Présentée au Salon de Paris en 1976, la Ferrari 400 Automatic occupe une place particulière dans l’histoire de Maranello. Ce grand coupé 2+2 à moteur V12 est la première Ferrari de série proposée avec une boîte de vitesses automatique. Elle ne cherche donc pas à reproduire le caractère d’une berlinette sportive, mais à associer les performances d’un douze cylindres à une conduite plus souple et à un habitacle capable d’accueillir quatre personnes.
Une grande routière V12 lancée en 1976
La Ferrari 400 succède à la 365 GT4 2+2, dont elle conserve l’architecture générale et les lignes anguleuses dessinées par Pininfarina. Son moteur est installé longitudinalement à l’avant, tandis que la transmission entraîne les roues arrière. Cette disposition correspond à celle des grandes Ferrari de voyage de l’époque, pensées pour parcourir rapidement de longues distances plutôt que pour rechercher une agilité maximale sur circuit.
Avec une longueur de 4 810 mm, une largeur de 1 796 mm et un empattement de 2 700 mm, la 400 Automatic affiche des dimensions imposantes. Sa carrosserie basse, haute de 1 310 mm, conserve néanmoins une silhouette équilibrée. Le poids à sec annoncé atteint 1 700 kg, une valeur cohérente avec son moteur V12, son équipement, sa transmission automatique et sa configuration 2+2.
L’appellation « 400 » ne correspond pas directement à la cylindrée totale. Elle renvoie approximativement au volume d’un cylindre du V12, selon une logique longtemps utilisée par Ferrari. La cylindrée exacte atteint 4 823,16 cm³, soit un peu plus de 4,8 litres.
Un V12 de 340 ch alimenté par six carburateurs
La Ferrari 400 Automatic reçoit un V12 ouvert à 60 degrés, alimenté par six carburateurs Weber 38 DCOE. Dans cette première version, le moteur développe 250 kW, soit 340 ch selon les données du constructeur. Les principales caractéristiques techniques peuvent être vérifiées sur la fiche historique officielle de Ferrari.
Cette mécanique se distingue moins par une recherche de puissance extrême que par sa souplesse et sa capacité à déplacer efficacement une voiture lourde. Le choix de douze cylindres permet une grande régularité de fonctionnement et une montée en régime progressive, deux qualités adaptées à une GT conçue pour les trajets rapides et confortables.
Le réservoir de 120 litres souligne également la vocation routière du modèle. Une telle capacité répond aux besoins d’un moteur de forte cylindrée alimenté par carburateurs, dont la consommation peut être élevée, particulièrement en conduite soutenue.
La première Ferrari de série à boîte automatique
La principale singularité du modèle réside dans sa transmission automatique à trois rapports, associée à un convertisseur de couple. Ferrari fait alors appel à une boîte d’origine General Motors, une solution déjà éprouvée sur des automobiles puissantes et lourdes. Ce choix permet d’absorber le couple du V12 tout en offrant une conduite plus détendue que celle d’une boîte manuelle traditionnelle.
Dans les années 1970, proposer une Ferrari automatique constitue une rupture importante. La marque reste fortement associée à la compétition et aux boîtes manuelles, mais une partie de sa clientèle recherche déjà une automobile plus facile à utiliser dans la circulation ou sur de longues étapes. La 400 Automatic répond à cette attente sans abandonner le moteur V12 ni la propulsion arrière.
La gamme comprend parallèlement la Ferrari 400 GT, équipée d’une boîte manuelle à cinq rapports. Les deux versions reposent sur la même base, mais leur philosophie diffère. La boîte manuelle offre une implication plus directe, tandis que l’automatique privilégie la douceur et la simplicité d’utilisation.
Des performances de grande GT
Malgré son poids et sa boîte à seulement trois rapports, la Ferrari 400 Automatic atteint une vitesse maximale annoncée de 240 km/h. Le constructeur communique également un temps de 14,9 secondes sur 400 mètres départ arrêté et de 25,5 secondes sur 1 000 mètres départ arrêté.
Ces chiffres replacent le modèle dans son contexte. La 400 Automatic n’a pas été conçue comme une sportive légère, mais elle demeure capable de performances élevées grâce à la puissance et à l’allonge de son V12. Sur autoroute, son empattement long et son gabarit favorisent davantage la stabilité que les changements rapides de direction.
La transmission automatique modifie aussi la manière dont les performances sont délivrées. Le convertisseur de couple filtre les réactions mécaniques et rend les démarrages plus progressifs. En contrepartie, il offre une sensation moins immédiate qu’une boîte manuelle et peut atténuer une partie du caractère sportif attendu d’une Ferrari.
Un habitacle conçu pour voyager à quatre
La configuration 2+2 distingue la 400 Automatic des Ferrari strictement biplaces. Les places arrière restent plus adaptées à des passagers de taille modérée ou à des trajets limités, mais elles augmentent nettement la polyvalence du coupé. Le coffre et le grand réservoir renforcent cette aptitude aux déplacements de longue distance.
La présentation intérieure correspond au positionnement haut de gamme du modèle, avec une planche de bord orientée vers le conducteur, une instrumentation complète et des matériaux valorisants. L’objectif n’est pas de masquer la mécanique, mais de l’intégrer à une automobile plus confortable et plus utilisable qu’une sportive radicale.
Cette formule préfigure d’autres Ferrari à moteur V12 avant associant quatre places et transmission automatique. Bien plus tard, la Ferrari 456 GTA reprendra cette approche avec une conception et une technologie adaptées aux années 1990.
Le passage à l’injection en 1979
En novembre 1979, la version à carburateurs laisse place à la Ferrari 400 Automatic i. La lettre « i » indique l’adoption d’une injection mécanique Bosch K-Jetronic. Ce changement répond notamment au durcissement des normes antipollution et facilite la régularité de fonctionnement du moteur.
Avec l’injection, la puissance annoncée descend à 228 kW, soit 310 ch. Cette baisse ne transforme pas fondamentalement la vocation de la voiture, qui reste celle d’une grande GT confortable et rapide. Elle marque néanmoins une évolution technique importante, puisque les six carburateurs Weber disparaissent au profit d’un système d’alimentation plus moderne.
La gamme comprend également la Ferrari 400 GTi, qui associe l’injection à la boîte manuelle. Il est donc utile de distinguer quatre appellations proches : 400 GT et 400 Automatic pour les versions à carburateurs, puis 400 GTi et 400 Automatic i pour les modèles à injection.
Une production limitée et une place singulière dans la gamme
La Ferrari 400 Automatic à carburateurs est produite jusqu’en 1979. Les données historiques couramment retenues font état de 355 exemplaires. Les carrosseries étaient réalisées par Pininfarina à Turin avant de recevoir leurs éléments mécaniques chez Ferrari.
Cette diffusion limitée s’explique en partie par le positionnement très spécifique du modèle. La 400 Automatic s’adresse à une clientèle recherchant une Ferrari discrète, habitable et utilisable sur de longues distances. Son style rectiligne et sa boîte automatique l’éloignent de l’image la plus spectaculaire de la marque, mais ces particularités constituent aujourd’hui l’essentiel de son intérêt historique.
La lignée évoluera ensuite vers la Ferrari 412, qui modernise la formule du grand coupé 2+2 à moteur V12 avant. La 400 Automatic reste toutefois le modèle fondateur de cette évolution, car elle a introduit dès 1976 une transmission automatique dans la production régulière de Ferrari.











