
Vauxhall trouve ses racines dans l’Angleterre industrielle du XIXe siècle, bien avant de devenir un constructeur automobile. Fondée à Londres en 1857 par l’ingénieur écossais Alexander Wilson, l’entreprise travaille d’abord dans la mécanique et les moteurs avant de produire sa première voiture en 1903. Installée ensuite à Luton, elle se forge une réputation sportive avec les Prince Henry et 30-98, puis change profondément d’échelle après son rachat par General Motors en 1925. Devenue un constructeur britannique de grande série, Vauxhall perd progressivement son autonomie technique au profit d’Opel à partir des années 1970, avant de passer sous le contrôle de PSA en 2017 puis de Stellantis en 2021. Son histoire récente est marquée par l’électrification de sa gamme et par la fin, en 2025, de 120 ans de production sur son site historique de Luton.
1857 : Alexander Wilson fonde l’entreprise à l’origine de Vauxhall
L’histoire commence dans le quartier de Vauxhall, au sud de Londres. Alexander Wilson y crée en 1857 une entreprise d’ingénierie qui fabrique notamment des machines à vapeur, des pompes et des moteurs destinés aux applications industrielles et marines. À ce stade, il n’est encore nullement question d’automobile : 1857 correspond à la naissance de l’entreprise dont Vauxhall descend, et non à celle de sa première voiture.
Wilson quitte la société en 1894. Après une période difficile, l’entreprise est réorganisée dans les années suivantes sous le nom de Vauxhall Iron Works. Les sources historiques situent cette réorganisation autour de 1896-1897. Parallèlement, la société s’intéresse aux moteurs à essence, un savoir-faire qui prépare son entrée dans une industrie automobile britannique encore naissante.
1903 : Vauxhall construit sa première automobile
La première voiture Vauxhall apparaît en 1903. Il s’agit d’un petit modèle de 5 hp à moteur monocylindre, encore directement lié à l’expérience acquise dans les moteurs. Deux ans plus tard, l’entreprise quitte Londres pour s’installer à Luton en 1905, où elle dispose de davantage d’espace pour développer sa production. En 1907, elle adopte le nom Vauxhall Motors Ltd, consacrant sa transformation en constructeur automobile.
Les premières années servent aussi à construire la réputation de la marque. Après des résultats encourageants dans les épreuves routières britanniques, Vauxhall engage en 1910 des voitures au Prince Henry Trial. Ces modèles donnent naissance à partir de 1911 à la Prince Henry de série, puis influencent la 30-98. Cette dernière devient l’une des automobiles sportives britanniques marquantes de l’entre-deux-guerres. Avant d’être associé aux voitures familiales de grande diffusion, Vauxhall se distingue donc d’abord par des modèles rapides et relativement prestigieux.
1925 : General Motors rachète Vauxhall et change son échelle industrielle
Au début des années 1920, Vauxhall reste un constructeur de taille limitée dans un secteur qui exige des investissements industriels croissants. En 1925, l’entreprise est rachetée par General Motors. Ce changement de propriétaire constitue l’une des ruptures majeures de son histoire : Vauxhall perd son indépendance, mais accède aux capitaux, aux méthodes de production et aux ressources techniques du groupe américain.
La stratégie évolue progressivement vers des automobiles plus accessibles et produites en plus grand nombre. Le Cadet lancé en 1930 illustre cette nouvelle orientation, tandis que Vauxhall développe à partir de 1931 les véhicules commerciaux Bedford. Cette activité devient un second pilier de l’entreprise et renforce fortement sa présence dans l’industrie britannique, au-delà des seules voitures particulières.
1937 : la Ten-Four symbolise la modernisation technique de Vauxhall
La H-Type Ten-Four lancée en 1937 résume la transformation de Vauxhall sous General Motors. Sa construction monocoque, ses freins hydrauliques et sa suspension avant indépendante témoignent de l’adoption de solutions modernes sur une automobile destinée à une clientèle beaucoup plus large que celle des anciennes sportives de la marque. Vauxhall devient alors un véritable constructeur de grande série.
La Seconde Guerre mondiale interrompt cette expansion automobile. L’usine est mobilisée pour l’effort de guerre et produit notamment des camions Bedford ainsi que des chars Churchill. Après 1945, la production civile reprend dans un marché britannique en forte reconstruction. Les années 1950 voient croître les volumes de Vauxhall, tandis que plusieurs modèles, comme les Velox et Cresta, affichent une influence stylistique américaine liée à la maison mère. Cette croissance finit par imposer la création de capacités industrielles supplémentaires.
1963 : la Viva prépare l’expansion de Vauxhall à Ellesmere Port
Le lancement de la Viva HA en 1963 marque le retour de Vauxhall sur le marché stratégique des voitures compactes. Le modèle accompagne surtout une décision industrielle déterminante : la construction d’une nouvelle usine à Ellesmere Port. En juin 1964, une Viva devient la première automobile à sortir du site, qui complète désormais l’usine historique de Luton.
