La Mitsubishi Sigma est une grande berline lancée au début des années 1990 dans la partie supérieure de la gamme Mitsubishi. Elle appartient à la même famille technique que la Diamante et se distingue par une carrosserie tricorps à quatre portes et six surfaces vitrées latérales, là où la Diamante japonaise adopte une silhouette de hardtop plus basse et plus sportive. En Europe, la Sigma est surtout connue avec un V6 essence de 3,0 litres et une transmission aux roues avant.
Son apparition intervient dans une période où Mitsubishi cherche à renforcer son offre de voitures routières haut de gamme. La Sigma ne reprend donc pas simplement le rôle d’une Galant plus grande. Elle vise une clientèle recherchant davantage d’espace, de confort et d’équipements, tout en conservant une architecture à moteur transversal et traction avant adaptée à une grande berline de tourisme.
Une grande berline dérivée de la Diamante
La genèse de la Sigma est directement liée à la Mitsubishi Diamante, présentée au Japon dans le contexte du renouvellement de l’offre haut de gamme de Mitsubishi. La Diamante apparaît d’abord au Tokyo Motor Show en 1989, avant sa commercialisation japonaise en mai 1990. La Sigma rejoint cette famille quelques mois plus tard, avec son lancement au Japon en novembre 1990.
Mitsubishi développe alors une automobile située au-dessus de la Galant en matière de dimensions et de standing. La Sigma privilégie notamment l’habitabilité et le confort intérieur, tout en bénéficiant de la plateforme et des motorisations V6 développées pour cette nouvelle famille de modèles. La Diamante et la Sigma obtiennent ensemble le titre de Japan Car of the Year pour la période 1990-1991.
La silhouette constitue l’une des différences les plus faciles à observer. La Sigma possède des montants de portes conventionnels et une carrosserie à six vitres latérales. Cette présentation plus classique correspond à son positionnement de grande berline familiale, tandis que la Diamante japonaise adopte une carrosserie hardtop à quatre vitres latérales, sans encadrement traditionnel des portes.
En Europe, la Sigma apparaît notamment au Royaume-Uni en 1991. Son positionnement est alors celui d’une grande routière japonaise relativement sophistiquée, proposée avec un V6 de 3,0 litres. Elle trouve naturellement sa place au-dessus de la Mitsubishi Galant, qui reste plus compacte et davantage centrée sur le segment des familiales.
Une gamme centrée sur le V6 3,0 litres
Le principal moteur de la Sigma européenne est le V6 Mitsubishi 6G72 de 2 972 cm3. Ce moteur atmosphérique est implanté transversalement à l’avant et associé à une transmission aux roues avant. Il existe en plusieurs configurations, dont un 12 soupapes à simple arbre à cames en tête et un 24 soupapes à double arbre à cames en tête.
La version 3.0 V6 12V développe environ 177 ch dans certaines homologations européennes, avec un couple maximal de 251 Nm. Le 3.0 V6 24V atteint environ 205 ch et 270 Nm. Ces valeurs ne doivent pas être appliquées indistinctement à toutes les Sigma, car les spécifications varient selon le marché et la configuration mécanique.
La transmission peut être assurée par une boîte manuelle à cinq rapports ou une boîte automatique à quatre rapports selon les versions. La Sigma reste essentiellement une traction avant, mais certaines configurations haut de gamme disposent du système de direction aux quatre roues 4WS. Cette technologie permet de modifier l’orientation des roues arrière en fonction des conditions de conduite afin d’améliorer la maniabilité et la stabilité.
La technologie constitue d’ailleurs une part importante de l’intérêt de cette génération. Selon les finitions et les marchés, la famille Sigma pouvait recevoir des équipements électroniques évolués pour l’époque, notamment une gestion électronique de certains paramètres du châssis, l’antipatinage et le système 4WS. Ces équipements ne sont toutefois pas présents sur toutes les versions européennes.
