Le Toyota Proace City apparaît en 2019 avec un objectif clair : donner à Toyota une véritable offre sur le marché européen des fourgonnettes compactes. Plus petit que le Toyota Proace, il vise les artisans, les entreprises, les flottes et les professionnels qui recherchent un utilitaire maniable en ville mais suffisamment logeable pour assurer des tournées, transporter de l’outillage ou recevoir deux europalettes.
Le modèle ne naît pas d’une feuille blanche. Il est développé dans le cadre du partenariat entre Toyota et le groupe PSA, devenu ensuite Stellantis, et appartient à la même famille technique que les Citroën Berlingo, Peugeot Partner et Opel Combo contemporains. Toyota lui applique toutefois sa propre identité visuelle, sa gamme de finitions, son réseau professionnel et ses conditions de garantie. Cette origine explique à la fois sa conception très européenne et ses dimensions proches de celles des références du segment.
Un utilitaire compact lancé en 2019
Toyota annonce officiellement le Proace City au printemps 2019 et le présente au Commercial Vehicle Show de Birmingham. La production est lancée à Vigo, en Espagne, à la fin de la même année, avant la commercialisation européenne au début de 2020. Le Proace City devient ainsi le premier modèle Toyota produit en Espagne dans le cadre de cette coopération industrielle.
Son arrivée complète une gamme professionnelle déjà structurée autour de véhicules plus grands. Toyota disposait depuis longtemps d’une expérience dans les utilitaires avec le Toyota HiAce, les petits camions Toyota Dyna et surtout le Hilux. Le Proace City répond néanmoins à un besoin différent : celui d’un fourgon compact destiné aux usages urbains et périurbains, un segment devenu essentiel pour les livraisons et les services de proximité.
Le modèle est proposé dès l’origine en deux longueurs. La version Medium mesure un peu plus de 4,40 m, tandis que la Long atteint environ 4,75 m. Cette dernière reçoit un empattement allongé et offre davantage de volume de chargement. Selon les configurations, le Proace City peut être commandé en fourgon tôlé, en version vitrée ou en cabine approfondie. Il ne faut pas le confondre avec le Proace City Verso, qui privilégie le transport de passagers et peut accueillir jusqu’à sept occupants.
Une architecture issue du programme K9
Le Proace City partage sa base avec la génération dite K9 des utilitaires compacts du groupe PSA. Cette architecture repose sur la plateforme EMP2 et adopte une structure monocoque, un moteur transversal placé à l’avant et une transmission aux roues avant. Pour Toyota, l’intérêt est double : accéder rapidement à une base technique moderne et disposer immédiatement d’une gamme de moteurs, de boîtes et d’équipements déjà adaptés au marché européen.
Le train avant est de type pseudo-MacPherson et l’essieu arrière repose sur une traverse déformable, une solution courante sur les utilitaires compacts car elle permet de préserver à la fois le volume de chargement, la charge utile et un comportement routier proche de celui d’une voiture particulière. Toyota propose aussi un système de gestion électronique de la motricité, baptisé Traction Select sur certaines versions. Il ne transforme pas le Proace City en véhicule à quatre roues motrices, mais adapte l’antipatinage à plusieurs types de surfaces.
Cette parenté technique rapproche le Toyota de plusieurs modèles européens bien connus. Les générations récentes du Fiat Doblò rejoindront elles aussi cette même grande famille industrielle. Les différences se jouent alors surtout sur le style de la face avant, les équipements, la définition des gammes et les politiques commerciales propres à chaque marque.
Des moteurs essence et diesel, puis une version électrique
Au lancement, Toyota couvre une plage de puissance allant de 75 à 130 ch. Les moteurs essence reposent sur un trois cylindres turbo de 1 199 cm3, proposé en 110 ou 130 ch. Les diesels utilisent un quatre cylindres turbo de 1 499 cm3 décliné en plusieurs puissances, de 75 à 130 ch. Selon la motorisation, le Proace City reçoit une boîte manuelle à cinq ou six rapports, ou une boîte automatique à huit rapports.
Les versions de 130 ch sont les plus performantes de la gamme thermique initiale. Le diesel 130 ch à boîte manuelle peut atteindre environ 185 km/h et passer de 0 à 100 km/h en moins de 10 secondes dans certaines configurations homologuées. Ces chiffres restent secondaires pour un utilitaire, mais ils montrent que le Proace City a été conçu pour conserver des performances routières comparables à celles d’un véhicule particulier, y compris sur autoroute.
En 2021, Toyota ajoute le Proace City Electric. Il reçoit un moteur électrique de 100 kW, soit 136 ch, associé à une batterie lithium-ion de 50 kWh. L’autonomie annoncée au lancement se situe entre 260 et 280 km selon le cycle WLTP et la configuration. Cette version conserve l’essentiel des capacités de chargement du modèle thermique, les batteries étant intégrées sous le plancher. Une évolution plus récente du modèle restylé porte ensuite l’autonomie jusqu’à environ 330 km WLTP, valeur qui ne doit pas être attribuée à la première version électrique de 2021.
