Ferrari 625 TF

Ferrari 625 TF

La Ferrari 625 TF est un sport-prototype conçu en 1953 et produit à seulement trois exemplaires. Elle se distingue dans l’histoire de la marque par son moteur quatre-cylindres de 2,5 litres, une architecture inhabituelle pour une Ferrari, ainsi que par ses carrosseries dessinées et réalisées par Vignale. Deux voitures ont reçu une carrosserie spider, tandis que la troisième a été configurée en coupé.

Avec ses 220 ch, son poids annoncé de 730 kg et une vitesse maximale donnée pour 240 km/h, la 625 TF associait une mécanique relativement compacte à une structure légère. Elle appartient à une période durant laquelle Ferrari expérimentait plusieurs solutions techniques pour ses voitures de sport, parallèlement à des modèles à moteur V12 comme la Ferrari 375 MM.

Un modèle développé pour la compétition en 1953

La 625 TF a été conçue comme une voiture de course et non comme une automobile de route adaptée à un usage sportif. Son architecture répondait donc à des priorités précises : limiter la masse, obtenir une puissance exploitable à haut régime et disposer d’un châssis suffisamment efficace pour les épreuves disputées sur circuit.

Sa production limitée à trois unités montre cependant qu’il ne s’agissait pas d’un programme destiné à une diffusion importante. La 625 TF doit plutôt être comprise comme une réalisation très spécialisée, située au cœur d’une phase d’expérimentation technique. Elle ne doit pas être confondue avec la Ferrari 625 LM, qui porte elle aussi le nombre 625 mais correspond à un autre modèle et à un autre contexte sportif.

Que signifie l’appellation 625 TF ?

Le nombre 625 fait référence à la cylindrée approximative de chaque cylindre. Le moteur affiche une cylindrée totale de 2 498,32 cm³. Répartie entre quatre cylindres, elle représente environ 625 cm³ par cylindre, selon une logique de dénomination utilisée par Ferrari sur plusieurs voitures de cette période.

La signification des lettres TF est moins certaine. Elles pourraient désigner la Targa Florio, mais Ferrari précise que la voiture n’a jamais participé à cette épreuve. Cette interprétation doit donc rester présentée comme une hypothèse historique, et non comme une explication définitivement établie.

Un quatre-cylindres de 2,5 litres développant 220 ch

Le moteur de la Ferrari 625 TF est un quatre-cylindres en ligne installé longitudinalement à l’avant. Sa cylindrée exacte atteint 2 498,32 cm³. Il dispose d’une distribution à double arbre à cames en tête, de deux soupapes par cylindre et d’un système de double allumage.

L’alimentation repose sur deux carburateurs Weber 50 DCO4. Dans sa configuration d’origine, le moteur développe 162 kW, soit 220 ch, à 7 000 tr/min. Cette puissance est transmise aux roues arrière par une boîte de vitesses manuelle à quatre rapports.

Le recours à quatre cylindres permettait à Ferrari d’explorer une solution différente de ses moteurs V12. Cette architecture a également marqué d’autres voitures de compétition de la marque, notamment la Ferrari 500 TR, dont le positionnement et la période de production sont toutefois distincts.

CaractéristiqueDonnée
Année1953
Production3 exemplaires
Architecture du moteur4 cylindres en ligne, position longitudinale avant
Cylindrée2 498,32 cm³
Puissance220 ch à 7 000 tr/min
Boîte de vitessesManuelle à 4 rapports
Poids en ordre de marche730 kg
Vitesse maximale annoncée240 km/h
Empattement2 250 mm
CarrossierVignale

Un châssis tubulaire et une carrosserie en aluminium

La structure de la 625 TF repose sur un châssis tubulaire en acier recouvert d’une carrosserie en aluminium. Cette combinaison permettait de contenir la masse tout en conservant la rigidité nécessaire à une voiture destinée à la compétition.

L’empattement mesure 2 250 mm. Les voies avant et arrière atteignent respectivement 1 278 mm et 1 284 mm. Ces dimensions relativement compactes, associées au poids de 730 kg, contribuaient à obtenir un rapport poids-puissance favorable pour une voiture de sport du début des années 1950.

La suspension avant est indépendante, avec des triangles de longueurs inégales. À l’arrière, Ferrari adopte un essieu De Dion. Le freinage est confié à quatre tambours, une solution habituelle à l’époque, mais qui nécessitait une gestion rigoureuse de l’échauffement et de l’endurance lors des courses.

Deux spiders et un coupé signés Vignale

Les trois Ferrari 625 TF ont été habillées par Vignale. Deux exemplaires ont pris la forme de spiders ouverts, mieux adaptés à l’usage en compétition, tandis qu’un troisième a reçu une carrosserie fermée de type coupé.

Cette diversité rend le modèle difficile à résumer par une seule silhouette. La 625 TF désigne avant tout une base mécanique et technique commune, déclinée dans deux configurations de carrosserie. Elle illustre une époque où les voitures de course pouvaient être produites en très petite série avec des variations importantes entre les exemplaires.

La Ferrari 625 TF en compétition

L’un des résultats les plus clairement documentés du modèle est obtenu le 29 juin 1953 au Grand Prix de Monza. Une 625 TF Spider engagée par la Scuderia Ferrari et pilotée par Mike Hawthorn termine l’épreuve à la quatrième place.

Ce résultat permet de replacer la voiture dans le programme sportif de Ferrari en 1953, mais il ne faut pas lui attribuer un palmarès plus étendu que celui qui est effectivement documenté. La rareté du modèle, sa production limitée et ses transformations ultérieures compliquent la reconstitution complète de la carrière de chacun des trois châssis.

La 625 TF s’inscrit néanmoins dans une lignée de prototypes à quatre cylindres que Ferrari a continué à développer au cours des années 1950. La Ferrari 735 S et la Ferrari 857 S témoignent de cette exploration de cylindrées plus importantes, avec des caractéristiques et des objectifs sportifs propres à chaque modèle.

Des exemplaires modifiés après leur carrière initiale

L’identification des Ferrari 625 TF demande une attention particulière, car les trois voitures ont ensuite été vendues avec des moteurs différents de leur quatre-cylindres 625 d’origine. Une fiche historique peut donc décrire un même châssis dans plusieurs configurations mécaniques selon la période considérée.

Pour présenter correctement le modèle, il convient de distinguer la spécification définie par Ferrari en 1953 des transformations réalisées après sa carrière initiale. La configuration de référence reste celle du quatre-cylindres de 2,5 litres développant 220 ch, associé au châssis tubulaire, à la boîte manuelle à quatre rapports et aux carrosseries en aluminium de Vignale.