Cette période confirme la place de Vauxhall parmi les grands constructeurs britanniques de l’après-guerre. La marque dispose d’une gamme adaptée au marché de masse et de deux implantations industrielles majeures. Pourtant, cette croissance masque des difficultés de rentabilité et de productivité qui conduisent General Motors à remettre en cause l’existence de programmes techniques séparés pour ses deux principales marques européennes.
1975 : Chevette et Cavalier ouvrent l’ère de l’intégration avec Opel
Le changement devient visible en 1975 avec la Chevette et surtout la Cavalier. Ces voitures reposent sur des architectures développées dans le cadre d’une stratégie commune avec Opel, également propriété de General Motors. Cette rationalisation répond à une logique économique : maintenir deux gammes européennes totalement indépendantes coûte cher, alors que Vauxhall traverse une période financière difficile.
En 1978, General Motors confie à Opel la responsabilité principale du développement des automobiles destinées aux deux marques. Vauxhall conserve son nom, son réseau et son identité commerciale au Royaume-Uni, mais son autonomie d’ingénierie diminue fortement. L’Astra lancée sous la marque Vauxhall en 1980, première Vauxhall à traction avant, illustre cette nouvelle organisation. Elle devient ensuite l’un des modèles centraux de la marque et reste longtemps produite à Ellesmere Port.
Cette proximité technique n’empêche pas Vauxhall de préserver une identité sportive sur son marché national. La Cavalier GSi remporte notamment le championnat britannique de voitures de tourisme en 1995, puis l’Astra Coupé domine plusieurs saisons du BTCC au début des années 2000. Ces succès n’ont pas modifié la structure industrielle de l’entreprise, mais ils ont entretenu son image auprès du public britannique à une époque où ses voitures étaient désormais étroitement liées aux Opel équivalentes.
2002 : Luton cesse de produire des voitures particulières
En 2002, la dernière Vectra fabriquée à Luton marque la fin de la production de voitures particulières sur le site historique. Il ne s’agit toutefois pas encore d’une fermeture de l’usine : Luton poursuit pendant plus de vingt ans la fabrication de véhicules utilitaires, notamment le Vivaro. La production britannique des voitures Vauxhall se concentre dès lors essentiellement à Ellesmere Port.
Cette évolution illustre la transformation progressive de Vauxhall. La marque reste fortement associée au Royaume-Uni, mais son organisation industrielle et ses modèles dépendent de plus en plus d’une stratégie européenne définie à l’échelle de General Motors. Cette situation perdure jusqu’à un changement de propriétaire qui met fin à près d’un siècle sous contrôle américain.
2017 : PSA rachète Opel et Vauxhall à General Motors
Le 1er août 2017, General Motors finalise la vente d’Opel et de Vauxhall au groupe PSA. Pour Vauxhall, l’opération met fin à environ 92 années sous le contrôle de General Motors. La marque britannique rejoint ainsi un groupe comprenant notamment Peugeot et Citroën.
Ce rachat ne rétablit pas l’indépendance technique de Vauxhall. Au contraire, il l’inscrit dans une nouvelle logique de plateformes, moteurs et technologies partagés à l’échelle d’un grand groupe européen. Pour la marque, l’enjeu devient surtout de conserver sa présence commerciale spécifique au Royaume-Uni tout en s’intégrant à une organisation industrielle commune avec Opel et les autres marques de PSA.
2021 : Stellantis ouvre une nouvelle phase centrée sur l’électrification
En janvier 2021, la fusion de PSA et de Fiat Chrysler Automobiles donne naissance à Stellantis. Vauxhall devient l’une des marques de ce nouveau groupe mondial, tout en restant principalement destinée au marché britannique. Son identité commerciale demeure distincte d’Opel, mais les deux marques partagent étroitement leurs véhicules et leurs technologies.
La période Stellantis est rapidement marquée par l’électrification. Ellesmere Port est profondément transformée et commence en 2023 à produire exclusivement des véhicules électriques, devenant un site britannique spécialisé dans les utilitaires à batterie. À la fin de 2024, Vauxhall dispose d’une version entièrement électrique pour chacun des modèles de sa gamme, même si des motorisations thermiques et hybrides restent encore proposées en 2026. L’objectif annoncé d’une gamme uniquement électrique à partir de 2028 doit donc être compris comme une orientation stratégique déclarée, et non comme une situation déjà acquise.
Le dernier grand changement industriel intervient le 28 mars 2025, lorsque la production cesse définitivement à Luton. La fermeture met fin à 120 ans d’activité automobile sur le site où Vauxhall s’était installée en 1905. En 2026, Vauxhall demeure une marque active de Stellantis, commercialisée essentiellement au Royaume-Uni, avec une gamme étroitement liée à celle d’Opel et une présence industrielle britannique désormais concentrée à Ellesmere Port.
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