Ferrari 365 GTC

Ferrari 365 GTC blue

Origine et positionnement

La Ferrari 365 GTC est présentée en 1968 et vient remplacer la 330 GTC dans la gamme des coupés deux places à moteur avant. Carrossée par Pininfarina, elle se situe dans la catégorie des grandes GT élégantes plutôt que des berlinettes radicales. Elle reprend la silhouette harmonieuse de la 330 GTC, mais cache sous son capot un V12 porté à quatre virgule quatre litres, ce qui lui apporte plus de couple et de performances tout en conservant un grand raffinement.

Produite jusqu’en 1970 à seulement environ 150 exemplaires, la 365 GTC est aujourd’hui l’une des Ferrari V12 de route les plus rares de cette période. Une petite vingtaine d’exemplaires serait d’origine en conduite à droite, ce qui renforce encore la désirabilité de ces versions pour les collectionneurs. À l’époque, elle incarne l’idée d’une Ferrari utilisable au quotidien par un conducteur exigeant, capable d’allier confort, discrétion et performances de très haut niveau.

Style, carrosserie et architecture

La carrosserie reprend les proportions très équilibrées de la 330 GTC, avec un capot long, un habitacle reculé et une poupe courte. Les ouïes latérales derrière les roues avant disparaissent et laissent place à des entrées d’air sur le capot, signe distinctif de la 365 GTC. La ligne est relativement sobre pour une Ferrari, ce qui contribue à son charme. Cette discrétion extérieure contraste avec le raffinement technique et la noblesse du moteur V12 caché sous le capot.

La structure repose sur un châssis tubulaire en acier, selon la tradition de la marque. Le moteur est installé à l’avant en position longitudinale, mais la boîte de vitesses est placée à l’arrière dans un ensemble transaxle avec le pont. Cette disposition permet d’obtenir une répartition des masses très équilibrée entre l’avant et l’arrière. La 365 GTC apparaît ainsi comme une GT compacte, bien proportionnée, qui revendique autant l’efficacité dynamique que le confort pour deux occupants.

Moteur V12 et transmission

La Ferrari 365 GTC est propulsée par un V12 Colombo de quatre virgule quatre litres. Ce moteur, à soixante degrés, reprend l’architecture classique des V12 Ferrari de route de la fin des années soixante. Entièrement en alliage léger, il utilise un arbre à cames en tête par banc avec deux soupapes par cylindre. Trois carburateurs double corps Weber assurent l’alimentation, offrant une combinaison de souplesse à bas régime et de vigueur dans les tours que les amateurs apprécient particulièrement.

La cylindrée totale d’environ quatre mille trois cent quatre vingt dix centimètres cubes correspond à une cylindrée unitaire de trois cent soixante cinq centimètres cubes, ce qui explique la désignation 365. La puissance maximale se situe autour de trois cent vingt chevaux à six mille six cents tours par minute, avec un rapport volumétrique proche de huit virgule huit pour un. Le moteur est couplé à une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports, entièrement synchronisés, montée à l’arrière avec le pont pour former un transaxle. Cette solution contribue au comportement très homogène de la voiture.

  • Architecture : V12 à soixante degrés en position avant longitudinale
  • Cylindrée totale : environ 4 390 cm³ pour une cylindrée unitaire de 365 cm³
  • Distribution : un arbre à cames en tête par banc avec deux soupapes par cylindre
  • Alimentation : trois carburateurs double corps Weber 40 DFI
  • Rapport volumétrique : proche de 8,8 pour un
  • Puissance maximale : environ 320 ch à 6 600 tr min
  • Couple maximal : supérieur à 360 newton mètres à moyen régime
  • Boîte de vitesses : manuelle à cinq rapports en disposition transaxle

Châssis, suspensions et freinage

Le châssis tubulaire en acier de la 365 GTC est conçu pour offrir une bonne rigidité tout en conservant un poids raisonnable. Les suspensions sont indépendantes aux quatre roues, avec triangles superposés et ressorts hélicoïdaux, complétés par des barres antiroulis. L’ensemble confère à la voiture une tenue de route moderne pour son époque, plus proche des berlinettes sportives que des grandes berlines de luxe.

Les freins à disques assistés sur les quatre roues assurent une décélération efficace, même à des vitesses élevées. La direction à recirculation de billes, non assistée mais bien démultipliée, offre un bon compromis entre précision et effort au volant. Globalement, la 365 GTC est souvent décrite comme l’une des Ferrari classiques les plus agréables à conduire, grâce à une combinaison rare de compacité, de répartition des masses équilibrée et de suspension indépendante bien réglée.

Dimensions, poids et gabarit

La Ferrari 365 GTC se situe dans des dimensions intermédiaires pour une GT deux places. Plus compacte qu’une 365 GT 2+2 mais plus habitable qu’une berlinette à moteur central, elle offre un bon compromis entre habitabilité, maniabilité et stabilité. Son empattement relativement court et ses voies assez larges contribuent à son agilité, tandis que son poids maîtrisé lui permet de tirer pleinement profit des trois cent vingt chevaux du V12.

  • Empattement : environ 2,40 m
  • Longueur totale : proche de 4,45 m
  • Largeur : autour de 1,67 m
  • Hauteur : environ 1,28 m
  • Voie avant et arrière : proches de 1,40 m selon les axes
  • Poids à sec : environ 1 350 kg
  • Poids en ordre de marche : autour de 1 450 kg selon l’équipement

Performances et agrément de conduite

Avec ses trois cent vingt chevaux pour environ une tonne trois à vide, la Ferrari 365 GTC offre des performances de tout premier ordre pour la fin des années soixante. La vitesse maximale atteint environ deux cent cinquante kilomètres par heure et l’accélération de zéro à cent kilomètres par heure se situe aux alentours de six à sept secondes selon les essais. Ces chiffres la placent au niveau des meilleures GT de son temps, tout en restant plus civilisée que les modèles les plus extrêmes.

En conduite, la 365 GTC séduit par la souplesse de son V12, capable de reprendre sans broncher à bas régime, et par sa montée en régime progressive et sonore lorsque l’on sollicite l’accélérateur. La tenue de route neutre, le freinage puissant et le confort correct pour de longs trajets en font une GT très polyvalente. Beaucoup de spécialistes considèrent qu’elle représente l’une des synthèses les plus réussies entre sportivité et raffinement dans la production Ferrari de cette époque.

Rareté et valeur de collection

La production limitée à environ cent cinquante exemplaires fait de la Ferrari 365 GTC un modèle particulièrement rare, surtout si on la compare à certaines autres Ferrari V12 des mêmes années. Cette rareté, combinée à ses qualités dynamiques et à son élégance discrète, explique son statut très envié auprès des collectionneurs. Sur le marché actuel, les exemplaires bien restaurés, accompagnés d’un historique limpide et d’une certification d’origine, atteignent des valeurs élevées, souvent dans une fourchette correspondant aux Ferrari V12 classiques les plus recherchées.

Entre sa ligne signée Pininfarina, son V12 de quatre virgule quatre litres parfaitement adapté à un usage de grand tourisme et son nombre d’exemplaires très réduit, la 365 GTC s’impose comme un modèle à part dans l’histoire de Ferrari. Elle attire autant les amateurs de conduite que les collectionneurs à la recherche d’une GT V12 élégante, rare et techniquement aboutie.