Rover Metro

Rover Metro

La Rover Metro est une citadine britannique produite par Rover de 1990 à 1994 sous cette appellation au Royaume-Uni. Issue d’une profonde modernisation de l’Austin Metro lancée en 1980, elle conserve les proportions compactes de sa devancière tout en adoptant des motorisations plus modernes, une suspension Hydragas améliorée et une présentation intérieure revue. Connue sous le code de projet R6, elle représente l’une des dernières grandes évolutions d’une architecture conçue à l’époque de British Leyland.

Avec ses moteurs essence Rover Série K, sa transmission aux roues avant et ses carrosseries trois ou cinq portes, la Rover Metro cherche à prolonger la carrière d’un modèle populaire sur un marché britannique particulièrement concurrentiel. Sa particularité réside dans le contraste entre une silhouette héritée des années 1980 et des solutions mécaniques renouvelées. Sur plusieurs marchés européens, notamment en France, cette génération est commercialisée dès 1990 sous le nom de Rover 100.

Histoire de la Rover Metro : de l’Austin Metro au projet R6

L’histoire de la Rover Metro commence avec l’Austin Metro, présentée en octobre 1980. Cette petite voiture avait été développée pour moderniser l’offre de British Leyland et concurrencer les citadines européennes, notamment la Ford Fiesta et la Renault 5. Malgré son succès commercial initial, sa conception commence à accuser son âge durant la seconde moitié des années 1980.

Le constructeur envisage alors un remplacement complet dans le cadre du programme AR6. Ce projet prévoit une nouvelle génération de citadine, mais les contraintes financières du groupe conduisent à son abandon en 1987. Rover choisit une solution moins coûteuse : conserver la base de la Metro existante et moderniser ses principaux composants mécaniques. Cette opération prend le nom de code R6.

La nouvelle Rover Metro apparaît au printemps 1990. Si sa carrosserie demeure immédiatement reconnaissable, les modifications dépassent largement le simple changement de badge. Les anciens moteurs Série A sont remplacés par les blocs Série K, plus légers et plus modernes. Les transmissions évoluent également, tandis que les ingénieurs retravaillent les trains roulants et l’aménagement intérieur.

La suspension constitue une autre transformation importante. La Metro d’origine utilisait des éléments Hydragas sans interconnexion hydraulique entre les essieux avant et arrière. La R6 adopte une disposition interconnectée, permettant d’améliorer le confort et de mieux contrôler les mouvements de caisse. Cette évolution exploite davantage les possibilités du système imaginé par l’ingénieur britannique Alex Moulton.

Le lancement s’inscrit aussi dans la stratégie de repositionnement de Rover. La marque souhaite progressivement abandonner les anciennes appellations Austin et renforcer son image auprès des automobilistes européens. La petite Metro rejoint ainsi une gamme comprenant la Rover 200, positionnée dans la catégorie supérieure des voitures compactes.

Au Royaume-Uni, la Metro conserve son nom historique, désormais associé à Rover. Sur le continent, la situation est différente : la voiture est commercialisée sous l’appellation Rover 100 dès 1990. Cette distinction explique pourquoi les documentations françaises de l’époque mentionnent principalement les Rover 111 et Rover 114 plutôt que la Rover Metro.

Design extérieur et habitacle : une citadine fidèle à ses origines

La Rover Metro conserve la silhouette caractéristique de la voiture apparue dix ans auparavant. Sa carrosserie courte, son capot relativement plongeant, son pavillon haut et son hayon presque vertical privilégient l’utilisation de l’espace disponible. Les porte-à-faux réduits participent à son encombrement limité, particulièrement appréciable en circulation urbaine.

La face avant se distingue par ses projecteurs rectangulaires, sa calandre discrète et ses pare-chocs enveloppants. Les évolutions stylistiques restent mesurées, Rover préférant préserver une identité familière plutôt que transformer radicalement le dessin. Les versions les plus simples reçoivent des enjoliveurs et des éléments de finition sobres, tandis que les déclinaisons sportives adoptent des équipements spécifiques.

Les carrosseries trois et cinq portes répondent à des usages différents. La première privilégie une présentation plus dynamique, particulièrement adaptée aux versions GTa et GTi. La seconde facilite l’accès à la banquette arrière et renforce la vocation familiale de cette petite polyvalente. Dans les deux cas, la hauteur de pavillon et la disposition des sièges permettent d’exploiter efficacement les dimensions extérieures.

