Histoire de la marque Tramontana

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Tramontana est un constructeur automobile espagnol né en Catalogne au début des années 2000 autour du projet de Josep Rubau. Installée dans la province de Gérone, la marque s’est fait connaître avec une conception très particulière de la supercar : une automobile produite artisanalement, construite autour d’une structure en carbone et dotée de deux places disposées en tandem, dans un univers esthétique inspiré à la fois de la monoplace de compétition et de l’aéronautique. Son histoire reste celle d’un constructeur confidentiel, dont l’évolution s’est surtout jouée à travers quelques versions successives d’un même concept technique.

2003 : Josep Rubau lance le projet qui donnera naissance à Tramontana

Les origines de Tramontana remontent à 2003, même si la date exacte de fondation de la société est parfois présentée différemment selon les sources. C’est à cette période que Josep Rubau commence à développer en Catalogne l’idée d’une automobile sportive radicale, conçue en dehors des standards des grands constructeurs. Le projet prend forme dans la région de Gérone, sur la Costa Brava, où doit être mise en place une production volontairement artisanale.

L’objectif n’est pas de créer une gamme généraliste, mais une voiture d’exception fabriquée en très petite série. Dès l’origine, le projet associe plusieurs influences : architecture de voiture de course, cockpit rappelant un avion de chasse, carrosserie en matériaux composites et travail sur mesure destiné à une clientèle restreinte. Cette orientation définit durablement l’identité de Tramontana.

2005 : Tramontana se révèle au Salon de Genève

Le véritable lancement public intervient en 2005 sous le nom d’A.D. Tramontana, pour Advanced Design Tramontana. La marque présente son premier concept au Salon de Genève, puis l’expose également à Top Marques Monaco, rendez-vous particulièrement adapté aux constructeurs de voitures exclusives. Cette apparition internationale fait sortir le projet catalan de sa phase de développement confidentielle.

Le concept attire surtout l’attention par son architecture inhabituelle. Les deux occupants ne sont pas assis côte à côte mais l’un derrière l’autre, comme dans certains avions ou véhicules de compétition. Tramontana ne cherche donc pas à rivaliser avec les grands constructeurs par les volumes de production, mais à proposer une interprétation très personnelle de la supercar.

2006 : le concept devient un prototype fonctionnel

Après les premiers salons, le projet entre dans une phase plus concrète. En 2006, Tramontana présente un prototype fonctionnel qui rapproche le concept initial d’une automobile réellement exploitable. Ce passage est essentiel : la marque doit désormais transformer une spectaculaire étude de style en véhicule capable d’être homologué et fabriqué pour des clients.

La conception repose largement sur la fibre de carbone et sur une architecture à moteur central. Plutôt que d’industrialiser la production, Tramontana conserve une logique de fabrication à la main et de personnalisation poussée. Cette méthode limite naturellement les volumes, mais elle permet au constructeur de rester fidèle au projet imaginé par Josep Rubau.

2007 : la Tramontana entre en production

En 2007, la version destinée aux clients marque le passage définitif du prototype à la production. Elle reprend les éléments qui ont fait connaître le concept : structure légère faisant largement appel au carbone, moteur V12 biturbo, deux sièges en tandem et carrosserie très étroite dominée par un cockpit central. La voiture se situe ainsi à mi-chemin, dans son approche, entre une supercar routière et une machine inspirée de la compétition.

La production demeure extrêmement limitée. Les chiffres avancés au fil des années correspondent davantage à des capacités ou à des objectifs annuels qu’à des volumes industriels réguliers. Ce choix contribue à maintenir Tramontana dans une catégorie particulière de constructeurs : celle des ateliers capables de développer leur propre automobile complète, mais pour quelques exemplaires seulement.

2009 : la Tramontana R radicalise la formule

Deux ans après le lancement de la voiture de série, Tramontana présente la R. Cette évolution ne remet pas en cause le principe du modèle d’origine, mais accentue son orientation sportive. Le constructeur travaille notamment sur la réduction du poids, l’empattement et l’aérodynamique afin de rendre la voiture plus incisive sans abandonner son homologation routière.

La Tramontana R devient également un instrument de visibilité pour la jeune marque espagnole. Sa présence au Goodwood Festival of Speed en 2009 lui permet d’être présentée devant un public international d’amateurs et de professionnels de l’automobile sportive. Tramontana ne développe cependant pas un programme de compétition structuré : son identité reste celle d’un constructeur de supercars routières très exclusives plutôt que celle d’une écurie engagée dans un championnat.

2012 : la XTR porte le concept Tramontana à son niveau le plus extrême

En 2012, Tramontana annonce la XTR, nouvelle évolution majeure de sa supercar. La voiture conserve la disposition en tandem et l’architecture générale qui caractérisent la marque, mais reçoit une mécanique plus puissante et de nouvelles évolutions portant notamment sur la transmission et l’aérodynamique. Avec un V12 biturbo annoncé autour de 888 ch, la XTR représente l’aboutissement le plus spectaculaire de la formule développée depuis les débuts de l’entreprise.

Cette évolution illustre aussi la trajectoire particulière de Tramontana. Plutôt que de multiplier les familles de modèles, le constructeur a perfectionné au fil des années un concept automobile très spécifique. La R puis la XTR constituent ainsi moins des ruptures que des étapes successives dans le développement de la voiture fondatrice.

2026 : Tramontana reste une marque automobile artisanale et confidentielle

Après la XTR, Tramontana n’a pas connu de transformation comparable à un rachat majeur, une intégration à un grand groupe ou une industrialisation de son activité. Aucune faillite ni cessation officielle de la marque n’est établie par les informations publiques fiables utilisées pour retracer son parcours. L’entreprise continue de présenter son activité autour de la conception, du développement et de la fabrication artisanale de supercars.

Josep Rubau est parallèlement associé à Rubau Cars, structure qui présente Tramontana parmi ses créations antérieures. En l’absence d’informations suffisamment précises sur les liens juridiques entre les deux entités, il serait toutefois excessif de parler de rachat ou de remplacement de Tramontana. L’histoire de la marque reste donc celle d’un constructeur espagnol de très petite série, né d’un projet indépendant en Catalogne et resté fidèle à une automobile atypique plutôt qu’à une stratégie de gamme classique.