La Ferrari 365 GTS/4 est la version découvrable de la Ferrari 365 GTB/4, le grand coupé V12 plus connu sous le surnom de Daytona. Présentée au Salon de Francfort en 1969, elle reprend l’architecture mécanique et les performances de la berlinette tout en adoptant une carrosserie spider. Sa production extrêmement limitée, son moteur V12 avant et son dessin signé Pininfarina en font aujourd’hui l’une des Ferrari de route les plus recherchées de son époque.
Une Daytona ouverte présentée en 1969
La 365 GTS/4 apparaît un an après la présentation de la 365 GTB/4. Ferrari ne se contente pas de retirer le toit du coupé: la structure et la carrosserie sont adaptées pour conserver une rigidité suffisante malgré l’absence de pavillon. La fabrication des carrosseries est confiée à Scaglietti, tandis que le dessin de la famille Daytona est attribué à Leonardo Fioravanti chez Pininfarina.
Le prototype exposé à Francfort se distingue des voitures de série par ses phares installés derrière une large protection transparente en Perspex. Les spiders produits par la suite reçoivent des phares escamotables. Cette différence visuelle est importante, car de nombreux coupés ont ultérieurement été transformés en spiders, parfois avec une face avant inspirée des premières Daytona à nez plexi.
Le nom « Daytona » n’est pas la désignation officielle du modèle. Ferrari utilisait les appellations 365 GTB/4 pour la berlinette et 365 GTS/4 pour le spider. Le surnom fait référence au triplé obtenu par la marque aux 24 Heures de Daytona en 1967, deux ans avant la présentation du cabriolet.
Un V12 de 4,4 litres et une architecture transaxle
La 365 GTS/4 conserve le V12 à 60 degrés monté longitudinalement à l’avant du coupé. Sa cylindrée exacte atteint 4 390,35 cm³. Selon les données publiées par Ferrari, ce moteur développe 259 kW, soit 352 ch, à 7 500 tr/min, avec un couple maximal de 431 Nm à 5 500 tr/min.
La distribution repose sur quatre arbres à cames en tête, avec deux arbres par rangée de cylindres. L’alimentation est assurée par six carburateurs Weber 40 DCN 20, tandis que la lubrification utilise un carter sec. Cette solution contribue à maintenir une alimentation régulière en huile lorsque le moteur est fortement sollicité.
La boîte manuelle à cinq rapports est installée à l’arrière avec le différentiel selon une disposition transaxle. Le moteur reste placé à l’avant, mais la transmission rejetée vers l’essieu arrière permet de mieux répartir les masses entre les deux trains. Cette architecture participe à l’équilibre de la voiture et distingue la Daytona de nombreuses autres grandes routières à moteur avant de la même période.
| Caractéristique | Ferrari 365 GTS/4 |
|---|---|
| Moteur | V12 à 60 degrés, position longitudinale avant |
| Cylindrée | 4 390,35 cm³ |
| Puissance | 352 ch à 7 500 tr/min |
| Couple | 431 Nm à 5 500 tr/min |
| Alimentation | Six carburateurs Weber 40 DCN 20 |
| Transmission | Boîte manuelle à cinq rapports, architecture transaxle |
| Vitesse maximale annoncée | 280 km/h |
Des performances identiques à celles du coupé
Ferrari annonçait une vitesse maximale de 280 km/h, une valeur particulièrement élevée pour un spider lancé à la fin des années 1960. La marque indiquait que la GTS/4 conservait les principales caractéristiques mécaniques et les performances de la berlinette, malgré les adaptations nécessaires à sa carrosserie ouverte.
La voiture mesure 4 450 mm de long, 1 740 mm de large et 1 250 mm de haut. Son empattement est de 2 400 mm et son réservoir peut contenir 128 litres. Ces dimensions traduisent le positionnement de la Daytona: une grande sportive à moteur V12, conçue autant pour les longues distances rapides que pour une conduite exigeante.
La 365 GTS/4 ne constitue pas une version de compétition homologuée pour la route. L’héritage sportif de la famille Daytona est davantage représenté par la Ferrari 365 GTB/4 Competizione, développée à partir du coupé et engagée dans des épreuves d’endurance. Le spider reste avant tout un modèle routier exclusif, même s’il partage avec la berlinette une mécanique capable de performances de premier plan.
