Histoire de la marque Puma Automóveis

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Puma Automóveis est une marque brésilienne née au milieu des années 1960 dans l’État de São Paulo, à partir d’un projet de voiture de sport directement issu de la compétition. Fondée autour de Genaro « Rino » Malzoni, Luiz Roberto Alves da Costa, Milton Masteguin et Mário César « Marinho » de Camargo Filho, elle s’est d’abord fait connaître avec de petits coupés légers à carrosserie en fibre de verre et mécanique DKW. Son histoire est ensuite marquée par un passage décisif à la technologie Volkswagen, une expansion dans les années 1970, une diversification industrielle, de graves difficultés au cours des années 1980, plusieurs changements de structure puis une relance au XXIe siècle.

1964 : Lumimari donne une structure industrielle au projet de Rino Malzoni

Les origines de Puma remontent aux travaux de Genaro « Rino » Malzoni, qui développe dans l’État de São Paulo une petite voiture de sport destinée à exploiter les qualités mécaniques des automobiles DKW produites localement par Vemag. Le projet prend une dimension particulière en compétition, où la recherche d’une voiture plus légère et plus aérodynamique conduit à la création du GT Malzoni, doté d’une carrosserie en fibre de verre.

Pour donner une base commerciale à cette initiative, Malzoni s’associe à Luiz Roberto Alves da Costa, Milton Masteguin et Mário César de Camargo Filho au sein de la Sociedade de Automóveis Lumimari Ltda., installée à São Paulo. La fondation de cette société est généralement datée de 1964, même si certaines sources historiques divergent sur la date exacte. Le GT Malzoni devient ainsi le point de rencontre entre l’expérience acquise en course et la volonté de fabriquer une véritable sportive brésilienne en petite série.

1966 : le nom Puma apparaît et le projet quitte progressivement les circuits

En 1966, Lumimari adopte le nom Puma Veículos e Motores Ltda. et présente le Puma GT au Salon de l’automobile de São Paulo. Cette évolution marque la naissance effective de Puma comme marque automobile identifiable. La voiture conserve l’architecture légère et la carrosserie en matériau composite héritées du GT Malzoni, mais son développement vise désormais un usage routier et une clientèle plus large que celle des seuls pilotes.

La compétition reste essentielle dans cette première phase, non comme un simple outil d’image, mais parce qu’elle a directement contribué à la conception du produit. Puma construit ainsi son identité autour d’une formule adaptée au contexte brésilien : associer des composants mécaniques déjà disponibles industriellement à une carrosserie spécifique, légère et sportive.

1967 : la disparition de DKW oblige Puma à changer entièrement de base technique

Le jeune constructeur est confronté très tôt à une rupture majeure. Après le rachat de Vemag par Volkswagen, la production locale des mécaniques DKW sur lesquelles reposent les premières Puma est abandonnée. Pour une entreprise de petite taille dépendante de composants extérieurs, cette décision menace directement la poursuite de l’activité.

Puma réagit en redessinant sa sportive autour d’une plateforme raccourcie de Volkswagen Karmann-Ghia et d’une mécanique Volkswagen refroidie par air placée à l’arrière. Le nouveau Puma GT qui en découle devient le modèle déterminant de la première période de la marque. Ce changement ne constitue pas seulement une substitution de moteur : il assure la survie de l’entreprise et lui fournit une base mécanique largement disponible au Brésil, sur laquelle elle peut développer sa gamme pendant plusieurs années.

1970 : les GTE et GTS accompagnent l’expansion de Puma

Au début des années 1970, le coupé évolue en Puma GTE. Cette génération consolide la formule devenue caractéristique de la marque et accompagne son développement commercial, notamment à l’exportation. Puma ne se limite donc plus à un constructeur artisanal connu dans le seul milieu sportif brésilien : ses voitures commencent à trouver des clients sur plusieurs marchés étrangers.

La gamme s’élargit en 1971 avec le Spider, un cabriolet qui prendra ensuite le nom de GTS. Coupé et découvrable reposent sur des principes techniques proches et remplissent un même rôle historique : installer durablement Puma parmi les constructeurs brésiliens spécialisés dans les voitures de sport légères, sans multiplier les développements mécaniques coûteux.

