La Ferrari FXX K est une voiture-laboratoire hybride développée exclusivement pour le circuit. Présentée à la fin de l’année 2014, elle reprend l’architecture de la LaFerrari, mais s’affranchit des contraintes liées à l’homologation routière et aux règlements de compétition. Cette liberté technique permet à Ferrari d’en faire un outil d’expérimentation consacré à la performance, à l’aérodynamique et à la gestion de l’énergie.
Sa mécanique associe un V12 atmosphérique de 6 262 cm³ développant 860 ch à un moteur électrique de 190 ch. La puissance cumulée atteint ainsi 1 050 ch, tandis que le couple maximal total dépasse 900 Nm. Malgré ces chiffres, la FXX K n’est pas conçue pour établir un record de vitesse ou participer à un championnat. Elle s’inscrit dans le programme XX, au sein duquel des clients sélectionnés conduisent des prototypes sur circuit et contribuent à la collecte de données utiles au constructeur.
Une LaFerrari transformée en laboratoire de piste
La FXX K conserve les éléments fondamentaux de la supercar hybride de Maranello, notamment son V12 central arrière, son système électrique et sa boîte à double embrayage à sept rapports. Elle reçoit toutefois une calibration spécifique, une aérodynamique beaucoup plus poussée et des équipements adaptés à une utilisation intensive sur piste.
Elle n’est homologuée ni pour la route ni pour une catégorie de compétition. Ce positionnement la distingue d’une voiture de course conventionnelle, conçue pour respecter un règlement technique précis. Ferrari peut ici modifier librement les réglages, les systèmes électroniques ou les éléments aérodynamiques afin d’étudier leur comportement dans des conditions proches de celles d’un prototype.
La lettre « K » fait référence au KERS, le système de récupération de l’énergie cinétique dont dérive la technologie hybride HY-KERS de la voiture. Lors des freinages, une partie de l’énergie peut être récupérée puis restituée par le moteur électrique pour soutenir le V12.
Un V12 hybride de 1 050 ch
Le moteur thermique produit 860 ch, contre 800 ch sur la voiture routière dont la FXX K est issue. Cette augmentation résulte notamment d’une admission retravaillée, d’une distribution spécifique et d’un échappement libéré des silencieux nécessaires à une automobile homologuée pour la circulation.
Le moteur électrique ajoute 190 ch et contribue à la réponse immédiate de l’accélérateur. L’intérêt du système ne se limite donc pas à la puissance maximale. L’assistance électrique permet également d’améliorer les reprises, de combler certaines variations de couple du moteur thermique et d’adapter la restitution d’énergie aux différentes phases d’un tour de circuit.
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Moteur thermique | V12 atmosphérique de 6 262 cm³ |
| Puissance du V12 | 860 ch |
| Puissance électrique | 190 ch |
| Puissance cumulée | 1 050 ch |
| Couple maximal total | Plus de 900 Nm |
| Transmission | Boîte à double embrayage à 7 rapports |
| Usage | Exclusivement sur circuit |
Les quatre modes du système HY-KERS
Le conducteur peut modifier la stratégie de gestion du système hybride selon l’objectif recherché. Ferrari a prévu quatre modes qui agissent sur la disponibilité de l’énergie électrique et sur la façon dont elle est distribuée pendant le roulage.
- Qualify privilégie la puissance maximale sur un nombre limité de tours.
- Long Run cherche à maintenir un niveau de performance régulier pendant une session plus longue.
- Manual Boost permet de solliciter immédiatement le couple maximal disponible.
- Fast Charge favorise une recharge rapide de la batterie.
Ces réglages montrent que la FXX K n’est pas seulement une version plus puissante de la LaFerrari. Elle sert aussi à expérimenter différentes stratégies de récupération et de restitution de l’énergie dans des conditions où la régularité, la température des composants et la durée des sessions jouent un rôle important.
Une aérodynamique pensée pour l’appui
Ferrari annonce jusqu’à 540 kg d’appui aérodynamique à 200 km/h. Par rapport à la LaFerrari, l’appui progresserait de 50 % dans la configuration à faible traînée et de 30 % dans celle privilégiant davantage la charge aérodynamique.
La partie avant reçoit un séparateur plus imposant, prolongé par des éléments verticaux qui canalisent le flux d’air autour des roues. À l’arrière, deux petits ailerons latéraux travaillent avec un élément central mobile. Cet ensemble permet d’ajuster l’équilibre entre la résistance à l’avancement et la stabilité dans les courbes rapides.
