Ferrari 308 GTB

Ferrari 308 GTB

Présentée en 1975, la Ferrari 308 GTB est une berlinette biplace à moteur V8 central arrière qui occupe une place déterminante dans l’histoire de la marque. Elle inaugure une lignée de Ferrari routières compactes à moteur V8, tout en installant une silhouette qui influencera durablement l’identité visuelle du constructeur. Sa carrière permet aussi de suivre une période de transition technique, des carburateurs à l’injection, puis à la culasse à quatre soupapes par cylindre.

Une Ferrari charnière lancée en 1975

La 308 GTB est dévoilée aux Salons de Paris et de Londres en 1975. Elle prend la relève de la Dino 246 GT dans la gamme des berlinettes compactes à moteur central. Elle ne constitue toutefois pas la première application d’un V8 central dans cette partie du catalogue, puisque la Ferrari Dino 308 GT4, présentée auparavant sous l’appellation Dino, utilisait déjà cette architecture.

La nouveauté tient notamment au fait que la 308 GTB porte directement l’emblème Ferrari. Elle contribue ainsi à faire du V8 central un élément majeur de l’offre routière de Maranello, alors que les modèles les plus prestigieux de la marque restaient traditionnellement associés aux moteurs douze cylindres.

Son nom résume sa configuration mécanique et son type de carrosserie. Le nombre 30 renvoie à une cylindrée proche de trois litres, tandis que le chiffre 8 désigne le nombre de cylindres. La carrosserie fermée prend la forme d’une berlinette à deux places, conçue pour associer performances, compacité et utilisation routière.

Un dessin Pininfarina devenu emblématique

Le style de la 308 GTB est élaboré chez Pininfarina avec la participation de Leonardo Fioravanti. La fabrication de la carrosserie est confiée à Scaglietti. Le dessin se caractérise par une ligne basse, un capot avant plongeant, des flancs sculptés et des prises d’air latérales intégrées derrière les portières.

Ses proportions restent particulièrement compactes. La voiture mesure 4 230 mm de long, 1 720 mm de large et seulement 1 120 mm de haut. Son empattement de 2 340 mm contribue à une silhouette ramassée, très différente de celle des grandes Ferrari à moteur avant produites à la même époque.

Cette recherche de compacité ne relève pas uniquement du style. Le moteur est installé transversalement derrière l’habitacle, ce qui permet de limiter la longueur totale de la voiture. La boîte de vitesses est regroupée avec le moteur afin d’obtenir un ensemble mécanique adapté à cette architecture centrale arrière.

La particularité des premières carrosseries en fibre de verre

Les premiers exemplaires de la 308 GTB utilisent une carrosserie en fibre de verre, une solution alors inédite sur une Ferrari routière produite en série. Ces voitures sont aujourd’hui couramment désignées par le terme italien Vetroresina.

La fibre de verre permet de contenir la masse. Ferrari annonce un poids à sec de 1 090 kg pour la première version. La construction évolue toutefois rapidement, puisque le passage à des panneaux en acier et en aluminium commence progressivement à la fin de l’année 1976.

Il est donc important de ne pas assimiler toutes les 308 GTB à la version Vetroresina. Cette appellation concerne seulement les premiers exemplaires. Les voitures produites ensuite conservent le même dessin général, mais leur carrosserie métallique modifie leur construction et leur poids.

Un V8 atmosphérique de près de trois litres

La Ferrari 308 GTB d’origine reçoit un V8 à 90 degrés d’une cylindrée exacte de 2 926,90 cm³. Installé transversalement en position centrale arrière, ce moteur atmosphérique est alimenté par quatre carburateurs Weber 40 DCNF.

Dans cette configuration, il développe 255 ch à 7 700 tr/min. La puissance est transmise aux roues arrière par une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports. Ferrari annonce une vitesse maximale de 252 km/h, une valeur élevée pour une berlinette de moins de trois litres commercialisée au milieu des années 1970.

