Ferrari Dino 246 GT

Ferrari Dino 246 GT

La Ferrari Dino 246 GT est une berlinette deux places à moteur central arrière, produite à partir de 1969. Elle se distingue par son V6 atmosphérique de 2,4 litres, sa ligne dessinée par Pininfarina et une architecture qui rompt avec les Ferrari routières à moteur V12 avant de l’époque. Malgré son appellation courante, elle était commercialisée sous la marque Dino et ne portait pas d’écusson Ferrari à l’origine.

Une sportive différente dans l’histoire de Ferrari

La Dino 246 GT occupe une place particulière dans l’histoire du constructeur de Maranello. Son moteur ne compte que six cylindres, alors que l’image des Ferrari de route reposait largement sur les mécaniques V12. Son implantation centrale arrière constituait également une évolution majeure pour une voiture destinée à la route.

Le nom Dino rend hommage à Alfredo Ferrari, surnommé Dino, le fils d’Enzo Ferrari. Il est associé au développement des moteurs V6 utilisés par la marque à partir de la seconde moitié des années 1950. Avant l’apparition des modèles routiers, cette architecture avait notamment été exploitée en compétition sur des voitures telles que la Ferrari Dino 246 S.

La marque Dino devait permettre à Ferrari de proposer des voitures plus compactes et moins coûteuses que ses modèles à douze cylindres, tout en conservant un niveau élevé de performances et de sophistication mécanique. Cette stratégie explique l’absence initiale du nom Ferrari sur la carrosserie, même si la 246 GT est aujourd’hui pleinement intégrée à l’histoire du constructeur.

De la Dino 206 GT à la 246 GT

La 246 GT succède à la Dino 206 GT, dont elle reprend l’architecture générale et les proportions. La nouvelle version répond toutefois à plusieurs limites du premier modèle, notamment par une cylindrée supérieure et une conception mieux adaptée à une production plus importante.

Le V6 passe d’environ 2,0 à 2,4 litres. L’empattement est allongé de 60 mm pour atteindre 2 340 mm, tandis que la carrosserie fait davantage appel à l’acier. La 206 GT utilisait plus largement l’aluminium, ce qui contribuait à son faible poids. Sur la 246 GT, l’augmentation de masse est compensée par la puissance et le couple supplémentaires du moteur de plus forte cylindrée.

La présentation officielle de la 246 GT intervient au Salon de Turin en novembre 1969. Selon Ferrari, 81 exemplaires avaient déjà été achevés avant la fin de cette année. La production se poursuivra ensuite en trois séries successives jusqu’à la charnière entre 1973 et 1974.

Un V6 atmosphérique en position centrale arrière

Le moteur de la Dino 246 GT est un V6 à 65 degrés installé transversalement derrière l’habitacle. Sa cylindrée exacte atteint 2 419,20 cm³. Il développe 195 ch, soit 143 kW, à 7 600 tr/min. Cette mécanique est alimentée par trois carburateurs Weber 40 DCN F/7.

Chaque banc de cylindres dispose de deux arbres à cames en tête. Le moteur possède deux soupapes par cylindre et un taux de compression de 9:1. Il est associé à une boîte manuelle à cinq rapports, complétée par une marche arrière. Les principales caractéristiques sont consultables sur la fiche historique officielle de Ferrari.

Ferrari annonçait une vitesse maximale de 235 km/h. La documentation historique actuelle du constructeur ne fournit en revanche pas de valeur officielle pour l’accélération de 0 à 100 km/h. Les chiffres parfois publiés ailleurs doivent donc être considérés avec prudence, car ils peuvent provenir d’essais d’époque, de mesures réalisées dans des conditions différentes ou d’estimations rétrospectives.

Dimensions et caractéristiques techniques

CaractéristiqueValeur
ArchitectureV6 atmosphérique central arrière transversal
Cylindrée2 419,20 cm³
Puissance maximale195 ch à 7 600 tr/min
Boîte de vitessesManuelle à 5 rapports
Vitesse maximale annoncée235 km/h
Longueur4 235 mm
Largeur1 700 mm
Hauteur1 135 mm
Empattement2 340 mm
Poids à sec annoncé1 080 kg
Capacité du réservoir65 litres

La désignation 246 suit la nomenclature employée par Ferrari pour plusieurs modèles de cette période. Le nombre 24 renvoie à la cylindrée approximative de 2,4 litres, tandis que le chiffre 6 indique le nombre de cylindres.

Un châssis conçu pour l’équilibre

La 246 GT repose sur une structure tubulaire en acier. Ses quatre roues bénéficient de suspensions indépendantes à triangles de longueurs inégales. Elle reçoit également une direction à crémaillère et quatre freins à disque.

