Histoire de la marque Mlt Automotive

mlt automotive

MLT Automotive est un petit constructeur français dont l’histoire plonge ses racines dans l’univers de la Méhari et de la 2CV. Son parcours commence bien avant l’apparition du nom MLT Automotive, avec l’activité de Méhari Loisirs fondée en Ardèche par Rodolphe Berdiel. À partir des années 2010, ce savoir-faire consacré aux anciennes Citroën débouche sur un projet beaucoup plus ambitieux : construire un véhicule électrique neuf inspiré de la Méhari. La création de Méhari Loisirs Technologie en 2016, le lancement de l’E-Story, l’industrialisation progressive de l’entreprise puis ses changements de nom jusqu’à E-CLASSIC constituent les principales étapes d’une histoire récente, marquée depuis 2025 par une procédure de redressement judiciaire.

1989 : Rodolphe Berdiel fonde Méhari Loisirs en Ardèche

Les origines de MLT Automotive remontent à 1989, lorsque Rodolphe Berdiel crée Méhari Loisirs au Pouzin, en Ardèche. L’entreprise se spécialise dans l’entretien, la réparation et la restauration de Méhari, de 2CV et de leurs dérivés. Elle développe progressivement une connaissance approfondie de ces automobiles simples et légères, ainsi qu’une activité liée aux pièces nécessaires à leur remise en état.

Cette première structure ne constitue pas encore MLT Automotive au sens juridique. Elle représente en revanche le socle technique du futur constructeur. La maîtrise des véhicules populaires de Citroën, de leur architecture et de leur restauration permettra ensuite à l’équipe de franchir une étape décisive : ne plus seulement remettre en état des voitures anciennes, mais concevoir un véhicule neuf reprenant leur esprit.

2011 : le projet E-Story transforme le restaurateur en futur constructeur

À partir de 2011, l’équipe engage le développement d’une Méhari électrique qui prendra le nom d’E-Story. Le changement est profond. Le projet ne consiste pas simplement à retirer le moteur thermique d’un véhicule ancien pour le remplacer par une motorisation électrique. L’objectif est de créer une réinterprétation neuve de la Méhari, produite en petite série et adaptée à un usage contemporain.

Jérôme Arsac joue un rôle important dans le développement de la chaîne de traction électrique. Le projet avance pendant plusieurs années avant d’être présenté publiquement en 2015. L’une des décisions industrielles déterminantes concerne son homologation. L’E-Story est conçue pour entrer dans la catégorie européenne L7e des quadricycles lourds, un cadre réglementaire mieux adapté aux volumes d’un petit constructeur qu’une homologation automobile classique de catégorie M1. Ce choix rend possible le passage d’une activité artisanale de restauration à la production d’un véhicule neuf sans imposer à la jeune structure les contraintes d’un constructeur généraliste.

2016 : Méhari Loisirs Technologie est créée et l’E-Story arrive sur la route

Le 29 janvier 2016 marque la véritable naissance juridique de l’entreprise qui deviendra plus tard MLT Automotive. La société Méhari Loisirs Technologie est constituée au Pouzin. Les sources institutionnelles attribuent sa fondation à Rodolphe Berdiel, Jérôme Arsac et Paul Berdiel. Lors de la création de la société, Rodolphe Berdiel en assure la présidence, tandis que Jérôme Arsac figure parmi les principaux responsables opérationnels.

La même année, l’E-Story franchit l’étape de l’homologation et commence à être commercialisée. Ce véhicule devient immédiatement le produit central de Méhari Loisirs Technologie. Son importance historique dépasse largement celle d’un simple modèle : il matérialise le changement de métier de l’entreprise. MLT ne se contente plus de restaurer des voitures existantes, elle devient un constructeur de véhicules électriques neufs en petite série.

L’E-Story se distingue par ailleurs de l’e-Méhari alors proposée par Citroën. Les deux véhicules puisent dans l’image de la Méhari historique, mais MLT demeure une entreprise indépendante et son produit suit sa propre logique de conception et d’homologation. Cette distinction est essentielle pour comprendre le positionnement du constructeur ardéchois.

2018 : Patrick Sevian accompagne une nouvelle phase d’industrialisation

À partir de 2018, l’entreprise entre dans une phase plus structurée de développement avec l’arrivée de Patrick Sevian à sa tête. Cette période marque une volonté d’accroître les moyens financiers, techniques et industriels de la société afin de dépasser le stade d’un constructeur très artisanal.