L’habitacle conserve une architecture relativement simple, avec une instrumentation lisible et des commandes regroupées autour du conducteur. Le passage à la génération R6 s’accompagne d’améliorations de la position de conduite, des matériaux et de certains équipements. Les finitions supérieures peuvent recevoir des selleries plus valorisantes et des accessoires de confort supplémentaires.

La Rover Metro doit également trouver sa place aux côtés de la Rover Mini, toujours commercialisée durant les années 1990. Les deux modèles partagent une vocation urbaine, mais la Metro offre une carrosserie plus grande, une meilleure accessibilité et une polyvalence supérieure. La Mini conserve pour sa part son identité historique et son caractère particulièrement compact.

La Rover Metro de 1990 à 1994 se reconnaît surtout à sa face avant héritée de l’Austin Metro. Elle ne doit pas être confondue avec la Rover 100 restylée de décembre 1994, dont les projecteurs redessinés et la calandre centrale plus affirmée modifient sensiblement l’apparence.

Motorisations et versions de la Rover Metro

La principale nouveauté mécanique de la Rover Metro réside dans l’adoption des moteurs essence Série K. Développée par Rover, cette famille de quatre cylindres privilégie une construction légère et des performances adaptées aux voitures compactes. Elle remplace les anciens moteurs Série A, dont les origines remontaient aux années 1950.

Le moteur d’entrée de gamme est un quatre cylindres de 1 113 cm³ développant environ 60 ch. Cette version 1.1 convient principalement aux déplacements quotidiens et à la circulation urbaine. Son poids contenu contribue à préserver une certaine vivacité malgré une puissance modeste.

La motorisation 1.4 de 1 396 cm³ constitue le cœur de la gamme. Proposée dans différentes configurations, elle existe notamment avec une culasse à huit soupapes et une puissance d’environ 75 ch. Elle offre davantage de souplesse sur route et rend la Metro plus polyvalente pour les trajets hors agglomération.

Des variantes à seize soupapes complètent l’offre. Elles exploitent le potentiel du moteur Série K avec des puissances supérieures, adaptées aux versions les plus dynamiques. Les chiffres diffèrent selon les années, les systèmes d’injection et les marchés : il faut notamment distinguer les déclinaisons proches de 95 ch des GTi les plus puissantes.

La Rover Metro GTi 16V représente le sommet sportif de la gamme. Son moteur 1.4 peut développer jusqu’à environ 103 ch dans certaines configurations. Associée à une masse relativement faible, cette puissance lui procure des performances intéressantes pour une citadine du début des années 1990. Sa présentation comprend des équipements spécifiques, notamment des roues et des éléments d’habillage distinctifs.

La Metro GTa adopte également une présentation sportive, mais elle ne doit pas être assimilée systématiquement à la GTi. Les deux appellations correspondent à des positionnements et à des caractéristiques mécaniques différents. La GTi ne doit pas non plus être confondue avec les anciennes MG Metro et MG Metro Turbo, produites sur la génération précédente.

Une version diesel complète l’offre sur certains marchés. Elle utilise un quatre cylindres atmosphérique PSA TUD3 de 1 361 cm³, développant environ 52 à 53 ch. Moins performante que les versions essence les plus puissantes, elle répond davantage à une recherche d’économie d’utilisation et de sobriété.

Les équipements et les appellations commerciales varient suivant les pays. Les marchés continentaux utilisent notamment les dénominations Rover 111 pour les versions 1.1 et Rover 114 pour les 1.4. Il est donc nécessaire de distinguer la motorisation réelle du véhicule de son appellation commerciale.