Le fond plat et le diffuseur participent également à la création d’appui. L’objectif n’est pas uniquement d’augmenter la charge verticale, mais de conserver une voiture prévisible lorsque la vitesse, l’angle de braquage ou les mouvements de caisse évoluent. Cette stabilité est essentielle pour exploiter une puissance dépassant 1 000 ch sur un circuit.
Dimensions et conception
La FXX K mesure 4 896 mm de long, 2 051 mm de large et 1 116 mm de haut. Son empattement atteint 2 650 mm. Ses proportions restent donc proches de celles de sa base routière, mais les appendices aérodynamiques et la largeur importante renforcent son apparence de prototype.
| Dimension | Valeur |
|---|---|
| Longueur | 4 896 mm |
| Largeur | 2 051 mm |
| Hauteur | 1 116 mm |
| Empattement | 2 650 mm |
Le développement de la voiture s’inscrit dans la continuité de la Ferrari FXX, lancée au milieu des années 2000 sur une base d’Enzo. Ferrari avait alors instauré le principe d’un modèle non homologué confié à des clients pilotes dans le cadre d’événements encadrés par l’usine.
La Ferrari 599XX a ensuite prolongé cette démarche avec un V12 avant et plusieurs solutions aérodynamiques actives. La FXX K ajoute à cette lignée une dimension hybride plus avancée, directement liée aux travaux menés par Ferrari sur la récupération d’énergie.
Des performances souvent citées, mais non officialisées
Des valeurs de 2,5 secondes pour le 0 à 100 km/h et d’environ 350 km/h en vitesse maximale sont régulièrement associées à la FXX K. Elles ne figuraient toutefois pas parmi les données officiellement communiquées par Ferrari lors de la présentation du modèle. Elles doivent donc être considérées comme des estimations ou des chiffres relayés par des sources secondaires, et non comme des performances constructeur certifiées.
Cette absence de chiffres officiels est cohérente avec la vocation du programme. Sur une voiture de laboratoire, Ferrari s’intéresse davantage au comportement sur un tour complet, à la constance des performances, à l’exploitation de l’énergie hybride et à la qualité des données recueillies qu’à un temps d’accélération isolé.
Un prix historique à distinguer de la valeur actuelle
Lors de son lancement, la presse automobile a évoqué un prix proche de 2,7 millions de dollars, soit environ 2,18 millions d’euros selon le taux de change de l’époque. Ce montant doit être présenté comme une indication historique rapportée en 2014, et non comme un tarif officiel actuel ou une estimation de marché.
La FXX K n’était pas vendue selon le fonctionnement habituel d’une automobile de série. Son acquisition s’intégrait au programme Corse Clienti, avec un accompagnement technique, des événements sur circuit et une logistique gérée en partie par Ferrari. Sa valeur éventuelle dépend aujourd’hui de paramètres difficiles à généraliser, comme l’historique de l’exemplaire, son état, sa configuration et les conditions imposées à son utilisation ou à sa cession.
Combien de Ferrari FXX K ont été produites ?
Le nombre exact d’exemplaires fait l’objet de données divergentes. Des publications contemporaines du lancement ont évoqué une série de 32 voitures, tandis qu’une rétrospective publiée ultérieurement par Ferrari mentionne 42 unités. Sans précision supplémentaire sur la méthode de comptage, il n’est pas possible d’affirmer avec certitude si le chiffre le plus élevé inclut des voitures converties, des versions d’évolution ou des exemplaires affectés à des usages particuliers.
La formulation la plus rigoureuse consiste donc à retenir que la production a été extrêmement limitée, tout en signalant que les sources disponibles ne concordent pas sur son volume exact.
La FXX-K Evo, évolution aérodynamique présentée en 2017
Ferrari a dévoilé la FXX-K Evo en 2017. Cette évolution conserve la chaîne de traction de la FXX K, mais bénéficie d’un ensemble aérodynamique profondément remanié. Elle peut prendre la forme d’une voiture complète ou, selon les configurations prévues par Ferrari, d’un programme de transformation appliqué à une FXX K existante.
La modification la plus visible est l’ajout d’un grand aileron arrière fixe, associé aux éléments actifs déjà présents. Ferrari annonce jusqu’à 640 kg d’appui à 200 km/h, soit 100 kg de plus que la FXX K, et plus de 830 kg à la vitesse maximale.
Cette évolution illustre la fonction réelle du modèle. La FXX K n’est pas une supercar routière simplement allégée, mais une plateforme technique évolutive grâce à laquelle Ferrari étudie l’interaction entre puissance hybride, électronique, pneumatiques et aérodynamique dans un environnement exclusivement réservé à la piste.











