
Atalanta est une marque automobile britannique née à Staines, dans le Middlesex, à la fin de 1936. Conçues autour des idées de l’ingénieur Alfred Gough, ses voitures de sport se distinguent rapidement par des solutions techniques très avancées pour leur époque. Une production minuscule, la compétition puis la Seconde Guerre mondiale ont toutefois limité cette première aventure à quelques années, avant qu’une nouvelle société ne tente de faire renaître la marque au début du XXIe siècle.
1936 : Alfred Gough donne naissance à Atalanta Motors
Atalanta Motors Ltd est constituée en décembre 1936 à Staines. Le projet est porté sur le plan technique par Alfred Gough, ancien ingénieur en chef de Frazer Nash, qui souhaite exploiter les moteurs et les principes de châssis qu’il a développés. Il travaille notamment avec le dessinateur Peter Crosby et l’ingénieur Eric Scott, tandis que des investisseurs issus du milieu automobile et sportif apportent les capitaux nécessaires.
Neil Watson, héritier d’une famille liée à l’industrie pétrolière et lui-même pilote, figure parmi les principaux soutiens de l’entreprise. Certaines présentations modernes le désignent comme le fondateur de la marque, mais les récits historiques attribuent plutôt l’impulsion industrielle à Gough. Atalanta naît ainsi d’une association entre compétences techniques, financement privé et culture de la compétition.
1937 : la première Atalanta impose une conception d’avant-garde
La première voiture est présentée au printemps 1937. Atalanta ne cherche pas à produire en grande série, mais à proposer une sportive légère, performante et construite selon les souhaits de chaque client. Plusieurs carrosseries sont disponibles, dont un roadster deux places, une berline et un cabriolet, sur des châssis de longueurs différentes.
La nouveauté tient surtout à la mécanique. La voiture associe une suspension indépendante aux quatre roues, des ressorts hélicoïdaux, des amortisseurs réglables et des freins hydrauliques. Une boîte électromécanique à présélection, comparable dans son principe à une transmission semi-automatique primitive, peut également être choisie. L’emploi d’aluminium et d’autres alliages légers contribue à réduire les masses, à une époque où ces matériaux restent inhabituels dans la construction automobile.
Les premiers modèles reçoivent les quatre-cylindres conçus par Gough, proposés en versions 1,5 et 2 litres. Leur architecture sophistiquée, avec notamment une culasse à trois soupapes et deux bougies par cylindre, illustre l’ambition de la jeune entreprise. Une variante suralimentée est aussi envisagée, mais la complexité et la fiabilité irrégulière de ces moteurs deviennent rapidement des handicaps.
1938 : le V12 Lincoln élargit la gamme
Pour offrir davantage de souplesse et une mécanique plus éprouvée, Atalanta introduit en 1938 une version équipée du V12 de 4,3 litres fourni par Lincoln. Ce moteur américain transforme le caractère de la voiture et trouve place dans des châssis permettant aussi la réalisation de carrosseries plus spacieuses.
L’Atalanta V12 devient l’une des variantes les plus marquantes de la courte période d’avant-guerre. Elle ne résout cependant pas le problème économique fondamental de la marque : les voitures sont complexes à fabriquer, largement personnalisées et très coûteuses face aux sportives proposées par des constructeurs mieux établis. Leur sophistication nourrit leur réputation, mais empêche Atalanta d’atteindre un volume suffisant.
1938 : Le Mans et les rallyes forgent la réputation sportive
La compétition constitue un prolongement naturel du projet. Après des apparitions dans des courses de côte et sur le circuit de Brooklands, une Atalanta 1,5 litre est engagée aux 24 Heures du Mans 1938 avec Charles Morrison et Neil Watson. La voiture abandonne très tôt après les conséquences d’un accident survenu avant la course, mais cette participation donne à la petite marque une visibilité internationale.
Les résultats les plus significatifs arrivent en 1939 dans les rallyes britanniques. Des Atalanta se distinguent au Rallye d’Écosse, puis la marque remporte le prix des constructeurs au RAC Welsh Rally. Ces performances confirment les qualités d’adhérence et de comportement du châssis, sans avoir le temps de produire un véritable effet commercial.
1939 : la guerre interrompt la production automobile
Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale met fin à la fabrication après seulement un peu plus de deux années d’activité. Les sources dénombrent généralement 21 ou 22 voitures, toutes ou presque réalisées selon une configuration particulière. Le coût des modèles, les difficultés de mise au point des premiers moteurs et le contexte économique avaient déjà fragilisé l’entreprise avant l’arrêt imposé par la guerre.
La société ne disparaît pas immédiatement. Elle abandonne l’automobile, se tourne vers la fabrication de pompes puis poursuit ses activités sous le nom d’Atalanta Engineering. La production de voitures de sport, en revanche, ne reprend pas après le conflit.
1950 : la RGS Atalanta prolonge séparément le concept
Au début des années 1950, Richard Gaylard Shattock réutilise le nom Atalanta pour créer la RGS Atalanta. Il exploite des châssis et des éléments restants, puis propose des voitures complètes ou en kit dotées de carrosseries en fibre de verre. Différents moteurs sont employés, notamment des mécaniques Jaguar.
Cette initiative préserve une partie de l’héritage technique jusqu’à la fin des années 1950, mais elle ne constitue pas une reprise directe de la production par l’entreprise originelle. Atalanta demeure ensuite une marque dormante, connue principalement des collectionneurs de voitures britanniques d’avant-guerre.
2011 : Martyn Corfield relance la marque
L’histoire change de nouveau lorsque l’entrepreneur et passionné Martyn Corfield acquiert les droits sur le nom, rassemble plusieurs voitures anciennes et crée une nouvelle Atalanta Motors. Son objectif n’est pas de reproduire exactement un modèle de 1937, mais d’en conserver l’apparence, les proportions et l’esprit tout en répondant aux exigences modernes de sécurité et de fiabilité.
Le projet prend pour référence une Atalanta de compétition d’époque. La conception recourt aux outils numériques contemporains, mais conserve une construction artisanale avec des panneaux d’aluminium façonnés sur une structure en frêne. Le châssis, les freins à disque, la direction et la suspension sont modernisés, tandis qu’un quatre-cylindres de 2,5 litres remplace les mécaniques historiques.
2012 : la Sports Tourer ouvre une nouvelle période artisanale
La nouvelle Atalanta Sports Tourer est dévoilée le 5 mars 2012, exactement 75 ans après la présentation de la voiture originelle. Elle reprend la silhouette étroite, les roues à rayons et les codes esthétiques des années 1930, mais ses composants sont neufs et majoritairement conçus spécialement pour elle. La marque privilégie des exemplaires fabriqués sur commande et adaptés individuellement à leurs propriétaires.
Une évolution du projet est présentée en 2014 au Concours of Elegance de Hampton Court. Atalanta reste depuis un constructeur britannique extrêmement confidentiel plutôt qu’une marque de série. Son site officiel propose encore la réalisation de voitures sur commande, mais aucune donnée publique récente ne permet d’établir une production régulière ou des volumes significatifs.
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