Lancée en septembre 1956, l’Austin A35 est une petite voiture britannique conçue pour offrir une solution de transport économique aux familles et aux professionnels. Évolution de l’Austin A30, elle reprend sa silhouette compacte et sa carrosserie monocoque tout en bénéficiant d’un moteur plus puissant, d’une boîte de vitesses améliorée et de modifications esthétiques reconnaissables. Produite sous plusieurs formes, notamment en berline, en break Countryman et en fourgonnette, elle reste au catalogue d’Austin jusqu’à la fin des années 1960 pour certaines versions utilitaires.
Les origines de l’Austin A35 et son développement
Au début des années 1950, Austin cherche à répondre à la demande croissante de petites automobiles abordables, adaptées aussi bien aux déplacements quotidiens qu’aux trajets familiaux. La marque dispose déjà d’une longue tradition dans ce domaine, illustrée notamment par l’Austin Seven, lancée en 1922. Cette dernière ne partage toutefois pas de filiation technique directe avec l’A35, qui appartient à une génération automobile beaucoup plus récente.
La base de l’A35 est l’Austin A30, apparue en 1951. Cette petite berline inaugure une architecture moderne pour la marque, avec une carrosserie monocoque et un moteur de la famille Série A. L’A35 reprend l’essentiel de cette conception, mais Austin apporte plusieurs améliorations destinées à rendre la voiture plus agréable à conduire et plus compétitive face aux autres petites voitures britanniques.
Présentée en septembre 1956, l’A35 adopte un moteur de 948 cm³ à la place du bloc de 803 cm³ de l’A30. La puissance progresse, tandis que la transmission bénéficie d’une boîte manuelle à quatre rapports dont les deuxième, troisième et quatrième vitesses sont synchronisées. Cette évolution facilite les changements de rapport et améliore l’utilisation des performances disponibles.
Les modifications extérieures restent mesurées. La carrosserie conserve ses ailes arrondies et ses proportions compactes, mais la calandre, la lunette arrière et les équipements de signalisation évoluent. La production de la berline s’achève en 1959, tandis que certaines déclinaisons utilitaires poursuivent leur carrière bien au-delà de cette date.
Une carrosserie compacte déclinée en plusieurs versions
L’Austin A35 conserve une présentation typique des petites automobiles britanniques du milieu des années 1950. Ses ailes avant et arrière intégrées, son capot court, ses phares circulaires et son pavillon arrondi lui donnent une silhouette immédiatement reconnaissable. La calandre peinte, entourée de chrome, constitue l’un des éléments distinctifs du modèle.
La berline existe en versions deux et quatre portes. La première privilégie la simplicité et le prix d’achat, tandis que la seconde facilite l’accès aux places arrière. Les deux carrosseries reposent sur la même architecture générale et utilisent le moteur de 948 cm³. Une finition De Luxe permet de bénéficier d’équipements supplémentaires, notamment certains éléments chromés et des aménagements intérieurs plus complets.
La lunette arrière agrandie figure parmi les différences visuelles les plus utiles pour distinguer l’A35 de l’A30. Les clignotants électriques remplacent également les anciens indicateurs à flèches de certaines configurations précédentes. Ces changements modernisent la voiture sans bouleverser son dessin ni sa structure.
Austin propose aussi le Countryman, un break à deux portes latérales doté d’un espace de chargement plus important. Sa partie arrière vitrée et son hayon en deux éléments le rendent adapté aux besoins des familles et aux transports occasionnels de marchandises. Cette carrosserie se distingue de la fourgonnette, dont la partie arrière est tôlée afin de protéger le chargement et de préserver un espace professionnel plus discret.
Une version pick-up complète brièvement la gamme à partir de 1956. Produite à seulement 477 exemplaires selon les chiffres généralement cités, elle est aujourd’hui nettement moins courante que la berline ou la fourgonnette. Les différentes carrosseries expliquent pourquoi les dates de production de la famille A35 ne correspondent pas toutes à celles de la berline.
