Ferrari 365 GT 2+2

Ferrari 365 GT 2+2

Présentée en 1967, la Ferrari 365 GT 2+2 est une grande routière à moteur V12 conçue pour associer performances, confort et quatre places réellement utilisables. Longue de près de cinq mètres, équipée d’un moteur de 4,4 litres développant 320 ch et capable d’atteindre 245 km/h, elle représente une interprétation particulièrement ambitieuse du grand tourisme selon Ferrari à la fin des années 1960.

Son rôle ne consiste pas à offrir le caractère radical d’une berlinette sportive. La 365 GT 2+2 s’adresse plutôt aux conducteurs souhaitant voyager rapidement sur de longues distances, avec des passagers et des bagages, sans renoncer à la mécanique V12 ni au prestige de la marque de Maranello. Cette vocation explique ses dimensions généreuses, son habitacle plus accueillant et plusieurs équipements encore peu courants sur une Ferrari de cette époque.

Une grande Ferrari pensée pour voyager à quatre

Ferrari dévoile la 365 GT 2+2 au Salon de l’automobile de Paris en 1967. Elle s’inscrit dans une tradition de coupés routiers à quatre places amorcée notamment par la Ferrari 250 GT 2+2. Cette lignée répond à une clientèle différente de celle des modèles strictement sportifs, avec une priorité plus marquée donnée à l’espace, au confort et à la facilité d’utilisation sur route.

La 365 GT 2+2 succède directement à la Ferrari 330 GT 2+2. Elle conserve le principe d’un moteur placé à l’avant et de deux places arrière, mais pousse nettement plus loin le positionnement de grande routière. Son gabarit imposant, son coffre spacieux et ses équipements de confort en font l’une des Ferrari les plus adaptées aux longs trajets de son époque.

Ferrari la présente également comme une héritière de la prestigieuse 500 Superfast. Ce rapprochement souligne son statut dans la gamme davantage qu’une filiation technique stricte. La 365 GT 2+2 devait être rapide, raffinée et suffisamment habitable pour servir de voiture de voyage, tout en conservant une mécanique digne des modèles les plus prestigieux de la marque.

Une carrosserie Pininfarina aux proportions imposantes

Le dessin de la carrosserie est confié à Pininfarina. La silhouette repose sur un long capot, un habitacle placé en retrait et une malle arrière bien marquée. Les lignes arrondies et les surfaces tendues correspondent au style des grandes GT italiennes de la seconde moitié des années 1960, avec une recherche d’élégance plus que d’agressivité.

La voiture mesure 4 974 mm de long, 1 786 mm de large et 1 345 mm de haut. Son empattement atteint 2 650 mm, tandis que son poids annoncé est de 1 480 kg. Ces valeurs donnent une idée précise de son ampleur. La 365 GT 2+2 est sensiblement plus longue et plus lourde qu’une berlinette Ferrari contemporaine, mais ces dimensions permettent de dégager davantage d’espace pour les passagers arrière et les bagages.

La longueur de la carrosserie n’est donc pas seulement un choix esthétique. Elle répond directement à la vocation du modèle. Les deux places arrière ne sont pas de simples sièges d’appoint symboliques, et la présence d’un véritable coffre rend la voiture plus cohérente pour les voyages. Cette combinaison entre habitabilité et performances explique pourquoi la 365 GT 2+2 est parfois décrite comme l’une des premières grandes Ferrari réellement polyvalentes.

Un V12 de 4,4 litres développant 320 ch

La 365 GT 2+2 reçoit un V12 à 60 degrés monté longitudinalement à l’avant. Sa cylindrée totale est de 4 390,35 cm³. Alimenté par trois carburateurs Weber 40 DFI/5, il développe 320 ch à 6 600 tr/min, soit 235 kW selon les données communiquées par Ferrari.

L’appellation « 365 » provient de la cylindrée unitaire du moteur. Chacun des douze cylindres affiche précisément 365,86 cm³. Ferrari utilisait alors fréquemment cette méthode de désignation, fondée sur le volume d’un seul cylindre plutôt que sur la cylindrée totale du moteur.

La puissance est transmise aux roues arrière par une boîte manuelle à cinq rapports, complétée par une marche arrière. Ferrari annonce une vitesse maximale de 245 km/h. Cette performance est particulièrement élevée pour une automobile à quatre places conçue à la fin des années 1960, d’autant que la 365 GT 2+2 n’est ni légère ni exclusivement orientée vers la conduite sportive.

Le moteur doit déplacer une voiture de près de 1,5 tonne, mais son importante cylindrée et la souplesse naturelle du V12 correspondent bien à l’usage recherché. Le conducteur dispose d’une réserve de puissance adaptée aux dépassements et aux longues étapes rapides, sans devoir exploiter constamment les hauts régimes comme dans un modèle de compétition.