Fiche technique de la Mitsubishi Sigma
| Caractéristique | Mitsubishi Sigma |
|---|---|
| Production | Environ 1990 à 1996 selon les marchés |
| Carrosserie | Berline quatre portes, cinq places |
| Architecture | Monocoque, moteur transversal avant, traction avant |
| Moteur principal | V6 essence Mitsubishi 6G72 |
| Cylindrée | 2 972 cm3 |
| Distribution | 12 soupapes SOHC ou 24 soupapes DOHC selon version |
| Alimentation | Injection électronique multipoint |
| Puissance | Environ 177 ch en 3.0 V6 12V, jusqu’à environ 205 ch en 3.0 V6 24V |
| Couple | 251 Nm en 12V, environ 270 Nm en 24V |
| Boîte de vitesses | Manuelle cinq rapports ou automatique quatre rapports selon version |
| Transmission | Traction avant |
| 4WS | Disponible sur certaines versions |
| Suspension avant | Indépendante |
| Suspension arrière | Indépendante |
| Direction | Crémaillère assistée, 4WS sur certaines versions |
| Freins | Disques aux quatre roues, avec ABS selon version |
| Pneumatiques | Notamment 205/65 R15 sur les principales versions européennes documentées |
| Longueur | Environ 4 740 à 4 750 mm selon spécification et méthode de mesure |
| Largeur | Environ 1 775 mm |
| Hauteur | Environ 1 435 mm |
| Empattement | 2 720 mm |
| Voies | Environ 1 535 mm à l’avant et 1 530 mm à l’arrière |
| Poids | Environ 1 468 à 1 579 kg selon version et équipement |
| Vitesse maximale | Environ 220 à 230 km/h selon moteur et boîte |
| 0 à 100 km/h | Environ 8,1 à 9,6 secondes selon version |
| Consommation mixte de catalogue | Environ 10 l/100 km selon version |
| Réservoir | Environ 72 litres |
Une évolution discrète au cours des années 1990
Après son lancement, la Sigma évolue principalement par touches successives plutôt que par une refonte complète. Les sources consacrées au marché britannique situent un premier restylage à la fin de 1992, suivi de nouvelles modifications de présentation et d’équipement au milieu de la décennie. Les détails de carrosserie peuvent donc différer entre une Sigma des premières années et un exemplaire plus récent.
La gamme européenne ne se limite pas à la berline. À partir de 1993, un break est commercialisé sur certains marchés européens. Cette version est étroitement liée à la production australienne de la famille Magna et reçoit elle aussi un V6 de 3,0 litres, mais dans une configuration différente de celle des berlines européennes les plus puissantes. Elle mesure environ 4,80 mètres de long et conserve l’empattement de 2,72 mètres.
Cette variante illustre la dimension internationale du programme Sigma. Mitsubishi adapte en effet la famille Diamante à plusieurs marchés et fait évoluer les carrosseries, les équipements et les motorisations en fonction des besoins locaux. Il est donc préférable de distinguer la berline japonaise et européenne de la gamme australienne lorsqu’une fiche technique précise est recherchée.
La carrière de la Sigma s’achève progressivement au milieu des années 1990. Les sources européennes situent sa disparition en 1996. La génération suivante de Diamante ne reconduit pas véritablement la déclinaison Sigma, ce qui explique l’absence de successeur direct portant ce nom.
Une grande routière technologique plutôt qu’une sportive
Avec son V6 et ses performances supérieures à celles d’une familiale classique, la Sigma pourrait être prise pour une berline sportive. Sa philosophie est pourtant différente. Mitsubishi cherche avant tout à associer puissance, confort et stabilité à haute vitesse. La priorité donnée à l’habitabilité et aux équipements la rapproche davantage d’une grande routière que d’une berline de performance.
La version 3.0 V6 24V illustre le mieux cette orientation. Avec environ 205 ch et une vitesse maximale pouvant atteindre autour de 230 km/h selon la configuration, elle dispose de ressources suffisantes pour les longs trajets autoroutiers. La boîte automatique à quatre rapports proposée sur certaines versions privilégie quant à elle la souplesse plutôt que la recherche de performances maximales.
La Sigma partage ainsi une partie de son époque et de son positionnement avec des modèles Mitsubishi plus démonstratifs. La Mitsubishi 3000 GT, par exemple, représente le grand tourisme sportif de la marque, alors que la Sigma reprend les mêmes ambitions de voyage à longue distance dans une carrosserie beaucoup plus pratique et discrète.
Comment reconnaître une Mitsubishi Sigma
La première génération de Sigma se reconnaît d’abord à ses proportions de grande berline japonaise du début des années 1990. Son long capot, son habitacle généreux, son empattement de 2,72 mètres et sa carrosserie tricorps lui donnent une silhouette nettement plus imposante qu’une Galant contemporaine.
Les six surfaces vitrées latérales constituent un indice particulièrement utile pour la distinguer de la Diamante hardtop. Les portes possèdent des montants conventionnels et la ligne de toit conserve une hauteur davantage orientée vers l’espace intérieur. La face avant varie avec les années, mais les premières versions associent une calandre horizontale relativement fine à des projecteurs rectangulaires étirés.
Le V6 3,0 litres constitue également un élément caractéristique des Sigma européennes. Toutefois, la présence de 12 ou 24 soupapes, d’une boîte manuelle ou automatique et éventuellement du système 4WS dépend de la version. L’identification d’un exemplaire doit donc s’appuyer sur son année, son marché d’origine et son numéro de châssis plutôt que sur sa seule apparence.
Cette précision est particulièrement importante pour éviter une confusion historique. Le nom Sigma a aussi été utilisé par Mitsubishi sur des modèles plus anciens dérivés de la Galant. La Sigma dont il est question ici est celle apparue en 1990, directement issue de la nouvelle famille Diamante et identifiée en Europe notamment par le code F16A. Elle ne constitue donc pas une simple évolution des anciennes Sigma-Galant.