Au cours des années suivantes, Méhari Loisirs Technologie renforce son organisation et prépare une montée en capacité. Des augmentations de capital accompagnent cette évolution. L’entreprise cherche à développer son réseau commercial et à consolider ses activités de recherche et développement. Cette phase est importante parce qu’elle transforme progressivement un projet né autour d’un seul véhicule en une entreprise automobile visant une production plus organisée et une gamme plus large.

2021 : Méhari Loisirs Technologie devient MLT Automotive

En 2021, l’entreprise adopte officiellement le nom MLT Automotive. La modification intervient après le transfert du siège vers de nouveaux locaux au Pouzin et traduit un changement d’ambition. La dénomination Méhari Loisirs Technologie restait étroitement associée à la Méhari, alors que la société souhaitait désormais pouvoir développer d’autres véhicules et affirmer une identité de constructeur plus générale.

Ce changement de nom ne correspond ni à la création d’une nouvelle entreprise ni à un rachat. MLT Automotive reste la même personne morale que Méhari Loisirs Technologie. La continuité juridique est donc totale, mais le changement d’identité traduit une évolution stratégique réelle : l’entreprise ne veut plus dépendre exclusivement de l’image d’un seul modèle historique.

2023 : l’E-Story évolue et MLT prépare une gamme plus large

La nouvelle génération de l’E-Story, dévoilée à la fin de 2022 et mise en avant en 2023, accompagne cette montée en maturité. Le modèle évolue notamment autour d’une architecture modernisée et d’un nouveau châssis. MLT dispose alors de compétences internes en recherche et développement et travaille sur des éléments essentiels du véhicule, dont le châssis et certains systèmes électroniques.

Dans le même temps, l’entreprise prépare une diversification inspirée d’une autre icône populaire, la 2CV. Ce projet de véhicule électrique, présenté sous différentes formes au cours de son développement, doit permettre de sortir du seul univers de l’E-Story. L’outil industriel du Pouzin est agrandi et MLT travaille également au développement de son réseau de distribution. Il convient toutefois de distinguer les projets annoncés des véhicules effectivement homologués et commercialisés : en 2023, la future 2CV électrique reste encore une étape de diversification en cours de développement.

L’année correspond aussi à un changement important de gouvernance. Jérôme Arsac quitte ses fonctions de directeur général et BoostInvest remplace Patrick Sevian à la présidence de la société. Les documents disponibles établissent clairement ce changement de direction, mais ils ne suffisent pas à présenter l’opération comme un rachat intégral de MLT Automotive. Présidence de la société et propriété de l’ensemble du capital ne doivent pas être confondues.

2024 : MLT Automotive change de nom et devient E-CLASSIC

En juillet 2024, l’entreprise décide un nouveau changement de dénomination. MLT Automotive devient juridiquement E-CLASSIC, identité ensuite communiquée publiquement sous la forme eClassic Cars. Comme en 2021, il ne s’agit pas d’une nouvelle société : le constructeur conserve la même continuité juridique et les engagements existants restent attachés à la même entreprise.

Cette nouvelle identité reflète toutefois une évolution claire de la stratégie. Le nom MLT Automotive restait hérité de Méhari Loisirs Technologie, tandis qu’E-CLASSIC exprime plus directement l’idée de véhicules électriques inspirés de modèles classiques. L’E-Story demeure au coeur de cette histoire, mais le constructeur veut désormais inscrire son activité dans un univers plus large de réinterprétations électriques, notamment avec des projets dérivés de la 2CV et une orientation vers des véhicules à carrosserie de type fourgonnette.

2025 : le redressement judiciaire ouvre une période d’incertitude

Le 24 juin 2025, le tribunal de commerce d’Aubenas ouvre une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’E-CLASSIC, avec une date de cessation des paiements fixée au 12 juin. Après plusieurs années d’investissements, d’élargissement de la gamme et d’ambitions industrielles croissantes, l’entreprise entre ainsi dans une phase de restructuration sous contrôle judiciaire.

Cette procédure ne signifie pas la disparition immédiate de l’entreprise. L’activité est autorisée à se poursuivre pendant la période d’observation. En mai 2026, le tribunal accorde même une prolongation exceptionnelle de six mois, estimant que la poursuite de l’exploitation et l’étude d’un plan restent envisageables. Une nouvelle audience est fixée au 27 octobre 2026.

Au 9 août 2026, l’entreprise issue de Méhari Loisirs Technologie existe donc toujours sous le nom E-CLASSIC et poursuit son activité dans le cadre du redressement judiciaire. Son histoire ne peut pas encore être conclue par une liquidation ou une disparition de la marque : l’issue de la procédure reste ouverte, près de dix ans après la création de la société qui avait fait de l’E-Story le point de départ de son aventure comme constructeur automobile électrique.

Découvrez d'autres marques automobiles du même pays