
Faraday Future naît en Californie en 2014 avec l’ambition de devenir un constructeur de voitures électriques haut de gamme fortement tourné vers le logiciel, la connectivité et les services numériques. Portée financièrement et stratégiquement par l’entrepreneur chinois Yueting « YT » Jia et développée avec une équipe comprenant notamment l’ancien cadre de Tesla Nick Sampson, la jeune entreprise attire rapidement l’attention par l’ampleur de ses projets. Son histoire est cependant marquée autant par ses innovations et le développement du FF 91 que par des difficultés financières, des changements de direction, une entrée en Bourse et une production restée longtemps très limitée.
2014 : Faraday Future est créée en Californie
Faraday Future est fondée le 8 mai 2014 en Californie, dans un contexte où l’essor de la voiture électrique et le succès de nouveaux constructeurs issus de la Silicon Valley encouragent l’apparition de projets automobiles conçus comme des entreprises technologiques. Yueting Jia, entrepreneur chinois connu pour avoir développé l’écosystème LeEco, joue un rôle central dans la naissance et le financement du projet.
La composition exacte de l’équipe fondatrice est parfois présentée différemment selon les sources. Faraday Future désigne aujourd’hui Jia comme son fondateur, tandis que Nick Sampson est également décrit comme cofondateur dans plusieurs sources contemporaines. Ancien responsable chez Tesla, Sampson participe à la constitution d’une équipe comprenant des ingénieurs et cadres venus de constructeurs établis et d’entreprises technologiques. Dès ses débuts, Faraday Future veut ainsi associer conception automobile, logiciels, connectivité et architecture électrique modulaire.
2016 : le FFZERO1 révèle les ambitions technologiques de la marque
Après une période de développement menée avec une grande discrétion, Faraday Future se présente véritablement au public au CES de Las Vegas en janvier 2016. La marque y dévoile le FFZERO1, un spectaculaire concept monoplace qui n’est pas destiné à être commercialisé. Son rôle est avant tout de montrer la direction technique envisagée par l’entreprise.
Le concept met notamment en avant la Variable Platform Architecture, une plateforme électrique modulaire pensée pour permettre le développement de véhicules de tailles et de configurations différentes autour d’une base technique commune. À la même période, Faraday Future annonce un projet d’usine au Nevada représentant jusqu’à un milliard de dollars d’investissement. L’entreprise affiche alors des ambitions industrielles considérables et se présente comme l’un des nouveaux concurrents potentiels de Tesla sur le marché de l’électrique.
2017 : le FF 91 devient le projet central de Faraday Future
En janvier 2017, Faraday Future présente le FF 91, premier véhicule conçu pour être réellement commercialisé. Ce grand modèle électrique de très haut de gamme doit réunir fortes performances, grande autonomie, technologies de conduite automatisée et nombreuses fonctions numériques. Il devient rapidement le produit autour duquel s’organise toute l’histoire industrielle de la marque.
Mais l’année 2017 révèle aussi l’écart entre les ambitions initiales et les moyens disponibles. Les difficultés financières affectant Jia et son environnement économique obligent Faraday Future à renoncer au vaste projet d’usine du Nevada. La société adopte une solution plus réaliste en installant sa production dans une ancienne usine de pneumatiques à Hanford, en Californie. Ce changement marque la fin de la première phase d’expansion rapide et le début d’une longue lutte pour parvenir à industrialiser le FF 91.
2018 : le financement d’Evergrande débouche sur une nouvelle crise
En 2018, Faraday Future obtient un soutien financier important lié au groupe chinois Evergrande. Cet apport semble d’abord pouvoir assurer la poursuite du développement du FF 91 et la préparation de son industrialisation. La relation se dégrade cependant rapidement, les deux parties s’opposant sur les conditions de financement et le contrôle de l’entreprise.
Le conflit entraîne une période particulièrement difficile, avec réductions de salaires, licenciements et départs de dirigeants historiques, dont Nick Sampson. Un accord conclu à la fin de 2018 met un terme au différend avec Evergrande, mais Faraday Future reste confrontée à un problème structurel : financer une automobile complexe et coûteuse alors qu’aucune production commerciale régulière n’a encore commencé.