1974 : le GTB fait entrer Puma dans une catégorie plus ambitieuse

Avec le GTB, commercialisé à partir de 1974, Puma change d’échelle dans sa gamme sportive. Le constructeur ne se contente plus de ses modèles compacts à mécanique Volkswagen et adopte pour ce nouveau coupé le six-cylindres de la Chevrolet Opala, issu de Chevrolet. Le GTB se distingue ainsi par un positionnement plus puissant et plus haut de gamme.

Cette diversification montre la volonté de Puma d’occuper plusieurs niveaux du marché sportif brésilien. Le GTB ne remplace pas les petites Puma à moteur arrière : il complète leur rôle et élargit l’image de la marque en proposant un grand coupé conçu autour d’une mécanique nationale déjà éprouvée.

1976 : une nouvelle base Volkswagen précède la diversification dans les utilitaires

En 1976, Puma adapte ses GTE et GTS à une nouvelle base technique dérivée de la Volkswagen Brasília, en remplacement de celle du Karmann-Ghia. Ce changement permet de poursuivre la production malgré l’évolution de l’offre de composants du grand constructeur allemand et illustre une nouvelle fois la capacité de Puma à bâtir ses propres carrosseries autour d’organes provenant de modèles de grande série.

La seconde moitié des années 1970 voit également l’entreprise chercher des débouchés au-delà des voitures de sport. En 1978 apparaît le camion Puma 4T. Cette diversification vers les véhicules utilitaires témoigne d’ambitions industrielles plus larges, mais elle augmente également la complexité d’une entreprise jusque-là surtout connue pour ses coupés et cabriolets à faible volume.

1981 : le P-018 ne suffit pas à enrayer les difficultés de l’entreprise

Au début des années 1980, Puma tente de renouveler sa gamme sportive avec le P-018. Le modèle doit moderniser une formule dont les racines remontent aux années 1960, mais il ne rencontre pas le succès commercial espéré. Dans le même temps, l’entreprise subit un environnement économique difficile ainsi que plusieurs problèmes industriels, dont des inondations et un incendie qui fragilisent encore sa situation.

La baisse d’activité devient critique et, en novembre 1985, Puma Indústria de Veículos cesse ses opérations. Les actifs passent alors à Araucária Veículos, dans l’État du Paraná. Cette rupture met fin à la période durant laquelle Puma avait développé ses voitures sous la continuité industrielle issue de l’entreprise fondatrice.

1988 : Alfa Metais prolonge la marque avant l’arrêt de la production historique

Araucária passe ensuite sous le contrôle d’Alfa Metais, qui tente de maintenir Puma en activité à travers plusieurs modèles portant notamment les appellations AM1, AM2, AM3, AM4 et AMV. La continuité existe donc juridiquement et commercialement, mais la marque ne retrouve pas la dynamique qui avait accompagné ses sportives des années 1970.

La production automobile s’éteint progressivement dans les années 1990. L’activité subsiste plus longtemps dans les utilitaires, dont les derniers exemplaires Puma sont produits jusqu’en 1999. Cette date clôt la longue phase industrielle commencée avec Lumimari et poursuivie, sous différentes structures, pendant plus de trois décennies.

2013 : Puma Automóveis renaît autour d’un nouveau projet sportif

Après plusieurs années sans production, le nom Puma est relancé en 2013 sous la bannière de Puma Automóveis Ltda. La nouvelle société choisit de renouer avec les racines sportives de la marque plutôt que de reconstituer une gamme généraliste. Un prototype de compétition, le P-052, sert de point de départ à cette renaissance avant le développement d’une nouvelle voiture de route.

Ce travail aboutit au Puma GT Lumimari, présenté sous sa forme définitive en 2022. Son nom rend directement hommage à la société fondatrice et sa conception reprend certains principes historiques de Puma, notamment une carrosserie légère en matériaux composites associée à une mécanique Volkswagen moderne. La relance reste toutefois très limitée en volume : dix exemplaires du GT Lumimari ont été produits. Puma Automóveis existe toujours comme marque au milieu des années 2020, mais rien ne permet d’assimiler cette renaissance artisanale à une production automobile de grande série comparable à celle de sa période historique.