Histoire de la marque Trident Cars

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Trident Cars est une petite marque britannique née au milieu des années 1960 autour d’un projet de grand tourisme qui avait d’abord été développé pour TVR. Sous l’impulsion de William « Bill » Last, elle devient un constructeur indépendant spécialisé dans des coupés sportifs mêlant dessin européen et mécaniques de grande série. Sa première existence reste brève, marquée par la Clipper, la Venturer et la Tycoon, avant des difficultés financières dans les années 1970. Le nom Trident réapparaît plusieurs décennies plus tard autour de l’Iceni, un projet de GT diesel à hautes performances.

1965 : le projet Trident prend forme autour de TVR

L’origine de Trident Cars précède légèrement la création effective de la marque. En 1965, un nouveau coupé dessiné par Trevor Fiore et carrossé par l’italien Fissore est présenté au Salon de Genève dans l’orbite de TVR. Le modèle se distingue par une ligne de grand tourisme beaucoup plus continentale que celle des sportives britanniques artisanales de l’époque.

Le projet ne débouche toutefois pas sur une production chez TVR. Les difficultés financières qui frappent alors le constructeur britannique interrompent son développement. Cette rupture ouvre la voie à Bill Last, concessionnaire TVR et entrepreneur automobile, qui récupère les droits liés au dessin ainsi que les éléments nécessaires pour poursuivre le projet à son compte.

1966 : Bill Last transforme le projet en marque indépendante

À Woodbridge, dans le Suffolk, Bill Last développe Trident dans le prolongement de son activité Viking Performance. Un prototype est présenté au Racing Car Show de 1966, étape qui marque l’émancipation du projet par rapport à TVR et la naissance pratique de Trident Cars comme constructeur.

Les sources ne s’accordent pas toutes sur une date unique de fondation : 1965 est parfois retenue pour la constitution du projet indépendant, tandis que 1966 correspond à sa première apparition publique sous l’impulsion de Bill Last. Dans les faits, c’est au cours de cette période que Trident acquiert son identité propre et se prépare à produire ses premières voitures.

1967 : la Clipper lance réellement la production

La Trident Clipper devient en 1967 le premier modèle commercial de la marque. Elle reprend l’idée qui restera associée au Trident historique : une carrosserie de GT au dessin sophistiqué installée sur une base technique relativement conventionnelle et associée à un puissant moteur américain. La Clipper reçoit ainsi un V8 fourni par Ford, choix qui permet à un petit constructeur d’accéder à des performances élevées sans développer sa propre mécanique.

Ce mélange entre style italo-britannique et motorisation américaine donne à Trident une place particulière parmi les artisans automobiles britanniques de la fin des années 1960. La marque ne dispose cependant ni des volumes ni des moyens industriels d’un grand constructeur. Sa production reste confidentielle et repose largement sur l’adaptation de composants déjà disponibles.

1969 : la Venturer élargit l’offre de Trident

À la fin des années 1960, Trident cherche à rendre son concept plus accessible. La Venturer adopte une base dérivée de la Triumph TR6, avec un châssis allongé, et reçoit le V6 Ford Essex de 3 litres. Elle conserve l’allure générale du coupé Trident tout en s’éloignant du V8 de la Clipper.

Cette évolution est importante parce qu’elle montre la stratégie choisie par Bill Last : décliner une même architecture de grand tourisme avec des mécaniques différentes afin d’élargir la clientèle sans multiplier les coûteux développements spécifiques. La Venturer deviendra le modèle le plus diffusé de la première période de Trident, même si les volumes restent modestes à l’échelle de l’industrie automobile.

1971 : la Tycoon pousse plus loin la diversification

En 1971 apparaît la Tycoon, autre évolution du concept Trident. Elle utilise cette fois le six-cylindres 2,5 litres à injection issu de la Triumph TR6. Le modèle vise un positionnement moins radical que la Clipper V8, mais sa diffusion reste extrêmement faible.

La Tycoon illustre à la fois l’ingéniosité et les limites économiques de Trident. Le constructeur sait combiner carrosseries, châssis et moteurs provenant de différents fournisseurs pour créer des GT distinctives, mais cette diversification ne suffit pas à transformer une production artisanale en activité durable. Au début des années 1970, l’entreprise demeure fragile et dépendante d’un marché étroit.

1974 : les difficultés financières interrompent la première histoire de Trident

La situation se dégrade au milieu des années 1970. La hausse du coût de l’énergie et le contexte créé par la crise pétrolière pénalisent particulièrement les petites marques spécialisées dans les voitures puissantes et coûteuses. Trident, déjà confrontée aux contraintes financières propres à une production de faible volume, cesse alors pratiquement son activité.

Une restructuration intervient en 1975 avec l’arrivée de l’investisseur américain Ernest Stern. L’objectif est notamment de préparer une relance et de mieux exploiter le marché des États-Unis. Une version revue de la Clipper, adaptée entre autres aux exigences américaines, apparaît ensuite, mais cette tentative ne permet pas de remettre durablement le constructeur sur pied. Quelques voitures seulement sont produites et l’activité historique de Trident s’éteint à la fin des années 1970. Les sources divergent sur l’année précise de l’arrêt définitif, généralement située entre 1977 et 1978.

1999 : le nom Trident revient avec le projet Iceni

Après plus de vingt ans d’effacement, le nom Trident réapparaît à la fin des années 1990 autour d’un nouveau projet britannique installé dans le Norfolk. Cette renaissance n’est pas la continuation industrielle directe de l’entreprise de Bill Last, mais elle reprend son nom et l’idée d’une GT britannique produite en petite série.

Le premier prototype de l’Iceni est dévoilé en 2000. En 2005, Phil Bevan et son associé acquièrent le nom Trident et poursuivent le développement du modèle. Contrairement aux Clipper et Venturer, l’Iceni repose sur un concept technique très différent, centré sur un moteur V8 turbodiesel de forte cylindrée et sur l’exploitation d’un couple très élevé. Trident présente notamment un système de transmission qu’elle décrit comme une technologie de « torque multiplication », destiné à conjuguer performances et rendement.

2011 : une nouvelle société porte la relance moderne

La société Trident Sports Cars Limited est constituée au Royaume-Uni en 2011. L’Iceni revient ensuite sur le devant de la scène et, en 2014, Trident annonce également des variantes baptisées Magna et Venturer. Cette dernière reprend un nom historique, mais la nouvelle gamme appartient à une génération entièrement différente de celle construite sous Bill Last.

Cette relance n’aboutit toutefois pas à une production de série significative comparable à celle d’un constructeur établi. Au 18 août 2026, Trident Sports Cars Limited demeure enregistrée comme société active au Royaume-Uni avec une activité déclarée de fabrication automobile, mais aucune production récente importante n’est publiquement établie. L’histoire de Trident Cars se présente ainsi comme celle de deux périodes distinctes : un constructeur artisanal britannique actif principalement à la fin des années 1960 et dans les années 1970, puis une tentative de renaissance moderne centrée sur l’Iceni.