Panther De Ville

Panther De Ville

La Panther De Ville est une automobile de grand luxe britannique présentée en 1974 par Panther Westwinds, le constructeur fondé par Robert Jankel. Avec son immense capot, sa calandre verticale, ses ailes séparées et sa silhouette inspirée des années 1930, elle évoque les prestigieuses Bugatti Royale tout en utilisant une mécanique Jaguar contemporaine. Produite artisanalement à environ 60 exemplaires, elle compte parmi les automobiles néoclassiques les plus exclusives des années 1970 et 1980.

Principalement proposée en berline quatre portes et en cabriolet, la De Ville associe un châssis spécifique, une carrosserie largement réalisée en aluminium et des moteurs Jaguar à six ou douze cylindres. Son ambition n’est pas de reproduire exactement une automobile ancienne, mais de retrouver son apparat avec le confort et les équipements d’une voiture de prestige moderne pour son époque.

Origines et histoire de la Panther De Ville

L’histoire de la Panther De Ville commence avec Robert Jankel, entrepreneur et designer britannique qui fonde Panther Westwinds en 1972. Son entreprise se spécialise dans les automobiles construites en petites séries, avec des carrosseries originales et des composants mécaniques provenant de grands constructeurs. Cette formule permet de développer des véhicules très particuliers sans devoir concevoir intégralement leurs moteurs et transmissions.

La Panther J.72, un roadster néoclassique inspiré des sportives britanniques d’avant-guerre, figure parmi les premières réalisations de la marque. Avec la De Ville, Jankel change d’échelle : il imagine une grande automobile de représentation destinée à une clientèle fortunée, davantage intéressée par l’exclusivité et le raffinement que par la sportivité.

Présentée en 1974, la Panther De Ville reprend librement les proportions de la Bugatti Type 41 Royale. Cette référence explique son capot particulièrement long, sa calandre monumentale et son habitacle placé très en arrière de l’essieu avant. La ressemblance reste cependant stylistique : la Panther possède ses propres dimensions, une structure spécifique et des organes mécaniques britanniques issus des années 1970.

La fabrication est assurée au Royaume-Uni, dans les installations Panther de Byfleet, dans le Surrey. Chaque voiture nécessite un travail important de carrosserie, d’assemblage et de finition. Les acheteurs peuvent demander des combinaisons particulières de couleurs, de matériaux et d’équipements, ce qui contribue à différencier les exemplaires.

La De Ville occupe le sommet de la gamme Panther. À partir de 1976, la Panther Lima propose une interprétation beaucoup plus compacte et sportive du style néoclassique. Les deux modèles illustrent des approches opposées : la Lima privilégie le plaisir d’un petit roadster, tandis que la De Ville recherche la présence imposante d’une limousine de prestige.

Panther connaît des difficultés financières à la fin des années 1970 et passe sous contrôle du groupe sud-coréen Jindo en 1980. La production de la De Ville demeure extrêmement limitée. Les historiques ne concordent pas parfaitement sur sa date de disparition : la fabrication principale est généralement située entre 1974 et 1982, tandis que certaines références prolongent l’histoire du modèle jusqu’en 1985, notamment en raison de réalisations tardives.

La marque poursuit ensuite son activité autour de voitures plus accessibles, dont la Panther Kallista, lancée en 1982 pour succéder à la Lima. La De Ville ne reçoit pas de remplaçante directe reprenant son format de grande automobile néoclassique.

Un design néoclassique inspiré des grandes automobiles d’avant-guerre

La silhouette de la Panther De Ville constitue sa caractéristique la plus immédiatement reconnaissable. Sa partie avant est dominée par une haute calandre chromée, encadrée de deux grands phares circulaires indépendants. Les ailes avant dessinent de longues courbes au-dessus des roues et se prolongent vers les marchepieds latéraux. Le capot occupe une proportion inhabituelle de la longueur totale, accentuant l’impression de prestige.

La berline conserve quatre portes et un habitacle fermé relativement haut, contrastant avec la longueur du compartiment moteur. Les carrosseries bicolores, les chromes abondants et les roues d’aspect classique renforcent l’évocation des voitures de luxe des années 1930. Certaines De Ville reçoivent également un revêtement de toit en vinyle.

Malgré cette apparence ancienne, la construction repose sur des solutions industrielles de son époque. La carrosserie utilise largement l’aluminium, tandis que les portes proviennent de la famille Austin 1800. Leur intégration dans une silhouette entièrement différente illustre la méthode de Panther : associer des pièces existantes à une structure et à une présentation spécifiques.

Cette particularité explique également pourquoi la De Ville n’est pas une Jaguar simplement recarrossée. Si elle emprunte une grande partie de sa mécanique à Jaguar, elle dispose d’un châssis conçu pour ses dimensions et son architecture. Sa carrosserie ne correspond à aucun modèle Jaguar de série.

