La direction assistée est un dispositif qui réduit l’effort nécessaire pour tourner le volant. Elle accompagne le mouvement imprimé par le conducteur afin de faciliter le braquage des roues, en particulier à faible vitesse ou pendant une manœuvre de stationnement.
Elle ne remplace pas l’ensemble du mécanisme de direction. Elle vient ajouter une force hydraulique ou électrique au mouvement transmis depuis le volant. Le conducteur conserve ainsi la maîtrise de la trajectoire, tandis que le système fournit une partie de l’énergie nécessaire pour orienter les roues.
Quel est le rôle de la direction assistée ?
Sans assistance, le conducteur doit fournir seul l’effort nécessaire pour vaincre la résistance des pneus au sol et déplacer les éléments mécaniques de la direction. Cet effort devient particulièrement sensible lorsque le véhicule est arrêté, roule lentement, possède des pneus larges ou supporte une charge importante sur le train avant.
La direction assistée rend donc les manœuvres plus confortables et plus précises. Elle s’intègre au système de direction d’une voiture, qui comprend notamment le volant, les arbres de transmission, le mécanisme de direction et les éléments reliant celui-ci aux roues.
Le niveau d’assistance n’est pas nécessairement constant. Sur de nombreux véhicules, la direction est très légère à basse vitesse pour faciliter les créneaux, puis devient plus ferme lorsque la vitesse augmente. Cette variation permet de limiter les mouvements trop brusques du volant et d’améliorer la perception de la trajectoire. Son fonctionnement précis dépend toutefois de la technologie et des réglages choisis par le constructeur.
Comment fonctionne une direction assistée ?
Lorsque le conducteur tourne le volant, son mouvement est transmis à la colonne de direction, puis au mécanisme chargé d’orienter les roues. Selon le véhicule, un système hydraulique ou électrique détecte cette demande et ajoute une force dans le même sens.
Le principe peut être résumé en plusieurs actions successives :
- le conducteur exerce un effort sur le volant ;
- le système détecte le sens du braquage et, selon sa conception, l’intensité de l’effort demandé ;
- une pompe hydraulique ou un moteur électrique produit l’assistance nécessaire ;
- l’effort combiné du conducteur et du dispositif agit sur le mécanisme de direction ;
- la crémaillère de direction déplace les éléments reliés aux roues directrices.
La direction assistée est donc un renfort. La définition réglementaire de la direction assistée repose d’ailleurs sur la combinaison de l’effort musculaire du conducteur et d’une ou plusieurs sources d’énergie, comme le précise le règlement ONU nº 79 publié sur EUR-Lex.
Quels sont les différents types de direction assistée ?
Trois grandes architectures équipent les voitures particulières : la direction hydraulique, la direction électrohydraulique et la direction électrique. Elles remplissent la même fonction, mais ne produisent pas l’assistance de la même manière.
| Type de direction | Production de l’assistance | Particularité principale |
|---|---|---|
| Hydraulique | Pression d’un fluide produite par une pompe entraînée par le moteur | La pompe fonctionne tant que le moteur tourne |
| Électrohydraulique | Pression hydraulique produite par une pompe entraînée électriquement | Le circuit reste hydraulique, mais la pompe ne dépend plus directement du moteur thermique |
| Électrique | Couple fourni par un moteur électrique | L’assistance est pilotée électroniquement sans circuit hydraulique |
Comment fonctionne une direction assistée hydraulique ?
La direction assistée hydraulique utilise une huile sous pression. Une pompe, généralement entraînée par le moteur au moyen d’une courroie, fait circuler ce fluide dans le circuit. Lorsque le conducteur tourne le volant, un distributeur dirige la pression vers le côté approprié d’un vérin intégré au mécanisme de direction.
La pression pousse alors un piston qui accompagne le déplacement de la crémaillère. Le conducteur fournit toujours un effort mécanique, mais celui-ci est amplifié par la force hydraulique.
Dans une installation classique, la pompe tourne en même temps que le moteur, y compris lorsque le véhicule roule en ligne droite. Cette conception offre une assistance continue, mais elle prélève de l’énergie sur le moteur et comporte plusieurs éléments susceptibles de s’user ou de fuir, notamment la pompe, les durites, les joints et le réservoir de fluide.
Qu’est-ce qu’une direction électrohydraulique ?
La direction électrohydraulique conserve le principe du fluide sous pression, du distributeur et du vérin. Sa principale différence réside dans l’entraînement de la pompe : celle-ci est actionnée par un moteur électrique au lieu d’être reliée mécaniquement au moteur thermique.
Cette architecture permet de commander la pompe selon les besoins du véhicule. Elle peut ainsi fonctionner indépendamment du régime moteur et limiter la consommation d’énergie lorsque l’assistance n’est pas fortement sollicitée.
Il ne faut donc pas confondre direction électrohydraulique et direction entièrement électrique. La première possède toujours une huile de direction, des conduites et une pompe hydraulique. Seule l’énergie qui entraîne cette pompe devient électrique.
Comment fonctionne une direction assistée électrique ?
