La Tazzari Zero Junior est une voiture électrique sans permis italienne présentée en novembre 2016 et commercialisée à partir de 2017. Conçue pour les déplacements urbains, cette petite citadine à deux places appartient à la catégorie européenne des quadricycles légers L6e. Limitée à 45 km/h, elle associe une carrosserie fermée, une motorisation électrique et plusieurs capacités de batterie dans un véhicule de seulement 2,79 mètres de long.
Développée par Tazzari, une entreprise italienne spécialisée dans les technologies industrielles et la mobilité électrique, la Zero Junior marque l’élargissement de la famille Zero vers le marché des voitures sans permis. Elle se distingue notamment par son moteur placé à l’avant, sa transmission aux roues avant, ses quatre freins à disque et ses possibilités de personnalisation. Son autonomie annoncée varie suivant la batterie, la période de commercialisation et le protocole de mesure utilisé.
Origines et histoire de la Tazzari Zero Junior
L’histoire de la Zero Junior commence bien avant sa présentation officielle. Le groupe Tazzari, fondé en 1963 par Giorgio Tazzari, développe initialement des activités industrielles liées notamment à la transformation de l’aluminium. Sous l’impulsion d’Erik Tazzari, l’entreprise s’engage dans la mobilité électrique au milieu des années 2000. Le projet Zero prend forme en 2006, avec l’ambition de concevoir une petite automobile électrique adaptée aux déplacements quotidiens.
Cette démarche aboutit à la présentation de la première Tazzari ZERO en 2009, puis à sa commercialisation en janvier 2010. Cette voiture électrique compacte possède une architecture différente de celle de la future Junior, notamment avec son moteur arrière et sa propulsion. Elle permet néanmoins au constructeur d’acquérir une expérience dans les batteries lithium, la gestion électronique de l’énergie et la fabrication de véhicules électriques de petites dimensions.
Au cours des années suivantes, Tazzari cherche à diversifier son offre. Le développement des quadricycles électriques répond à une demande croissante pour des véhicules faciles à stationner, peu encombrants et utilisables sur de courts trajets. La catégorie L6e présente un intérêt particulier : elle permet de proposer une voiture limitée à 45 km/h, accessible en France dès 14 ans avec le permis AM, sous réserve des règles applicables au conducteur.
En septembre 2016, Tazzari annonce une nouvelle famille de véhicules électriques comprenant plusieurs déclinaisons. La Zero Junior est officiellement présentée au salon EICMA de Milan, en novembre de la même année. Sa commercialisation est prévue pour 2017. Contrairement à la première Zero, conçue comme une petite voiture électrique capable de circuler à des vitesses plus élevées, la Junior cible directement le segment des voitures sans permis.
Le développement et la commercialisation de la gamme s’inscrivent dans les activités de Tazzari EV, la branche automobile électrique du groupe italien. La marque conserve son identité industrielle italienne, historiquement liée à Imola, en Émilie-Romagne. À la fin de 2018, un accord concernant le transfert d’activités de production vers l’entreprise allemande Artega est annoncé. La répartition exacte des exemplaires de Zero Junior entre les différents sites industriels n’est toutefois pas établie.
Une voiture électrique sans permis au design original
La Tazzari Zero Junior adopte une silhouette de microcitadine à deux portes, avec un habitacle fermé accueillant deux occupants. Sa longueur de 2,79 mètres lui permet de se positionner dans la catégorie des véhicules particulièrement adaptés aux centres-villes, où l’encombrement et les possibilités de stationnement constituent des critères importants.
Son style se caractérise par une face avant expressive, des projecteurs inclinés, un capot court et une carrosserie aux proportions ramassées. Les surfaces vitrées relativement importantes contribuent à la visibilité périphérique. La hauteur de 1,47 mètre favorise une position de conduite plus verticale que dans une petite voiture sportive traditionnelle.
La Junior possède des boucliers spécifiques qui permettent de la différencier des autres déclinaisons de la famille Zero. Les jantes de 14 pouces constituent la configuration standard, tandis que des roues de 15 pouces figurent parmi les possibilités de personnalisation. Le constructeur propose également plusieurs associations de couleurs pour la carrosserie, le toit et certains éléments de finition.
La structure porteuse fait appel à l’acier et intègre une cellule de protection des occupants. Cette conception répond aux contraintes d’un véhicule de très petites dimensions, tout en conservant une architecture différente de celle des voitures particulières classiques. L’homologation L6e ne doit cependant pas être assimilée aux exigences de sécurité applicables aux automobiles de catégorie M1.
