Présentée au Birmingham Motor Show en 1990, la Tvr Griffith marque le retour de TVR à une sportive biplace ouverte à moteur V8 particulièrement radicale. Son principe est simple : une carrosserie légère en fibre de verre, un châssis tubulaire en acier, un V8 Rover atmosphérique et une transmission aux roues arrière. Produite jusqu’en 2002, elle reste l’un des modèles les plus emblématiques de la marque britannique sous la direction de Peter Wheeler.
Cette Griffith ne doit pas être confondue avec la Griffith 200 et la Griffith 400 des années 1960, qui reposaient sur une autre génération de TVR, ni avec la nouvelle Griffith présentée en 2017. La génération traitée ici est celle apparue au début des années 1990, déclinée principalement en 400, 430 et 500.
Naissance de la Griffith des années 1990
Au début des années 1990, TVR cherche à renouveler sa gamme et à revenir vers une sportive V8 plus compacte et plus performante. Le projet prend forme autour d’un moteur Rover V8 de près de 4 litres installé expérimentalement dans une TVR S Series. Les résultats obtenus convainquent Peter Wheeler qu’un modèle entièrement nouveau peut exploiter efficacement ce groupe motopropulseur.
Le prototype présenté en 1990 repose encore sur une base technique issue de la Série S, mais le développement se poursuit rapidement. Le châssis de production est profondément remanié afin d’améliorer sa rigidité et de supporter les niveaux de puissance prévus. L’expérience acquise par TVR avec les voitures engagées dans le Tuscan Challenge contribue également à cette évolution.
Le dessin est réalisé en interne chez TVR, sous l’impulsion de Peter Wheeler, avec notamment John Ravenscroft associé au style. La carrosserie adopte des volumes très arrondis, un capot long et bas, un habitacle reculé et des ailes fortement galbées. L’ensemble privilégie la légèreté plutôt que la sophistication électronique.
La présentation du prototype suscite immédiatement un important intérêt commercial. La forme définitive est dévoilée en 1991 et les premières voitures destinées aux clients sont livrées au début de 1992. Les premières Griffith utilisent un V8 Rover de 3,95 litres et prennent les appellations Griffith 400 et Griffith 430 selon leur niveau de préparation.
La Griffith 400 constitue ainsi l’une des premières versions de série de cette génération. La version TVR Griffith 400 reçoit le V8 de 3,95 litres, tandis que la 430 adopte une cylindrée supérieure et une préparation plus poussée. Des configurations dites Big Valve ou gas-flowed sont également proposées au cours de cette période, avec des niveaux de puissance supérieurs.
Une gamme qui évolue jusqu’à la Griffith 500
La gamme évolue rapidement et la Griffith 500 apparaît en 1993. Son V8 Rover atteint environ 5 litres de cylindrée après le travail réalisé par TVR. Cette version devient progressivement la principale représentante de la gamme et reste au catalogue jusqu’à la fin de la production.
Le moteur de la 500 développe officiellement 340 hp selon les données historiques de TVR, pour un couple de 350 lb-ft, soit environ 475 Nm. Les chiffres rencontrés dans les publications automobiles françaises peuvent différer légèrement en fonction de l’année, de la norme de puissance ou de la configuration retenue. Cette réserve explique notamment les valeurs de puissance comprises autour de 320 à 340 ch souvent associées à la Griffith 500.
Au fil de sa carrière, la Griffith reçoit aussi des améliorations destinées à la rendre plus facile à utiliser. La direction assistée apparaît sur les versions plus évoluées, tandis que la climatisation, les sièges chauffants et certains équipements de confort complètent progressivement la dotation. En 1996, le V8 adopte notamment une évolution dite serpentine.
La dernière évolution majeure est la Griffith 500 SE, produite en série limitée à environ 100 exemplaires. Cette série finale reçoit plusieurs éléments spécifiques, dont un intérieur faisant appel à des composants provenant d’autres modèles TVR, des détails extérieurs distinctifs et une plaque numérotée. Elle accompagne la fin programmée de la carrière du modèle.
La Griffith partage une partie de sa mécanique avec la TVR Chimaera, lancée au début de la même période. Les deux modèles utilisent notamment la famille des V8 Rover, mais leur positionnement diffère. La Chimaera se veut davantage orientée grand tourisme, tandis que la Griffith conserve une approche plus compacte et plus sportive.