Fiche technique de la Rover Metro

CaractéristiqueDonnées
MarqueRover
ModèleMetro, génération R6
Production sous l’appellation Rover Metro1990-1994
Site de fabricationLongbridge, Birmingham, Royaume-Uni
SegmentCitadine polyvalente, segment B
CarrosseriesBerline à hayon 3 ou 5 portes, cabriolet selon période
StructureCoque autoporteuse en acier
ArchitectureMoteur avant transversal, traction avant
Moteur essence 1.14 cylindres en ligne, Série K, 1 113 cm³, 8 soupapes
Puissance 1.1Environ 60 ch
Moteur essence 1.4 8V4 cylindres en ligne, Série K, 1 396 cm³, 8 soupapes
Puissance 1.4 8VEnviron 75 à 76 ch
Moteur essence 1.4 16V4 cylindres en ligne, Série K, 1 396 cm³, 16 soupapes
Puissance 1.4 16VEnviron 90 à 103 ch selon version et millésime
Moteur diesel4 cylindres en ligne PSA TUD3, 1 361 cm³, atmosphérique
Puissance dieselEnviron 52 à 53 ch
AlimentationInjection électronique essence selon version, injection diesel mécanique
RefroidissementLiquide
Distribution essenceArbre(s) à cames en tête, courroie de distribution
TransmissionRoues avant motrices
Boîte de vitessesManuelle, principalement 5 rapports selon version
SuspensionHydragas avec interconnexion hydraulique avant-arrière
DirectionÀ crémaillère
Freins avantDisques
Freins arrièreTambours
RouesJantes en acier ou en alliage selon finition
LongueurEnviron 3 521 à 3 530 mm selon version
LargeurEnviron 1 560 à 1 562 mm
HauteurEnviron 1 370 à 1 380 mm
EmpattementEnviron 2 270 mm
Masse à videVariable selon version, généralement de l’ordre de 800 à 900 kg
Vitesse maximale 1.4 Si 75 chEnviron 166 km/h
0 à 100 km/h 1.4 Si 75 chEnviron 11,5 secondes
Vitesse maximale dieselEnviron 145 km/h
0 à 100 km/h dieselEnviron 18 secondes
Nombre de places5 selon configuration
Modèle précédentAustin Metro
Évolution suivanteRover 100 restylée

Comportement routier et suspension Hydragas

La Rover Metro se distingue de nombreuses citadines contemporaines par son système de suspension Hydragas. Cette technologie utilise des unités combinant un fluide hydraulique et un volume de gaz sous pression. Le gaz assure la fonction élastique, tandis que le fluide et les dispositifs de restriction hydraulique participent au contrôle des mouvements.

Sur la génération R6, l’interconnexion entre les suspensions avant et arrière permet de mieux répartir certaines réactions provoquées par les irrégularités de la chaussée. Lorsqu’une roue rencontre une bosse, le déplacement du fluide influence également le comportement de la suspension située à l’autre extrémité du véhicule. Cette disposition contribue à réduire le tangage et à améliorer le confort sur les routes dégradées.

Le système conserve toutefois une conception différente des suspensions hydropneumatiques à correcteur de hauteur utilisées sur certaines Citroën. La Rover Metro ne dispose pas d’un circuit centralisé comparable. Ses éléments Hydragas constituent un ensemble spécifique, dont l’entretien nécessite un équipement adapté.

La modernisation du train avant et l’adoption de moteurs plus légers contribuent également à modifier le comportement de la voiture. La Metro conserve une direction à crémaillère et une architecture simple, avec une répartition des masses caractéristique d’une petite traction à moteur transversal.

Les versions 1.1 privilégient une conduite souple et économique, tandis que les 1.4 offrent des reprises plus adaptées à la circulation routière. La GTi exploite davantage le potentiel du châssis grâce à son moteur seize soupapes et à ses équipements spécifiques. Elle reste néanmoins une citadine sportive de conception classique, sans architecture de compétition radicalement différente.

La faible masse de la Rover Metro participe à son agrément, mais ses dimensions compactes et sa structure héritée de la décennie précédente imposent des limites en matière d’isolation et de protection des occupants. Le modèle appartient à une génération de voitures conçues avant la généralisation des exigences modernes de sécurité passive.

Évolutions, fin de production et remplacement

Au cours de sa carrière, la Rover Metro reçoit plusieurs adaptations d’équipement, de présentation et de motorisation. Les finitions évoluent pour répondre aux attentes des clients, tandis que les séries spéciales permettent de maintenir l’intérêt commercial pour un modèle dont la silhouette commence à dater.

La gamme comprend notamment la Metro Rio, proposée en 1994 avec une présentation spécifique. Rover utilise également des campagnes publicitaires marquantes pour soutenir la carrière de sa citadine. En 1993, l’actrice Joan Collins participe à la promotion de la Metro GTi, illustrant la volonté du constructeur d’associer sa petite voiture à une image plus valorisante.

Une déclinaison cabriolet apparaît également durant cette période. Elle conserve l’architecture générale de la Metro tout en adoptant une carrosserie découvrable et les adaptations structurelles nécessaires. Produite en volumes nettement plus limités que les berlines, elle constitue aujourd’hui une variante particulière de cette famille.

