Histoire de la marque Tazzari

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Tazzari est une marque italienne de véhicules électriques née à Imola sur les bases d’un groupe industriel bien plus ancien. Son histoire automobile commence réellement au milieu des années 2000, lorsque Erik Tazzari engage l’entreprise familiale dans le développement d’un petit véhicule électrique conçu dès l’origine autour d’une architecture légère et de batteries au lithium. Le Tazzari ZERO, commercialisé au début de 2010, donne alors une identité automobile à la marque. Par la suite, Tazzari évolue progressivement d’un rôle de petit constructeur spécialisé vers une activité plus large mêlant production de véhicules électriques légers, ingénierie, licences technologiques et développement pour des partenaires internationaux.

1963 : Giorgio Tazzari fonde le groupe industriel à Imola

L’histoire de Tazzari ne débute pas avec l’automobile. En 1963, Giorgio Tazzari crée à Imola, en Émilie-Romagne, une activité industrielle spécialisée dans la fonderie d’aluminium. Quelques années plus tard, l’entreprise étend ses compétences à la mécanique de précision, avant de développer au fil des décennies d’autres savoir-faire dans la transformation des métaux, la construction mécanique et la fabrication de composants.

Cette origine industrielle est essentielle pour comprendre la future marque automobile. Lorsque Tazzari s’intéresse au véhicule électrique, le groupe dispose déjà d’une expérience dans l’aluminium, les structures mécaniques légères et la fabrication industrielle. L’activité automobile ne naît donc pas comme une start-up indépendante, mais comme une diversification d’un groupe familial possédant plusieurs décennies de compétences techniques.

2006 : Erik Tazzari lance le ZERO Project

Le véritable point de départ de Tazzari comme constructeur de véhicules électriques intervient en 2006. Erik Tazzari, devenu président du groupe l’année précédente, lance à Imola le ZERO Project. L’objectif est de développer un véhicule urbain électrique compact en s’appuyant sur les capacités industrielles déjà présentes au sein de l’entreprise.

Le projet repose notamment sur une recherche poussée de légèreté. Tazzari développe une structure faisant largement appel à l’aluminium ainsi qu’à des techniques d’assemblage adaptées aux matériaux légers. La gestion des batteries lithium-fer-phosphate, l’électronique de contrôle et l’intégration de la chaîne de traction font également partie des compétences que l’entreprise choisit de maîtriser directement.

Cette orientation distingue déjà Tazzari d’un simple assembleur. L’entreprise cherche à construire son propre savoir-faire dans les principaux éléments d’un véhicule électrique, alors que cette technologie reste encore relativement marginale sur le marché automobile européen du milieu des années 2000.

2009 : le Tazzari ZERO fait entrer la marque sur le marché automobile

Le projet aboutit à la présentation du Tazzari ZERO au Motor Show de Bologne en décembre 2009. Sa commercialisation commence en janvier 2010. Ce petit véhicule électrique devient immédiatement le modèle fondateur de la branche automobile et celui auquel le nom Tazzari restera le plus durablement associé.

Le ZERO est conçu spécifiquement pour la propulsion électrique et pour un usage essentiellement urbain. Sa batterie au lithium et sa structure légère illustrent les choix techniques établis depuis le lancement du programme de 2006. Tazzari arrive ainsi sur le marché avant que les voitures électriques de grande diffusion ne deviennent une priorité stratégique pour la plupart des grands constructeurs.

Il faut toutefois distinguer les différentes catégories réglementaires utilisées par la marque. Le ZERO originel relève notamment de la famille des quadricycles lourds et ne doit pas être confondu avec une voiture particulière conventionnelle. Cette particularité permet à Tazzari de développer un véhicule compact et léger, mais place également la marque dans un segment soumis à des normes différentes de celles des automobiles classiques.

2015 : les licences technologiques élargissent le métier de Tazzari

Après les premières années consacrées essentiellement à ses propres véhicules, Tazzari commence à exploiter son expérience sous une autre forme. En 2015, l’entreprise conclut notamment un accord de licence avec le constructeur chinois BAIC. Selon Erik Tazzari, le ZERO EM1 sert ensuite de base à un développement réalisé par la branche électrique du groupe chinois, qui aboutira à l’Arcfox Lite.

Cette opération révèle une évolution importante. Tazzari ne cherche plus seulement à vendre des véhicules sous son propre nom. Ses plateformes, ses compétences en propulsion électrique, ses méthodes d’industrialisation et son expérience de l’homologation deviennent elles-mêmes des actifs commercialisables.

Cette nouvelle orientation prend progressivement la forme de Tazzari EV Technology, une activité destinée à accompagner d’autres entreprises dans la conception, le prototypage, l’homologation et la mise en production de véhicules électriques. Pour un constructeur de petite taille, cette stratégie permet d’exploiter des compétences techniques sans dépendre exclusivement des volumes de vente de ses propres modèles.