Fiche technique de la Tvr Griffith
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Architecture moteur | V8 atmosphérique en alliage, arbre à cames central, 16 soupapes |
| Cylindrée | Environ 3 946 cm³ pour la 400, 4 280 cm³ pour la 430, environ 5 000 cm³ pour la 500 |
| Alimentation | Injection électronique Lucas |
| Puissance | Environ 240 ch pour la 400, environ 280 ch pour la 430, jusqu’à 340 hp annoncés par TVR pour la 500 |
| Couple | Environ 366 Nm pour la 400, environ 414 Nm pour la 430, 350 lb-ft, soit environ 475 Nm, pour la 500 |
| Implantation | Moteur longitudinal à l’avant |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Manuelle à 5 rapports, Borg Warner T5 sur la Griffith 500 |
| Différentiel | Autobloquant |
| Châssis | Structure tubulaire en acier |
| Carrosserie | Fibre de verre |
| Suspension avant | Indépendante à doubles triangles |
| Suspension arrière | Indépendante à doubles triangles |
| Direction | À crémaillère, assistance disponible sur les versions évoluées |
| Freins | Quatre freins à disque, disques ventilés de 260 mm sur la 500 |
| Roues et pneus | Configurations variables selon version, notamment 205/55 ZR15 à l’avant et 235/50 ZR16 à l’arrière sur certaines 500 |
| Longueur | 3 892 mm pour la Griffith 500 |
| Largeur | Environ 1 943 mm |
| Hauteur | 1 205 mm |
| Empattement | 2 282 mm |
| Poids | Environ 1 060 kg pour la Griffith 500 |
| Réservoir | 57 litres |
| Vitesse maximale | Jusqu’à 272 km/h pour la Griffith 500 selon les données TVR |
| 0 à 60 mph | 4,10 secondes pour la Griffith 500 selon TVR |
| ABS | Non monté |
| Nombre de places | 2 |
Un châssis léger au service du V8
La caractéristique essentielle de la Griffith réside dans son rapport entre masse et puissance. Le châssis tubulaire en acier reçoit une carrosserie en matériau composite particulièrement légère. Cette conception permet de conserver une masse voisine d’une tonne tout en installant un V8 de forte cylindrée à l’avant.
La suspension indépendante à doubles triangles sur les deux essieux participe à la précision du comportement. La direction à crémaillère est directe et la propulsion est associée à un différentiel autobloquant. Sur les premières voitures, l’absence d’assistance de direction renforce encore le caractère physique de la conduite.
La Griffith ne dispose ni d’ABS ni des systèmes électroniques d’aide à la conduite qui deviendront courants par la suite. Son comportement dépend donc largement du châssis, des pneumatiques et du dosage des commandes par le conducteur. La combinaison d’une faible masse et d’un couple important demande une certaine attention lorsque l’adhérence diminue.
Avec la 500, TVR revendique une vitesse maximale de 272 km/h et un 0 à 60 mph en 4,1 secondes. Ces chiffres placent alors la Griffith parmi les sportives les plus rapides de sa catégorie. Les mesures indépendantes peuvent différer, notamment en raison des conditions d’essai, mais le niveau de performance reste remarquable pour une voiture aussi légère.
Production et fin de carrière
La production de cette génération s’étend sur environ une décennie. TVR communique un total d’environ 2 600 Griffith produites, tandis qu’un décompte détaillé du TVR Car Club aboutit à 2 582 exemplaires entre 1992 et 2002. Ce dernier chiffre est particulièrement utile pour mesurer la rareté du modèle, même si les sources historiques peuvent présenter de légères différences selon les critères retenus.
La production annuelle est particulièrement élevée au début de la carrière, avec plus de 600 voitures comptabilisées en 1992 dans ce registre. Elle diminue progressivement au cours de la seconde moitié des années 1990 et tombe à quelques dizaines d’exemplaires au début des années 2000.
La Griffith 500 reste alors la version emblématique de la gamme. La série 500 SE accompagne les dernières années de production et renforce aujourd’hui l’intérêt des collectionneurs pour les exemplaires parfaitement documentés. Les voitures à conduite à gauche sont particulièrement recherchées sur les marchés continentaux, où elles sont nettement moins courantes que les modèles britanniques à conduite à droite.
TVR arrête officiellement la production de la Griffith en 2002. Certaines voitures peuvent toutefois avoir été immatriculées ultérieurement, ce qui explique la présence ponctuelle de millésimes 2003 dans certaines bases de données. Cette différence entre année de fabrication et année d’immatriculation ne correspond pas à une nouvelle génération.
Une silhouette immédiatement reconnaissable
La Griffith se distingue par une silhouette extrêmement basse et ramassée. Le long capot précède un habitacle compact installé très en arrière, tandis que les ailes larges et arrondies donnent à la voiture une présence importante malgré ses dimensions contenues. La carrosserie en fibre de verre permet à TVR de multiplier les formes galbées sans augmenter fortement la masse.
La face avant évolue légèrement au cours de la carrière, tout comme les jantes et certains détails de carrosserie. Les premières voitures présentent une apparence particulièrement épurée, alors que les Griffith 500 plus tardives reçoivent des équipements et des éléments spécifiques liés à leur niveau de puissance et à leur évolution de gamme.
La Griffith se reconnaît également à son absence de compromis esthétique avec les standards des grands constructeurs. Le capot domine une mécanique volumineuse, les porte-à-faux sont courts et l’habitacle semble posé sur le châssis. Cette architecture contribue directement à son identité visuelle autant qu’à ses qualités dynamiques.
Son histoire technique commence en partie avec la TVR Grantura, qui appartient à une génération beaucoup plus ancienne de sportives de la marque. La Griffith des années 1990 n’en reprend toutefois pas la mécanique ni le châssis : elle représente une étape entièrement nouvelle dans l’évolution de TVR.
Après la fin de la Griffith, TVR poursuit le renouvellement de sa gamme avec notamment la TVR Tuscan. La TVR Tamora participe également à cette nouvelle génération de sportives plus compactes, tandis que la Griffith reste associée à la période V8 de TVR sous la direction de Peter Wheeler.