L’habitacle privilégie les matériaux traditionnels du luxe automobile britannique. Cuir, boiseries, moquettes épaisses et garnitures personnalisées participent à son atmosphère. Selon les commandes, les voitures peuvent recevoir la climatisation, des vitres électriques et divers équipements de confort. Des aménagements particuliers, comme une télévision, un téléphone ou un minibar, ont également été proposés ou réalisés sur certains exemplaires.

Cette personnalisation rend les De Ville assez différentes les unes des autres. Deux voitures portant le même nom peuvent présenter des selleries, des couleurs, des équipements et même des détails extérieurs distincts. Pour identifier précisément un exemplaire, son numéro de châssis et son historique de construction sont donc plus fiables que sa seule apparence.

Fiche technique de la Panther De Ville

CaractéristiquePanther De Ville
ConstructeurPanther Westwinds
Année de présentation1974
Période de productionPrincipalement 1974-1982, avec des réalisations tardives répertoriées jusqu’au milieu des années 1980
Pays de fabricationRoyaume-Uni
CarrosseriesBerline quatre portes, cabriolet deux portes et réalisations spéciales
ArchitectureMoteur avant longitudinal, propulsion
Moteur 6 cylindresJaguar XK, 6 cylindres en ligne, 4 235 cm³
Moteur V12Jaguar V12 à 60°, 5 343 cm³
DistributionDouble arbre à cames en tête sur le 6 cylindres, un arbre à cames en tête par rangée sur le V12
AlimentationCarburateurs ou injection selon la motorisation et la configuration
Puissance 6 cylindresEnviron 190 ch DIN, valeur historique indicative
Puissance V12253 à 299 ch rapportés selon les configurations et les références techniques
Couple V12Environ 409 à 432 Nm selon les fiches techniques historiques
Boîte de vitessesAutomatique à 3 rapports documentée
StructureChâssis spécifique de type échelle
CarrosseriePrincipalement en aluminium, avec portes en acier
Suspension avantIndépendante, composants d’origine Jaguar
Suspension arrièreIndépendante, composants d’origine Jaguar
DirectionAssistée
FreinageQuatre freins à disque, avec assistance
Roues15 pouces
Pneumatiques235/70 R15 mentionnés dans les fiches historiques, avec indices de vitesse variables
LongueurEnviron 5 180 à 5 190 mm
LargeurEnviron 1 800 mm
HauteurEnviron 1 550 mm
EmpattementEnviron 3 605 mm
Voies avant et arrièreEnviron 1 475 mm
PoidsEnviron 2 000 kg, variable selon la carrosserie et les équipements
Vitesse maximale V12Environ 206 à 210 km/h selon les données historiques
ProductionEnviron 60 exemplaires, dont 46 berlines et 11 cabriolets recensés par le club de marque

Motorisations Jaguar et comportement de grande routière

La Panther De Ville associe une apparence d’avant-guerre à des motorisations beaucoup plus modernes. Les moteurs Jaguar constituent un choix cohérent pour une automobile britannique de prestige : ils offrent une puissance adaptée à une grande carrosserie et bénéficient d’une conception déjà éprouvée sur des véhicules produits en série.

Le six-cylindres en ligne XK de 4,2 litres représente la configuration la plus simple. Sa distribution à double arbre à cames en tête et son architecture classique le distinguent des moteurs utilisés sur les automobiles qui ont inspiré le style de la Panther. Le V12 de 5,3 litres constitue l’autre grande proposition mécanique, avec une puissance supérieure et un fonctionnement particulièrement adapté à une voiture destinée aux longs trajets.

Les puissances publiées pour le V12 diffèrent sensiblement d’une fiche à l’autre. Cette variation s’explique notamment par les configurations d’alimentation, les spécifications propres aux différentes périodes et les conventions de mesure. Il serait donc trompeur d’attribuer une puissance unique à toutes les Panther De Ville V12. Pour un exemplaire précis, l’identification du moteur et de son alimentation est indispensable.

La transmission automatique correspond au caractère de la voiture. Elle privilégie une conduite souple, sans recherche particulière de performances sportives. La propulsion et les suspensions indépendantes, issues de l’environnement technique Jaguar, distinguent également la De Ville des automobiles anciennes à essieux rigides dont elle reprend les codes esthétiques.

Les dimensions ont des conséquences concrètes sur son utilisation. Avec plus de cinq mètres de longueur et un empattement voisin de 3,61 mètres, la De Ville occupe davantage d’espace qu’une berline conventionnelle de son époque. Sa masse proche de deux tonnes impose également des contraintes importantes au freinage, aux pneumatiques et aux suspensions.

La vitesse maximale d’environ 210 km/h parfois annoncée pour le V12 illustre le potentiel de la mécanique, mais ne transforme pas la De Ville en voiture de sport. Son châssis, sa carrosserie imposante et sa vocation luxueuse correspondent avant tout à une grande routière exclusive. Les performances d’accélération publiées sont trop variables pour retenir un temps universel de référence.