L’installation du moteur devant l’essieu arrière permet de concentrer les masses près du centre de la voiture. Cette disposition favorise l’agilité et l’équilibre, tout en libérant un compartiment à bagages à l’avant. Elle contribue fortement au caractère de la Dino, plus compacte et moins intimidante que les grandes Ferrari à moteur avant contemporaines.

Le moteur transversal limite aussi la longueur de l’ensemble mécanique. Cette solution avait déjà été explorée dans les programmes sportifs de la marque, notamment avec des prototypes comme la Dino 206 S, avant d’être adaptée à une berlinette routière produite en série.

Une carrosserie signée Pininfarina

La ligne de la 246 GT est issue du travail de Pininfarina, tandis que la réalisation des carrosseries est associée à Scaglietti. Le dessin repose sur un capot avant bas, des ailes galbées, un pare-brise très incliné et une poupe compacte. Les prises d’air latérales, placées derrière les portes, participent à la fois au refroidissement du moteur et à l’identité visuelle du modèle.

L’habitacle adopte une présentation simple et orientée vers le conducteur. La grille métallique du levier de vitesses, les nombreux instruments circulaires et la position de conduite basse correspondent à la vocation sportive de la voiture. La visibilité arrière et l’espace intérieur restent ceux d’une berlinette compacte conçue autour de sa mécanique.

Les trois séries de la Dino 246 GT

La production de la 246 GT est généralement divisée en trois séries, souvent désignées L, M et E. Ces appellations permettent de distinguer plusieurs évolutions de fabrication, mais les modifications n’ont pas toutes été introduites simultanément. Les numéros de châssis, les équipements et les détails de carrosserie doivent donc être examinés ensemble pour identifier précisément un exemplaire.

Les différences peuvent concerner les roues, les pare-chocs, les essuie-glaces, les sièges, certains éléments de finition ou encore la conception de plusieurs composants mécaniques. Les voitures de la série E, la plus tardive, représentent la plus grande partie de la production.

Des équipements optionnels ont également été proposés sur certains exemplaires, notamment des sièges de style Daytona et des roues Campagnolo. Dans le marché de la collection, ces configurations peuvent influencer l’intérêt porté à une voiture, mais leur présence doit être confirmée par l’historique et la conformité de chaque exemplaire.

Quelle différence entre la 246 GT et la 246 GTS ?

La 246 GT est un coupé fermé, tandis que la Dino 246 GTS reçoit un panneau de toit amovible de type targa. Présentée au Salon de Genève en 1972, la GTS conserve la même base mécanique et la même architecture générale.

CritèreDino 246 GTDino 246 GTS
CarrosserieBerlinette ferméeTarga à toit amovible
PrésentationSalon de Turin 1969Salon de Genève 1972
MoteurV6 de 2,4 litresV6 de 2,4 litres
Nombre de places22

La GT conserve une silhouette continue entre le pavillon et la partie arrière, alors que la GTS se reconnaît à son toit démontable et à ses modifications de carrosserie. Le choix entre les deux relève donc surtout du type de conduite recherché, de la configuration d’origine et de l’état de conservation de l’exemplaire considéré.

Production et place sur le marché de la collection

Le décompte généralement retenu fait état de 2 295 coupés 246 GT et de 1 274 exemplaires de la 246 GTS, soit 3 569 voitures au total. Ces chiffres montrent que la Dino a été produite à une échelle importante par rapport à de nombreuses Ferrari antérieures, sans devenir pour autant un modèle courant.

La valeur d’une 246 GT dépend fortement de son état, de sa série, de sa conformité à l’origine, de la qualité d’une éventuelle restauration et de la continuité de son historique. La présence du moteur et de la boîte correspondant à la configuration documentée de la voiture constitue également un élément important pour les collectionneurs.

Il convient de distinguer une restauration fidèle d’une voiture simplement remise en état avec des composants ou des détails non conformes. Les écussons Ferrari ajoutés après coup, certaines modifications de sellerie ou des transformations mécaniques peuvent altérer l’authenticité historique, même lorsqu’elles ne nuisent pas directement à l’usage de la voiture.

La suite de la lignée Dino

La fabrication de la 246 GT et de la GTS prend fin à la charnière 1973-1974. La gamme Dino se poursuit ensuite avec la Dino 308 GT4, un modèle très différent doté d’un V8 central arrière, de quatre places et d’une carrosserie dessinée par Bertone.

La 246 GT reste cependant la Dino la plus étroitement associée au V6 et au concept de berlinette compacte à deux places. Après son retrait, Ferrari n’a plus proposé de voiture de route à moteur V6 pendant plusieurs décennies. Cette architecture n’est revenue dans la gamme routière qu’avec la 296 GTB, présentée bien plus tard avec une motorisation hybride et une conception sans rapport technique direct avec celle de la Dino.