Tvr Griffith 400

Tvr Griffith 400

La Tvr Griffith 400 est une petite voiture de sport britannique à moteur V8 Ford, développée au milieu des années 1960 à partir de l’architecture de la TVR Grantura. Elle constitue l’évolution la plus aboutie des premières Griffith commercialisées par Jack Griffith aux États-Unis. Son association entre une carrosserie très légère en fibre de verre, un V8 Ford 289 et une propulsion classique lui permet d’afficher un rapport poids-puissance particulièrement élevé pour son époque.

La Griffith 400 est également un modèle à ne pas confondre avec la Griffith apparue au début des années 1990. Les deux voitures portent le même nom, mais appartiennent à deux générations totalement différentes. La Griffith 400 historique est produite au milieu des années 1960, tandis que la Griffith moderne adopte plusieurs décennies plus tard un V8 Rover et une conception entièrement nouvelle.

Une Griffith née de la TVR Grantura

L’histoire de la Griffith 400 commence aux États-Unis avec Jack Griffith, concessionnaire Ford et préparateur automobile. Séduit par les possibilités offertes par les petites TVR, il entreprend d’installer un V8 Ford dans une voiture beaucoup plus compacte et légère que les sportives américaines traditionnelles. Les premiers essais sont réalisés en 1963 sur une base de Grantura, avec un moteur Ford Windsor de 289 pouces cubes.

Le projet bénéficie notamment du travail réalisé chez TVR par David Hives et de l’intervention de Mark Donohue dans les premiers développements. La formule retenue est simple mais particulièrement efficace : conserver le châssis compact et la carrosserie légère de la petite sportive britannique tout en lui donnant les performances d’un puissant V8 américain.

Les premières voitures prennent le nom de Griffith 200. La version 400 apparaît ensuite comme une évolution plus aboutie. Son développement reste étroitement lié à TVR, puisque les voitures sont préparées à Blackpool avant d’être expédiées vers les États-Unis pour recevoir leur moteur et leur transmission. C’est cette organisation particulière qui explique la coexistence de différentes appellations selon les marchés.

Au Royaume-Uni, les voitures correspondant à cette évolution de carrosserie sont notamment commercialisées sous le nom de TVR Griffith 200. Aux États-Unis, l’appellation Griffith 400 s’impose. Cette différence de dénomination est importante pour éviter d’attribuer à la Griffith 400 des caractéristiques provenant d’une autre voiture de la même famille.

La Griffith 400 améliore la formule

La Griffith 400 reprend les principes de la Griffith 200 tout en bénéficiant d’une carrosserie arrière profondément remaniée. Son dessin reçoit notamment un arrière de type « Manx », qui améliore l’apparence générale et la visibilité vers l’arrière. Les feux ronds provenant de la Ford Cortina Mk I constituent également un élément caractéristique de cette version.

Le refroidissement est renforcé afin de mieux supporter le V8 Ford. La voiture reçoit un radiateur plus important et deux ventilateurs électriques. La suspension arrière est également revue et le différentiel Salisbury à glissement limité contribue à exploiter plus efficacement la puissance disponible aux roues arrière.

La rigidité de l’ensemble fait l’objet d’une attention particulière. Un renfort structurel relie notamment la zone du toit au tablier. Cette évolution est importante sur une petite voiture dont la carrosserie en fibre de verre et le châssis doivent supporter le couple élevé du V8.

La voiture conserve toutefois des dimensions extrêmement compactes. Avec environ 3,60 mètres de longueur et un empattement d’environ 2,17 mètres, elle est nettement plus petite que la plupart des sportives américaines contemporaines. Cette compacité, associée à son moteur V8, participe directement à son caractère très performant.

Un V8 Ford 289 dans une voiture ultralégère

Le moteur de la Griffith 400 est le Ford Windsor V8 de 289 pouces cubes, soit environ 4,7 litres. Plusieurs configurations existent dans les documents consacrés à la voiture, notamment autour de la version HiPo développant 271 bhp. Cette puissance est considérable pour une voiture aussi compacte et explique les performances revendiquées à l’époque.

La transmission est confiée à une boîte manuelle à quatre rapports Borg-Warner T10. Le moteur est monté longitudinalement à l’avant et entraîne les roues arrière. La conception reste donc fidèle à une architecture classique de voiture de sport, mais l’intégration du V8 dans un châssis dérivé de la Grantura donne à la Griffith 400 des proportions très particulières.

La suspension indépendante aux quatre roues utilise des ressorts hélicoïdaux et des doubles triangles. Le freinage associe des disques à l’avant et des tambours à l’arrière. La direction à crémaillère complète une conception relativement simple, privilégiant la légèreté et la réactivité plutôt que le confort.

