La Panther Lima est un roadster britannique produit entre 1976 et 1982 par Panther Westwinds, un constructeur automobile artisanal fondé par Robert « Bob » Jankel. Avec sa silhouette inspirée des voitures de sport des années 1930, sa carrosserie en fibre de verre et son moteur Vauxhall de 2,3 litres, elle associe une esthétique ancienne à une mécanique relativement moderne pour son époque. Construite à environ 900 exemplaires, elle constitue l’un des modèles les plus représentatifs de la production de Panther.
Contrairement aux automobiles néorétro particulièrement coûteuses qui avaient fait connaître la marque, la Lima cherche à proposer une expérience de conduite sportive dans un format plus compact et plus accessible. Son histoire comprend deux générations distinctes, les Series 1 et Series 2, ainsi que plusieurs préparations mécaniques, dont des versions turbocompressées. Derrière une apparence presque inchangée, les évolutions de sa structure et de son habitacle sont importantes.
Origines et développement de la Panther Lima
Panther Westwinds voit le jour en 1972 à l’initiative de Bob Jankel, entrepreneur et passionné d’automobiles classiques. Installée à Byfleet, dans le Surrey, l’entreprise se spécialise dans la fabrication de véhicules artisanaux inspirés de modèles prestigieux d’avant-guerre. Parmi ses premières réalisations figure la Panther J.72, un roadster évoquant les sportives britanniques des années 1930.
La marque développe également la Panther De Ville, une automobile de grand luxe à la carrosserie imposante. Ces véhicules démontrent les ambitions de Panther, mais leur fabrication complexe et leurs tarifs élevés limitent naturellement leur diffusion. Pour élargir sa clientèle, Bob Jankel entreprend de concevoir une sportive plus simple, reposant davantage sur des composants issus de la grande série.
Le projet initial envisage l’utilisation d’une base technique Triumph, notamment d’éléments de la Spitfire. Cette solution ne se concrétise pas et Panther se tourne vers Vauxhall. Le constructeur britannique fournit alors des composants mécaniques provenant principalement des Viva et Magnum, dont le moteur quatre cylindres de 2,3 litres.
Cette coopération présente plusieurs avantages. Elle permet à Panther de limiter les investissements nécessaires au développement, tout en utilisant un moteur, une transmission et des pièces d’entretien déjà connus des professionnels. Certains concessionnaires Vauxhall participent même à la distribution de la Lima, une démarche intéressante pour un constructeur aux volumes aussi modestes.
La Panther Lima apparaît en 1976. Son nom désigne un roadster deux places à moteur avant et roues arrière motrices, dont le style rappelle les automobiles sportives de l’entre-deux-guerres. Elle est assemblée en Angleterre dans les installations de Panther Westwinds, avec une carrosserie principalement réalisée en polyester renforcé de fibre de verre.
La Lima s’inscrit dans une période de grande créativité pour Panther. En 1977, la marque présente notamment la spectaculaire Panther 6, une sportive expérimentale à six roues. Les deux véhicules illustrent des ambitions très différentes : la Lima privilégie une fabrication relativement rationnelle, tandis que la Panther 6 explore une architecture particulièrement audacieuse.
Un roadster néorétro au caractère affirmé
La Panther Lima se distingue immédiatement par son long capot, sa calandre verticale, ses grands phares ronds et ses ailes indépendantes. Des marchepieds relient les ailes avant aux ailes arrière, tandis que l’habitacle est rejeté vers l’arrière de la carrosserie. L’ensemble évoque les roadsters classiques des années 1930, notamment certaines Bugatti, sans chercher à reproduire fidèlement un modèle historique particulier.
Le pare-brise plat, les portes courtes et la capote démontable renforcent cette impression ancienne. À l’arrière, une roue de secours apparente complète la présentation. Les roues à rayons et les peintures bicolores, présentes sur de nombreux exemplaires, accentuent encore le caractère traditionnel du dessin.
