Mitsubishi Airtrek

Mitsubishi Airtrek

Lancé au Japon en juin 2001, le Mitsubishi Airtrek appartient à la première vague de crossovers conçus pour réunir le comportement d’une voiture particulière, la modularité d’un break et certains attributs d’un SUV. Mitsubishi le définit alors comme un véhicule polyvalent de nouvelle génération. Avec sa carrosserie cinq portes relativement basse et sa structure monocoque, il s’éloigne délibérément du grand 4×4 traditionnel incarné dans la gamme par le Mitsubishi Pajero.

L’Airtrek occupe aussi une place importante dans l’histoire récente du constructeur japonais puisqu’il constitue le premier nouveau modèle lancé dans le cadre du Mitsubishi Turnaround Plan. Sa carrière donnera naissance à une gamme comprenant des versions à deux ou quatre roues motrices, plusieurs quatre cylindres essence et un étonnant Turbo-R de 240 PS. Il servira également de base au premier Outlander destiné à de nombreux marchés internationaux.

Un crossover Mitsubishi lancé en 2001

Le projet Airtrek repose sur une idée alors encore relativement nouvelle: proposer l’espace et la polyvalence associés aux véhicules de loisirs sans adopter leurs dimensions imposantes ni leur architecture traditionnelle. Avec 4,41 m de long et seulement 1,55 m de haut dans sa configuration initiale, l’Airtrek ressemble ainsi davantage à un break surélevé qu’aux SUV qui se généraliseront au cours de la décennie suivante.

Cette orientation se retrouve dans sa conception. La carrosserie est autoporteuse, le moteur est implanté transversalement à l’avant et les quatre roues bénéficient de suspensions indépendantes. L’empattement de 2 625 mm permet d’obtenir un habitacle pour cinq personnes sans faire du véhicule un modèle particulièrement encombrant. La banquette arrière fractionnable 60/40 et l’aménagement intérieur répondent à la vocation familiale du modèle.

Au lancement japonais, Mitsubishi propose notamment un quatre cylindres 2,0 litres 4G63 à injection multipoint et un 2,4 litres 4G64 GDI à injection directe. La gamme comprend des variantes à traction avant et à transmission intégrale permanente, cette dernière utilisant un différentiel central associé à un viscocoupleur. Une boîte automatique INVECS-II à quatre rapports accompagne les principales versions atmosphériques.

Cette formule préfigure une catégorie qui prendra une importance considérable chez Mitsubishi. Des modèles comme le Mitsubishi ASX adopteront plus tard, avec des architectures et des dimensions différentes, cette même logique de SUV compact davantage orienté vers la route que vers le franchissement.

De l’Airtrek japonais au Mitsubishi Outlander

L’une des principales difficultés lorsqu’on retrace l’histoire de l’Airtrek vient de sa proximité avec le premier Mitsubishi Outlander. Les deux modèles appartiennent à la même famille technique, mais leurs noms et leur présentation varient selon les marchés. L’Airtrek apparaît d’abord au Japon en 2001, tandis que l’appellation Outlander est ensuite employée pour son développement destiné à l’exportation.

Il ne faut donc pas considérer leurs carrosseries comme strictement identiques. L’Airtrek japonais de lancement se reconnaît notamment à sa face avant spécifique, à ses blocs optiques caractéristiques et à ses proportions compactes. La version initiale mesure 4 410 mm de long, alors que les déclinaisons et carrosseries commercialisées ultérieurement sous le nom Outlander peuvent être sensiblement plus longues.

La gamme Airtrek évolue elle-même au cours de sa carrière. Le 2,4 litres GDI des débuts laisse notamment place sur certaines versions tardives à un 2,4 litres 4G69 doté du système de distribution variable MIVEC. Des présentations plus typées SUV, dont les Sports Gear, complètent également l’offre. Ces évolutions expliquent pourquoi dimensions, poids, motorisations et équipements ne peuvent pas être appliqués indistinctement à tous les Airtrek.

