La Ferrari Daytona SP3 est une supercar à moteur V12 atmosphérique produite en série très limitée. Présentée le 20 novembre 2021 lors des Finali Mondiali organisées sur le circuit du Mugello, elle associe une mécanique de 840 ch, une architecture à moteur central arrière et une carrosserie inspirée des prototypes de compétition Ferrari des années 1960. Sa production initiale a été limitée à 599 exemplaires, tous attribués avant même sa présentation publique.
Avec un prix annoncé de 2 millions d’euros en Italie lors de son lancement, la Daytona SP3 ne cherchait pas seulement à occuper le sommet de la gamme Ferrari. Elle inaugurait une interprétation particulière de l’héritage de la marque, fondée sur une référence historique précise, le triplé obtenu par Ferrari aux 24 Heures de Daytona en 1967.
Une Ferrari issue de la série Icona
La Daytona SP3 appartient à la série Icona, une famille de modèles exclusifs qui réinterprètent des périodes marquantes de l’histoire de Ferrari avec des technologies contemporaines. Elle constitue le deuxième projet de cette série après la Ferrari Monza SP1, un modèle monoplace présenté en 2018 et inspiré des barchettas de compétition des années 1950.
La gamme Icona avait également débuté avec la Ferrari Monza SP2, variante biplace développée sur la même base. La Daytona SP3 reprend cette logique de production limitée et de référence historique, mais avec une carrosserie fermée, une architecture à moteur central arrière et une évocation directe des prototypes d’endurance des années 1960.
Il ne s’agit donc pas d’une réédition fidèle d’un ancien modèle. Ses proportions, ses surfaces et certains détails visuels empruntent au vocabulaire des voitures de course historiques, tandis que sa structure, son groupe motopropulseur et son électronique correspondent aux standards modernes de Ferrari.
Pourquoi porte-t-elle le nom Daytona SP3 ?
Le nom Daytona fait référence aux 24 Heures de Daytona disputées le 6 février 1967. Ferrari avait alors occupé les trois premières places de l’épreuve américaine, un résultat particulièrement symbolique face à Ford, qui avait dominé les 24 Heures du Mans quelques mois auparavant.
La victoire avait été obtenue par une 330 P3/4, évolution de la Ferrari 330 P3. Elle avait franchi la ligne devant deux autres prototypes de la marque, formant une arrivée groupée devenue l’une des images les plus célèbres de l’histoire sportive de Ferrari.
La deuxième place était revenue à une Ferrari 330 P4, modèle dont la Daytona SP3 reprend plusieurs références visuelles. On retrouve notamment une silhouette très basse, des ailes avant fortement marquées et un habitacle placé au centre de volumes sculptés.
La troisième voiture du triplé était une Ferrari 412 P. Le chiffre 3 intégré au nom Daytona SP3 rappelle directement ces trois prototypes réunis sur le podium de l’édition 1967.
Un V12 atmosphérique de 840 ch
La Ferrari Daytona SP3 utilise un V12 atmosphérique à 65 degrés de 6 496 cm³. Installé en position centrale arrière, il développe 840 ch à 9 250 tr/min et un couple maximal de 697 Nm à 7 250 tr/min. Son régime maximal atteint 9 500 tr/min.
Ce moteur est associé à une boîte F1 à double embrayage comportant sept rapports. La puissance est transmise aux roues arrière. L’absence de suralimentation permet de conserver une réponse directement liée au régime moteur, avec une puissance maximale délivrée très près de la zone rouge.
Lors de son lancement, ce V12 représentait le moteur thermique le plus puissant installé par Ferrari dans une voiture homologuée pour la route. La Daytona SP3 ne repose pas sur une motorisation hybride, contrairement à plusieurs autres modèles hautes performances de la marque. Ses 840 ch proviennent uniquement du moteur à combustion.
Performances annoncées
Ferrari annonce un passage de 0 à 100 km/h en 2,85 secondes. Le 0 à 200 km/h est réalisé en 7,4 secondes, tandis que la vitesse maximale dépasse 340 km/h.
Ces valeurs placent la Daytona SP3 parmi les Ferrari routières les plus rapides de sa génération. Elles doivent néanmoins être comprises comme des performances communiquées par le constructeur dans des conditions optimales. Les résultats observés sur route ou sur circuit peuvent varier selon la température, l’adhérence, l’état des pneumatiques et la configuration du véhicule.
| Caractéristique | Valeur annoncée |
|---|---|
| Moteur | V12 atmosphérique à 65 degrés |
| Cylindrée | 6 496 cm³ |
| Puissance maximale | 840 ch à 9 250 tr/min |
| Couple maximal | 697 Nm à 7 250 tr/min |
| Régime maximal | 9 500 tr/min |
| Transmission | Boîte à double embrayage à 7 rapports |
| 0 à 100 km/h | 2,85 secondes |
| 0 à 200 km/h | 7,4 secondes |
| Vitesse maximale | Plus de 340 km/h |
Dimensions, poids et répartition des masses
La Daytona SP3 mesure 4 686 mm de long, 2 050 mm de large et seulement 1 142 mm de haut. Son empattement atteint 2 650 mm. Cette hauteur contenue et cette largeur importante contribuent à sa silhouette très proche du sol.