En décembre 1994, Rover abandonne finalement le nom Metro sur le marché britannique. La voiture reçoit un restylage qui modifie principalement sa face avant, avec une calandre centrale plus visible, de nouveaux projecteurs et une présentation davantage conforme à l’identité de la marque. Elle poursuit sa carrière sous l’appellation Rover 100, déjà utilisée depuis plusieurs années sur les marchés continentaux.

Cette évolution ne correspond pas à une nouvelle génération entièrement indépendante. La structure générale, les proportions et les principales solutions techniques demeurent directement issues de la R6 de 1990. La carrière de cette famille s’achève à la fin des années 1990, dans un contexte de concurrence accrue et de normes de sécurité de plus en plus exigeantes.

En 1997, une Rover 111i restylée est soumise aux essais de choc Euro NCAP. Elle obtient une seule étoile pour la protection des occupants adultes. Les déformations importantes relevées lors du choc frontal mettent en évidence les limites d’une structure dont les origines remontent à la fin des années 1970. Ce résultat concerne la Rover 100 testée en 1997, mais contribue à expliquer les difficultés rencontrées par cette famille de modèles face aux citadines plus récentes.

Après la disparition de la Metro et de la Rover 100, la marque ne dispose plus immédiatement d’une citadine équivalente. La Rover 25, lancée en 1999 à partir de la Rover 200, occupe une position de petite polyvalente dans la gamme, mais repose sur une autre architecture et appartient à une catégorie légèrement supérieure.

Il faut attendre 2003 pour que Rover revienne sur le marché des petites citadines avec la Rover CityRover. Développée à partir de la Tata Indica, cette voiture constitue une nouvelle proposition commerciale plutôt qu’une descendante technique directe de la Metro.

Fiabilité, entretien et intérêt en collection

La Rover Metro est aujourd’hui une représentante des citadines britanniques du début des années 1990. Son intérêt repose autant sur son histoire industrielle que sur ses qualités mécaniques. Les exemplaires conservés dans leur configuration d’origine permettent d’apprécier la transition entre les petites Austin traditionnelles et les modèles Rover modernisés.

Le premier point à examiner sur une voiture ancienne concerne la corrosion. Les bas de caisse, les passages de roues, les planchers, les points de fixation des trains roulants et les éléments structurels doivent être inspectés soigneusement. Une carrosserie extérieurement présentable ne garantit pas l’absence de dégradation dans les zones moins accessibles.

Les moteurs Série K offrent une conception moderne pour leur époque, mais demandent une surveillance attentive du circuit de refroidissement. L’état du joint de culasse, les éventuelles pertes de liquide, le fonctionnement du thermostat et l’historique d’entretien constituent des éléments importants lors d’une inspection. La courroie de distribution et les organes associés doivent également être entretenus conformément aux prescriptions adaptées à la motorisation.

La suspension Hydragas mérite une attention particulière. Une hauteur de caisse anormale, un déséquilibre entre les côtés ou une suspension excessivement ferme peuvent révéler un problème de pression, une fuite ou le vieillissement des unités. La remise en état peut nécessiter l’intervention d’un spécialiste connaissant ce système et disposant du matériel de mise en pression approprié.

La disponibilité des pièces varie suivant leur nature. Certains composants mécaniques communs à d’autres véhicules équipés de moteurs Série K restent relativement accessibles, tandis que les éléments spécifiques de carrosserie, de finition intérieure et de suspension peuvent demander des recherches plus approfondies. Les clubs de propriétaires britanniques et les spécialistes des anciennes Rover jouent un rôle important dans la conservation de ces voitures.

Les versions GTi présentent un intérêt particulier pour les amateurs de petites sportives des années 1990. Leur moteur seize soupapes, leur masse contenue et leur présentation spécifique les distinguent des finitions courantes. Les cabriolets et certaines séries spéciales attirent également l’attention en raison de leur diffusion plus limitée, sans qu’un volume exact de survivantes puisse être établi pour chaque version.

Lors de l’achat, l’authenticité doit être vérifiée à partir de l’identification du véhicule, de sa motorisation, de ses équipements et de son historique. Les appellations Metro, Rover 100, GTa et GTi ayant parfois été utilisées de manière imprécise dans les annonces, le contrôle des caractéristiques réelles permet de distinguer une version d’origine d’une voiture modifiée. Pour une Metro GTi, l’état du moteur, des trains roulants et des éléments de finition spécifiques constitue un critère particulièrement important.

Marque Rover

Année de sortie 1990

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