Les proportions restent toutefois celles d’une petite sportive des années 1970. Avec un empattement d’environ 2,46 mètres, la Lima possède un habitacle compact et une silhouette ramassée. Sa carrosserie est nettement plus légère visuellement que celle des grandes Panther de prestige.
La fibre de verre permet de réaliser des formes arrondies complexes sans recourir à des outillages d’emboutissage coûteux. Elle convient donc particulièrement à une production artisanale. Elle ne supprime cependant pas les contraintes d’entretien : les éléments métalliques du châssis, les fixations et les renforts restent exposés à la corrosion.
L’habitacle mélange des éléments spécifiques et des composants provenant de voitures de série. Les instruments et plusieurs commandes sont d’origine Vauxhall, tandis que les portes utilisent des éléments issus de la MG Midget. Cette association de pièces existantes correspond à la philosophie générale du projet : donner à une automobile de petite série une mécanique et des équipements relativement faciles à entretenir.
La position de conduite, les faibles dimensions de l’habitacle et la proximité des éléments mécaniques participent à une expérience différente de celle d’un cabriolet moderne. La Lima privilégie les sensations d’un roadster traditionnel plutôt que le confort ou l’insonorisation d’une voiture de grand tourisme.
Panther Lima Series 1 et Series 2 : deux constructions différentes
La première génération, généralement appelée Panther Lima Series 1 ou Mk1, est produite à partir de 1976. Elle reprend une partie de la structure et des composants mécaniques des Vauxhall Viva et Magnum. Le constructeur adapte cette base à une carrosserie beaucoup plus courte et à une position de conduite spécifique.
La Series 1 se reconnaît notamment à son aménagement intérieur relativement simple, dominé par une instrumentation d’origine Vauxhall. Son châssis utilise des éléments structurels provenant de la voiture donneuse, complétés par des renforts. Cette méthode permet de limiter les coûts de fabrication, mais impose certains compromis dans l’implantation des composants et l’ergonomie.
Vers 1978, Panther introduit une évolution importante, la Lima Series 2 ou Mk2. Bien que sa silhouette reste très proche de celle de la première génération, sa construction change sensiblement. Elle adopte un châssis tubulaire en acier spécialement développé, qui remplace l’architecture largement dérivée de Vauxhall.
Cette nouvelle structure est conçue pour améliorer la robustesse de l’ensemble. Elle entraîne également une augmentation de masse et modifie l’agencement de plusieurs composants. La position d’assise est abaissée, ce qui permet au conducteur de s’installer davantage à l’intérieur de la voiture plutôt que d’avoir la sensation de se trouver au-dessus de la carrosserie.
La présentation intérieure évolue aussi. La Series 2 reçoit notamment un tableau de bord en bois de noyer, apportant une ambiance plus traditionnelle et une finition plus valorisante. Certains accessoires et équipements mécaniques changent d’emplacement, dont l’alternateur.
Une différence moins visible concerne le réservoir de carburant. Celui de la Series 1 possède une capacité d’environ 45 litres, contre environ 36 litres sur la Series 2. À consommation identique, cette réduction d’environ 20 % diminue proportionnellement l’autonomie théorique. Elle peut avoir une importance pratique lors de longs déplacements, même si la consommation réelle dépend du moteur, de son réglage et des conditions de circulation.
Les deux générations ne doivent donc pas être distinguées uniquement par leur année d’immatriculation ou leur apparence extérieure. Une voiture vendue ou immatriculée tardivement peut avoir été construite auparavant. L’examen du châssis, de l’habitacle et des documents d’origine constitue une méthode d’identification plus fiable.