Le moteur Série A et les caractéristiques mécaniques
Le quatre-cylindres de 948 cm³ constitue la principale évolution mécanique de l’A35 par rapport à l’A30. Alimenté par un carburateur et dépourvu de suralimentation, ce moteur privilégie la simplicité, la facilité d’entretien et des coûts d’utilisation raisonnables. Sa conception à soupapes en tête, commandées par tiges et culbuteurs, est représentative des mécaniques britanniques de cette période.
Le moteur est installé longitudinalement à l’avant et entraîne les roues arrière. Cette disposition classique se distingue de celle de la future Mini, qui adopte un moteur transversal et la traction avant. Sur l’A35, la boîte manuelle à quatre rapports bénéficie d’une synchronisation sur les trois rapports supérieurs. Le nouvel étagement contribue à rendre la conduite plus souple, même si les performances restent modestes selon les standards actuels.
La structure monocoque en acier s’associe à une suspension avant indépendante, avec ressorts hélicoïdaux, et à un essieu arrière rigide suspendu par des ressorts à lames semi-elliptiques. Les freins à tambour équipent les quatre roues. L’ensemble privilégie une construction robuste et accessible, adaptée à une automobile destinée à un usage quotidien plutôt qu’à la recherche de performances sportives.
Fiche technique de l’Austin A35
| Caractéristique | Austin A35 berline 948 cm³ |
|---|---|
| Année de lancement | 1956 |
| Période de production de la berline | 1956 à 1959 |
| Type de carrosserie | Berline deux ou quatre portes |
| Architecture moteur | Quatre cylindres en ligne, essence, quatre temps |
| Famille moteur | BMC Série A |
| Cylindrée | 948 cm³ |
| Alésage et course | 62,9 × 76,2 mm |
| Distribution | Soupapes en tête, arbre à cames latéral, tiges et culbuteurs |
| Alimentation | Carburateur simple |
| Taux de compression | 8,3:1 |
| Puissance maximale | 34 bhp à 4 750 tr/min, soit environ 25,4 kW |
| Couple maximal | Environ 68 Nm à 2 000 tr/min |
| Implantation | Moteur longitudinal avant |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Manuelle à quatre rapports, synchronisés sur les deuxième, troisième et quatrième vitesses |
| Structure | Carrosserie monocoque en acier |
| Suspension avant | Roues indépendantes, doubles triangles et ressorts hélicoïdaux |
| Suspension arrière | Essieu rigide et ressorts à lames semi-elliptiques |
| Freinage | Quatre freins à tambour |
| Roues | Jantes en acier de 13 pouces |
| Longueur | Environ 3 465 mm |
| Largeur | Environ 1 400 mm |
| Hauteur | Environ 1 505 mm |
| Empattement | Environ 2 020 mm |
| Masse à vide indicative | Environ 715 kg |
| Vitesse maximale | Environ 116 km/h, selon un essai d’époque |
| Accélération de 0 à 60 mph | 30,1 secondes lors d’un essai de 1956 |
| Consommation mesurée | Environ 6,8 l/100 km lors d’un essai historique |
Ces données correspondent à la berline équipée du moteur de 948 cm³. Les dimensions, la masse, les performances et les caractéristiques mécaniques peuvent varier selon la carrosserie, la finition et l’année de fabrication. Les valeurs de consommation et de vitesse maximale proviennent d’un essai historique et ne constituent pas des mesures normalisées modernes.
Performances, conduite et utilisation au quotidien
Avec une puissance de 34 bhp et une masse contenue, l’A35 offre des performances adaptées à la circulation de son époque. Elle peut atteindre environ 116 km/h dans les conditions d’un essai publié en 1956, mais ses accélérations restent modestes. Le passage de 0 à 60 mph demande un peu plus de trente secondes, ce qui correspond davantage à une petite voiture économique qu’à une automobile sportive.
La boîte de vitesses améliorée représente un avantage notable par rapport à l’A30. La synchronisation des trois rapports supérieurs simplifie la conduite, tandis que le moteur Série A se prête à une utilisation régulière sans nécessiter une mécanique complexe. La direction non assistée et les freins à tambour imposent toutefois une conduite adaptée, particulièrement dans les situations où les sollicitations sont importantes.
