Ford Escort Mk2

Ford Escort Mk2

Lancée en 1975, la Ford Escort Mk2 est la deuxième génération de l’Escort européenne. Sous une carrosserie nettement plus anguleuse que celle de sa devancière, elle conserve une architecture très classique: moteur longitudinal à l’avant, propulsion et essieu arrière rigide. Cette continuité technique, associée à une gamme allant des modestes berlines familiales aux redoutables versions RS, contribue à faire de cette génération l’une des Ford Escort les plus étroitement associées aux années 1970 et au rallye.

La Mk2 est commercialisée jusqu’en 1980 et proposée sous de nombreuses formes selon les marchés: berlines deux et quatre portes, break et utilitaire, avec plusieurs niveaux de finition et une large palette de moteurs. Il faut donc distinguer l’Escort Mk2 dans son ensemble des RS1800 et RS2000, beaucoup plus performantes mais produites en volumes nettement plus faibles.

Une Escort profondément redessinée mais techniquement familière

Le développement de la deuxième génération est connu sous le nom de projet Brenda. Alors que la première Escort avait été largement conçue en Grande-Bretagne, la Mk2 résulte davantage de la coopération mise en place au sein de Ford Europe. Son dessin est développé dans l’environnement du centre de style européen de Ford, sous la direction d’Uwe Bahnsen. La fabrication débute dès décembre 1974, avant le lancement commercial de 1975.

Ford ne repart pas d’une feuille blanche. La Mk2 reprend une part importante des solutions éprouvées de la Ford Escort Mk1, notamment son implantation mécanique et sa propulsion. Ce choix permet de moderniser rapidement le modèle sans abandonner une base simple et robuste. La continuité est particulièrement visible sur les breaks et utilitaires, qui conservent plusieurs éléments de carrosserie issus de la génération précédente.

Visuellement, la transformation est en revanche immédiate. Les courbes de la Mk1 laissent place à des lignes droites, une calandre verticale, des flancs plus tendus et une silhouette tricorps très carrée sur les berlines. Selon la finition et le millésime, la face avant reçoit des projecteurs ronds ou rectangulaires. Les premières voitures portent également le nom Ford sur la calandre, avant la diffusion de l’ovale bleu au cours de la carrière.

Une gamme pensée pour couvrir un marché très large

L’Escort Mk2 doit rester une familiale compacte accessible tout en permettant à Ford de multiplier les niveaux de finition. Les appellations Popular, L, GL et Ghia côtoient, selon les pays, des variantes Sport et RS. La disponibilité des moteurs et des équipements n’est pas identique d’un marché européen à l’autre, ce qui explique les différences rencontrées entre les catalogues d’époque.

Les versions courantes utilisent principalement les quatre cylindres Crossflow à soupapes en tête de 1,1, 1,3 et 1,6 litre. La puissance évolue fortement suivant la cylindrée et la préparation. À titre de repère, un 1,1 litre européen développe environ 48 ch DIN, tandis que le 1,6 litre de la 1600 Sport atteint environ 84 ch DIN. Des moteurs Pinto à arbre à cames en tête équipent également certaines versions plus puissantes. Sur le marché italien, une cylindrée inférieure à un litre est proposée pour répondre à la fiscalité locale.

Cette diversité place l’Escort au coeur de la gamme européenne. À partir de 1976, la Ford Fiesta prend position sous elle avec une conception à traction avant, tandis que la Ford Taunus répond aux besoins des familles recherchant une automobile plus grande. La Mk2 conserve ainsi une formule traditionnelle au moment où les petites voitures européennes commencent progressivement à adopter moteur transversal et traction.

Fiche technique de la Ford Escort Mk2

CaractéristiqueDonnées
Période de commercialisation1975 à 1980
Architecture moteur4 cylindres en ligne essence
Moteurs principauxCrossflow OHV 1,1, 1,3 et 1,6 litre; Pinto OHC selon version; Cosworth 16 soupapes sur RS1800
Cylindrées courantes1 098 cm3, 1 298 cm3 et 1 599 cm3
RS1800Environ 1 834 cm3, moteur Cosworth 16 soupapes
Puissance 1.1Environ 48 ch DIN
Puissance 1.3Environ 57 ch DIN à 5 500 tr/min
Couple 1.3Environ 91 Nm à 3 000 tr/min
Puissance 1600 SportEnviron 84 ch DIN à 5 500 tr/min
Couple 1600 SportEnviron 125 Nm à 3 500 tr/min
ImplantationMoteur longitudinal avant
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesManuelle 4 rapports; automatique 3 rapports sur certaines versions et certains marchés
StructureCoque autoporteuse en acier
Suspension avantJambes MacPherson, bras transversaux, barre antiroulis
Suspension arrièreEssieu rigide, ressorts à lames semi-elliptiques, amortisseurs télescopiques
DirectionÀ crémaillère
FreinsDisques avant, tambours arrière; assistance selon version
EmpattementEnviron 2,40 m
Longueur berlineEnviron 3,98 m selon version et méthode de mesure
LargeurEnviron 1,57 à 1,60 m selon version et source
HauteurEnviron 1,40 à 1,41 m selon version
PoidsEnviron 826 à 918 kg selon carrosserie et motorisation
Vitesse maximaleEnviron 129 à 180 km/h selon version
RéservoirEnviron 41 litres sur plusieurs berlines européennes
CarrosseriesBerline 2 portes, berline 4 portes, break 3 portes et utilitaire selon marché
Sites européens principauxHalewood au Royaume-Uni et Saarlouis en Allemagne