À bord, l’aménagement privilégie la simplicité d’utilisation. Selon la configuration, la Zero Junior peut recevoir des vitres électriques, une fermeture centralisée, des rétroviseurs à réglage électrique, un chauffage et un système multimédia avec écran tactile de 7 pouces. Une connexion Bluetooth et des prises destinées aux appareils mobiles figurent également dans la documentation commerciale.
La climatisation et l’ABS apparaissent parmi les équipements optionnels. Leur présence dépend donc de la version et des choix effectués lors de la commande. Le constructeur annonce également un volume de chargement de 445 litres, une capacité intéressante pour un véhicule de cette longueur, même si elle ne doit pas être directement comparée aux volumes normalisés des voitures particulières.
Fiche technique de la Tazzari Zero Junior
| Caractéristique | Tazzari Zero Junior |
|---|---|
| Constructeur | Tazzari EV |
| Pays d’origine | Italie |
| Première présentation | 2016, salon EICMA de Milan |
| Début de commercialisation | 2017 |
| Catégorie | Quadricycle léger L6e |
| Carrosserie | Microcitadine fermée à deux portes |
| Nombre de places | 2 |
| Motorisation | Électrique |
| Implantation du moteur | Avant |
| Puissance nominale | 6 kW, environ 8,2 ch |
| Puissance maximale annoncée | 10 kW, environ 13,6 ch |
| Roues motrices | Avant, traction |
| Transmission | Électrique à rapport fixe |
| Structure | Structure porteuse en acier avec cellule de protection |
| Freinage | Quatre freins à disque |
| Freinage régénératif | Oui |
| ABS | Disponible en option |
| Jantes standard | 14 pouces |
| Pneumatiques standard | 165/65 R14 |
| Jantes optionnelles | 15 pouces |
| Longueur | 2 790 mm |
| Largeur | 1 500 mm |
| Hauteur | 1 470 mm |
| Masse annoncée hors batteries | À partir de 425 kg |
| Volume de chargement annoncé | 445 litres |
| Vitesse maximale | 45 km/h |
| Technologie des batteries | Lithium, technologie LFP mentionnée dans le configurateur constructeur |
| Capacités de batterie au lancement | 5, 8 ou 9 kWh |
| Batteries du configurateur ultérieur | 5 ou 9 kWh |
| Autonomies annoncées en 2016 | 60, 100 ou 125 km selon la batterie |
| Autonomie annoncée en cycle WMTC | 94 km avec 5 kWh, 141 km avec 9 kWh |
| Recharge | Sur alimentation électrique domestique 230 V |
| Puissance maximale du chargeur annoncée | 2 kW |
| Gestion électronique des batteries | BMS Tazzari Evolution 3.0 |
Motorisation, batteries et autonomie
La Zero Junior utilise une architecture électrique à traction avant. Ce choix la distingue de la première génération de Tazzari Zero, dont la motorisation entraînait les roues arrière. La transmission électrique évite l’utilisation d’une boîte de vitesses manuelle classique et simplifie les manœuvres à faible vitesse.
Sa puissance nominale de 6 kW correspond au positionnement d’un quadricycle léger. La puissance maximale annoncée de 10 kW représente une valeur de pointe, disponible dans certaines conditions de fonctionnement. La vitesse est électroniquement limitée pour respecter l’homologation L6e.
Le constructeur a proposé plusieurs capacités de batterie au cours de la commercialisation. Lors de la présentation de 2016, les configurations de 5, 8 et 9 kWh étaient associées à des autonomies annoncées de 60, 100 et 125 kilomètres. Une documentation ultérieure indique des valeurs de 94 kilomètres pour la batterie de 5 kWh et de 141 kilomètres pour celle de 9 kWh, mesurées selon le cycle WMTC.
Ces chiffres correspondent à des périodes et à des références de mesure différentes. Ils ne permettent pas de conclure à une augmentation équivalente de l’autonomie réelle. En circulation, la distance parcourue dépend notamment de la température extérieure, du relief, de la vitesse, du chauffage et de l’état de la batterie.
La Zero Junior dispose d’un système de récupération d’énergie lors des décélérations et du freinage. Cette fonction permet de convertir une partie de l’énergie cinétique en électricité afin de recharger la batterie de traction. Son efficacité varie avec les conditions de conduite et ne remplace pas la recharge sur secteur.
La recharge s’effectue sur une alimentation électrique domestique. Le constructeur mentionne différentes puissances de charge, jusqu’à 2 kW, ainsi qu’un système électronique chargé de surveiller le fonctionnement de la batterie. Les durées de recharge dépendent de la capacité installée, de la puissance disponible et du niveau de charge initial.