La consommation représente un autre aspect à considérer. Une motorisation de forte cylindrée installée dans une voiture aussi lourde entraîne nécessairement des besoins en carburant importants, particulièrement en circulation urbaine. Des chiffres historiques dépassant 20 l/100 km existent pour certaines configurations V12, sans constituer une consommation homologuée applicable à tous les exemplaires.

Berline, cabriolet et carrosseries spéciales

La Panther De Ville est principalement connue sous deux formes. La berline quatre portes correspond à la vocation initiale du modèle : une automobile de représentation capable de transporter plusieurs occupants dans un habitacle luxueux. Le cabriolet deux portes conserve les proportions caractéristiques de la De Ville, mais propose une expérience différente grâce à sa carrosserie découvrable.

Le Panther Car Club recense 46 berlines et 11 cabriolets. Ces chiffres représentent 57 véhicules, alors que plusieurs historiques avancent un total proche de 60 exemplaires. L’écart ne doit pas être interprété automatiquement comme trois voitures supplémentaires d’une carrosserie particulière : les décomptes disponibles ne reposent pas tous sur les mêmes critères et ne détaillent pas intégralement les réalisations spéciales.

Quelques De Ville ont en effet reçu des carrosseries inhabituelles. Des archives photographiques identifient notamment un coupé et des exemplaires tardifs datant du milieu des années 1980. Une limousine allongée à six portes est également connue, avec un aménagement destiné au transport de prestige. Ces réalisations témoignent des possibilités offertes par la fabrication artisanale, mais ne constituent pas des versions de grande série.

Le prix neuf reflétait cette exclusivité. Une référence historique mentionne environ 17 650 livres sterling au lancement, tandis que des tarifs allemands ultérieurs atteignent plusieurs centaines de milliers de deutschemarks. Ces montants correspondent à des périodes et à des marchés différents, et ne peuvent pas être comparés directement sans tenir compte des équipements, des taxes et de l’évolution monétaire.

La De Ville se distingue ainsi des modèles Panther plus diffusés. Le constructeur a également exploré des projets encore plus singuliers, comme la Panther 6, spectaculaire voiture à six roues présentée en 1977. Alors que cette dernière met en avant une architecture technique inhabituelle, la De Ville repose sur une mécanique relativement conventionnelle habillée d’une carrosserie hors norme.

Une automobile de collection associée à plusieurs célébrités

La Panther De Ville a acquis une notoriété particulière grâce à ses propriétaires fortunés et à ses apparitions dans la culture populaire. Son style immédiatement identifiable, son faible volume de fabrication et les possibilités de personnalisation en faisaient une automobile adaptée à une clientèle recherchant une voiture différente des grandes berlines de prestige traditionnelles.

Johnny Hallyday a notamment possédé une Panther De Ville V12 datée de 1975. Cet exemplaire, associé à l’histoire du chanteur, a été vendu aux enchères en mars 2025 pour 158 400 euros. Ce montant illustre l’influence possible d’une provenance célèbre sur la valeur d’une automobile de collection, mais ne représente pas une cote générale applicable à toutes les De Ville.

Elton John figure également parmi les personnalités régulièrement associées au modèle. D’autres noms du monde du spectacle apparaissent dans les historiques Panther, même si l’identification précise des véhicules et de leurs propriétaires successifs n’est pas toujours établie.

La De Ville possède aussi une place particulière au cinéma. Une voiture transformée apparaît dans le film Les 101 Dalmatiens de 1996, où elle est associée au personnage de Cruella d’Enfer, interprété par Glenn Close. Sa silhouette extravagante convient au personnage, mais le véhicule utilisé ne correspond pas exactement à une Panther De Ville de série.

La voiture du film présente en effet des modifications importantes de carrosserie et une mécanique adaptée aux besoins de la production cinématographique. Un V8 Chevrolet est notamment mentionné pour cette réalisation. Il ne faut donc pas confondre cette configuration avec les motorisations Jaguar proposées à l’origine par Panther.

Sur le marché de collection, l’authenticité d’une De Ville dépend de plusieurs éléments : correspondance entre le châssis et la carrosserie, identification du moteur, documentation des transformations et historique des propriétaires. La fabrication artisanale et les nombreuses personnalisations rendent ces vérifications particulièrement importantes. Les panneaux de carrosserie spécifiques et les éléments de finition peuvent également compliquer une restauration, même lorsque certains composants mécaniques disposent d’une origine industrielle connue.

Les exemplaires les plus singuliers nécessitent une attention supplémentaire. Une carrosserie spéciale réalisée à l’époque, une modification ultérieure ou une transformation destinée au cinéma peuvent présenter des apparences proches tout en possédant des histoires très différentes. Pour la Panther De Ville, les archives individuelles de construction et de propriété constituent donc des éléments essentiels à la compréhension de chaque voiture.

Marque Panther Westwinds

Année de sortie 1974

Catégories

Découvrez d'autres modèles Panther Westwinds