
Equus Automotive est un constructeur automobile américain né à la fin des années 2000 autour de Bassam Abdallah, avec l’ambition de transposer l’esthétique des muscle cars classiques dans des automobiles modernes produites en très petite série. Le projet prend forme avec le designer Tom Tjaarda avant de devenir une véritable marque en 2009. Son histoire reste celle d’un artisan de niche : développement avec des partenaires spécialisés, lancement du Bass770, diffusion internationale très limitée, puis recherche de nouveaux projets après une période de difficultés économiques.
2008 : le prototype Tom1 donne naissance au projet Equus
L’histoire d’Equus commence en 2008, avant même la constitution formelle de l’entreprise. Bassam Abdallah travaille alors avec le designer Tom Tjaarda sur l’Equus Tom1, un prototype présenté au SEMA de Las Vegas. Le concept pose immédiatement les bases de la future marque : reprendre les proportions et certains codes visuels des grandes voitures américaines des années 1960 et 1970 sans construire une simple réplique.
Cette première réalisation donne au projet une identité suffisamment claire pour envisager le passage du prototype à une activité de constructeur. L’influence de Tjaarda, designer passé par plusieurs maisons européennes, contribue aussi à donner à Equus un positionnement différent du restomod traditionnel, à mi-chemin entre culture automobile américaine et approche de grand tourisme.
2009 : Bassam Abdallah fonde Equus Automotive et s’appuie sur Panoz
Equus Automotive est fondée en 2009 par Bassam Abdallah aux États-Unis. La chronologie doit donc distinguer le lancement du projet en 2008 de la naissance de la société elle-même l’année suivante. Abdallah en devient le fondateur et le président, avec l’objectif de transformer les premières études de style en voitures susceptibles d’être développées et produites à très faible volume.
La même période voit Equus collaborer avec Panoz, constructeur américain spécialisé dans les automobiles sportives. Ce partenariat permet notamment de travailler sur l’Equus MR, pour « Maharajah of the Road ». Ce prototype constitue une étape de maturation : Equus ne cherche plus seulement à produire une interprétation spectaculaire d’un muscle car ancien, mais à définir une automobile complète associant dessin original, ingénierie moderne et fabrication artisanale.
2012 : l’installation dans la région de Detroit prépare le Bass770
En 2012, le projet se rapproche de Detroit, au cœur historique de l’industrie automobile américaine. Cette implantation accompagne le développement de la voiture qui va réellement faire connaître la marque : le Bass770. Equus passe alors d’une succession de prototypes à une tentative de production structurée, même si celle-ci reste volontairement limitée.
Le Bass770 reprend l’esprit des muscle cars historiques sans être la copie d’un modèle précis. Sa conception associe une structure moderne faisant appel à l’aluminium et aux matériaux composites, un habitacle traité comme celui d’une GT de luxe et une mécanique américaine contemporaine. Equus cherche ainsi à proposer une automobile neuve capable d’évoquer plusieurs références de l’âge classique du muscle car tout en offrant les performances et les équipements d’une voiture moderne.
2013 : le Bass770 devient le modèle emblématique d’Equus
Le Bass770 est dévoilé au début des années 2010 et bénéficie d’une visibilité accrue en 2013, avant d’être exposé au Salon de Detroit en 2014. Son style très rétro et son positionnement inhabituel attirent l’attention bien au-delà du cercle des petits constructeurs. Sous sa carrosserie, Equus utilise notamment un V8 suralimenté de 6,2 litres dérivé de celui de la Corvette ZR1, choix qui inscrit clairement la voiture dans la tradition américaine de la haute performance.
Le Bass770 devient le modèle central de l’histoire d’Equus, car il est le premier à faire passer la marque du stade expérimental à celui d’un constructeur proposant réellement une automobile finie à des clients. Sa production demeure toutefois extrêmement restreinte. Entre le milieu des années 2010 et 2017, seule une poignée d’exemplaires est assemblée et livrée, notamment aux États-Unis mais aussi sur plusieurs marchés étrangers. Cette diffusion confidentielle donne au Bass770 son exclusivité, tout en révélant les limites économiques d’une fabrication aussi artisanale.
2018 : le Throwback tente d’élargir l’activité de la marque
Après plusieurs années dominées par le Bass770, Equus présente en 2018 le Throwback à Top Marques Monaco. Cette nouvelle création prend pour base une Corvette C7 profondément transformée. Plutôt que de développer intégralement une nouvelle plateforme, Equus s’appuie cette fois sur une automobile existante pour proposer une interprétation beaucoup plus radicale sur le plan stylistique.
Le Throwback marque une évolution dans la méthode de la marque. Equus reste fidèle aux grandes GT américaines puissantes, mais cherche un moyen plus souple de renouveler son offre sans reproduire l’investissement nécessaire au développement du Bass770. Le modèle demeure toutefois un projet de niche et ne débouche pas sur une production de grande ampleur.
2019 : les difficultés économiques freinent fortement Equus
À partir de 2019, l’activité d’Equus entre dans une période plus fragile. Selon le récit publié par la marque elle-même, les difficultés rencontrées par les activités de Bassam Abdallah pèsent sur le développement automobile, avant que la pandémie de Covid-19 ne complique encore la situation à partir de 2020. Cette séquence explique le ralentissement des projets et l’absence d’une véritable montée en cadence après le Bass770 et le Throwback.
Equus ne disparaît toutefois pas officiellement. L’entreprise conserve son identité et poursuit des travaux de conception avec des moyens plus limités. Il n’existe pas, dans les éléments documentés disponibles, de rachat majeur ou de changement de propriétaire comparable à ceux qu’ont connus d’autres petits constructeurs : la continuité de la marque reste associée à Bassam Abdallah.
2021 : Equus relance ses projets autour de nouveaux véhicules
À partir de 2021, Equus communique de nouveau sur plusieurs pistes de développement, dont un projet de 4×4 puis une déclinaison électrique étudiée sous forme numérique. Cette orientation montre que la marque cherche à sortir du seul registre du coupé néo-rétro, sans pour autant abandonner son positionnement de constructeur à très faible volume.
Ces projets restent cependant beaucoup moins établis industriellement que le Bass770. Ils témoignent surtout d’une phase de relance et d’exploration après les difficultés de la fin des années 2010, plutôt que d’un retour à une production régulière.
2022 : une nouvelle génération de GT prolonge l’activité d’Equus
Dans la continuité de cette relance, Equus travaille sur de nouvelles GT, notamment les BassTT500 et BassCT500, conçues avec Thierry Chalmet et faisant largement appel au carbone. Leur développement prolonge l’idée fondatrice de la marque : produire des automobiles exclusives, très faiblement diffusées et inspirées par la culture des grandes sportives américaines, mais avec des techniques contemporaines.
Equus Automotive se présente toujours aujourd’hui comme un constructeur américain indépendant dirigé par son fondateur. Son activité reste toutefois celle d’une structure artisanale, très éloignée d’une production en série classique. Le Bass770 demeure sa réalisation historique la plus importante, tandis que les projets plus récents illustrent une volonté de poursuivre l’aventure sans changement de propriétaire ni transformation en constructeur de volume.
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