Une appellation à ne pas confondre avec la 365 GTS
La présence ou l’absence de « /4 » change complètement l’identité du modèle. La Ferrari 365 GTS, produite avant la Daytona Spider, appartient à une autre lignée. Elle utilise également un V12 de 4,4 litres, mais développe 320 ch, reçoit trois carburateurs et atteint une vitesse maximale annoncée de 245 km/h.
La 365 GTS/4 dispose pour sa part de quatre arbres à cames, ce que rappelle le chiffre 4 placé après la barre oblique. Ses six carburateurs, sa puissance supérieure et sa carrosserie dérivée de la Daytona permettent de l’identifier sans ambiguïté. Employer simplement l’expression « Ferrari 365 GTS » pour désigner une GTS/4 peut donc créer une confusion entre deux modèles distincts.
121 ou 122 exemplaires produits?
La rareté constitue l’un des principaux traits de la 365 GTS/4. Ferrari indique une production totale de 122 spiders, contre 1 284 berlinettas, jusqu’à l’arrêt de la production en 1973. Le cabriolet ne représente ainsi qu’une faible part de l’ensemble des Daytona construites.
Le chiffre exact n’est toutefois pas présenté de manière uniforme par toutes les sources spécialisées. Certains catalogues de ventes de RM Sotheby’s, s’appuyant notamment sur les recherches de l’historien Ferrari Marcel Massini, mentionnent 121 spiders d’usine. Cette divergence peut dépendre de la manière dont sont comptabilisés le prototype, les voitures de présérie ou certains châssis particuliers. Il est donc plus rigoureux de retenir une production d’environ 121 à 122 exemplaires plutôt que de présenter un total comme unanimement établi.
Spiders d’usine et conversions de coupés
La demande pour la Daytona Spider a rapidement dépassé le nombre de voitures disponibles. À partir des années 1970 et surtout durant les années 1980, plusieurs ateliers ont transformé des 365 GTB/4 en cabriolets. Certaines conversions ont été exécutées avec soin, mais elles ne deviennent pas pour autant des 365 GTS/4 d’usine.
Cette distinction est essentielle pour l’identification et la valeur d’un exemplaire. Une authentique GTS/4 doit être vérifiée à partir de son numéro de châssis, de son historique de production, de sa carrosserie d’origine et de sa documentation. La seule présence d’une capote ou d’une carrosserie ouverte ne suffit pas. Les modifications de structure, la forme du pare-brise, les renforts du châssis et les détails de carrosserie peuvent également aider un spécialiste à reconnaître une conversion.
La présence de phares escamotables n’est pas, à elle seule, une preuve d’authenticité, puisque la plupart des voitures de série en étaient équipées et que certaines transformations les ont conservés. Inversement, un nez plexi ne prouve pas qu’il s’agit du prototype de Francfort. La provenance documentée reste le critère déterminant.
Une place particulière parmi les Ferrari 365
L’appellation 365 désigne une famille étendue de Ferrari V12, dont les caractères diffèrent sensiblement. La Ferrari 365 GTC/4, par exemple, apparaît au début des années 1970 comme une grande routière plus polyvalente, avec une présentation et une philosophie moins radicales que celles de la Daytona. La GTS/4 reste au contraire étroitement associée aux performances du coupé et à une production très confidentielle.
Elle occupe aussi une position singulière dans l’histoire des Ferrari découvrables à moteur V12 avant. Après son retrait en 1973, la marque ne propose plus pendant plusieurs décennies de spider de série reprenant cette combinaison mécanique. Ferrari présente finalement la Ferrari 812 GTS en 2019 comme le retour de cette architecture, exactement cinquante ans après les débuts de la 365 GTS/4.
Ce qui définit réellement la Ferrari 365 GTS/4
La Daytona Spider ne se résume pas à la rareté de sa production. Son intérêt repose sur l’association d’un V12 atmosphérique de 4,4 litres, d’une boîte transaxle, d’une carrosserie Pininfarina fabriquée par Scaglietti et de performances proches de celles des voitures les plus rapides de son époque.
Pour l’identifier correctement, trois points doivent être retenus: elle a été présentée en 1969, elle constitue la version ouverte de la 365 GTB/4 et sa production d’usine se limite à environ 121 ou 122 exemplaires. Toute voiture proposée comme une 365 GTS/4 doit donc être distinguée avec soin d’une 365 GTS antérieure ou d’un coupé Daytona transformé en spider.











