Présentée en 1976, la Ferrari 400 GT est un grand coupé 2+2 à moteur V12 avant, conçu pour associer performances élevées, confort de voyage et possibilité d’accueillir quatre occupants. Elle se distingue surtout par sa boîte manuelle à cinq rapports, contrairement à la 400 Automatic commercialisée en parallèle. Produite en nombre limité jusqu’en 1979, cette version à carburateurs occupe aujourd’hui une place particulière dans l’histoire des Ferrari de grand tourisme.
Une évolution de la grande Ferrari 2+2
La 400 est dévoilée au Salon de Paris en 1976 pour succéder à la Ferrari 365 GT4 2+2. Elle en conserve l’architecture générale, avec un long capot, un habitacle capable de recevoir quatre personnes et une ligne plus sobre que celle des berlinettes sportives de la marque. Cette continuité correspond à la vocation du modèle : parcourir de longues distances rapidement, sans renoncer au raffinement attendu d’une Ferrari haut de gamme.
L’appellation 400 GT désigne précisément la version équipée d’une transmission manuelle. Cette précision est importante, car le nom « Ferrari 400 » est souvent utilisé de manière générale pour réunir plusieurs variantes différentes, notamment les modèles automatiques et les versions ultérieures à injection. La 400 GT originelle reste, quant à elle, une automobile alimentée par carburateurs et produite pendant une période relativement courte.
Un V12 de 4,8 litres alimenté par six carburateurs
La Ferrari 400 GT reçoit un moteur V12 à 60 degrés installé longitudinalement à l’avant. Sa cylindrée exacte atteint 4 823,16 cm³. Il est alimenté par six carburateurs Weber 38 DCOE, une configuration complexe mais emblématique des grandes Ferrari de cette époque.
La puissance annoncée est de 340 ch, soit 250 kW. Elle est transmise aux roues arrière par une boîte mécanique à cinq rapports. Cette association donne à la 400 GT un caractère différent de celui d’une sportive légère : son moteur doit déplacer une grande carrosserie et un poids à sec annoncé de 1 700 kg, mais il offre la souplesse et l’allonge attendues d’un V12 Ferrari destiné au grand tourisme.
- Cylindrée : 4 823,16 cm³
- Architecture : V12 à 60 degrés, moteur avant longitudinal
- Alimentation : six carburateurs Weber 38 DCOE
- Puissance : 340 ch, soit 250 kW
- Transmission : boîte manuelle à cinq rapports
- Roues motrices : arrière
Ferrari 400 GT ou 400 Automatic : une différence essentielle
La distinction entre la 400 GT et la Ferrari 400 Automatic ne se limite pas à une simple option de transmission. La première emploie une boîte manuelle à cinq rapports, tandis que la seconde reçoit une transmission automatique General Motors à trois rapports. Cette version automatique marque une étape importante, puisqu’elle est présentée comme la première Ferrari de série proposée avec ce type de boîte.
La 400 GT s’adresse donc davantage au conducteur souhaitant conserver une interaction directe avec le V12. Le choix des rapports permet de mieux exploiter le régime moteur et correspond à une conception plus traditionnelle de la conduite d’une Ferrari. La version automatique répond pour sa part à une autre priorité : rendre le grand coupé plus facile et plus reposant à utiliser sur de longues distances, en particulier dans les marchés où ce type de transmission était déjà largement apprécié.
Des performances élevées pour une grande routière
Ferrari annonce une vitesse maximale de 245 km/h. Le constructeur communique également un temps de 14,8 secondes sur 400 mètres départ arrêté et de 25,3 secondes sur un kilomètre départ arrêté. Ces chiffres replacent la voiture dans son contexte : malgré son poids et son orientation luxueuse, la 400 GT conserve des performances de premier plan pour un coupé quatre places de la seconde moitié des années 1970.
