Origine et contexte
La Ferrari 330 P est un prototype de compétition présenté pour la saison 1964 du championnat du monde des voitures de sport. Elle prend la suite des 250 P et 275 P en adoptant un moteur V12 de quatre litres placé en position centrale arrière. Ferrari cherche alors à augmenter la puissance disponible tout en conservant l’équilibre et la fiabilité nécessaires aux grandes épreuves d’endurance.
La production est extrêmement limitée, avec environ trois exemplaires construits en configuration 330 P. Ces voitures sont engagées aussi bien par la Scuderia Ferrari que par des équipes clientes prestigieuses comme Maranello Concessionaires ou le North American Racing Team. Leur rareté et leur rôle dans la transition vers les prototypes de plus en plus puissants en font des modèles particulièrement importants dans l’histoire de la marque.
Moteur V12 et transmission
La Ferrari 330 P est équipée d’un V12 Colombo à soixante degrés dérivé du moteur de la 400 Superamerica, mais profondément retravaillé pour la compétition. Placé en position centrale arrière longitudinale, ce bloc offre un excellent compromis entre puissance, souplesse et fiabilité, ce qui est indispensable sur des courses d’endurance de plusieurs heures.
- Architecture : V12 Colombo à soixante degrés
- Cylindrée totale : 3 967,44 centimètres cubes
- Alésage et course : 77 millimètres et 71 millimètres
- Taux de compression : proche de 9,8 pour 1
- Distribution : un arbre à cames en tête par banc et deux soupapes par cylindre
- Alimentation : six carburateurs Weber 38 DCN double corps
- Puissance maximale : environ 370 chevaux à 7 200 tours par minute
- Lubrification : carter sec
- Boîte de vitesses : manuelle à cinq rapports plus marche arrière
- Transmission : propulsion avec différentiel intégré au transaxle arrière
- Direction : à crémaillère
Avec près de 370 chevaux pour un poids inférieur à huit cents kilogrammes, la 330 P dispose d’un rapport poids puissance très favorable. La vitesse maximale dépasse les trois cents kilomètres par heure et l’accélération de zéro à cent kilomètres par heure est estimée autour de quatre secondes selon les réglages de course.
Châssis, suspensions et freinage
Sous la carrosserie se trouve un châssis tubulaire en acier de type treillis conçu pour combiner rigidité et légèreté. Les suspensions sont indépendantes aux quatre roues avec triangles superposés, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques. Des barres antiroulis complètent le dispositif afin de limiter les mouvements de caisse dans les enchaînements rapides.
Le freinage est assuré par des freins à disque sur les quatre roues, dimensionnés pour supporter les fortes contraintes thermiques des longues courses d’endurance. Les jantes de quinze pouces reçoivent des pneumatiques de largeur supérieure à l’arrière afin d’exploiter au mieux la puissance du V12 et de préserver la motricité à la sortie des virages rapides.
Dimensions et architecture générale
La Ferrari 330 P se présente sous la forme d’un spider deux places très bas et étroit, dont les proportions sont optimisées pour la pénétration dans l’air et la stabilité à haute vitesse. La carrosserie en aluminium, inspirée des lignes des 250 P et 275 P, est dessinée pour offrir un appui suffisant tout en limitant la traînée.
- Carrosserie : spider biplace en aluminium
- Longueur : environ 4 160 millimètres
- Largeur : environ 1 675 millimètres
- Hauteur : environ 1 055 millimètres
- Empattement : 2 400 millimètres
- Voie avant : environ 1 350 millimètres
- Voie arrière : environ 1 340 millimètres
- Poids à sec : autour de 785 kilogrammes
- Capacité du réservoir : environ 130 litres de carburant
- Pneus avant : environ 6,00 fois 15
- Pneus arrière : environ 7,25 fois 15
Ces chiffres montrent une voiture très compacte, à peine plus longue qu’une berline routière de l’époque mais beaucoup plus basse. Le centre de gravité peu élevé et l’empattement relativement court contribuent à un comportement particulièrement agile, idéal pour des circuits sinueux tout en restant stable sur les grandes lignes droites.
Production et exemplaires
La production de la Ferrari 330 P se limite à un très petit nombre d’exemplaires, de l’ordre de trois voitures construites pour la saison 1964. Certaines partagent des éléments de châssis avec les 275 P et peuvent évoluer en cours de carrière, ce qui complique légèrement les recensements modernes. Ces quelques châssis sont utilisés par la Scuderia Ferrari et par des équipes clientes triées sur le volet, ce qui renforce encore le caractère exclusif du modèle.
Chaque exemplaire possède un historique de course très spécifique, avec des engagements dans les grandes épreuves internationales comme les manches du championnat du monde et plusieurs courses d’endurance prestigieuses. Cette individualisation contribue à la valeur historique et financière de chacune de ces voitures.
Palmarès et engagements sportifs
La Ferrari 330 P est engagée dans différentes manches du championnat du monde des voitures de sport au milieu des années soixante. Elle participe notamment aux 1000 kilomètres et aux grandes classiques d’endurance, souvent en complément des autres prototypes Ferrari de cylindrée différente.
Parmi les résultats marquants, on peut citer la victoire au RAC Tourist Trophy 1964 avec Graham Hill, ainsi que des succès et podiums aux 1000 kilomètres de Paris et dans le championnat nord américain des voitures de sport. Aux 24 Heures du Mans 1964, la 330 P figure parmi les voitures de pointe engagées par Ferrari mais fait face à une concurrence très relevée. Elle est également présente aux 12 Heures de Sebring et à d’autres grandes épreuves d’endurance où sa vitesse de pointe et sa fiabilité sont particulièrement appréciées.
Prix d’époque et valeur actuelle
Comme la plupart des prototypes d’usine Ferrari, la 330 P n’a jamais bénéficié d’un prix catalogue destiné à une large clientèle. Les voitures sont construites pour la compétition puis éventuellement cédées à quelques écuries clientes ou collectionneurs privilégiés. Les montants de ces transactions ne sont pas rendus publics et varient selon le niveau de soutien technique de l’usine et l’historique de chaque châssis.
Sur le marché de la collection moderne, les très rares Ferrari 330 P authentiques se situent au sommet de la hiérarchie des prototypes de Maranello. Leur valeur dépend fortement du palmarès, de l’authenticité et de l’état de conservation, mais elle se chiffre en général en dizaines de millions de dollars ou d’euros. Leur combinaison de rareté extrême, de performances de tout premier plan et de rôle clé dans l’histoire sportive de Ferrari en fait des pièces parmi les plus convoitées du monde des voitures de collection.











