Une écurie de Formule 1 peut recevoir plusieurs dizaines à plus de 150 millions d’euros de la part du championnat sur une saison, selon son classement et les accords applicables. Mais cette somme ne représente qu’une partie de ses ressources. En ajoutant le sponsoring, les licences et les autres activités commerciales, le chiffre d’affaires annuel des plus grandes structures peut dépasser 500 millions de livres sterling.
Il ne faut toutefois pas confondre l’argent versé par la Formule 1, le chiffre d’affaires total, le budget consacré à la compétition et le bénéfice final. Une équipe peut générer plusieurs centaines de millions de revenus tout en conservant une marge faible après avoir payé son personnel, ses infrastructures, ses déplacements, son développement technique et ses autres charges.
Combien une écurie reçoit-elle réellement de la Formule 1 ?
Liberty Media, détenteur des droits commerciaux de la Formule 1, a déclaré 3,873 milliards de dollars de revenus pour l’année 2025. Sur ce total, 1,4 milliard de dollars a été comptabilisé au titre des paiements aux écuries, auxquels se sont ajoutés 50 millions de dollars de primes incitatives.
Ces données sont publiées sous une forme globale dans les résultats annuels 2025 de Liberty Media. Elles permettent de mesurer la taille de l’enveloppe distribuée, mais pas de connaître précisément la somme reçue par chaque concurrent. La ventilation individuelle reste largement confidentielle.
Les paiements dépendent notamment des performances au championnat des constructeurs et des dispositions prévues par les accords commerciaux de la discipline. L’enveloppe doit être répartie entre le nombre d’écuries engagées en Formule 1, sans que cette répartition soit strictement égalitaire.
Pour la saison 2025, les estimations relayées dans la presse évoquent environ 150 millions d’euros pour McLaren, championne des constructeurs, 140 millions pour Mercedes, 130 millions pour Red Bull et 120 millions pour Ferrari. Alpine, dernière du classement, aurait perçu environ 64 millions d’euros.
Ces chiffres constituent des ordres de grandeur estimatifs, et non des montants officiellement détaillés par la Formule 1. Ils montrent néanmoins qu’une meilleure place au championnat peut représenter plusieurs dizaines de millions d’euros supplémentaires.
D’où viennent les revenus d’une écurie de F1 ?
Les primes et distributions commerciales de la Formule 1 ne sont pas la seule source de financement d’une équipe. Une grande écurie construit généralement ses revenus autour de plusieurs activités complémentaires.
- Les paiements versés par la Formule 1 en fonction des accords commerciaux et des résultats sportifs.
- Les contrats de sponsoring conclus avec les partenaires présents sur la monoplace, les équipements et les supports de communication.
- Les licences permettant l’utilisation de la marque de l’équipe sur des produits ou dans des opérations commerciales.
- Les revenus provenant d’activités de compétition annexes lorsque les comptes publiés regroupent plusieurs championnats.
Le poids de chaque source varie fortement selon la notoriété de l’écurie. Une équipe historique ou régulièrement victorieuse peut négocier des contrats commerciaux beaucoup plus importants qu’une structure située en fond de grille. Ses revenus dépendent donc autant de sa valeur marketing que de ses résultats en piste.
Chez Mercedes-Benz Grand Prix, environ 415 millions de livres sterling de revenus auraient ainsi été générés en 2025 par le sponsoring et les licences. Ce montant est très supérieur aux seules primes liées au championnat et illustre la place centrale des partenariats dans l’économie des équipes les plus visibles.
Chiffre d’affaires, budget et bénéfice : trois chiffres différents
Dire qu’une écurie « gagne » 500 millions par saison peut être trompeur. Ce chiffre correspond généralement au chiffre d’affaires, c’est-à-dire à l’ensemble des revenus comptabilisés avant déduction des dépenses.
Le budget représente les sommes utilisées pour faire fonctionner l’organisation. Il comprend notamment la conception et la fabrication des voitures, la masse salariale, les installations, les essais, la logistique et les frais liés aux Grands Prix. Le coût d’une saison de F1 ne se limite donc pas aux dépenses directement visibles en piste.
Le bénéfice correspond à ce qui reste après déduction des charges. Deux équipes affichant des chiffres d’affaires proches peuvent ainsi obtenir des résultats financiers très différents selon leur structure, leurs investissements et la manière dont leurs activités sont réparties entre plusieurs sociétés.
| Écurie ou société | Exercice | Chiffre d’affaires déclaré | Bénéfice déclaré |
|---|---|---|---|
| Mercedes-Benz Grand Prix | 2025 | 633,378 millions de livres sterling | 166,707 millions de livres de bénéfice opérationnel |
| McLaren Racing Limited | 2024 | 530,3 millions de livres sterling | 54,157 millions de livres après impôt |
| Red Bull Racing Limited | 2024 | 314,409 millions de livres sterling | 1,681 million de livres après impôt |
Ces résultats ne doivent pas être comparés comme s’ils couvraient exactement le même périmètre. Les comptes de McLaren Racing incluaient par exemple 488,4 millions de livres de revenus attribués à la F1, mais aussi des activités en IndyCar et dans des championnats électriques. Mercedes et Red Bull peuvent également répartir certaines fonctions entre plusieurs entités juridiques.