Fiche technique de la Tvr Griffith 400

CaractéristiqueDonnée
MoteurFord Windsor V8
Cylindrée4 727 cm³ environ, soit 289 ci
AlimentationCarburation
PuissanceJusqu’à 271 bhp pour le 289 HiPo, selon configuration
ImplantationMoteur longitudinal avant
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesBorg-Warner T10, 4 rapports
ChâssisArchitecture dérivée de la TVR Grantura
CarrosserieCoupé deux places en fibre de verre
SuspensionIndépendante aux quatre roues, ressorts hélicoïdaux et doubles triangles
DirectionCrémaillère
FreinsDisques à l’avant, tambours à l’arrière
DifférentielSalisbury à glissement limité
LongueurEnviron 3 600 mm
LargeurEnviron 1 664 mm
HauteurEnviron 1 194 mm
EmpattementEnviron 2 171 mm
PoidsEnviron 860 à 1 000 kg selon configuration et méthode de mesure
Vitesse maximaleEnviron 249 km/h, soit 155 mph, pour une version routière performante
0 à 60 mphEnviron 4,6 à 5 secondes selon configuration
Rapport de pont2,73:1 selon les données de référence
Production59 exemplaires

Une production très courte et une carrière perturbée

La Griffith 400 reste une voiture extrêmement rare. La production s’arrête après seulement 59 exemplaires. Le programme américain est notamment affecté par des difficultés industrielles et logistiques, parmi lesquelles une longue grève des dockers sur la côte Est des États-Unis qui perturbe l’acheminement des voitures et des composants.

La production de la Griffith 400 est finalement arrêtée en 1965, alors que Griffith Motor Company cesse également ses activités. Cette disparition explique en grande partie pourquoi la carrière commerciale du modèle est aussi courte malgré ses performances remarquables.

Après l’arrêt du programme américain, TVR poursuit néanmoins le développement de voitures sportives à moteur V8. La TVR Tuscan V8 s’inscrit notamment dans cette continuité technique de la marque, même si elle ne constitue pas une simple Griffith rebaptisée.

La période suivante voit également TVR poursuivre l’évolution de ses petites sportives autour d’une architecture issue des Grantura et de ses dérivées. La TVR Vixen appartient à cette génération suivante et permet de replacer la Griffith dans l’évolution plus large des voitures de sport produites à Blackpool.

Une voiture de sport redoutable en compétition

La puissance du V8 Ford et la masse contenue de la Griffith 400 en font rapidement une base intéressante pour la compétition. Des exemplaires sont engagés dans des épreuves britanniques dès 1965, avec notamment des voitures de développement utilisées pour mettre au point les réglages et les évolutions nécessaires à la course.

La Griffith démontre alors qu’une petite voiture dérivée d’une architecture de série peut rivaliser avec des sportives beaucoup plus puissantes ou plus coûteuses. Les essais de l’époque mettent en avant des accélérations particulièrement impressionnantes. Une voiture préparée pour la compétition a notamment été créditée d’une vitesse proche de 163 mph, soit environ 262 km/h, valeur qui ne doit pas être assimilée aux performances d’une Griffith 400 routière standard.

La voiture conserve une présence dans les compétitions historiques modernes. Des exemplaires soigneusement préparés ont notamment remporté des courses historiques à Goodwood face à des voitures comme les AC Cobra. Ces engagements contemporains témoignent surtout de la qualité de la base technique originale, mais ils concernent des voitures historiques préparées selon les réglementations actuelles de leur catégorie.

Identifier la Griffith 400 et la distinguer des autres Griffith

La Griffith 400 se reconnaît d’abord à son gabarit très compact et à sa silhouette basse de petit coupé deux places. Le capot doit laisser suffisamment de place au V8 Ford, tandis que l’arrière de type Manx constitue l’un de ses signes distinctifs les plus importants. Les feux arrière ronds inspirés de la Ford Cortina participent également à son identification.

La distinction avec la Griffith 200 est particulièrement importante. La 400 conserve la même philosophie générale mais bénéficie d’améliorations portant notamment sur l’arrière de carrosserie, le refroidissement, la suspension arrière, le différentiel et la rigidité structurelle. Il s’agit donc d’une évolution technique et stylistique plutôt que d’un modèle totalement indépendant.

Elle ne doit pas non plus être confondue avec la Griffith moderne apparue dans les années 1990. Cette dernière réutilise le nom Griffith dans une voiture beaucoup plus grande et plus récente, équipée d’un V8 Rover. Les deux générations n’ont ni la même architecture, ni le même moteur, ni la même période de production. Le modèle moderne sera ensuite décliné en versions plus puissantes, dont la TVR Griffith 500.

Avec ses 59 exemplaires produits, la Griffith 400 appartient aujourd’hui aux modèles les plus rares de l’histoire de TVR. Sa valeur historique tient autant à son moteur Ford 289 qu’à son rôle dans la transformation d’une petite sportive britannique en machine capable de rivaliser avec les références américaines de son époque.

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