La documentation commerciale évoque une endurance pouvant atteindre 3 000 cycles pour les batteries lithium. Cette valeur constitue une indication constructeur et non une garantie de conservation intégrale de la capacité après ce nombre de cycles. Pour un véhicule d’occasion, l’état réel de la batterie reste donc un critère essentiel, indépendamment du kilométrage affiché.
Positionnement dans la gamme Tazzari Zero
La Zero Junior occupe une place particulière dans la gamme Tazzari puisqu’elle est spécifiquement destinée à la catégorie des voitures sans permis. Son homologation L6e impose des limitations qui la distinguent des autres modèles électriques du constructeur. Elle répond principalement aux besoins de déplacements urbains et périurbains à vitesse modérée.
La Tazzari Zero City, présentée dans la même famille de véhicules, relève de la catégorie L7e des quadricycles lourds. Elle offre des possibilités de performances plus élevées et ne s’adresse pas exactement au même public. Les deux modèles ne doivent donc pas être confondus malgré leur parenté esthétique et commerciale.
La famille Zero comprend également d’autres développements, dont la Tazzari Zero EM1. Cette diversification témoigne de la volonté du constructeur de proposer plusieurs catégories de véhicules électriques plutôt qu’une seule petite automobile déclinée uniquement par sa capacité de batterie.
Le développement de modèles comme la Tazzari Zero 4 illustre également l’élargissement de l’offre. Ces différentes appellations correspondent à des véhicules aux caractéristiques et aux usages distincts. Elles ne désignent pas nécessairement des évolutions successives de la Zero Junior.
La Tazzari Zero Evo appartient elle aussi à l’histoire de la gamme électrique du constructeur. Il convient toutefois de distinguer les évolutions techniques de la famille Zero de la chronologie propre à la Junior, dont l’identité repose avant tout sur son homologation L6e et sa conception pour les déplacements à 45 km/h.
La stratégie de Tazzari s’est ensuite orientée vers d’autres véhicules électriques ultracompacts, notamment avec les projets Minimax et Zeromax. Ces modèles s’inscrivent dans la continuité des recherches du constructeur sur la micromobilité, sans constituer pour autant des remplaçants directs officiellement établis de la Zero Junior.
Prix, commercialisation et marché de l’occasion
Lors de sa présentation en 2016, la Tazzari Zero Junior est annoncée sur le marché italien à partir de 14 884 euros hors batterie. Les tarifs publiés à cette période mentionnent un supplément de 1 952 euros pour la batterie de 5 kWh, de 3 538 euros pour celle de 8 kWh et de 4 148 euros pour celle de 9 kWh. Le prix total indicatif atteint ainsi 16 836 euros avec la plus petite batterie et 19 032 euros avec la plus grande.
Ces montants reflètent une offre de lancement et ne correspondent pas nécessairement aux tarifs pratiqués en France. Le configurateur constructeur a également présenté une grille différente, avec un véhicule de base à 13 700 euros hors batterie et hors TVA. Le prix final dépendait notamment du marché, de la batterie, des équipements et des conditions commerciales.
La Zero Junior se positionnait ainsi comme une alternative électrique aux voitures sans permis thermiques, mais son coût d’acquisition restait relativement élevé pour un véhicule limité à 45 km/h. En contrepartie, elle proposait une motorisation sans émissions directes à l’échappement, un fonctionnement silencieux et une recharge possible à domicile.
La diffusion exacte du modèle n’est pas connue. Aucun volume total de production suffisamment fiable ne permet d’établir combien d’exemplaires ont été fabriqués ou immatriculés en France. Le constructeur indique désormais que la production italienne de cette famille de véhicules a pris fin, tout en maintenant des possibilités de coopération industrielle autour de ses technologies.
Sur le marché de l’occasion, plusieurs points méritent une attention particulière. L’acheteur doit identifier la capacité réelle de la batterie, vérifier son état de santé et contrôler le bon fonctionnement du chargeur embarqué. La disponibilité des pièces de carrosserie, des éléments électroniques et des composants spécifiques à la transmission constitue également un élément important pour un véhicule de diffusion limitée.
La présence d’équipements comme l’ABS, la climatisation ou les jantes optionnelles doit être vérifiée sur chaque exemplaire, car toutes les Zero Junior ne disposent pas de la même configuration. Il est également utile de contrôler les documents d’homologation afin de confirmer qu’il s’agit bien d’une Junior L6e et non d’une autre déclinaison de la gamme Zero.
Enfin, la batterie constitue l’élément déterminant pour apprécier les possibilités d’utilisation d’une Zero Junior ancienne. Un contrôle de sa capacité résiduelle, de l’équilibrage des cellules et du fonctionnement du système de gestion électronique permet d’évaluer plus précisément son état qu’une simple estimation fondée sur l’âge ou le kilométrage du véhicule.