2019 : Jia Yueting quitte la direction opérationnelle et restructure ses dettes
En septembre 2019, Faraday Future confie la direction générale à Carsten Breitfeld, ancien dirigeant passé notamment par BMW et Byton. Jia Yueting abandonne alors la fonction de CEO pour se concentrer davantage sur les produits et la stratégie de l’entreprise. Quelques semaines plus tard, il dépose personnellement une procédure de faillite sous le Chapter 11 aux États-Unis afin de restructurer ses dettes.
Cette distinction est importante : Faraday Future elle-même ne fait pas faillite en 2019. La procédure concerne Jia à titre personnel. L’entreprise poursuit son activité et cherche de nouveaux financements capables de mener le FF 91 jusqu’à la production. La restructuration de Jia, approuvée en 2020, contribue à clarifier une partie de la situation financière entourant le fondateur, sans résoudre pour autant les besoins de capitaux de la société automobile.
2021 : l’entrée en Bourse doit relancer le constructeur
En juillet 2021, Faraday Future franchit une nouvelle étape en fusionnant avec la société d’acquisition spécialisée Property Solutions Acquisition Corp. La société issue de l’opération prend le nom Faraday Future Intelligent Electric Inc. et entre au Nasdaq. Cette opération permet au constructeur d’accéder à de nouveaux capitaux et représente sa tentative la plus importante de relance après plusieurs années de difficultés.
La période qui suit est toutefois perturbée par une crise de gouvernance. Une enquête interne examine certaines déclarations faites aux investisseurs, notamment le rôle réel de Jia au sein de l’entreprise et la présentation du nombre de réservations du FF 91. Faraday Future reconnaît que la communication sur plus de 14 000 réservations pouvait être trompeuse, car une grande partie correspondait à des manifestations d’intérêt non payantes plutôt qu’à des commandes fermes. Cet épisode fragilise la crédibilité de l’entreprise au moment même où elle tente de passer du développement à la production.
2023 : le FF 91 entre enfin en production
Le 29 mars 2023 constitue l’un des tournants les plus importants de l’histoire de Faraday Future. Près de neuf ans après la création de l’entreprise et six ans après la présentation du modèle, la production du FF 91 commence officiellement dans l’usine de Hanford. Les premières livraisons interviennent quelques mois plus tard.
Le FF 91 concrétise enfin une partie de la promesse formulée dès les débuts de la marque. Dans sa version de lancement, il affiche un positionnement extrêmement haut de gamme et met l’accent sur les performances, l’autonomie et l’intégration de fonctions numériques avancées. Son arrivée sur le marché ne signifie toutefois pas que Faraday Future atteint une production de grande série. À la fin de 2024, l’entreprise indique n’avoir livré que 16 véhicules au total depuis le début des livraisons. Le FF 91 devient donc à la fois la preuve que Faraday Future a réussi à produire une automobile commercialisable et l’illustration de ses difficultés persistantes à changer d’échelle.
2024 : Faraday Future cherche un nouveau départ avec la marque FX
À partir de 2024, Faraday Future élargit sa stratégie avec la création de Faraday X, généralement abrégée FX. L’objectif est de ne plus dépendre uniquement du très coûteux FF 91 et de préparer des véhicules destinés à des volumes plus importants. Le FX Super One, grand véhicule familial à vocation internationale, devient progressivement le projet principal de cette nouvelle phase.
En mars 2025, le symbole boursier de la société passe de FFIE à FFAI, un changement destiné à refléter l’importance croissante accordée à l’intelligence artificielle. Il ne s’agit pas d’un changement complet de nom de la marque automobile ni d’un rachat. Faraday Future reste une société indépendante cotée, confrontée à des besoins de financement réguliers.
En 2025 puis en 2026, l’entreprise annonce les premières étapes commerciales du Super One aux Émirats arabes unis tout en poursuivant sa préparation industrielle et réglementaire aux États-Unis. Dans le même temps, Faraday Future élargit encore son positionnement vers la robotique et ce qu’elle appelle l’« Embodied AI ». Yueting Jia retrouve un rôle opérationnel de premier plan et devient seul Global CEO en 2026. La marque existe donc toujours, mais son histoire récente reste celle d’un constructeur automobile à très faible volume qui tente encore de bâtir un modèle industriel durable autour de nouveaux véhicules, de l’intelligence artificielle et d’activités technologiques plus larges.
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