La Ferrari 250 S, parfois appelée 250 Sport, apparaît en 1952 comme prototype de compétition. Elle inaugure le V12 Colombo porté à environ trois litres qui donnera naissance à toute la lignée des 250. Cette berlinette unique, carrossée par Vignale sur dessin de Giovanni Michelotti, sert de laboratoire technique et remporte des victoires majeures dès sa première saison.
Origine et positionnement
La 250 S naît comme évolution directe de la 225 S. Ferrari augmente l’alésage du V12 Colombo et conserve un châssis court Tuboscocca plus rigide, destiné aux grandes épreuves routières. La voiture n’est produite qu’en un seul exemplaire, identifié par le châssis 0156 ET. Elle est d’abord engagée par l’usine puis vendue à des clients privés. Ce prototype inaugure la cylindrée dite 250 et ouvre la voie aux futures 250 MM, 250 GT et aux grandes Ferrari de course et de route qui suivront.
Châssis et carrosserie
Le châssis Tuboscocca conçu par Gilco utilise un treillis serré de tubes d’acier, plus léger et plus rigide qu’un châssis tubulaire classique. Le moteur est placé à l’avant en position reculée avec propulsion. La carrosserie Vignale adopte un style typique des berlinette de compétition du début des années cinquante, reconnaissable à ses hublots sur les ailes avant et à son allure compacte et agressive.
- Châssis Tuboscocca en acier
- Moteur avant reculé et propulsion
- Empattement de 2 250 millimètres
- Longueur d’environ 3 800 millimètres
- Largeur proche de 1 570 millimètres
- Hauteur d’environ 1 400 millimètres
- Voie avant voisine de 1 278 millimètres
- Voie arrière proche de 1 250 millimètres
- Poids à sec d’environ 850 kilogrammes
- Poids en ordre de marche voisin de 880 kilogrammes
- Réservoir d’environ 150 litres
- Pneus 5.50 x 16 à l’avant et 6.00 x 16 à l’arrière
Ces valeurs donnent une voiture très compacte et légère pour une berlinette fermée dotée d’un moteur de trois litres, avec une répartition des masses favorable aux performances.
Le V12 Colombo trois litres
La Ferrari 250 S inaugure le V12 Colombo porté à trois litres. Conçu en alliage léger, il conserve une architecture à soixante degrés, une distribution à simple arbre à cames par rangée et deux soupapes par cylindre. L’alimentation par trois carburateurs Weber double corps offre un remplissage optimal et une excellente capacité à prendre des régimes élevés.
- Cylindrée totale d’environ 2 953 centimètres cubes
- Cylindrée unitaire proche de 246 centimètres cubes
- Alésage de 73 millimètres et course de 58,8 millimètres
- Taux de compression voisin de 9 pour 1
- Distribution simple arbre à cames par rangée
- Deux soupapes par cylindre
- Alimentation par trois carburateurs Weber 36 DCF
- Allumage avec deux bobines et une bougie par cylindre
- Lubrification par carter humide
- Puissance d’environ 230 chevaux à 7 500 tr par minute
- Couple voisin de 242 newton mètres
Cette mécanique devient la base de la plupart des Ferrari 250. Elle associe souplesse, endurance et un rapport poids puissance particulièrement favorable grâce au poids contenu de la voiture.
Transmission et trains roulants
La 250 S utilise une boîte manuelle à cinq rapports avec marche arrière, sans synchronisation, permettant de rester dans la zone de puissance du V12. Les suspensions avant sont indépendantes avec doubles triangles et ressort à lame transversal, tandis que l’arrière fait appel à un pont rigide avec ressorts à lames semi elliptiques. La direction est à vis sans fin et secteur et les freins sont des tambours hydrauliques aux quatre roues.
Performances
Avec environ 230 chevaux pour moins de 900 kilogrammes, la 250 S offre un rapport poids puissance d’environ deux cent cinquante sept chevaux par tonne. La vitesse maximale250 kilomètres par heure. Les estimations situent l’accélération de zéro à cent kilomètres par heure dans une plage proche de six secondes, ce qui place la voiture parmi les plus rapides au monde au début des années cinquante.
Compétition et résultats
Malgré son statut de prototype unique, la Ferrari 250 S possède un palmarès remarquable. En 1952, elle remporte la Mille Miglia avec Giovanni Bracco et Alfonso Rolfo. Elle établit la meilleure vitesse en course aux 24 Heures du Mans avec Alberto Ascari et Luigi Villoresi avant d’abandonner sur problème d’embrayage. Elle gagne ensuite les 12 Heures de Pescara et termine troisième au Circuito di Senigallia. Engagée ensuite dans le Giro di Sicilia, la Targa Florio et d’autres épreuves, elle connaît d’autres podiums et plusieurs abandons mécaniques, inévitables pour un prototype développé en compétition.
Prix et valeur de collection
La 250 S n’a jamais été proposée comme modèle de série. Il s’agit d’une voiture usine, utilisée en course puis revendue à des propriétaires privés. Aucun prix catalogue officiel n’est connu. Aujourd’hui, son rôle de première Ferrari 250, son statut de pièce unique et son palmarès exceptionnel la placent parmi les Ferrari historiques les plus précieuses. Les observateurs estiment que si elle passait aux enchères, sa valeur se situerait très largement au delà de dix millions de dollars, potentiellement bien plus en fonction de la demande.












