTT. La version standard développe 300 hp SAE, soit environ 304 ch, tandis que la déclinaison la plus puissante atteint 400 hp SAE. Ce renouvellement mécanique s’accompagne d’améliorations de la direction électronique et de l’apparition d’une suspension pilotée sur certaines finitions.

L’Infiniti Q50 Red Sport 400 représente le sommet de la gamme de série. Son V6 biturbo développe environ 405 ch DIN après conversion de la puissance américaine et délivre 475 Nm de couple. Elle reçoit une présentation sportive et des réglages de châssis spécifiques. Cette version ne doit pas être confondue avec le concept Q50 Eau Rouge de 2014, équipé d’un V6 biturbo de 3,8 litres annoncé à 560 hp, mais jamais commercialisé en série.

Fiche technique de l’Infiniti Q50

CaractéristiqueDonnées techniques
ConstructeurInfiniti, Nissan Motor Corporation
ModèleQ50, génération V37
PrésentationJanvier 2013, Salon de Detroit
Production2013 à 2024
CatégorieBerline premium du segment D
CarrosserieBerline tricorps, 4 portes, 5 places
Site principal de fabricationTochigi, Japon
ArchitectureMoteur avant longitudinal, propulsion ou transmission intégrale
PlateformeNissan FM, structure monocoque
Moteur 2.2d4 cylindres turbodiesel, 2 143 cm³, 170 ch, 400 Nm
Moteur 2.0t4 cylindres turbo essence, 1 991 cm³, 211 ch DIN en Europe, 350 Nm
Moteur 3.7 V6V6 atmosphérique, 3 696 cm³, 328 hp SAE, environ 365 Nm
Moteur 3.5 HybridV6 atmosphérique de 3 498 cm³ et moteur électrique de 50 kW, 364 ch combinés en Europe
Moteur 3.0tV6 biturbo, 2 997 cm³, 300 hp SAE, 400 Nm
Moteur Red Sport 400V6 biturbo, 2 997 cm³, 400 hp SAE, 475 Nm
Boîtes de vitessesManuelle à 6 rapports sur certaines 2.2d ; automatique à 7 rapports selon motorisation
Suspension avantRoues indépendantes à doubles triangles
Suspension arrièreRoues indépendantes multibras
AmortissementConventionnel ou Dynamic Digital Suspension pilotée selon version
DirectionDirection assistée conventionnelle ou Direct Adaptive Steering électronique selon version
FreinageDisques ventilés aux quatre roues, système sport disponible
Jantes17, 18 ou 19 pouces selon finition
Pneumatiques courants225/55 R17, 225/50 R18 ou 245/40 R19 selon configuration
LongueurEnviron 4 785 à 4 815 mm selon millésime
LargeurEnviron 1 820 à 1 825 mm hors rétroviseurs
HauteurEnviron 1 430 à 1 450 mm
Empattement2 850 mm
Voies avant / arrièreEnviron 1 519 / 1 529 mm sur certaines versions américaines initiales
Masse à videEnviron 1 620 kg pour une 3.7 propulsion américaine de base ; davantage selon équipement et motorisation
0 à 100 km/hEnviron 8,5 s en 2.2d manuelle, 7,2 s en 2.0t et 5,1 s en Hybrid propulsion, selon données européennes
Vitesse maximaleEnviron 230 km/h en 2.2d, 245 km/h en 2.0t, jusqu’à 250 km/h sur certaines versions hybrides
Consommation mixte NEDC4,3 L/100 km en 2.2d manuelle ; 6,3 L/100 km en 2.0t Premium ; environ 5,9 à 6,8 L/100 km en Hybrid selon version
Coefficient de traînéeCx pouvant atteindre 0,26 selon configuration initiale
Technologies principalesDirect Adaptive Steering, Infiniti InTouch, Active Trace Control, aides à la conduite selon finition

Châssis, direction électronique et comportement routier

La Q50 repose sur une évolution de la plateforme FM de Nissan, conçue pour les véhicules à moteur longitudinal. Son train avant à doubles triangles et son essieu arrière multibras favorisent la précision du guidage des roues et permettent de concilier confort et comportement dynamique. La transmission intégrale intelligente, disponible sur certaines motorisations, adapte la répartition du couple aux conditions d’adhérence.

Sa principale innovation est le Direct Adaptive Steering, un dispositif de direction à commande électronique introduit dès 2013. Contrairement à une direction conventionnelle, les mouvements du volant sont normalement transmis aux roues par des signaux électriques, qui commandent des actionneurs. Un système mécanique de secours est prévu en cas de défaillance.

Cette technologie permet de modifier la réponse de la direction en fonction de la vitesse et du mode de conduite. Elle peut également réduire certaines remontées de vibrations provenant de la chaussée. En contrepartie, son ressenti diffère de celui d’une liaison mécanique traditionnelle, ce qui a suscité des appréciations contrastées lors des premiers essais.

