Mitsubishi Outlander 2

Mitsubishi Outlander 2

Lancé au Japon en octobre 2005, le Mitsubishi Outlander 2 constitue la deuxième génération du SUV familial de la marque. Plus grand, plus polyvalent et plus international que son prédécesseur, il arrive en Europe en 2007 avec une gamme largement orientée vers le diesel. Sa carrière européenne se poursuit jusqu’en 2012, avec un important restylage et plusieurs changements de motorisation.

Cette génération occupe aussi une place particulière dans l’histoire industrielle de Mitsubishi. Sa plateforme sert de base aux Peugeot 4007 et Citroën C-Crosser, tandis que sa conception annonce certains choix techniques de la Lancer contemporaine. Avec cinq ou sept places selon les versions, une transmission intégrale pilotée et un gabarit encore relativement contenu, l’Outlander 2 cherche à concilier les qualités d’un SUV et le comportement routier d’une grande familiale.

Une deuxième génération lancée au Japon en 2005

L’histoire de l’Outlander commence avant cette deuxième génération avec le Mitsubishi Airtrek, commercialisé au Japon et étroitement lié au premier Outlander. Pour son successeur, Mitsubishi développe un véhicule destiné dès l’origine à jouer un rôle mondial. Le nouvel Outlander est lancé sur le marché japonais le 17 octobre 2005, soit nettement avant son arrivée dans les concessions européennes.

Cette chronologie explique une confusion fréquente autour de son millésime. En France, l’Outlander 2 est généralement associé à 2007, année de sa commercialisation européenne. À l’échelle de la gamme Mitsubishi, il s’agit pourtant bien d’un modèle apparu en 2005. L’Europe découvre sa déclinaison à travers l’Outlander-Concept présenté au Mondial de l’Automobile de Paris en 2006, très proche du véhicule de série commercialisé quelques mois plus tard.

Par rapport au Mitsubishi Outlander de première génération, le changement dépasse le simple renouvellement esthétique. Le véhicule repose sur une architecture plus moderne, adopte un empattement de 2,67 m et offre une modularité accrue. Selon les configurations, l’habitacle peut accueillir jusqu’à sept occupants grâce à une troisième rangée escamotable.

La stratégie est également industrielle. D’abord fabriqué au Japon, l’Outlander destiné au marché européen voit sa production transférée en 2008 à l’usine NedCar de Born, aux Pays-Bas. Mitsubishi cherche ainsi à rapprocher la fabrication de son principal débouché européen et à libérer des capacités de production au Japon.

Un SUV mondial aux spécifications très différentes selon les marchés

L’Outlander 2 n’a pas reçu partout les mêmes moteurs. Au Japon, sa carrière débute notamment autour d’un quatre cylindres essence 2,4 litres MIVEC associé à une transmission CVT. D’autres configurations essence apparaissent selon les années et les destinations, dont un 2,0 litres et un V6 3,0 litres MIVEC. Le marché nord-américain accorde notamment une place importante à ce V6.

La situation européenne est très différente. Le diesel domine alors largement le marché des SUV familiaux et Mitsubishi s’appuie d’abord sur un quatre cylindres 2.0 DI-D de 1 968 cm3 provenant du groupe Volkswagen. Il développe 140 ch et 310 Nm et est associé à une boîte manuelle à six rapports. Cette motorisation constitue l’une des principales offres de l’Outlander lors de son arrivée en France en 2007.

Un 2.2 DI-D de 2 179 cm3 rejoint ensuite la gamme. D’origine PSA/Ford, ce moteur développe 156 ch et 380 Nm. Sa présence illustre directement la coopération industrielle autour de cette plateforme, puisque des mécaniques apparentées équipent également les Peugeot 4007 et Citroën C-Crosser. Il ne faut pas le confondre avec le 2.2 DI-D introduit plus tard par Mitsubishi.

Ce dernier moteur affiche en effet 2 268 cm3 et 177 ch, pour un couple maximal de 380 Nm. Développé par Mitsubishi et conforme à la norme Euro 5 dans ses applications européennes, il devient l’un des moteurs marquants de la fin de carrière du modèle. Le 2.2 DI-D 156 peut parallèlement être associé à la transmission automatisée à double embrayage TC-SST sur certaines versions.

Transmission intégrale et conception plus routière

L’Outlander 2 repose sur une structure monocoque et privilégie davantage le comportement routier que les capacités de franchissement d’un tout-terrain traditionnel. Son moteur est implanté transversalement à l’avant. La suspension indépendante associe des jambes McPherson à l’avant à un dispositif multibras à l’arrière, une architecture plus sophistiquée qu’un essieu arrière rigide et adaptée au compromis recherché entre tenue de route et confort.

Cette génération appartient à la même période de renouvellement technique que la Mitsubishi Lancer 10, avec laquelle elle partage des éléments de son architecture de base. Mitsubishi applique également à l’Outlander plusieurs solutions destinées à limiter la masse et à améliorer le comportement, dont un pavillon en aluminium sur les spécifications concernées.