Un essai d’époque rapporte une consommation moyenne d’environ 6,8 l/100 km, une valeur intéressante pour une voiture familiale de cette génération. La consommation réelle dépend néanmoins de l’état du moteur, du réglage du carburateur, de la charge transportée et du type de parcours. La simplicité de la mécanique favorise l’entretien, à condition de surveiller l’usure et la corrosion de la structure.
Les versions utilitaires et la fin de carrière
Si la berline disparaît en 1959, l’A35 continue de travailler dans les entreprises britanniques grâce à ses versions utilitaires. Le Countryman reste disponible jusqu’en 1962, tandis que la fourgonnette traverse plusieurs évolutions techniques avant de quitter définitivement la production en 1968. Cette longévité témoigne de l’intérêt d’une base mécanique simple et éprouvée pour les professionnels.
Les fourgonnettes tardives ne doivent pas être confondues avec la berline de lancement. Une version équipée d’un moteur de 1 098 cm³ apparaît en 1962, avec des adaptations mécaniques destinées à l’utilisation commerciale. À partir de 1964, une autre déclinaison reçoit un moteur de 848 cm³. Les puissances et les transmissions varient donc selon la série, et les données de la berline 948 cm³ ne peuvent pas être appliquées automatiquement à toutes les A35.
Pour la berline, le relais est progressivement assuré par l’Austin A40 Farina, lancée en 1958. Celle-ci adopte une carrosserie entièrement nouvelle, plus moderne et plus anguleuse : il ne s’agit pas d’un simple restylage de l’A35. La production de la berline A35 s’achève l’année suivante, tandis que les utilitaires poursuivent leur carrière.
L’arrivée de l’Austin Mini en 1959 marque une autre évolution importante chez BMC. Avec son moteur transversal et ses roues avant motrices, elle exploite différemment l’espace disponible et ouvre une nouvelle voie dans la conception des petites voitures. L’A35 conserve pour sa part une architecture traditionnelle à moteur avant longitudinal et propulsion.
Au cours des années 1960, les petites voitures Austin évoluent vers des conceptions plus modernes. L’Austin 1100, lancée en 1963, illustre cette transition avec son moteur transversal et sa traction avant. L’Austin 1300 prolonge ensuite cette famille en proposant une cylindrée supérieure. Ces modèles ne constituent pas des remplacements directs de l’A35, mais montrent comment la gamme Austin s’adapte aux nouvelles attentes en matière d’espace, de confort et de performances.
Production, rareté et intérêt en collection
Les chiffres de production de l’Austin A35 varient selon le périmètre retenu, notamment lorsque les berlines, les breaks, les fourgonnettes, les pick-up et les véhicules assemblés à partir de kits CKD sont regroupés. Un décompte détaillé aboutit à environ 354 600 exemplaires pour la famille, tandis que d’autres sources publient des totaux inférieurs. Il convient donc de distinguer la production des berlines de celle de l’ensemble des carrosseries avant d’avancer un chiffre global.
La rareté dépend fortement de la version recherchée. Les berlines sont les représentantes les plus connues du modèle, tandis que le pick-up, produit à seulement 477 exemplaires selon les chiffres généralement cités, constitue une déclinaison beaucoup moins courante. Les Countryman et les fourgonnettes présentent également un intérêt particulier pour les collectionneurs qui recherchent une carrosserie différente de la berline classique.
Sur un exemplaire ancien, l’état de la carrosserie monocoque mérite une attention particulière. La corrosion, la qualité des réparations antérieures et l’état des planchers peuvent avoir davantage d’incidence sur la restauration que la simplicité du moteur. Les éléments mécaniques de la famille Série A bénéficient d’une diffusion importante dans l’histoire de BMC, mais certaines pièces de carrosserie spécifiques et certains équipements d’origine peuvent être plus difficiles à retrouver.
L’Austin A35 conserve ainsi un intérêt historique comme témoin de la petite automobile britannique d’après-guerre, mais son attrait en collection dépend surtout de l’authenticité de la version, de son état de conservation et de la qualité de sa restauration.

