Ferrari 376 S

FERRARI 376 S

La Ferrari 376 S, également connue sous la désignation interne 118 LM, est un prototype de compétition présenté en 1955. Il s’agit d’une barchetta biplace conçue pour les grandes épreuves d’endurance. Ce modèle occupe une place particulière dans l’histoire de Ferrari car il marque l’introduction d’un moteur six cylindres en ligne signé Aurelio Lampredi, une architecture rare chez Ferrari à cette époque.

Contexte et positionnement

Au milieu des années cinquante, Ferrari cherche à explorer de nouvelles solutions techniques pour rivaliser avec une concurrence de plus en plus forte. La 376 S est développée dans cette optique, avec un moteur dérivé conceptuellement des quatre cylindres Monza, mais porté à six cylindres afin d’augmenter la puissance tout en conservant une bonne répartition des masses. Elle est pensée notamment pour des épreuves exigeantes comme la Mille Miglia.

Production et rareté

La Ferrari 376 S est produite en un nombre extrêmement limité. Les sources historiques indiquent quatre exemplaires au total, dont trois voitures construites neuves et une issue de la conversion d’une Ferrari 306 S. Cette rareté explique que très peu d’exemplaires subsistent aujourd’hui dans leur configuration strictement d’origine.

Architecture générale et carrosserie

La 376 S adopte une carrosserie de type spider biplace montée sur un châssis tubulaire en acier. Le moteur est installé à l’avant en position longitudinale et entraîne les roues arrière. L’ensemble est clairement orienté vers la compétition, avec une priorité donnée à la légèreté, à la rigidité et à la fiabilité sur longue distance.

Moteur six cylindres Lampredi

Le cœur technique de la Ferrari 376 S est son moteur six cylindres en ligne, une première pour Ferrari en compétition à ce niveau. Ce moteur combine une cylindrée importante et une architecture moderne pour l’époque.

  • Architecture six cylindres en ligne monté à l’avant
  • Cylindrée totale 3 747,48 cm³
  • Cylindrée unitaire 624,58 cm³
  • Alésage et course 94 mm x 90 mm
  • Distribution double arbre à cames en tête avec deux soupapes par cylindre
  • Alimentation trois carburateurs Weber 58 DCOA
  • Allumage double allumage avec deux bougies par cylindre
  • Lubrification carter sec
  • Taux de compression 8 pour 1
  • Puissance maximale environ 280 ch à 6 200 tr/min

Transmission et liaisons au sol

La puissance est transmise aux roues arrière par une boîte manuelle à cinq rapports avec marche arrière. Le châssis tubulaire est associé à une suspension avant indépendante à triangles inégaux avec ressorts hélicoïdaux et barre antiroulis. À l’arrière, la Ferrari 376 S utilise un pont De Dion avec doubles bras tirés et lame transversale. Le freinage est assuré par des tambours aux quatre roues et la direction est de type vis et secteur.

Dimensions, masses et équipements

Les dimensions publiées par Ferrari concernent principalement la géométrie du châssis et les masses, les cotes de carrosserie globales n’ayant pas été officiellement communiquées.

  • Empattement 2 400 mm
  • Voie avant 1 316 mm
  • Voie arrière 1 284 mm
  • Poids à sec environ 850 kg
  • Réservoir 150 litres
  • Pneus avant 5.50 x 16
  • Pneus arrière 7.00 x 16

Performances

Ferrari ne communique pas officiellement de chiffres de vitesse maximale ou d’accélération pour la 376 S. Les données constructeur mettent principalement en avant la puissance et la configuration mécanique, les performances réelles variant selon les rapports de transmission et les réglages spécifiques à chaque course.

Carrière sportive et évolutions

La Ferrari 376 S débute en compétition en 1955 et est engagée dans plusieurs épreuves routières et d’endurance. Elle est notamment associée à des résultats significatifs lors du Giro di Sicilia. Toutefois, le modèle sert surtout de base de développement, et la majorité des châssis sont rapidement évolués vers des versions de cylindrée supérieure, telles que les 735 LM et 121 LM. Pour cette raison, les Ferrari 376 S conservées strictement dans leur configuration d’origine sont aujourd’hui extrêmement rares.

Valeur et marché de collection

En raison des nombreuses conversions et de la rareté absolue des échanges publics sous la désignation 376 S, il n’existe pas de référence de prix directe et récente pour ce modèle précis. Les repères de marché proviennent essentiellement des versions dérivées issues des mêmes châssis, dont les ventes aux enchères ont atteint plusieurs millions d’euros ou de dollars. Chaque exemplaire est aujourd’hui considéré comme une pièce historique majeure dans l’évolution des prototypes Ferrari des années cinquante.