Rolls-royce Cullinan

Rolls-royce Cullinan

Dévoilé en mai 2018, le Rolls-royce Cullinan marque une rupture dans l’histoire de la marque britannique. Premier SUV de série de Rolls-Royce et premier modèle de la marque doté d’une transmission intégrale, il transpose les principes de confort, de silence et de personnalisation de Goodwood dans une automobile capable de quitter l’asphalte. Son nom fait référence au Cullinan, célèbre diamant brut découvert en Afrique du Sud au début du XXe siècle.

Avec ses 5,34 m de long, son V12 biturbo de 6,75 litres et une masse à vide de 2 660 kg, le Cullinan ne cherche pas à reproduire les codes d’un SUV sportif. Rolls-Royce privilégie au contraire la disponibilité du couple, la douceur des commandes et le fameux effet de tapis volant de ses grandes berlines, tout en ajoutant les capacités nécessaires pour circuler sur la neige, le sable, la boue ou les pistes.

Du Project Cullinan au premier SUV Rolls-Royce

Le développement devient public en 2015 sous le nom de Project Cullinan. Des véhicules d’essai servent alors à mettre au point une architecture haute capable de conserver les qualités de roulage attendues d’une Rolls-Royce sur des surfaces beaucoup plus variées. Une nouvelle phase d’essais est annoncée en 2016, avant que le constructeur ne confirme officiellement le nom Cullinan en février 2018. La voiture de série est finalement révélée le 10 mai 2018.

Le projet répond à une évolution importante de la clientèle du très grand luxe. Rolls-Royce veut proposer une voiture utilisable aussi bien avec chauffeur qu’au volant, capable d’affronter des routes difficiles sans imposer les compromis de confort traditionnellement associés aux véhicules tout-terrain. Le Cullinan rejoint alors une gamme comprenant notamment la berline Rolls-royce Ghost, le coupé Wraith et le cabriolet Dawn.

Cette polyvalence explique le vocabulaire initialement employé par Rolls-Royce, qui parle volontiers de voiture haute tout-terrain plutôt que de simple SUV. Le Cullinan n’a donc pas de prédécesseur direct dans la gamme. Il ouvre une nouvelle famille tout en conservant plusieurs codes historiques de la marque, notamment les portes arrière antagonistes et une présentation intérieure largement personnalisable.

Une Architecture of Luxury adaptée au tout-terrain

Le Cullinan repose sur l’Architecture of Luxury, une structure en aluminium développée par Rolls-Royce. Cette base avait été inaugurée par la Rolls-royce Phantom Viii, mais elle est ici configurée pour les contraintes particulières d’une carrosserie haute, de la transmission intégrale et d’une utilisation hors route. Il ne s’agit donc pas simplement d’une plateforme de SUV du groupe BMW habillée d’une carrosserie Rolls-Royce.

Le train avant à double triangulation et le train arrière à cinq bras sont associés à une suspension pneumatique autonivelante et à un amortissement piloté. Le système analyse différents paramètres de conduite et contribue à préserver le comportement très filtré recherché par la marque. Pour le Cullinan, les jambes pneumatiques disposent notamment d’un volume d’air accru afin de mieux absorber les mouvements imposés par les surfaces dégradées.

La transmission intégrale constitue une première sur une Rolls-Royce de série. Elle est complétée par quatre roues directrices, utiles à la fois pour la stabilité et pour contenir les contraintes de maniabilité d’un véhicule dépassant 5,3 m. Une commande dédiée permet d’adapter le fonctionnement de la voiture aux terrains difficiles, notamment le gravier, l’herbe humide, la boue, la neige et le sable. Lorsque la suspension est relevée, Rolls-Royce annonce une profondeur de gué maximale de 540 mm.

Un V12 biturbo conçu pour l’effort sans démonstration

Sous le long capot prend place un V12 essence biturbo de 6 749 cm3. Il délivre 571 ch DIN, soit 420 kW, à 5 000 tr/min et surtout 850 Nm dès 1 600 tr/min. Cette disponibilité à bas régime correspond à la philosophie du Cullinan : plutôt que de rechercher des montées en régime spectaculaires, le moteur doit déplacer la voiture avec le minimum d’effort perceptible.

Le V12 est associé à une boîte automatique à huit rapports et à la transmission aux quatre roues. Malgré les 2 660 kg annoncés à vide selon la norme DIN, les performances restent celles d’une automobile très rapide, avec une vitesse maximale limitée électroniquement à 250 km/h. La priorité demeure toutefois l’isolation mécanique et la progressivité de l’accélération plutôt qu’une présentation ouvertement sportive.

Cette distinction devient particulièrement importante à partir de 2019 avec l’apparition du Rolls-royce Cullinan Black Badge. Cette déclinaison porte le V12 à 600 ch et 900 Nm et adopte des réglages de transmission, de châssis et d’échappement plus dynamiques. Ces chiffres ne doivent donc pas être attribués au Cullinan standard de 2018.