La production est assurée au Japon, notamment à l’usine Mitsubishi de Mizushima. Les statistiques de production du constructeur recensent 19 160 Airtrek pour 2001, mais ce chiffre correspond à cette période et non au total de la carrière. Les différentes bases documentaires ne permettent pas d’établir avec la même certitude un volume cumulé pour toutes les variantes.

Le spectaculaire Airtrek Turbo-R

En 2002, Mitsubishi donne une dimension inattendue à son crossover avec l’Airtrek Turbo-R. Sous son capot prend place une version turbocompressée du quatre cylindres 4G63 de 1 997 cm3, annoncée à 240 PS et 343 Nm. Cette mécanique appartient à la célèbre famille de moteurs employée par la Mitsubishi Lancer Evolution, ce qui transforme profondément le caractère d’un véhicule initialement pensé comme un crossover familial.

Le rapprochement avec la Mitsubishi Lancer Evo VII doit toutefois rester technique plutôt que littéral. Le Turbo-R n’est pas une Evolution simplement surélevée: sa calibration, sa boîte et sa transmission répondent aux contraintes propres à l’Airtrek. Il utilise notamment une boîte automatique INVECS-II à cinq rapports et une transmission intégrale, plutôt que de reprendre à l’identique l’ensemble des dispositifs actifs de la berline sportive.

Avec environ 1 520 kg, le Turbo-R est sensiblement plus lourd que les Airtrek atmosphériques. Son moteur lui assure néanmoins des performances inhabituelles pour un crossover japonais du début des années 2000. Un essai d’époque mesurait le 0 à 60 mph en 6,5 secondes et mentionnait une vitesse maximale limitée à environ 201 km/h. Ces valeurs concernent exclusivement le Turbo-R et ne doivent pas être étendues aux versions 2,0 et 2,4 litres classiques.

Visuellement, cette déclinaison se distingue surtout par sa grande prise d’air sur le capot, nécessaire au refroidissement de l’ensemble turbocompressé, ainsi que par une présentation plus sportive. Cette combinaison d’une carrosserie familiale, d’une transmission intégrale et du 4G63 turbo explique aujourd’hui l’intérêt particulier porté au Turbo-R parmi les différentes versions de l’Airtrek.

Fiche technique de l’Airtrek

CaractéristiqueAirtrek 2.0Airtrek 2.4 GDIAirtrek Turbo-R
PériodeÀ partir de 2001À partir de 2001À partir de 2002
Carrosserie5 portes, 5 places5 portes, 5 places5 portes, 5 places
Moteur4 cylindres en ligne 4G634 cylindres en ligne 4G64 GDI4 cylindres en ligne 4G63 turbo
Cylindrée1 997 cm32 351 cm31 997 cm3
DistributionSOHC, 16 soupapes16 soupapesDOHC
AlimentationInjection ECI-MULTIInjection directe GDIInjection, turbocompresseur
Puissance126 PS à 5 500 tr/min139 PS à 5 500 tr/min240 PS
Couple173 Nm à 4 500 tr/min207 Nm à 3 500 tr/min343 Nm
ImplantationAvant, transversalAvant, transversalAvant, transversal
TransmissionTraction ou 4WD selon versionTraction ou 4WD selon version4WD
BoîteAutomatique INVECS-II, 4 rapportsAutomatique INVECS-II, 4 rapportsAutomatique INVECS-II, 5 rapports
StructureMonocoqueMonocoqueMonocoque
Suspension avantMacPherson indépendanteMacPherson indépendanteMacPherson indépendante
Suspension arrièreMultibras indépendanteMultibras indépendanteMultibras indépendante
DirectionCrémaillère assistéeCrémaillère assistéeCrémaillère assistée
FreinsDisques ventilés avant, tambours arrière selon versionDisques ventilés avant, tambours arrière selon versionConfiguration adaptée à la version Turbo-R
Pneumatiques215/60 R16 sur plusieurs versions215/60 R16 sur plusieurs versionsSelon configuration
Longueur4 410 mm4 410 mmEnviron 4 465 mm
Largeur1 750 mm1 750 mm1 750 mm
Hauteur1 550 mm1 550 mmEnviron 1 540 mm
Empattement2 625 mm2 625 mm2 625 mm
Voies avant/arrière1 495 / 1 495 mm1 495 / 1 495 mmSelon configuration
PoidsEnviron 1 330 à 1 430 kg selon transmissionEnviron 1 450 kg en 4WDEnviron 1 520 kg
Réservoir60 litres60 litres60 litres
Rayon minimal de braquageEnviron 5,7 mEnviron 5,7 mSelon configuration

