La Ferrari Mondial Cabriolet est une Ferrari à part dans l’histoire de la marque. Lancée en 1983, elle associe un moteur V8 central, quatre places et une carrosserie entièrement découvrable. Elle ne désigne toutefois pas une version unique : le modèle a successivement été proposé avec le V8 de 3,0 litres de la Mondial Quattrovalvole, avec un moteur de 3,2 litres, puis sous la forme profondément remaniée de la Mondial t Cabriolet.
Pour comprendre une annonce, identifier un exemplaire ou comparer les générations, il faut donc regarder l’année, la cylindrée et l’architecture mécanique. Ces éléments permettent de distinguer trois séries dont la puissance, les performances et le niveau d’évolution technique diffèrent sensiblement.
Un cabriolet Ferrari à moteur central et quatre places
La Mondial Cabriolet apparaît en 1983, neuf ans après la fin de la production de la Ferrari 365 GTS/4. Elle marque ainsi le retour d’un modèle Ferrari entièrement découvrable dans la gamme. Contrairement aux berlinettes strictement biplaces, elle conserve la configuration 2+2 de la Mondial, avec deux places arrière intégrées derrière les sièges avant.
La carrosserie dessinée par Pininfarina reprend les proportions générales du coupé, avec un habitacle avancé, des prises d’air latérales et un arrière relativement long. Le mécanisme de capote a été étudié pour préserver une silhouette proche de celle de la version fermée lorsque le toit est en place. La Mondial Cabriolet reste donc identifiable comme une Mondial avant d’être perçue comme une déclinaison entièrement distincte.
La première version dérive directement de la Ferrari Mondial Quattrovalvole. Elle en reprend notamment le V8 monté transversalement et la culasse à quatre soupapes par cylindre. Cette filiation est essentielle pour ne pas la confondre avec les évolutions de 3,2 litres et les Mondial t produites ensuite.
Les trois versions de la Ferrari Mondial Cabriolet
La carrière du cabriolet s’étend de 1983 à 1993. Durant cette période, Ferrari fait évoluer la cylindrée, la puissance et, sur la dernière génération, l’implantation du groupe motopropulseur. Ces changements suivent ceux apportés parallèlement au coupé Mondial.
| Version | Période | Cylindrée | Puissance | Vitesse maximale annoncée | Production |
|---|---|---|---|---|---|
| Mondial Cabriolet | 1983 à 1985 | 2 926,90 cm³ | 240 ch à 7 000 tr/min | 240 km/h | 629 exemplaires |
| 3.2 Mondial Cabriolet | 1985 à 1989 | 3 185,76 cm³ | 270 ch à 7 000 tr/min | 250 km/h | 810 exemplaires |
| Mondial t Cabriolet | 1989 à 1993 | 3 404,70 cm³ | 300 ch à 7 200 tr/min | 255 km/h | 1 017 exemplaires |
La Mondial Cabriolet de 1983 à 1985
La première série reçoit un V8 de 2 926,90 cm³ développant 240 ch à 7 000 tr/min. Le moteur est installé transversalement derrière l’habitacle. Ferrari annonce une vitesse maximale de 240 km/h et un poids à sec de 1 430 kg.
Cette version constitue la forme originelle du cabriolet. Elle conserve les caractéristiques mécaniques de la génération Quattrovalvole tout en proposant une expérience plus ouverte, sans renoncer aux sièges arrière. Sa production s’élève à 629 exemplaires entre 1983 et 1985, pour des numéros de châssis compris entre 47 247 et 59 163.
Son intérêt historique tient notamment à sa position dans la chronologie Ferrari. Elle inaugure une formule inhabituelle pour la marque : un cabriolet à moteur central capable d’accueillir quatre occupants, même si les places arrière restent plus adaptées à des passagers de petite taille ou à des trajets occasionnels.
La 3.2 Mondial Cabriolet de 1985 à 1989
Présentée en 1985, la Ferrari 3.2 Mondial Cabriolet porte la cylindrée du V8 à 3 185,76 cm³. La puissance atteint 270 ch à 7 000 tr/min, soit 30 ch de plus que sur la première série. La vitesse maximale annoncée progresse à 250 km/h.
Cette évolution ne se résume pas à une augmentation de puissance. Elle correspond à une phase de maturation du modèle, située entre la Mondial Quattrovalvole et la transformation mécanique beaucoup plus profonde introduite avec la Mondial t. Le moteur reste monté transversalement, ce qui permet de distinguer clairement cette génération de celle lancée en 1989.
Ferrari a produit 810 exemplaires de la version 3.2 Cabriolet entre 1985 et 1989. Les numéros de châssis s’étendent de 59 393 à 78 895. Cette série est donc plus répandue que le cabriolet initial, tout en restant moins produite que la Mondial t Cabriolet.