Fiche technique de la Panther Lima
| Caractéristique | Panther Lima |
|---|---|
| Constructeur | Panther Westwinds |
| Pays de fabrication | Royaume-Uni |
| Production | 1976 à 1982 |
| Carrosserie | Roadster deux portes, deux places |
| Matériau de carrosserie | Polyester renforcé de fibre de verre |
| Châssis Series 1 | Structure dérivée de Vauxhall avec renforts |
| Châssis Series 2 | Structure tubulaire spécifique en acier |
| Architecture moteur | Quatre cylindres en ligne Vauxhall Slant Four |
| Cylindrée | 2 279 cm³ |
| Distribution | Arbre à cames en tête, 8 soupapes |
| Alimentation | Carburateurs, selon configuration |
| Puissance standard | 108 bhp, soit environ 109,5 ch DIN, à 5 000 tr/min |
| Couple indicatif | Environ 187 Nm à 3 000 tr/min |
| Refroidissement | Liquide |
| Implantation moteur | Avant longitudinal |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 4 rapports ; automatique GM disponible ; certaines adaptations à 5 rapports |
| Suspension avant | Roues indépendantes, triangles superposés, ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Essieu rigide guidé par bras, ressorts hélicoïdaux |
| Amortisseurs | Télescopiques |
| Direction | À crémaillère |
| Freins avant | Disques |
| Freins arrière | Tambours |
| Pneumatiques répertoriés | 175/70 HR13 selon version et équipement |
| Longueur | Environ 3,61 à 3,76 m selon les fiches et configurations |
| Largeur | Environ 1,61 à 1,63 m |
| Hauteur | Environ 1,22 à 1,27 m |
| Empattement | Environ 2 465 mm |
| Voie avant indicative | 1 328 mm |
| Voie arrière indicative | 1 320 mm |
| Masse publiée | Environ 870 à 935 kg selon les sources et versions |
| Vitesse maximale | Environ 160 à 175 km/h selon les configurations et estimations publiées |
| Accélération de 0 à 100 km/h | Autour de 9 secondes selon certaines fiches secondaires |
| Réservoir Series 1 | Environ 45,5 litres |
| Réservoir Series 2 | Environ 36,4 litres |
| Production totale estimée | Environ 900 exemplaires, toutes séries confondues |
Motorisations, performances et versions sportives
La Panther Lima standard utilise le quatre cylindres Vauxhall Slant Four de 2,3 litres, un moteur déjà employé sur plusieurs modèles de la marque britannique. Sa disposition inclinée facilite son installation sous le long capot du roadster. Associé à une transmission arrière, il permet à Panther de proposer une architecture sportive traditionnelle sans développer une mécanique spécifique.
La puissance standard d’environ 110 chevaux métriques peut paraître modeste aujourd’hui, mais elle doit être replacée dans le contexte d’une voiture compacte dont la masse reste relativement contenue. La Lima privilégie ainsi un rapport entre poids, puissance et sensations plutôt qu’une recherche de vitesse maximale particulièrement élevée.
La boîte manuelle à quatre rapports constitue la transmission classique du modèle. Une boîte automatique General Motors est également proposée. Certaines voitures reçoivent une transmission à cinq rapports, notamment de provenance ZF, mais ces installations peuvent résulter d’adaptations réalisées après leur sortie d’usine.
La simplicité relative du moteur Vauxhall représente un avantage pour l’entretien, sans rendre toutes les interventions triviales. L’accessibilité de certains organes dépend de leur implantation particulière dans la carrosserie Panther. Les différences entre Series 1 et Series 2 peuvent également modifier les opérations nécessaires pour accéder à certains composants.
La Lima a aussi donné naissance à des versions plus puissantes. Des préparations associées à Dealer Team Vauxhall utilisent des modifications de culasse, d’arbre à cames, d’alimentation et d’allumage. Une Lima ainsi préparée, décrite dans un essai publié en 1977, développe environ 160 bhp et réalise le 0 à 60 mph en moins de sept secondes.
Cette performance concerne une voiture préparée et non la Lima atmosphérique de série. La distinction est essentielle : la présence d’un moteur Vauxhall de même cylindrée ne garantit pas une puissance identique. La configuration des carburateurs, le taux de compression, les pièces internes et les réglages peuvent modifier considérablement le comportement du véhicule.