Fiche technique de la Rolls-royce Cullinan

CaractéristiqueRolls-royce Cullinan 2018
TypeSUV de très grand luxe, 5 portes
StructureArchitecture of Luxury en aluminium
MoteurV12 essence biturbo, 48 soupapes
Cylindrée6 749 cm3
Puissance571 ch DIN (420 kW) à 5 000 tr/min
Couple850 Nm à 1 600 tr/min
ImplantationMoteur longitudinal avant
TransmissionIntégrale
Boîte de vitessesAutomatique à 8 rapports
DirectionAssistée, quatre roues directrices
Suspension avantDouble triangulation, suspension pneumatique et amortissement piloté
Suspension arrièreCinq bras, suspension pneumatique et amortissement piloté
FreinsDisques ventilés
Longueur5 341 mm
Largeur2 164 mm dans les données de lancement, environ 2 000 mm hors rétroviseurs selon la méthode de mesure
Hauteur1 835 mm
Empattement3 295 mm
Poids à vide2 660 kg DIN
Diamètre de braquage13,23 m
Vitesse maximale250 km/h, limitée électroniquement
Profondeur de gué maximale540 mm avec suspension relevée
Volume de coffre600 l avec Lounge Seats, 526 l avec Individual Seats
Consommation combinée au lancement15,0 l/100 km selon le cycle d’homologation alors utilisé
Émissions de CO2 au lancement341 g/km selon le cycle d’homologation alors utilisé

Un SUV dessiné comme une Rolls-Royce

Le style est développé sous la direction de Giles Taylor, alors directeur du design de Rolls-Royce. Malgré ses proportions inhabituelles pour la marque, le Cullinan reste immédiatement identifiable. Le long capot domine une face avant presque verticale, organisée autour de la calandre Pantheon surmontée du Spirit of Ecstasy. Les surfaces sont volontairement massives et relativement sobres, sans multiplication d’éléments décoratifs destinés à donner artificiellement une apparence sportive.

De profil, la hauteur de caisse et le pavillon généreux sont associés à une partie arrière dont le dessin se resserre autour du coffre. Rolls-Royce emploie le terme D-Back pour cette silhouette, dont certains principes renvoient aux carrosseries de voyage des années 1930. Les portes arrière s’ouvrent dans le sens opposé aux portes avant, conservant l’une des signatures les plus reconnaissables des Rolls-Royce modernes.

L’arrière introduit une nouveauté fonctionnelle majeure : le hayon en deux parties baptisé The Clasp. La partie supérieure et l’abattant inférieur sont motorisés. Cette solution facilite le chargement tout en évitant l’aspect d’un grand hayon monobloc classique. Elle sert également de base à la Viewing Suite proposée par Rolls-Royce, composée de deux sièges et d’une petite table pouvant se déployer depuis le compartiment arrière.

Un habitacle pensé pour quatre ou cinq occupants

Le Cullinan propose deux philosophies d’aménagement arrière. La configuration Lounge Seats utilise une banquette trois places, une solution particulièrement polyvalente puisque les dossiers peuvent être rabattus afin d’augmenter la capacité de chargement. Rolls-Royce, traditionnellement attaché aux fauteuils arrière fixes, introduit ainsi une fonctionnalité directement liée à la vocation plus pratique du Cullinan.

La configuration Individual Seats privilégie au contraire deux fauteuils séparés par une console centrale. Une cloison vitrée peut isoler les passagers du compartiment à bagages, permettant de conserver une cabine fermée même lorsque le hayon est ouvert. Cette séparation participe à la manière dont Rolls-Royce décrit le Cullinan comme un SUV à organisation trois volumes plutôt qu’un simple grand break surélevé.

La position des passagers arrière est légèrement surélevée afin d’améliorer la visibilité vers l’extérieur. L’accès est facilité par la hauteur de caisse et les portes antagonistes, tandis que leur dessin recouvre les seuils afin de limiter le risque de salir les vêtements en entrant ou en sortant après un trajet sur terrain humide ou boueux. Le programme Bespoke permet ensuite de personnaliser très largement cuirs, boiseries, couleurs et équipements.

Du Cullinan originel à la Series II

Le succès commercial du Cullinan en fait rapidement l’un des modèles centraux de Rolls-Royce. Sa carrière accompagne une transformation importante de la gamme : après avoir introduit son premier SUV et sa première transmission intégrale en 2018, la marque franchit une autre étape avec la Rolls-royce Spectre, première Rolls-Royce de série entièrement électrique.

En 2024, six ans après la révélation du modèle, Rolls-Royce présente le Cullinan Series II. Il ne s’agit pas d’un remplacement complet de l’architecture originelle, mais d’une évolution importante de son apparence et de son environnement numérique. La face avant reçoit notamment une nouvelle signature lumineuse verticale, la calandre est redessinée et peut être illuminée, tandis que les jantes atteignent désormais 23 pouces sur certaines configurations.

Cette évolution permet aussi de distinguer clairement les images des deux phases. Le Cullinan traité ici est le modèle originel dévoilé en 2018, reconnaissable notamment à ses projecteurs et à ses feux de jour horizontaux, à son bouclier avant initial et à une présentation moins verticale de la signature lumineuse. La Series II conserve cependant les principes fondamentaux posés en 2018 : V12, structure en aluminium, transmission intégrale, suspension pneumatique et conception tournée vers le confort sur route comme hors des surfaces asphaltées.