La comparaison reste néanmoins instructive : un chiffre d’affaires élevé ne garantit pas un bénéfice important. Red Bull Racing a déclaré plus de 314 millions de livres de revenus en 2024, mais moins de 2 millions de bénéfice après impôt, tandis que Mercedes affichait une marge beaucoup plus élevée en 2025.
Le plafond budgétaire limite-t-il toutes les dépenses ?
La FIA impose un plafond destiné à encadrer une partie des dépenses liées aux performances de la monoplace. Pour 2025, sa base était fixée à 135 millions de dollars pour 21 compétitions, avec 1,8 million supplémentaire pour chaque épreuve au-delà de ce seuil.
Le calendrier 2025 comprenant 24 Grands Prix, la base atteignait donc 140,4 millions de dollars avant les ajustements et mécanismes d’indexation prévus par le règlement. Le détail des dépenses prises en compte et des exclusions figure dans le règlement financier 2025 de la FIA.
Ce plafond ne correspond pas au budget total d’une écurie. Certaines charges importantes n’entrent pas dans son calcul, notamment les dépenses de marketing, la rémunération des pilotes et les salaires des trois personnes les mieux payées de l’organisation.
Le salaire d’un pilote de F1 peut donc s’ajouter aux dépenses plafonnées sans réduire directement l’enveloppe consacrée au développement réglementé de la voiture. Cela explique pourquoi les charges réelles d’une grande équipe restent nettement supérieures au plafond budgétaire annoncé.
La masse salariale ne se limite évidemment pas aux pilotes et aux dirigeants. Une écurie emploie des ingénieurs, des aérodynamiciens, des techniciens, des responsables commerciaux et du personnel opérationnel. Le salaire d’un mécanicien de F1 s’inscrit dans cette organisation beaucoup plus large, dont les effectifs peuvent représenter une part importante des dépenses annuelles.
Pourquoi les primes apparaissent-elles parfois avec un an de décalage ?
Les résultats sportifs d’une saison et les comptes financiers publiés pour la même année ne correspondent pas toujours directement. Les paiements liés au classement peuvent être comptabilisés au cours de l’exercice suivant.
Les comptes 2025 de Mercedes intégraient ainsi les conséquences financières de sa quatrième place au championnat 2024. Les revenus découlant de sa deuxième place obtenue en 2025 devaient, eux, se refléter dans l’exercice comptable suivant.
Cette différence est essentielle lorsque l’on compare les revenus d’une équipe à son classement. Une hausse de chiffre d’affaires publiée en 2025 peut résulter de performances obtenues en 2024, de nouveaux contrats de sponsoring ou d’une modification du périmètre comptable, et pas uniquement des résultats observés pendant la saison en cours.
Une victoire en Grand Prix rapporte-t-elle directement de l’argent ?
La Formule 1 ne verse pas une prime publique et fixe au pilote ou à l’écurie après chaque victoire. Les résultats obtenus pendant la saison influencent surtout le classement des constructeurs, qui joue ensuite un rôle dans la redistribution commerciale.
Un pilote peut recevoir un bonus de victoire prévu dans son contrat, mais celui-ci est payé par son employeur. Il ne s’agit pas d’une prime directement versée par le championnat. Cette distinction vaut également pour les gains du vainqueur du Grand Prix de Monaco : le prestige de l’épreuve ne correspond pas à un chèque officiel remis automatiquement par la F1 au vainqueur.
Quel montant retenir pour une saison complète ?
Il n’existe pas de montant unique valable pour toutes les écuries. À partir des chiffres disponibles, trois niveaux doivent être distingués.
- Les paiements provenant directement de la Formule 1 peuvent représenter approximativement 60 à 150 millions d’euros par équipe pour la saison 2025, selon les estimations publiées et le classement.
- Le chiffre d’affaires total des grandes structures peut atteindre plusieurs centaines de millions de livres sterling, voire dépasser 600 millions lorsqu’elles disposent de contrats commerciaux très importants.
- Le bénéfice final peut aller de moins de 2 millions à plus de 160 millions de livres dans les exemples comptables récents, avec de fortes différences de périmètre et d’exercice.
La réponse la plus juste est donc qu’une écurie de F1 peut encaisser plusieurs centaines de millions sur une saison sans pour autant « gagner » cette somme au sens du bénéfice. Pour évaluer sa santé financière, il faut examiner séparément les distributions de la F1, les revenus commerciaux, les dépenses non couvertes par le plafond et le résultat net ou opérationnel publié dans ses comptes.