La direction assistée électrique, souvent appelée DA électrique, remplace la pompe et le circuit hydraulique par un moteur électrique. Un capteur mesure notamment l’effort exercé par le conducteur sur le volant. Le calculateur traite cette information avec d’autres données disponibles, comme la vitesse du véhicule, puis détermine le niveau d’assistance à fournir.
Le moteur ajoute ensuite un couple au mouvement du conducteur. Selon la conception du véhicule, il peut agir sur la colonne, sur le pignon de direction ou directement sur la crémaillère. Le fonctionnement des directions assistées électriques présenté par Bosch repose ainsi sur une détection de la demande, un calcul électronique et l’action d’un moteur d’assistance.
Cette technologie ne consomme de l’énergie que lorsqu’une assistance est nécessaire. Elle facilite également la modulation de la dureté du volant et l’intégration de fonctions d’aide à la conduite qui peuvent agir sur la direction.
Sur une direction électrique conventionnelle, le volant reste néanmoins relié mécaniquement aux roues. Le moteur électrique assiste cette liaison, mais ne la remplace pas.
Direction électrique et steer-by-wire : quelle différence ?
Une direction assistée électrique classique et une direction steer-by-wire ne désignent pas le même système. Dans le premier cas, une liaison mécanique subsiste entre le volant et le mécanisme de direction. Le moteur électrique se contente d’ajouter un effort.
Dans un système steer-by-wire, les commandes du conducteur sont transmises électroniquement à un actionneur qui oriente les roues. La liaison mécanique intermédiaire entre le volant et la crémaillère est supprimée dans le fonctionnement normal. Cette technologie nécessite une architecture spécifique et ne doit pas être présentée comme le fonctionnement habituel de toutes les directions électriques.
Comment reconnaître le type de direction de sa voiture ?
Le manuel du véhicule ou sa documentation technique constitue la source la plus sûre. Une inspection du compartiment moteur peut également donner des indices.
La présence d’un réservoir de fluide de direction et de durites hydrauliques indique généralement une assistance hydraulique ou électrohydraulique. Une pompe entraînée par une courroie oriente vers un système hydraulique classique, tandis qu’un groupe moteur-pompe alimenté électriquement correspond plutôt à une direction électrohydraulique.
En l’absence de réservoir et de circuit hydraulique, le véhicule est probablement équipé d’une assistance électrique. Cette vérification visuelle peut toutefois être difficile sur certains modèles, car les composants sont parfois peu accessibles. Il vaut mieux se reporter aux spécifications du constructeur avant d’ajouter un fluide ou d’entreprendre une intervention.
Quels signes peuvent indiquer une défaillance ?
Une anomalie de direction assistée peut modifier sensiblement l’effort au volant ou la régularité du braquage. Les symptômes varient selon que l’assistance est hydraulique, électrohydraulique ou électrique.
- un volant qui devient dur, en permanence ou par intermittence ;
- une assistance différente lorsque le volant tourne à gauche ou à droite ;
- des à-coups, des points durs ou une réponse irrégulière ;
- un bruit de pompe ou un sifflement pendant le braquage ;
- une fuite ou une baisse du niveau de fluide sur un système hydraulique ;
- l’allumage d’un voyant de direction au tableau de bord ;
- une assistance qui disparaît après le démarrage ou pendant la conduite.
Ces manifestations ne désignent pas toutes la même panne. Un défaut peut provenir de l’assistance elle-même, mais aussi d’un élément mécanique, d’un problème électrique, d’une batterie faible, d’un capteur ou d’une pièce du train avant. Un diagnostic doit donc prendre en compte l’ensemble des signes d’un problème de direction.
Lorsque l’assistance disparaît, la liaison mécanique peut rester opérationnelle sur une direction conventionnelle, mais l’effort à fournir augmente fortement. La conduite devient alors difficile, surtout à faible vitesse. En cas de durcissement soudain, de voyant accompagné d’une perte d’assistance ou de comportement inhabituel du véhicule, il est prudent de réduire la vitesse, de s’arrêter dans un endroit sûr et de faire contrôler le système.
Faut-il entretenir la direction assistée ?
L’entretien dépend du type d’assistance. Une direction électrique ne contient pas de fluide hydraulique à remplacer. Son contrôle porte principalement sur les composants mécaniques, les connexions électriques, les capteurs, le moteur d’assistance et les éventuels défauts enregistrés par le calculateur.
Une direction hydraulique ou électrohydraulique possède en revanche un fluide, un réservoir, des conduites et des joints. Une baisse de niveau ne doit pas être considérée comme normale sans vérification, car elle peut révéler une fuite. Le fluide utilisé doit impérativement respecter la spécification du constructeur : toutes les huiles de direction ne sont pas interchangeables.
Les préconisations de contrôle ou de remplacement varient selon les véhicules. Il convient donc de suivre le carnet d’entretien plutôt que d’appliquer un intervalle universel. Une direction devenue bruyante, irrégulière ou anormalement ferme mérite un diagnostic, même si aucune échéance d’entretien n’est atteinte.