La Mondial t Cabriolet de 1989 à 1993
La Ferrari Mondial t Cabriolet constitue l’évolution la plus importante de la lignée. Son appellation fait référence à l’organisation en forme de T du groupe motopropulseur : le moteur est désormais installé longitudinalement, tandis que la boîte de vitesses reste disposée transversalement.
Le V8 affiche une cylindrée de 3 404,70 cm³ et développe 300 ch à 7 200 tr/min. Ferrari annonce une vitesse maximale de 255 km/h. L’augmentation de puissance est nette par rapport aux deux versions précédentes, mais la principale différence réside dans l’architecture mécanique, qui distingue immédiatement la Mondial t des modèles à moteur transversal.
Produite de 1989 à 1993, cette dernière série atteint 1 017 exemplaires, avec des numéros de châssis compris entre 80 339 et 97 733. Elle est ainsi la plus diffusée des trois versions découvrables. Elle clôt également la carrière de la Mondial après une décennie de présence au catalogue.
Une Ferrari davantage tournée vers le grand tourisme
La Mondial Cabriolet ne cherche pas à reproduire exactement la formule d’une berlinette biplace. Ses quatre places, son empattement et son poids orientent davantage son usage vers le grand tourisme. Le conducteur bénéficie du caractère d’un V8 central et de la conduite à ciel ouvert, tout en disposant d’un habitacle plus polyvalent que celui de nombreuses Ferrari contemporaines.
Cette polyvalence impose des compromis. La présence des sièges arrière allonge la silhouette et éloigne la Mondial des proportions très compactes associées à certaines sportives Ferrari. Elle constitue néanmoins l’un des rares moyens de réunir dans une même automobile une carrosserie cabriolet, un moteur central et une configuration 2+2.
La différence avec le coupé tient principalement au toit et à l’expérience de conduite qui en découle. La Ferrari 3.2 Mondial fermée partage par exemple le V8 de 3,2 litres avec le cabriolet correspondant, mais conserve une carrosserie fixe. Le choix entre les deux relève donc moins d’une différence de génération que d’une préférence entre rigidité de la carrosserie, protection contre les éléments et conduite découverte.
La même logique s’applique à la Ferrari Mondial t. Le coupé et le cabriolet reposent sur la même évolution mécanique, avec le V8 longitudinal associé à une boîte transversale. L’appellation « t » ne désigne donc pas uniquement une finition ou une variante de carrosserie, mais une architecture différente de celle des Mondial antérieures.
Comment identifier correctement une Mondial Cabriolet
L’année de mise en circulation ne suffit pas toujours à identifier précisément un exemplaire, notamment lorsqu’elle se situe près d’un changement de génération. La cylindrée et l’implantation du moteur constituent des repères plus fiables : 2,9 litres pour la première version, 3,2 litres pour la série intermédiaire et 3,4 litres avec moteur longitudinal pour la Mondial t.
Les numéros de châssis permettent également de replacer une voiture dans la chronologie officielle. La première série couvre les châssis 47 247 à 59 163, la 3.2 les châssis 59 393 à 78 895 et la Mondial t les châssis 80 339 à 97 733. Ces plages sont particulièrement utiles lorsque la désignation commerciale employée dans une annonce manque de précision.
Il convient aussi de distinguer la date de production, la date de première immatriculation et l’année parfois indiquée par le vendeur. Une voiture fabriquée à la fin d’une série peut avoir été immatriculée après l’arrivée officielle de la génération suivante. L’identification doit donc reposer sur plusieurs éléments concordants plutôt que sur une seule date.
Production et rareté relative des versions
En additionnant les chiffres communiqués pour les trois séries, la production totale atteint 2 456 Ferrari Mondial Cabriolet entre 1983 et 1993. La première version est la moins produite avec 629 exemplaires, devant la 3.2 et ses 810 unités. La Mondial t Cabriolet est la plus courante avec 1 017 exemplaires.
Ces volumes permettent de parler d’une production limitée, mais ils ne suffisent pas à déterminer la valeur ou l’intérêt d’un exemplaire précis. L’état général, l’historique, la conformité à la configuration d’origine et la qualité de l’entretien restent déterminants. Les trois versions ne doivent pas non plus être évaluées comme un modèle parfaitement homogène, puisque leur mécanique et leur position dans la chronologie diffèrent.
La Ferrari Mondial Cabriolet occupe ainsi une place singulière : elle réunit une carrosserie ouverte, quatre places et un V8 central, tout en retraçant trois étapes de l’évolution mécanique des Ferrari des années 1980 et du début des années 1990. Pour choisir ou documenter un exemplaire, la distinction entre 3,0 litres, 3,2 litres et Mondial t reste le point de départ le plus utile.