RS1800 et RS2000, les Escort Mk2 les plus sportives

La réputation de la Mk2 ne repose pas uniquement sur les voitures familiales. Les versions RS transforment profondément son image. La RS1800 reçoit un moteur Cosworth à double arbre à cames et 16 soupapes d’environ 1,8 litre. Dans sa configuration routière, elle constitue une automobile rare destinée notamment à fournir la base nécessaire aux développements sportifs.

La RS2000 suit une approche différente. Son quatre cylindres Pinto de 1 993 cm3 développe environ 110 ch dans sa configuration routière européenne. Elle se reconnaît surtout à son spectaculaire nez plongeant en polyuréthane intégrant quatre projecteurs. Cette face avant, souvent appelée « droop snoot », distingue immédiatement la RS2000 d’une Escort Mk2 ordinaire et explique pourquoi les deux ne doivent pas être confondues dans les descriptions ou illustrations historiques.

La 1600 Sport offre un échelon intermédiaire plus accessible. Ces déclinaisons sportives bénéficient de la faible masse de l’Escort et d’une mécanique simple. L’essieu arrière rigide et les ressorts à lames paraissent rudimentaires face à des solutions plus sophistiquées, mais la combinaison d’un moteur longitudinal, de la propulsion et d’une coque compacte se révèle particulièrement intéressante pour la préparation en compétition.

Une carrière en rallye au plus haut niveau

L’Escort Mk2 devient l’une des silhouettes les plus reconnaissables du rallye international de la seconde moitié des années 1970. Les voitures de compétition dérivées de la RS1800 sont considérablement modifiées par rapport aux Escort de route. Les préparations Groupe 4 exploitent notamment les moteurs Cosworth, une transmission renforcée et un châssis adapté aux contraintes de la compétition. Il serait donc inexact d’attribuer leurs puissances et leurs performances aux RS1800 vendues pour la route.

La saison 1979 marque le sommet de cette carrière. Ford remporte le championnat du monde des rallyes des constructeurs avec l’Escort RS1800, tandis que Björn Waldegård décroche le titre pilotes. Hannu Mikkola figure également parmi les pilotes majeurs associés à la voiture. La compétitivité de la Mk2 perdure même après l’arrêt de sa production: Ari Vatanen devient champion du monde des rallyes pilotes en 1981 avec une Escort RS1800 engagée par une équipe privée.

Cette histoire sportive donne à la Mk2 une place particulière dans la famille Escort. Les générations suivantes poursuivront l’utilisation du nom en compétition, jusqu’à la spectaculaire Ford Escort RS Cosworth des années 1990, mais avec des bases techniques sans rapport direct avec la propulsion simple de la Mk2.

Production et évolution jusqu’en 1980

Les principaux centres européens de production sont Halewood, au Royaume-Uni, et Saarlouis, en Allemagne de l’Ouest. L’Escort est également assemblée ou fabriquée dans plusieurs autres pays en fonction des marchés. Cette implantation internationale, ajoutée aux différences de carrosseries, de moteurs et de finitions, explique pourquoi les spécifications d’une Mk2 britannique, allemande, sud-africaine ou australienne ne sont pas nécessairement interchangeables.

La génération connaît plusieurs modifications de détail durant sa carrière. À partir de 1977, Ford fait notamment évoluer certains composants du châssis, de la direction et de l’échappement. Les équipements et les traitements de la face avant changent également suivant les finitions et les millésimes. Des séries spéciales apparaissent en fin de carrière sur certains marchés.

Une production totale d’environ 1,8 million d’exemplaires est couramment avancée pour la Mk2, mais ce nombre dépend du périmètre géographique et industriel retenu dans les statistiques historiques. La rareté actuelle concerne surtout certaines déclinaisons authentiques, particulièrement les RS et plusieurs séries sportives, plutôt que la génération prise dans son ensemble.

La dernière Escort européenne classique à propulsion

La Mk2 occupe une position très nette dans l’évolution technique de Ford Europe. Son moteur longitudinal, sa boîte placée dans l’axe de la voiture et son pont arrière appartiennent encore à la conception traditionnelle des petites et moyennes Ford des décennies précédentes. Même la Ford Capri 2, contemporaine et positionnée comme un coupé, repose sur une philosophie mécanique comparable.

Cette formule arrive toutefois au terme de son développement pour l’Escort. Lorsque la Ford Escort Mk3 apparaît en 1980, Ford passe à la traction avant et adopte une carrosserie à hayon correspondant davantage aux nouvelles références du marché européen. La Mk2 demeure ainsi la dernière Escort européenne de grande série construite autour de la recette historique moteur avant longitudinal et roues arrière motrices.

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