Ferrari annonce une masse à sec de 1 485 kg lorsque la voiture reçoit les équipements d’allègement optionnels. Cette valeur ne correspond pas à une masse en ordre de marche avec les fluides, le carburant et le conducteur. Elle doit donc être utilisée avec prudence lors d’une comparaison avec des véhicules dont le poids est communiqué selon une autre méthode.
La répartition des masses est de 44 % sur l’essieu avant et de 56 % sur l’essieu arrière. Cette distribution s’explique notamment par la position centrale arrière du moteur et de la transmission.
Une structure largement composée de matériaux composites
Le châssis et la carrosserie font largement appel aux matériaux composites. La cellule centrale utilise notamment de la fibre de carbone T800, tandis que Ferrari indique avoir employé du carbone T1000 pour certaines zones comme les portes et les seuils.
Du Kevlar est également intégré dans les parties considérées comme particulièrement exposées aux impacts. L’objectif de cette construction est de combiner rigidité, protection et limitation de la masse, sans recourir à une structure métallique conventionnelle pour l’ensemble de la cellule.
L’architecture de la Daytona SP3 impose une position de conduite très basse. Les sièges sont directement intégrés à la structure et ne se déplacent pas de manière classique. Le conducteur ajuste sa position grâce à un pédalier mobile, une solution inspirée des voitures de compétition.
Un habitacle conçu autour du conducteur
L’instrumentation repose sur un écran incurvé haute définition de 16 pouces. Ferrari indique que 80 % des fonctions de conduite peuvent être commandées sans retirer les mains du volant. Cette organisation limite le nombre de commandes physiques dispersées sur la planche de bord.
Les sièges intégrés prolongent visuellement les surfaces de l’habitacle et renforcent l’impression d’une cellule compacte. Cette conception présente toutefois une contrainte pratique, puisque l’ajustement de la position repose principalement sur le déplacement du pédalier et du volant.
Malgré son statut de voiture homologuée pour la route, la Daytona SP3 privilégie clairement la position de conduite, la maîtrise des masses et l’intégration structurelle plutôt que la polyvalence quotidienne.
Consommation et émissions homologuées
Selon les données d’homologation WLTP, la Ferrari Daytona SP3 affiche une consommation mixte de 16,2 l/100 km et des émissions combinées de 368 g de CO₂/km. Ces chiffres sont issus d’un cycle d’essai normalisé et ne constituent pas une mesure de consommation réelle dans toutes les conditions d’utilisation.
La consommation peut évoluer fortement en fonction du rythme, du parcours, de la température et de la sollicitation du V12. Les valeurs WLTP servent avant tout à comparer des véhicules homologués selon une procédure commune.
Combien d’exemplaires ont été produits ?
La série commerciale de la Daytona SP3 a été limitée à 599 exemplaires. Tous avaient été attribués à des clients sélectionnés au moment de la présentation du modèle. La production dépassait ainsi de 100 unités le total cumulé des Monza SP1 et SP2, limité à 499 voitures.
Ferrari a ensuite construit une voiture supplémentaire, désignée « 599+1 ». Cet exemplaire unique, réalisé par le programme de personnalisation Tailor Made, ne faisait pas partie de la série initialement attribuée aux clients.
La Daytona SP3 599+1 a été vendue aux enchères à Monterey en août 2025 pour 26 millions de dollars. Ce montant constitue un résultat exceptionnel lié au caractère unique de la voiture et à la dimension caritative de la vente. Il ne doit pas être interprété comme une estimation de la valeur habituelle des 599 exemplaires de série.
Quel est le prix d’une Ferrari Daytona SP3 ?
Le prix annoncé en Italie lors du lancement de 2021 était de 2 millions d’euros. Il s’agissait du tarif initial d’une voiture neuve, avant les éventuelles options, personnalisations et taxes applicables selon le pays.
Ce prix historique ne correspond pas nécessairement à la valeur d’un exemplaire disponible sur le marché secondaire. La rareté du modèle, son état, son kilométrage, sa configuration et son historique peuvent influencer fortement les montants demandés ou obtenus lors d’une transaction.
La production étant entièrement attribuée, il n’existe plus de tarif catalogue permettant de commander une Daytona SP3 neuve dans les conditions de son lancement. Toute valeur ultérieure doit être datée et replacée dans le contexte précis de la vente concernée.
Ce qui distingue réellement la Daytona SP3
La Daytona SP3 réunit plusieurs caractéristiques devenues rares dans une voiture moderne, notamment un V12 atmosphérique sans assistance hybride, une position de conduite à pédalier réglable et une structure largement réalisée en matériaux composites.
Son intérêt historique ne repose pas seulement sur son nom. Sa conception relie directement la série Icona au triplé de Daytona 1967, tout en évitant de reproduire exactement une voiture ancienne. Elle utilise les proportions et les références esthétiques des prototypes d’endurance pour créer un modèle contemporain, homologué pour la route et produit à 599 exemplaires.
Les chiffres résument son positionnement particulier : 840 ch, 9 500 tr/min, plus de 340 km/h et un prix de lancement de 2 millions d’euros. Sa rareté et son mode d’attribution en font toutefois davantage une pièce de collection qu’une Ferrari accessible par un parcours d’achat traditionnel.