Sa vitesse de pointe repose autant sur la puissance du V12 que sur une carrosserie basse et relativement effilée. La voiture mesure 4 810 mm de long pour seulement 1 310 mm de haut. Sa largeur atteint 1 796 mm et son empattement 2 700 mm. Ces proportions donnent naissance à une automobile imposante, mais visuellement équilibrée, dont la longueur profite à la fois au compartiment moteur et à l’espace réservé aux passagers.
Le réservoir de 120 litres confirme également la vocation routière du modèle. Une telle capacité doit permettre d’espacer les arrêts malgré la consommation nécessairement élevée d’un V12 de 4,8 litres alimenté par six carburateurs. La 400 GT n’a donc pas été pensée comme une petite sportive à utiliser sur des trajets courts, mais comme une grande Ferrari capable de maintenir un rythme soutenu sur autoroute.
Une carrosserie discrète signée Pininfarina
Le dessin de la Ferrari 400 GT est confié à Pininfarina. La silhouette se distingue par des lignes tendues, une large surface vitrée et des volumes beaucoup plus rectilignes que ceux de nombreuses Ferrari antérieures. Le style reste volontairement sobre : les proportions, les quatre sorties d’échappement et les phares escamotables expriment davantage le statut et la puissance que l’agressivité.
La carrosserie associe une structure en acier à un plancher en fibre de verre. Par rapport à la 365 GT4 2+2, la 400 adopte plusieurs évolutions visuelles permettant de l’identifier. Elle reçoit notamment deux feux arrière circulaires de chaque côté, alors que sa devancière en possédait trois. Un petit spoiler apparaît à l’avant, tandis que les roues sont désormais fixées par cinq écrous.
L’habitacle reprend la logique d’une véritable 2+2. Les places arrière ne transforment pas la voiture en berline, mais elles offrent davantage de polyvalence que dans une stricte deux places. Cette configuration explique le positionnement singulier de la 400 GT dans la gamme : elle ne cherche pas à concurrencer les Ferrari à moteur central, mais à proposer une interprétation luxueuse et rapide du coupé de voyage.
Une version manuelle particulièrement rare
La première série Ferrari 400 à carburateurs aurait été produite à 502 exemplaires en réunissant les deux types de transmission. Parmi eux, seulement 147 voitures auraient reçu la boîte manuelle et porté la désignation 400 GT. Ce volume limité rend cette variante nettement plus rare que la 400 Automatic.
Cette rareté ne signifie pas que toutes les voitures présentent aujourd’hui le même intérêt. Sur un modèle aussi complexe, l’état mécanique, la qualité de l’entretien et la conformité de la configuration comptent fortement. Le V12, les six carburateurs et les nombreux équipements d’un coupé luxueux exigent une maintenance spécialisée. Un historique documenté peut donc être plus déterminant que l’apparence extérieure seule.
La boîte manuelle constitue néanmoins un élément distinctif recherché. Elle rapproche la 400 GT de la tradition mécanique de Ferrari et permet d’exploiter le moteur sans l’intermédiaire d’une transmission automatique à trois rapports. Cette configuration explique en partie pourquoi la version GT est souvent traitée séparément dans les inventaires de collection et les ventes spécialisées.
Le passage des carburateurs à l’injection
En novembre 1979, la 400 à carburateurs laisse place à la Ferrari 400 GTi. Le suffixe « i » indique l’adoption d’une injection Bosch K-Jetronic en remplacement des six carburateurs Weber. Cette évolution doit faciliter le fonctionnement du moteur et répondre à un environnement réglementaire plus contraignant, mais la puissance officielle passe de 340 à 310 ch.
La version automatique suit la même évolution technique avec la Ferrari 400 Automatic i. La gamme conserve ainsi ses deux propositions : une transmission manuelle pour les conducteurs privilégiant l’implication et une boîte automatique pour ceux recherchant avant tout la facilité d’utilisation d’une grande routière.
Cette famille de coupés V12 à moteur avant poursuivra sa carrière au-delà de la 400. La Ferrari 412 en représentera la dernière évolution, avec une cylindrée accrue et plusieurs modifications esthétiques et techniques, avant la disparition de cette longue lignée de grandes Ferrari 2+2 anguleuses.