2016 : le développement de la Microlino donne une visibilité internationale à Tazzari

En 2016, Tazzari franchit une nouvelle étape en collaborant avec Micro Mobility Systems autour de la Microlino. Inspiré par le principe des microvoitures urbaines, ce projet suisse doit donner naissance à un petit véhicule électrique destiné aux déplacements quotidiens.

Tazzari intervient comme partenaire technique et industriel. L’entreprise d’Imola participe au développement du véhicule, à la réalisation des prototypes et à la préparation de sa production. L’assemblage en série doit initialement être réalisé en Italie. Cette collaboration constitue l’une des démonstrations les plus visibles du repositionnement entrepris quelques années auparavant : Tazzari peut désormais mettre son outil industriel et son ingénierie au service d’une marque extérieure.

Dans le même temps, l’entreprise renouvelle ses propres véhicules. En 2017, une nouvelle génération de la famille ZERO apparaît avec notamment les ZERO EM2 SPACE, ZERO CITY et ZERO JUNIOR. Au-delà de ces appellations, cette évolution traduit surtout une adaptation aux différentes catégories européennes d’homologation et une modernisation de l’architecture électronique développée à Imola.

2018 : le transfert à Artega modifie profondément la stratégie de Tazzari

La collaboration autour de la Microlino connaît un tournant à la fin de 2018. Le constructeur allemand Artega reprend à Tazzari les droits de production liés au projet, avec l’objectif de fabriquer le véhicule en Allemagne plutôt qu’à Imola. Les informations publiées lors de l’opération indiquent également un transfert à Artega de droits de production et de propriété intellectuelle concernant des véhicules de la famille Tazzari ZERO.

Cette opération est parfois présentée comme un rachat de Tazzari, mais cette formulation est trop large. Artega ne rachète pas l’ensemble du groupe industriel Tazzari. L’entreprise familiale italienne poursuit ses activités à Imola. Le changement concerne avant tout des droits industriels et des programmes de véhicules, dont celui de la Microlino.

Les documents publics disponibles ne permettent pas non plus de reconstituer avec certitude tous les mécanismes juridiques ayant ensuite concerné les droits liés au nom ZERO. Il est donc plus rigoureux de considérer 2018 comme une importante réorganisation des activités automobiles de Tazzari plutôt que comme une disparition ou une vente complète de la marque.

2021 : Tazzari se recentre sur les véhicules électriques légers

Après l’épisode Artega, Tazzari confirme qu’elle n’a pas quitté le secteur de la mobilité électrique. En 2021, le groupe acquiert les actifs d’Italian Volt, une marque italienne développant des motos électriques, et transfère le projet à Imola. Cette opération élargit encore le champ d’action du groupe au-delà des microvoitures.

La même année, Tazzari présente plusieurs véhicules illustrant son nouveau positionnement : le Minimax pour les déplacements urbains, le Minimax Cubo à vocation utilitaire et le ZERO 4 destiné davantage aux loisirs. Plutôt que de chercher à concurrencer les constructeurs généralistes sur le marché des voitures particulières, l’entreprise se concentre désormais sur des véhicules électriques compacts correspondant à des usages bien définis.

Ce choix prolonge logiquement l’évolution commencée au milieu des années 2010. La fabrication de véhicules sous la marque Tazzari reste une composante de l’activité, mais elle cohabite désormais avec l’ingénierie, les licences et le développement de plateformes pour des tiers.

2026 : Tazzari reste active comme constructeur spécialisé et société d’ingénierie

En 2026, Tazzari EV demeure une activité du groupe industriel d’Imola. La marque continue de proposer des véhicules électriques légers, notamment dans les familles ZEROMAX et ZERO 4, sans revenir pour autant au modèle économique d’un constructeur automobile de grande série. Son positionnement actuel repose sur des productions spécialisées et sur la valorisation de technologies développées depuis le ZERO Project.

L’entreprise poursuit parallèlement ses activités d’ingénierie et de transfert technologique. Certains projets plus anciens peuvent ainsi servir de bases de licence plutôt que d’être directement produits en Italie. Cette organisation résume l’évolution engagée depuis les premiers partenariats internationaux : Tazzari est passée d’une diversification automobile issue d’un spécialiste de l’aluminium à une entreprise capable de concevoir ses propres véhicules tout en fournissant des solutions techniques à d’autres acteurs de la mobilité électrique.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser le transfert de certains programmes à Artega en 2018, Tazzari n’a donc ni disparu ni connu une fin officielle de son activité automobile. Plus de quinze ans après la commercialisation du premier ZERO, la marque reste présente à Imola sous une forme plus spécialisée, centrée sur les véhicules électriques légers et sur l’ingénierie appliquée à la mobilité électrique.