Un châssis adapté au grand tourisme

La structure repose sur un cadre tubulaire en acier. La voiture reçoit quatre roues indépendantes et des freins à disque, une configuration élaborée pour une grande routière de cette période. Le choix d’une suspension indépendante contribue à préserver le confort tout en maintenant un comportement routier compatible avec les performances du V12.

L’une de ses particularités techniques est sa suspension arrière autolivellante développée avec Koni. Ce dispositif vise à maintenir une assiette correcte lorsque la charge varie, notamment avec des passagers installés à l’arrière et des bagages dans le coffre. Il répond à un problème concret sur une voiture puissante destinée à voyager chargée: éviter qu’un affaissement excessif de l’arrière ne dégrade la tenue de route et le confort.

La 365 GT 2+2 se distingue aussi par ses équipements. Pour le marché américain, Ferrari indique qu’elle fut la première voiture de la marque à recevoir de série la direction assistée et la climatisation. Ces éléments facilitent l’utilisation d’une automobile longue et lourde, tout en renforçant son positionnement plus luxueux que celui des berlinettes de la gamme.

La direction assistée est particulièrement cohérente avec le poids du moteur placé à l’avant et avec l’usage urbain ou routier d’une grande GT. La climatisation répond, quant à elle, aux attentes d’une clientèle souhaitant parcourir de longues distances dans de bonnes conditions. Ces équipements ne transforment pas la 365 GT 2+2 en berline conventionnelle, mais ils la rendent nettement plus pratique que de nombreuses voitures de sport contemporaines.

Une 2+2 différente des autres Ferrari 365

Le nombre de Ferrari portant l’appellation 365 peut créer des confusions. La 365 GT 2+2 ne doit notamment pas être assimilée à la 365 GTB/4 Daytona, plus basse, plus sportive et dotée d’une carrosserie entièrement différente. Les deux voitures partagent le principe d’un V12 de forte cylindrée placé à l’avant, mais elles ne répondent pas au même usage.

La Ferrari 365 GTC4, apparue au début des années 1970, constitue une autre interprétation de la grande routière V12. Plus moderne dans son style et plus proche d’un coupé sportif doté de places arrière limitées, elle ne remplace pas exactement la 365 GT 2+2 dans son rôle de grande quatre places, même si les deux modèles appartiennent à une période proche.

La différence la plus importante concerne la Ferrari 365 GT4 2+2, dévoilée en 1972. Malgré des noms presque identiques, il s’agit d’un nouveau modèle. La GT4 adopte une carrosserie Pininfarina beaucoup plus anguleuse, un empattement porté à 2 700 mm et une évolution du V12 annoncée à 340 ch. Elle inaugure une famille qui donnera ensuite naissance aux Ferrari 400 et 412.

Une production importante pour une Ferrari V12 de l’époque

Environ 800 exemplaires de la 365 GT 2+2 auraient été construits entre 1967 et 1971. Ferrari retient elle-même cette estimation plutôt qu’un total parfaitement arrêté. Cette production reste limitée à l’échelle de l’industrie automobile, mais elle est significative pour une Ferrari V12 haut de gamme fabriquée durant cette période.

Ce volume traduit l’intérêt rencontré par une formule qui associait le moteur le plus prestigieux de la marque à une utilisation plus polyvalente. La 365 GT 2+2 n’était pas une Ferrari d’accès, mais elle élargissait les possibilités d’usage: transporter quatre personnes, emporter des bagages et parcourir de longues distances tout en conservant des performances de premier plan.

Son positionnement a parfois contribué à la placer dans l’ombre des berlinettes plus célèbres. Pourtant, son intérêt historique réside précisément dans cette approche différente. Elle montre que Ferrari ne se limitait pas aux voitures de course adaptées à la route ou aux coupés deux places, mais développait aussi des modèles capables de répondre aux attentes d’une clientèle recherchant une automobile rapide, luxueuse et utilisable au quotidien.

La place de la 365 GT 2+2 dans la lignée Ferrari

La 365 GT 2+2 forme un lien essentiel entre les coupés quatre places aux lignes classiques des années 1960 et les grandes GT plus anguleuses des décennies suivantes. Elle conserve l’élégance arrondie des créations Pininfarina de son époque, tout en introduisant une conception plus poussée du confort et de la polyvalence.

Cette orientation se prolongera avec la Ferrari 400 GT, qui reprendra le principe du grand coupé V12 à quatre places dans un registre stylistique et technique plus moderne. La 365 GT 2+2 reste ainsi une étape déterminante dans l’évolution des Ferrari familiales, entre les premières 2+2 de Maranello et les grandes routières de luxe produites par la marque au cours des années 1970 et 1980.