Tvr Griffith 500

Tvr Griffith 500

Présentée en 1993, la Tvr Griffith 500 représente l’évolution la plus radicale de la Griffith moderne lancée au début des années 1990. Son V8 Rover porté à près de 5,0 litres, sa carrosserie très légère et son châssis tubulaire en font l’une des sportives les plus performantes de la gamme TVR de l’époque. Produite jusqu’en 2002, elle reste étroitement associée à la période de Peter Wheeler, marquée par des voitures simples, puissantes et dépourvues des aides électroniques qui se généralisaient alors.

Naissance de la Griffith 500

La Griffith moderne apparaît d’abord sous la forme d’un prototype présenté au Birmingham Motor Show en 1990. TVR cherche alors à renouveler sa gamme avec une sportive compacte et spectaculaire, capable de renouer avec l’image des Griffith 200 et 400 des années 1960. Les premières voitures de série sont commercialisées à partir de 1991 et utilisent principalement les V8 Rover de 4,0 et 4,3 litres.

La Tvr Griffith 400 constitue ainsi l’une des étapes précédant directement la 500. L’arrivée du moteur de près de 5,0 litres en 1993 transforme la Griffith en véritable voiture de très hautes performances, sans modifier sa philosophie générale. La 500 conserve une architecture relativement simple, avec moteur avant, propulsion, boîte manuelle et carrosserie légère en composite.

Le projet est développé sous la direction de Peter Wheeler. Le style est notamment associé à Damian McTaggart, tandis que l’ingénieur John Ravenscroft participe au développement technique. Le châssis tubulaire s’inscrit dans la filiation du travail réalisé par TVR sur ses voitures de compétition, notamment les Tuscan. La Griffith combine ainsi une construction artisanale avec une mécanique issue d’une famille de moteurs déjà connue.

Un V8 Rover profondément développé par TVR

La Griffith 500 reçoit un V8 Rover atmosphérique de près de 5,0 litres. Il ne s’agit pas d’un simple moteur Rover installé sans modification : TVR le développe profondément afin d’obtenir une puissance et un couple adaptés au caractère de la voiture. L’alimentation repose sur une injection électronique Lucas et le moteur conserve une architecture à arbre à cames central et deux soupapes par cylindre.

Les premières Griffith 500 sont annoncées autour de 340 bhp, soit environ 345 ch selon la conversion retenue en unités françaises. Le couple atteint environ 475 Nm. Au cours de la carrière du modèle, TVR communique ensuite une puissance de 320 bhp sur les versions plus tardives. Cette évolution ne correspond donc pas à une seule valeur valable pour toute la production.

La transmission est assurée par une boîte manuelle à cinq rapports. Les premières 500 utilisent la boîte Rover LT77, avant l’adoption de la Borg-Warner T5 à partir de 1994. La propulsion arrière est complétée par un différentiel autobloquant, indispensable pour exploiter le couple important du V8 sur une voiture aussi légère.

La Griffith 500 partage une partie de ses bases techniques avec la Tvr Chimaera, mais les deux voitures ne poursuivent pas exactement le même objectif. La Griffith privilégie davantage la légèreté, les sensations et l’agilité, tandis que la Chimaera adopte une présentation et un réglage plus orientés grand tourisme.

Un châssis léger et une conception très analogique

La structure repose sur un châssis tubulaire en acier associé à une carrosserie en fibre de verre. Cette construction permet de conserver une masse particulièrement faible pour une voiture équipée d’un V8 de près de 5,0 litres. La suspension est indépendante aux quatre roues, avec doubles triangles, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs.

La direction à crémaillère participe directement au caractère de la Griffith. L’assistance de direction existe sur certaines évolutions, mais la conception reste très éloignée des voitures modernes filtrées par de nombreux systèmes électroniques. L’ABS, l’antipatinage et le contrôle électronique de stabilité ne font pas partie de l’équipement de la Griffith 500.

Le freinage repose sur quatre freins à disque ventilés. Les dimensions de roues et de pneumatiques évoluent selon les millésimes et les configurations, avec notamment des montages en 15 pouces à l’avant et 16 pouces à l’arrière. Il faut donc éviter d’attribuer une seule combinaison de pneus à l’ensemble des Griffith 500 produites.