Les versions européennes à quatre roues motrices disposent d’une transmission pilotée permettant de faire varier la répartition du couple en fonction du mode sélectionné et des conditions d’adhérence. Cette solution distingue l’Outlander d’un tout-terrain doté d’une transmission mécanique lourde avec gamme courte. Sa vocation reste celle d’un SUV polyvalent capable d’améliorer sa motricité sur chaussée glissante ou terrain peu adhérent sans sacrifier son agrément quotidien.

La modularité participe tout autant à cette orientation familiale. La deuxième rangée peut être rabattue afin d’augmenter rapidement le volume de chargement, tandis que certaines versions disposent de deux places supplémentaires escamotables. Le hayon en deux parties constitue également un élément caractéristique de cette génération et facilite l’accès au coffre.

Fiche technique de l’Outlander 2

CaractéristiqueDonnées
Production2005 à 2012
CarrosserieSUV 5 portes, 5 ou 7 places selon version
StructureMonocoque
Implantation moteurAvant transversal
2.0 DI-D4 cylindres, 1 968 cm3, turbo diesel, 140 ch à 4 000 tr/min, 310 Nm
2.2 DI-D 1564 cylindres, 2 179 cm3, turbo diesel, 156 ch à 4 000 tr/min, 380 Nm à 2 000 tr/min
2.2 DI-D 1774 cylindres, 2 268 cm3, turbo diesel common rail, 177 ch à 3 500 tr/min, 380 Nm
Boîtes européennesManuelle 6 rapports, TC-SST à double embrayage sur certaines versions 2.2 DI-D 156
TransmissionTraction ou transmission intégrale selon marché et version
Suspension avantMcPherson avec barre stabilisatrice
Suspension arrièreMultibras indépendante
FreinageDisques aux quatre roues, disques avant ventilés
DirectionÀ crémaillère assistée
LongueurEnviron 4 640 mm avant restylage, environ 4 665 à 4 670 mm après restylage
LargeurEnviron 1 800 mm
HauteurEnviron 1 680 à 1 720 mm selon version et équipement
Empattement2 670 mm
VoiesEnviron 1 540 mm à l’avant et à l’arrière
Poids à videEnviron 1 660 à 1 820 kg pour les principales versions diesel documentées, selon moteur, transmission et équipement
PneumatiquesNotamment 215/70 R16 ou 225/55 R18 selon finition
Vitesse maximaleEnviron 187 km/h en 2.0 DI-D 140, jusqu’à 200 km/h pour certains 2.2 DI-D
0 à 100 km/hEnviron 10,8 s en 2.0 DI-D 140 et 9,9 s en 2.2 DI-D 156 BVM
Consommation mixte homologuéeEnviron 6,5 à 7,3 l/100 km pour les principales versions diesel documentées
Réservoir60 litres sur les configurations européennes documentées

Le restylage Jet Fighter transforme l’Outlander

La principale évolution esthétique intervient à la charnière de 2009 et 2010 en Europe. La face avant relativement discrète du premier modèle laisse place à une grande calandre trapézoïdale sombre directement inspirée du langage stylistique alors utilisé par Mitsubishi. Souvent désignée par l’expression Jet Fighter, cette nouvelle proue rapproche visuellement l’Outlander des Lancer contemporaines.

Le changement est suffisamment important pour distinguer immédiatement les deux phases. Les nouveaux boucliers et la face avant allongent légèrement la carrosserie, qui passe d’environ 4,64 m à près de 4,67 m suivant les spécifications. Les projecteurs, la calandre et différents détails de présentation sont revus, tout comme certains éléments de l’habitacle. L’empattement de 2,67 m reste en revanche inchangé.

Cette évolution accompagne surtout le renouvellement mécanique de la gamme européenne. Le 2.2 DI-D Mitsubishi de 177 ch apporte une motorisation diesel plus récente, tandis que certaines configurations du 156 ch profitent de la boîte TC-SST. L’Outlander conserve ainsi une offre adaptée au marché européen jusqu’à la fin de sa carrière sans changer de génération.

Une carrière étroitement liée à la stratégie européenne de Mitsubishi

L’Outlander 2 arrive à une période où Mitsubishi élargit progressivement son offre au-delà de ses tout-terrain traditionnels. Face au Pajero, il représente une approche plus routière et familiale du SUV. Le Mitsubishi ASX viendra ensuite compléter cette stratégie avec un format plus compact, sans remplacer directement l’Outlander.

Le partenariat avec PSA donne parallèlement à la plateforme une diffusion dépassant largement le seul catalogue Mitsubishi. Les Peugeot 4007 et Citroën C-Crosser reprennent l’essentiel de l’architecture de l’Outlander tout en adoptant des identités visuelles propres. Cette coopération contribue aussi à expliquer la présence du moteur diesel 2,2 litres de 2 179 cm3 dans la gamme Mitsubishi européenne.

La deuxième génération reste commercialisée jusqu’en 2012, année où apparaît le Mitsubishi Outlander 3. Cette relève marque un nouveau changement de style et prépare surtout une évolution technique majeure de la famille : l’arrivée du Mitsubishi Outlander PHEV, qui associera moteur essence, propulsion électrique et transmission intégrale dans une formule très différente des diesels qui avaient dominé la carrière européenne de l’Outlander 2.