Des Panther Lima Turbo ont également existé. Leur moteur reçoit une suralimentation destinée à augmenter les performances, mais les puissances publiées varient selon les préparations et les documents historiques. Les chiffres parfois avancés autour de 178 chevaux ne peuvent pas être généralisés à tous les exemplaires turbocompressés.
Pour identifier une version sportive authentique, l’examen des éléments mécaniques et des documents d’origine est donc indispensable. Un échappement particulier, une présentation extérieure modifiée ou une puissance annoncée par un vendeur ne suffisent pas à établir qu’une voiture correspond à une configuration officielle.
Production, fin de carrière et intérêt en collection
La Panther Lima reste une automobile produite en très petite série. Le total couramment retenu est d’environ 900 exemplaires, mais les estimations historiques ne concordent pas entièrement. Certains décomptes évoquent 897 ou 918 voitures, tandis que des archives du club de la marque avancent approximativement 600 Series 1 et 300 Series 2. La disparition d’une partie des documents industriels empêche de considérer ces chiffres comme un registre définitif.
La diffusion du modèle reste néanmoins significative à l’échelle de Panther Westwinds. Grâce à sa mécanique de grande série et à une fabrication plus rationnelle que celle des modèles de prestige, la Lima permet au constructeur d’atteindre une clientèle intéressée par les voitures de sport classiques sans nécessairement rechercher une automobile de grand luxe.
Son prix évolue fortement au cours de sa carrière. En 1977, un tarif de départ de 4 999 livres sterling est publié dans la presse automobile britannique. Vers 1980, des sources historiques mentionnent un montant d’environ 8 250 livres. Ces prix correspondent à des périodes différentes et ne doivent pas être comparés sans tenir compte de l’évolution des équipements et des conditions économiques.
La marque traverse d’importantes difficultés financières en 1980, conduisant à une reprise par le groupe sud-coréen Jindo Industries. La production de la Lima s’achève au début des années 1980, après une carrière marquée par plusieurs évolutions techniques et une diffusion essentiellement britannique.
À la fin de 1982, la Panther Kallista prend sa succession. Elle conserve une silhouette de roadster néorétro, mais repose sur une conception différente. Sa carrosserie est réalisée en aluminium et ses motorisations proviennent de Ford. Il ne s’agit donc pas simplement d’une Lima modernisée ou rebaptisée.
La Panther Lima est aujourd’hui recherchée comme automobile de collection originale, notamment en raison de sa faible diffusion et de son dessin caractéristique. L’intérêt d’un exemplaire dépend toutefois davantage de son état structurel, de son authenticité et de la qualité de son entretien que de sa seule rareté.
La carrosserie en fibre de verre demande une inspection attentive des fissures, des réparations anciennes et des points de fixation. Les parties métalliques restent particulièrement importantes : planchers, renforts et éléments du châssis doivent être contrôlés, notamment sur les voitures ayant subi une restauration ancienne ou une longue immobilisation.
Le moteur Vauxhall bénéficie de l’existence d’une base mécanique connue, mais certaines pièces propres à Panther sont plus difficiles à remplacer. Les éléments de carrosserie, les garnitures intérieures et les composants spécifiques aux différentes séries peuvent nécessiter une recherche spécialisée ou une fabrication sur mesure.
La vérification de l’identité d’une Lima passe enfin par son numéro de châssis, ses documents historiques et sa configuration technique. Les modifications mécaniques étant relativement fréquentes sur les petites sportives artisanales, il est important de distinguer une voiture conforme à sa livraison initiale d’un exemplaire transformé au fil des décennies.
Les archives des clubs de propriétaires et les catalogues d’époque permettent notamment de comparer les détails de construction, les équipements intérieurs et les implantations mécaniques. Ces informations sont particulièrement utiles pour différencier une Series 1 d’une Series 2 et pour vérifier l’origine des équipements d’une éventuelle version sportive.
