Ferrari GTS Turbo

Ferrari GTS Turbo

La Ferrari GTS Turbo est une berlinette découvrable à moteur V8 central arrière lancée en 1986. Elle associe la carrosserie modernisée de la famille 328 à un moteur de seulement 1 990,64 cm³, suralimenté pour atteindre 254 ch. Cette cylindrée inhabituelle ne résulte pas d’un choix technique isolé : elle permettait à Ferrari de proposer en Italie un modèle performant tout en restant sous le seuil fiscal des deux litres.

Produite à 828 exemplaires, la GTS Turbo demeure moins connue que la 328 GTS dont elle reprend une grande partie de l’apparence. Elle ne doit pas non plus être confondue avec la Ferrari 208 GTS Turbo, commercialisée quelques années auparavant avec une présentation et une mécanique différentes.

Un modèle lancé en 1986 dans la lignée des Ferrari V8 turbo

La GTS Turbo apparaît en 1986, parallèlement à la Ferrari GTB Turbo. Les deux modèles partagent leur moteur, leur architecture et leur style général. La GTB reçoit un toit fixe, tandis que la GTS adopte un panneau de toit amovible de type targa, solution déjà familière dans la gamme Ferrari.

Cette génération remplace les 208 Turbo du début des années 1980. La première étape importante de cette lignée avait été la Ferrari 208 GTB Turbo, qui démontrait qu’un V8 de moins de deux litres pouvait offrir des performances proches de celles de modèles à plus forte cylindrée grâce à la suralimentation.

La GTS Turbo de 1986 constitue une évolution plus qu’un simple changement de carrosserie. Sa puissance atteint 254 ch, contre 220 ch pour la 208 GTS Turbo apparue en 1983. La vitesse maximale officielle progresse également, passant de 242 à 253 km/h. Ces chiffres permettent de distinguer clairement les deux générations malgré des appellations proches.

Pourquoi Ferrari a choisi un moteur de moins de deux litres

Le V8 de 1 990,64 cm³ répond directement au contexte fiscal italien de l’époque. Les voitures dépassant deux litres de cylindrée étaient soumises à une taxation nettement plus lourde. Ferrari pouvait donc réduire le coût fiscal de possession en maintenant la cylindrée juste sous cette limite, sans renoncer au niveau de performances attendu d’une voiture de sport de la marque.

La suralimentation compensait la faible cylindrée. Au lieu d’utiliser un moteur atmosphérique plus volumineux, Ferrari associait le V8 à un turbocompresseur IHI et à un intercooler Behr. L’air comprimé par le turbo était refroidi avant d’entrer dans le moteur, ce qui améliorait sa densité et permettait d’obtenir davantage de puissance.

Cette approche distinguait la GTS Turbo de la Ferrari 328 GTS. Cette dernière disposait d’un V8 atmosphérique de 3,2 litres, tandis que la Turbo utilisait une cylindrée beaucoup plus réduite. Ferrari annonçait pourtant des performances comparables, obtenues par deux philosophies mécaniques différentes.

Un V8 turbo de 254 ch en position centrale arrière

Le moteur est un V8 à 90 degrés monté transversalement en position centrale arrière. Sa cylindrée exacte est de 1 990,64 cm³. Il développe 254 ch à 6 500 tr/min et délivre un couple maximal de 328 Nm à 4 100 tr/min.

L’alimentation repose sur une injection mécanique Bosch K-Jetronic. Le turbocompresseur IHI est complété par un intercooler Behr, tandis que l’allumage électronique est confié à un système Marelli MED 807 A. Cet ensemble illustre la manière dont Ferrari combinait, au milieu des années 1980, une mécanique traditionnelle à des solutions de suralimentation devenues essentielles pour atteindre la puissance recherchée.

CaractéristiqueDonnée officielle
ArchitectureV8 à 90 degrés, central arrière transversal
Cylindrée1 990,64 cm³
Puissance maximale254 ch à 6 500 tr/min
Couple maximal328 Nm à 4 100 tr/min
AlimentationInjection mécanique Bosch K-Jetronic
SuralimentationTurbocompresseur IHI et intercooler Behr
Poids à sec1 275 kg

Des performances proches de celles d’une Ferrari de 3,2 litres

Ferrari annonçait une vitesse maximale de 253 km/h et un passage de 0 à 100 km/h en 6,3 secondes. La GTS Turbo parcourait les 400 mètres départ arrêté en 14,3 secondes et le kilomètre départ arrêté en 25,7 secondes.

Ces performances doivent être replacées dans le contexte de son poids à sec de 1 275 kg et de sa cylindrée inférieure à deux litres. La puissance spécifique élevée du moteur permettait à la GTS Turbo de se rapprocher de modèles atmosphériques dotés d’une mécanique sensiblement plus volumineuse.

Le recours au turbo modifiait toutefois la manière d’obtenir cette puissance. Un moteur atmosphérique délivre généralement sa réponse de façon plus progressive, tandis qu’un moteur suralimenté de cette époque dépend davantage de la montée en régime et de la pression fournie par le turbocompresseur. Sans prétendre à une mesure de conduite particulière, cette différence technique suffit à expliquer pourquoi la GTS Turbo occupe une place distincte de celle de la 328 GTS.

Une carrosserie proche de la 328 GTS, avec des détails spécifiques

La GTS Turbo reprend la carrosserie et l’habitacle de la série 328. Sa silhouette conserve les proportions caractéristiques des Ferrari V8 à moteur central, avec un habitacle avancé, des prises d’air latérales et une poupe large. Son panneau de toit amovible prolonge la formule employée auparavant sur la Ferrari 308 GTS.

Plusieurs détails permettent néanmoins d’identifier la version Turbo. Le capot moteur est adapté à la présence de l’intercooler. Des conduits NACA sont placés devant les passages de roues arrière afin de gérer les besoins de refroidissement, tandis que la jupe arrière comporte cinq fentes d’évacuation d’air. Un becquet de toit noir est également monté de série.

Ces éléments ne sont pas de simples ornements. La suralimentation augmente les contraintes thermiques et impose une circulation d’air adaptée autour du moteur, du turbocompresseur et de l’échangeur. Les différences extérieures reflètent donc directement les particularités mécaniques du modèle.

Une production limitée à 828 exemplaires

Ferrari indique que la GTS Turbo a été fabriquée à 828 exemplaires sur trois ans. Les numéros de châssis recensés par le constructeur s’étendent de 63739 à 83148. Cette plage ne signifie pas que tous les numéros intermédiaires correspondent à une GTS Turbo, les Ferrari de différentes séries partageant la même séquence générale de numérotation.

Ce volume limité s’explique notamment par le positionnement particulier du modèle. Sa mécanique de moins de deux litres répondait avant tout à une contrainte fiscale propre au marché italien, alors que la 328 GTS à moteur de 3,2 litres constituait l’offre plus naturelle sur de nombreux autres marchés.

Pour identifier correctement un exemplaire, l’appellation commerciale ne suffit donc pas. L’année, le numéro de châssis, les caractéristiques du moteur et les éléments de carrosserie spécifiques doivent être cohérents. Cette vérification permet de distinguer une véritable GTS Turbo de 1986 d’une 208 GTS Turbo antérieure ou d’une 328 GTS présentant une silhouette très proche.