Fiche technique de la Toyota Proace City
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Lancement | 2019, commercialisation européenne à partir de 2020 |
| Type | Fourgon utilitaire compact |
| Architecture | Moteur avant transversal, traction avant |
| Plateforme | Famille K9, base EMP2 |
| Moteur essence | 3 cylindres turbo, 1 199 cm3 |
| Puissances essence | 110 ch à 5 500 tr/min, 205 Nm à 1 500 tr/min ; 130 ch à 5 500 tr/min, 230 Nm à 1 600 tr/min |
| Moteur diesel | 4 cylindres turbo, 1 499 cm3 |
| Puissances diesel | 75 ch, 100 ch ou 130 ch |
| Couple diesel | 210 Nm, 250 Nm ou jusqu’à 300 Nm selon version |
| Boîtes de vitesses | Manuelle 5 rapports, manuelle 6 rapports ou automatique 8 rapports selon moteur |
| Suspension avant | Pseudo-MacPherson |
| Suspension arrière | Traverse déformable |
| Freinage | Disques avant et arrière selon configuration |
| Longueur Medium | 4 403 mm |
| Longueur Long | 4 753 mm |
| Largeur | 1 848 mm hors rétroviseurs |
| Hauteur | Environ 1 796 à 1 860 mm selon version |
| Empattement Medium | 2 785 mm |
| Empattement Long | 2 975 mm |
| Volume utile Medium | 3,3 m3, jusqu’à 3,8 m3 avec système Moduwork |
| Volume utile Long | 3,9 m3, jusqu’à 4,3 m3 avec système Moduwork |
| Longueur utile au plancher | 1 817 mm en Medium, 2 167 mm en Long |
| Longueur utile avec Moduwork | Jusqu’à 3 090 mm en Medium et 3 440 mm en Long |
| Largeur utile maximale | 1 733 mm |
| Largeur entre passages de roue | 1 229 mm |
| Charge utile | Environ 650 à 1 000 kg selon version |
| Remorquage freiné maximal | Jusqu’à 1 500 kg selon motorisation |
| Vitesse maximale | Environ 152 à 185 km/h selon motorisation thermique |
| 0 à 100 km/h | Environ 9,8 à 15,8 s selon motorisation et boîte |
| Roues et pneus | Notamment 205/60 R16, ou 215/65 R16 M+S selon certaines configurations |
| Version électrique | Moteur 100 kW, 136 ch, batterie 50 kWh |
| Autonomie électrique initiale | Environ 260 à 280 km WLTP |
Un espace de chargement pensé pour les professionnels
La conception du Proace City privilégie l’exploitation du volume intérieur. La largeur entre les passages de roue dépasse 1,20 m, ce qui permet le chargement transversal d’une europalette. Deux europalettes peuvent ainsi prendre place dans le fourgon. En version Long, le volume utile atteint 3,9 m3 sans dispositif particulier et peut grimper à 4,3 m3 avec le système Moduwork.
Ce dispositif constitue l’un des éléments les plus pratiques du modèle. Le siège passager avant peut être rabattu et une trappe aménagée dans la cloison permet de faire passer des objets longs jusque dans l’habitacle. La longueur de chargement maximale dépasse alors 3 m sur le Medium et 3,4 m sur le Long. Pour un artisan transportant des tubes, des rails ou des planches, ce gain évite de passer systématiquement au gabarit supérieur.
La charge utile peut atteindre une tonne sur certaines versions, tandis que la capacité de remorquage freinée culmine à 1 500 kg suivant la motorisation. Ces chiffres replacent le Proace City dans le coeur du marché des fourgonnettes compactes européennes et expliquent son intérêt face à un utilitaire plus volumineux, souvent plus encombrant à stationner et à utiliser en centre-ville.
Une place précise dans la gamme Toyota Professional
Avec le Proace City, Toyota structure progressivement une gamme d’utilitaires de plusieurs tailles. Le City occupe le premier niveau par son encombrement, le Proace couvre la catégorie intermédiaire et le Toyota Proace Max prend place au-dessus avec un gabarit de grand fourgon. Cette hiérarchie permet à la marque de couvrir des usages allant de la livraison urbaine aux besoins de transport plus lourds.
Le modèle s’insère aussi aux côtés du Toyota Hilux, qui répond à des usages professionnels très différents avec sa carrosserie de pick-up et ses capacités hors route. Le Proace City reste pour sa part essentiellement routier, avec une conduite plus proche d’une voiture particulière et un seuil de chargement bas.
Sur le plan industriel, il illustre aussi une évolution importante de Toyota en Europe. Plutôt que de développer seul un petit utilitaire pour un marché très spécifique, le constructeur s’appuie sur une architecture partagée avec plusieurs marques européennes tout en conservant sa propre identité commerciale. Cette stratégie lui permet d’entrer rapidement sur un segment où l’offre est dense et très normalisée.
Le restylage et l’évolution de la gamme
La première phase du Proace City couvre principalement la période 2019-2023. À partir de 2024, Toyota introduit une évolution importante qui modifie notamment la face avant, modernise l’équipement multimédia et renforce l’offre électrique. Le dessin devient plus proche de l’identité visuelle récente de Toyota, tout en conservant les mêmes principes de base : deux longueurs, un volume utile élevé et une architecture commune avec les autres utilitaires compacts issus du même programme industriel.
La version électrique profite particulièrement de cette évolution, avec une autonomie portée jusqu’à environ 330 km WLTP dans sa configuration actualisée. La logique du modèle reste cependant inchangée depuis son apparition en 2019 : proposer un utilitaire compact, accessible et polyvalent, suffisamment court pour la ville mais doté de capacités de chargement qui lui permettent de remplacer un fourgon plus grand dans de nombreux usages professionnels.




