Présentée en 1984, la Ferrari GTO est une supercar à moteur V8 biturbo conçue à l’origine dans la perspective d’une homologation en Groupe B. Souvent appelée Ferrari 288 GTO, elle développe 400 ch, atteint 305 km/h et n’a été produite qu’à 272 exemplaires. Elle occupe une place charnière dans l’histoire de Ferrari, entre les sportives à moteur central des années 1970 et la future F40.
Pourquoi l’appelle-t-on Ferrari 288 GTO ?
La dénomination officielle retenue par Ferrari est simplement GTO. L’expression « 288 GTO » s’est néanmoins imposée pour différencier le modèle de la célèbre Ferrari 250 GTO des années 1960. Le nombre 288 fait référence à l’architecture de son moteur, soit environ 2,8 litres de cylindrée et huit cylindres.
Le sigle GTO signifie « Gran Turismo Omologata », que l’on peut traduire par « grand tourisme homologuée ». Il souligne la vocation sportive du projet et son lien avec un règlement de compétition, même si la voiture n’a finalement jamais été engagée dans le championnat pour lequel elle avait été imaginée.
Une Ferrari développée pour le Groupe B
Au début des années 1980, Ferrari envisage de participer au Groupe B, une catégorie de la Fédération internationale de l’automobile ouverte à des voitures très performantes produites en petite série. L’homologation supposait alors la fabrication d’au moins 200 exemplaires routiers. La GTO devait constituer cette base de série.
Le projet ne se résumait donc pas à créer une version plus puissante d’un modèle existant. Ferrari devait développer une voiture capable de servir de point de départ à une variante de compétition, avec un moteur adapté à la suralimentation, une structure légère et une architecture permettant des évolutions importantes.
La suppression du Groupe B avant l’aboutissement du programme mit fin à son engagement en course. La GTO conserva toutefois sa configuration routière et devint l’une des Ferrari les plus exclusives de son époque. Son intérêt historique tient précisément à cette double identité, celle d’une voiture homologable pour la compétition devenue une supercar de route.
Un V8 biturbo de 400 ch
La Ferrari GTO reçoit un V8 à 90 degrés d’une cylindrée exacte de 2 855,08 cm³. Installé longitudinalement en position centrale arrière, il utilise une injection électronique Weber-Marelli et deux turbocompresseurs IHI. Il délivre 400 ch à 7 000 tr/min et un couple maximal de 496 Nm à 3 800 tr/min.
Cette implantation longitudinale constitue une différence fondamentale avec plusieurs Ferrari à moteur central qui l’ont précédée. Elle permet notamment de mieux organiser les organes mécaniques et répond aux besoins d’un groupe motopropulseur conçu pour supporter des niveaux de puissance élevés.
La puissance est transmise aux roues arrière par une boîte mécanique à cinq rapports. À une époque où les aides électroniques à la conduite restaient très limitées, les performances reposaient directement sur la légèreté, la motricité disponible et la capacité du conducteur à gérer la réponse des deux turbocompresseurs.
Performances et fiche technique
Avec 1 160 kg à sec et 400 ch, la GTO présente un rapport poids-puissance particulièrement favorable pour une voiture de route du milieu des années 1980. Ferrari annonçait une vitesse maximale de 305 km/h et un 0 à 100 km/h réalisé en 4,9 secondes.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Moteur | V8 à 90 degrés, biturbo |
| Cylindrée | 2 855,08 cm³ |
| Puissance maximale | 400 ch à 7 000 tr/min |
| Couple maximal | 496 Nm à 3 800 tr/min |
| Transmission | Propulsion, boîte mécanique à 5 rapports |
| Poids à sec | 1 160 kg |
| Vitesse maximale | 305 km/h |
| 0 à 100 km/h | 4,9 secondes |
| 400 mètres départ arrêté | 12,7 secondes |
| 1 000 mètres départ arrêté | 21,8 secondes |
Ses dimensions restent relativement compactes au regard de ses performances. La voiture mesure 4 290 mm de long, 1 910 mm de large et 1 120 mm de haut. Son empattement atteint 2 450 mm. Sa faible hauteur, ses voies larges et ses proportions tendues traduisent clairement sa vocation sportive.