Un design plus proche du break que du SUV moderne

Les proportions constituent l’un des meilleurs moyens d’identifier correctement un Airtrek de première génération. Sa hauteur contenue, son long pavillon presque horizontal et ses grandes surfaces vitrées lui donnent une silhouette nettement moins massive que celle des SUV contemporains. La garde au sol reste suffisante pour matérialiser sa vocation de véhicule de loisirs, sans transformer sa carrosserie en véritable tout-terrain.

La face avant de l’Airtrek japonais est également déterminante. Ses optiques et sa calandre ne doivent pas être confondues avec celles de l’Outlander export, dont la présentation a été remaniée. Cette différence est particulièrement importante pour identifier les exemplaires importés du Japon ou distinguer les photographies des deux modèles.

L’habitacle traduit la même recherche de polyvalence. Mitsubishi privilégie une planche de bord fonctionnelle et place le sélecteur de transmission suffisamment haut pour dégager la partie centrale. La position de conduite est plus élevée que dans une berline classique, mais l’Airtrek conserve une architecture et un comportement davantage apparentés à ceux d’une automobile routière qu’à ceux d’un 4×4 à châssis séparé.

Une famille de versions plus large qu’il n’y paraît

Réduire l’Airtrek au Turbo-R donnerait une image trompeuse du modèle. L’essentiel de la gamme repose sur des versions atmosphériques conçues pour un usage familial quotidien. Le 2,0 litres constitue l’offre la plus simple, tandis que le 2,4 GDI met alors en avant la technologie d’injection directe développée par Mitsubishi. Les transmissions 2WD et 4WD permettent parallèlement de répondre à des usages différents sans modifier le principe général du véhicule.

Au fil de la carrière apparaissent des évolutions de présentation et de motorisation, notamment le 2,4 litres 4G69 MIVEC et les variantes Sports Gear. Cette diversité explique les écarts observés entre les fiches techniques d’Airtrek: la longueur peut par exemple passer des 4 410 mm du modèle initial à environ 4 465 mm sur certaines variantes, tandis que la masse dépend fortement du moteur et de la transmission.

L’Airtrek reste ainsi représentatif d’une période de transition chez Mitsubishi. Il arrive lorsque le constructeur est encore fortement associé aux berlines sportives et aux véritables 4×4, mais expérimente déjà le crossover routier qui deviendra un pilier de son catalogue. Des véhicules ultérieurs comme le Mitsubishi Eclipse Cross illustreront, dans un contexte technique très différent, l’importance prise par cette catégorie.

Le nom Airtrek connaîtra par ailleurs une seconde vie en Chine sur un crossover électrique présenté vingt ans après le modèle japonais. Malgré cette appellation commune, cet Airtrek électrique de 2021 n’est pas une nouvelle génération directe du véhicule CU lancé en 2001. Pour l’Airtrek historique, les codes de châssis de la famille CU, les moteurs 4G63 et 4G64 des premières versions et surtout la carrosserie japonaise spécifique restent les repères essentiels pour identifier le modèle d’origine.