Le caractère du moteur repose sur sa capacité à prendre des régimes élevés et sur une réponse directement liée aux carburateurs. Cette configuration distingue nettement les premières 308 GTB des versions à injection apparues au début des années 1980.

VersionAlimentation et distributionPuissance annoncéeVitesse maximale annoncée
308 GTBQuatre carburateurs Weber, deux soupapes par cylindre255 ch à 7 700 tr/min252 km/h
308 GTBiInjection mécanique Bosch K-Jetronic, deux soupapes par cylindre214 ch à 6 600 tr/min240 km/h
308 GTB QuattrovalvoleInjection Bosch K-Jetronic, quatre soupapes par cylindre240 ch à 7 000 tr/min255 km/h

Le passage à l’injection avec la 308 GTBi

En 1980, Ferrari fait évoluer le modèle en remplaçant les carburateurs par une injection mécanique Bosch K-Jetronic. Cette nouvelle version prend le nom de Ferrari 308 GTBi, la lettre supplémentaire signalant le recours à l’injection.

Cette transformation répond notamment au durcissement des normes antipollution. Elle améliore la régularité de l’alimentation, mais s’accompagne d’une baisse sensible des performances annoncées. La puissance passe à 214 ch à 6 600 tr/min et la vitesse maximale descend à 240 km/h.

La GTBi représente ainsi une phase de transition dans l’histoire de la 308. Elle conserve l’architecture générale, la cylindrée et le dessin du modèle, mais son moteur offre des chiffres inférieurs à ceux de la version initiale à carburateurs.

Le retour des performances avec la Quattrovalvole

Ferrari intervient de nouveau en 1982 avec la Ferrari 308 GTB Quattrovalvole. Le moteur conserve sa cylindrée de 2 926,90 cm³ et son injection Bosch, mais adopte désormais quatre soupapes par cylindre.

Cette nouvelle culasse améliore la respiration du V8 et permet de porter la puissance à 240 ch à 7 000 tr/min. La vitesse maximale annoncée atteint 255 km/h, soit davantage que celle de la première 308 GTB à carburateurs.

L’évolution Quattrovalvole ne constitue donc pas un simple changement d’appellation. Elle corrige en grande partie la perte de puissance observée lors du passage à l’injection et prolonge la carrière du modèle jusqu’à son remplacement au milieu des années 1980.

Ferrari 308 GTB ou 308 GTS : quelle différence ?

La 308 GTB est une berlinette entièrement fermée. La Ferrari 308 GTS, lancée en 1977, adopte au contraire un panneau de toit amovible de type Targa. Les deux modèles partagent leur architecture générale et une grande partie de leur mécanique, mais répondent à des usages et à des préférences différents.

La GTB conserve un pavillon fixe et une silhouette continue, tandis que la GTS permet de rouler avec une partie du toit retirée. Cette distinction est également utile pour identifier la voiture popularisée par la série télévisée Magnum : le modèle conduit à l’écran est une 308 GTS, et non une 308 GTB.

Production et place dans l’histoire de Ferrari

Ferrari indique avoir produit 2 897 exemplaires de la 308 GTB. En intégrant les différentes carrosseries et évolutions mécaniques, la famille 308 atteint 12 149 voitures. À la fin de sa carrière en 1985, elle constitue la gamme Ferrari la plus diffusée de l’histoire de la marque à cette date.

Ce volume reste modeste à l’échelle de l’industrie automobile, mais il marque un changement important pour Ferrari. La 308 contribue à élargir la présence commerciale du constructeur sans abandonner une architecture de voiture de sport à moteur central.

Le modèle joue aussi un rôle dans le développement de Ferrari plus radicales. La 308 GTB sert de point de départ à la GTO conçue dans le contexte de la réglementation du Groupe B. Ferrari rattache également cette filiation technique et stylistique au développement qui conduira ensuite à la F40.

En 1985, la 308 cède sa place à la Ferrari 328 GTB. Cette dernière reprend la formule de la berlinette V8 centrale tout en augmentant la cylindrée et en modernisant la présentation, confirmant la structure de gamme installée dix ans plus tôt par la 308 GTB.