Infiniti fait évoluer le système en 2016 avec une deuxième génération destinée à améliorer la précision et la progressivité des réactions. La même période voit l’introduction du Dynamic Digital Suspension, un amortissement piloté capable d’adapter son fonctionnement aux conditions de conduite. Ces dispositifs ne sont toutefois pas présents sur toutes les versions de la Q50.

La berline dispose également de nombreuses aides électroniques, parmi lesquelles le contrôle de stabilité, l’Active Trace Control, la surveillance des angles morts et des dispositifs de prévention des collisions. Selon les finitions et les années, elle peut recevoir un régulateur de vitesse adaptatif, un système de maintien dans la voie et une surveillance périphérique par caméras.

La personnalité routière dépend sensiblement de la motorisation. Le diesel privilégie les reprises à bas régime et les longs déplacements, tandis que l’hybride associe des accélérations soutenues à un fonctionnement silencieux lors de certaines phases. Les V6 essence, particulièrement les versions biturbo, donnent à la Q50 un caractère de berline sportive plus affirmé.

Positionnement commercial et carrière internationale

Infiniti positionne la Q50 au cœur du marché des berlines premium intermédiaires. Elle cherche à proposer une alternative aux références allemandes grâce à un équipement généreux, un design distinctif et des motorisations performantes. Elle se situe sous l’Infiniti Q70, une grande berline davantage orientée vers le confort et les prestations haut de gamme.

La gamme comprend également l’Infiniti Q60, dont la deuxième génération est dévoilée en 2016. Ce coupé deux portes partage une partie de l’architecture et des motorisations de la Q50, notamment le V6 biturbo de 3,0 litres. Il s’adresse cependant à une clientèle privilégiant le style et une carrosserie plus sportive, alors que la Q50 conserve la polyvalence d’une berline familiale.

En Europe, Infiniti tente d’élargir sa clientèle avec des modèles mieux adaptés aux habitudes locales. L’arrivée de l’Infiniti Q30 en 2015 illustre cette stratégie : cette compacte premium, techniquement distincte de la Q50, doit permettre à la marque d’accéder à un segment plus important en volume.

Malgré ces efforts, Infiniti peine à atteindre une présence commerciale comparable à celle des constructeurs premium établis. En 2019, Nissan annonce le retrait de la marque d’Europe occidentale, effectif en 2020. La Q50 disparaît ainsi du marché français neuf, alors que sa carrière se poursuit notamment en Amérique du Nord.

Aux États-Unis, la gamme se recentre progressivement sur le V6 biturbo. Les dernières années-modèles conservent les déclinaisons Luxe, Sensory et Red Sport 400 selon les millésimes, avec des évolutions principalement consacrées aux équipements et aux finitions. La carrière américaine s’achève avec le millésime 2024, sans remplacement direct par une nouvelle berline Infiniti.

Prix, marché de l’occasion et points de vigilance

Lors de sa commercialisation en France, l’Infiniti Q50 se positionne dans la catégorie des berlines premium relativement accessibles au regard de leur équipement. Une grille tarifaire française mentionne notamment une Q50 2.2d manuelle à 37 200 euros TTC, une version automatique à 39 400 euros et une 2.0t Premium automatique à 42 750 euros. Les finitions sportives et les motorisations V6 occupent des niveaux de prix supérieurs.

Sur le marché de l’occasion, la Q50 présente une particularité : sa diffusion relativement limitée en France la rend moins courante que ses concurrentes allemandes. Les versions diesel représentent une part importante des exemplaires européens, tandis que les hybrides et les V6 essence sont plus difficiles à trouver. Le prix d’un véhicule dépend notamment de son kilométrage, de son historique d’entretien, de sa motorisation et de son équipement.

Avant l’achat, il est important d’identifier précisément la version et son origine. Une Q50 importée d’Amérique du Nord peut posséder une motorisation, des équipements ou des spécifications différents de ceux d’un exemplaire commercialisé en France. Le numéro VIN et les documents d’immatriculation permettent de confirmer la configuration exacte.

Sur les versions diesel et essence turbocompressées, l’entretien du moteur, du système de refroidissement et de la transmission mérite une attention particulière. Les véhicules à kilométrage élevé doivent également faire l’objet d’un contrôle des trains roulants, des freins et de l’état des pneumatiques. Pour l’hybride, le diagnostic doit inclure la batterie haute tension et les composants du système électrique.

Le fonctionnement des équipements électroniques constitue un autre point important. Il convient de vérifier les deux écrans InTouch, les caméras, les aides à la conduite et, lorsque le véhicule en est équipé, le Direct Adaptive Steering. Un essai routier permet de contrôler la cohérence de la direction, l’absence de messages d’alerte et le comportement de la boîte automatique.

Enfin, le retrait commercial d’Infiniti d’Europe occidentale rend particulièrement utile la vérification des possibilités d’entretien, de diagnostic et d’approvisionnement en pièces avant l’acquisition. La disponibilité peut varier entre les composants mécaniques partagés avec d’autres modèles Nissan ou Mercedes-Benz et les éléments de carrosserie, d’habitacle ou d’électronique spécifiques à la Q50.