Fiche technique de la Tvr Griffith 500

CaractéristiqueDonnée
ConstructeurTVR
ModèleGriffith 500
Production1993 à 2002
CarrosserieRoadster biplace
StructureChâssis tubulaire en acier
CarrosserieComposite à base de fibre de verre
MoteurV8 atmosphérique à 90 degrés
CylindréeEnviron 4 988 à 4 997 cm³
DistributionArbre à cames central, 2 soupapes par cylindre
AlimentationInjection électronique Lucas
Puissance340 bhp sur les premières versions, puis 320 bhp sur les évolutions tardives
CoupleEnviron 475 Nm
ImplantationMoteur longitudinal avant
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesManuelle à 5 rapports, LT77 puis Borg-Warner T5
DifférentielAutobloquant
Suspension avantIndépendante à doubles triangles, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs
Suspension arrièreIndépendante à doubles triangles, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs
DirectionCrémaillère
FreinsQuatre disques ventilés
Longueur3 892 mm
LargeurEnviron 1 943 mm
HauteurEnviron 1 205 mm
Empattement2 282 mm
Voie avantEnviron 1 460 mm
Voie arrièreEnviron 1 470 mm
PoidsEnviron 1 060 kg selon la donnée constructeur
Réservoir57 litres
0 à 60 mphEnviron 4,1 secondes selon TVR
Vitesse maximaleEnviron 272 km/h selon TVR
ConsommationEnviron 13 l/100 km selon les données d’époque disponibles, très variable selon l’utilisation

Une sportive extrêmement performante pour son époque

Avec environ 1 060 kg annoncés et jusqu’à 340 bhp sur les premières versions, la Griffith 500 dispose d’un rapport poids puissance particulièrement favorable. TVR revendique un 0 à 60 mph en environ 4,1 secondes et une vitesse maximale de 272 km/h. Les chiffres relevés dans la presse peuvent différer, notamment lorsque les mesures sont réalisées sur des voitures particulières ou avec des méthodes différentes.

Cette combinaison explique le caractère très direct de la Griffith. La faible masse limite l’inertie, tandis que le V8 délivre un couple important à bas et moyen régime. L’absence d’aides électroniques laisse une part importante du comportement au conducteur, ce qui constitue à la fois l’un des attraits majeurs du modèle et l’une de ses caractéristiques les plus éloignées des sportives contemporaines.

La Tvr Chimaera 500 constitue une comparaison particulièrement pertinente. Les deux modèles utilisent le V8 Rover de 5,0 litres et partagent des bases mécaniques, mais la Griffith possède une carrosserie et une présentation plus compactes et sportives. La Chimaera se montre davantage conçue comme une GT utilisable sur longue distance.

Évolutions et fin de production

La Griffith 500 évolue progressivement au cours de sa carrière. Le changement de boîte de vitesses en 1994 constitue l’une des modifications techniques importantes. Les réglages du moteur et du châssis sont également affinés au fil des années. La puissance communiquée pour les voitures tardives passe notamment à 320 bhp, sans remettre en cause l’architecture générale de la voiture.

TVR prépare finalement une série limitée destinée à accompagner la disparition du modèle. La Griffith 500 SE est produite à seulement 100 exemplaires entre 2000 et 2002. Elle reçoit plusieurs modifications spécifiques, notamment des éléments intérieurs issus de la Chimaera et de la Cerbera, des évolutions de feux et de rétroviseurs ainsi qu’une présentation particulière. Ces voitures sont identifiées individuellement et constituent aujourd’hui une variante distincte de la Griffith 500 standard.

Le nombre total de Griffith produites est d’environ 2 600 exemplaires toutes versions confondues. Ce chiffre ne correspond donc pas au nombre de Griffith 500. Les données publiques permettent d’identifier précisément certaines séries annuelles, mais ne permettent pas d’établir avec la même certitude un total exhaustif des seules 500.

Après l’arrêt de la Griffith en 2002, TVR poursuit le renouvellement de sa gamme avec des modèles comme la Tuscan et la Tamora. La Tvr Tuscan illustre notamment le passage vers les moteurs Speed Six développés par TVR, tandis que la Tamora adopte une conception plus récente et compacte.

Une Griffith identifiable par sa conception

La Griffith 500 conserve les proportions caractéristiques de la Griffith moderne : capot long, habitacle fortement reculé, caisse très basse et ailes largement galbées. La carrosserie en fibre de verre permet des formes complexes tout en limitant la masse. La face avant basse et ouverte, les phares intégrés à la carrosserie et les grandes roues contribuent à son apparence immédiatement reconnaissable.

La simplicité mécanique est également un élément d’identification essentiel. Derrière une carrosserie compacte se trouve un V8 atmosphérique longitudinal entraînant les roues arrière, associé à un châssis tubulaire et à une boîte manuelle. La Griffith 500 n’est donc pas simplement une Griffith équipée d’un moteur plus gros : elle représente le sommet de l’évolution mécanique de cette génération.

La production tardive doit toutefois être distinguée de la Griffith 500 apparue en 1993. Les évolutions de moteur, de transmission, de roues, d’équipement et de finition empêchent de considérer toutes les voitures comme techniquement identiques. La série 500 SE, limitée à 100 exemplaires, constitue le dernier développement de cette lignée avant l’arrêt définitif de la production de la Griffith en 2002.

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