Une silhouette proche de la 308, mais une conception spécifique
La GTO évoque immédiatement la Ferrari 308 GTB, notamment par la forme générale de la carrosserie, le dessin du pavillon et les volumes caractéristiques des Ferrari à moteur central de cette période. Cette ressemblance visuelle peut donner l’impression qu’il s’agit d’une simple évolution particulièrement puissante de la 308.
Les différences techniques sont pourtant profondes. Le châssis de la GTO est plus long, son moteur est monté longitudinalement et sa carrosserie emploie largement des matériaux composites et de la résine. La structure principale repose sur un cadre tubulaire en acier, une solution adaptée à la recherche de rigidité et de légèreté.
Les prises d’air, les ailes élargies et les trois ouvertures disposées derrière les roues arrière répondent aussi à des contraintes fonctionnelles. Elles participent au refroidissement et distinguent visuellement la GTO des modèles de grande série dont elle reprend certains codes esthétiques.
Pourquoi seulement 272 exemplaires ?
Ferrari avait initialement prévu une production de 200 voitures, nombre cohérent avec l’objectif d’homologation en Groupe B. La demande dépassa toutefois ce volume et la marque fabriqua finalement 272 exemplaires.
Cette production limitée explique une grande partie de la rareté actuelle du modèle, mais elle ne suffit pas à résumer son intérêt. La GTO réunit aussi une architecture mécanique singulière, une puissance exceptionnelle pour son époque et une position déterminante dans l’évolution des Ferrari routières turbocompressées.
Sa valeur sur le marché des voitures de collection varie selon l’historique, l’état, le kilométrage et la provenance de chaque exemplaire. Les résultats de ventes publiques doivent donc être considérés comme des repères ponctuels plutôt que comme une cote fixe applicable à toutes les voitures.
La GTO Evoluzione et la naissance d’une nouvelle génération
Le programme donna naissance à la GTO Evoluzione, une version expérimentale nettement plus radicale destinée à prolonger le développement vers la compétition. Sa carrosserie profondément modifiée, son aérodynamique plus agressive et sa puissance accrue l’éloignaient fortement de la GTO routière.
L’arrêt du Groupe B empêcha cette évolution de courir dans le cadre prévu. Les travaux menés sur l’aérodynamique, les matériaux composites, la suralimentation et l’allègement ne furent cependant pas perdus. Ils contribuèrent à la mise au point de la Ferrari F40, présentée en 1987.
La proximité entre les deux modèles ne signifie pas que la F40 est une simple GTO redessinée. Elle illustre plutôt une continuité technique. La GTO a permis à Ferrari de développer une expérience concrète des V8 biturbo à très hautes performances et des structures allégées destinées à une utilisation routière.
Quelle place occupe la GTO dans l’histoire de Ferrari ?
La GTO de 1984 est la première Ferrari de route à moteur central combinant un V8 longitudinal et deux turbocompresseurs. Cette architecture a contribué à définir une nouvelle catégorie de Ferrari, plus radicales, plus rares et développées sans rechercher les compromis habituels d’une voiture de grand tourisme produite à plus grande échelle.
Elle constitue également un lien entre deux périodes. Son nom renvoie à l’héritage de la 250 GTO, mais sa technologie annonce les supercars Ferrari de la fin du XXe siècle. Elle ne cherche pas à reproduire la voiture des années 1960, dont la conception répondait à un autre contexte sportif, mais reprend l’idée d’un modèle routier étroitement associé à un projet de compétition.
Ferrari réutilisera ensuite ces trois lettres pour la Ferrari 599 GTO. Cette dernière repose sur une berlinette à moteur V12 avant et répond à une logique différente. La présence du sigle GTO signale néanmoins, dans chaque cas, une version particulièrement performante et exclusive occupant une place à part dans la gamme.
La Ferrari GTO reste ainsi identifiable par un ensemble très précis de caractéristiques : une présentation en 1984, un V8 biturbo de 2,8 litres, 400 ch, une vitesse maximale de 305 km/h, une production de 272 exemplaires et un développement initial lié au Groupe B. Ces éléments permettent de la distinguer clairement des autres Ferrari portant le sigle GTO et d’expliquer son rôle direct dans la genèse de la F40.











